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vendredi 23 septembre 2022

La République des cigales

Retraites : où se trouve le problème ? Chez les retraités, dit un article

Ils ont un niveau de vie nettement supérieur à celui de la population. D'où prélèvements toujours plus grands sur les actifs et l'économie. D'où cercle vicieux : plus l'économie est faible moins elle peut alimenter les caisses de retraite, et plus il faut prélever. 

Décidément, volontairement ou non, nos gouvernements avaient décidé de liquider le travail, "l'industrie" au sens fourmi du terme. Mais voilà, la bise est venue... et nous sommes fort dépourvus. 

(Un curieux graphique :




En 70, les hommes semblent ne pas survivre à la retraite. Théorie du genre à l'envers : ils cotisaient pour leurs femmes, dont l'espérance de vie était bien supérieure à la leur ?)

mercredi 21 septembre 2022

La grande désindustrialisation

"la France se place aujourd’hui aux derniers rangs de l’Union européenne en matière d’industrie. ( )  juste devant des pays tels que le Luxembourg, les Pays-Bas, la Grèce, Chypre, ou bien encore Malte qui n’ont jamais véritablement été industriels. De plus, sur la période de rebond de l’industrie, entre 2016 et 2019, la France n’est que 21e en termes de croissance de l’emploi industriel (2 %)." (Article.)

Voilà un exemple de crise systémique. A l'image de la révolution culturelle de Mao, notre gouvernement a voulu la disparition de l'industrie. Et il a réussi un véritable "nettoyage ethnique". Il est extrêmement difficile de résister à la puissance d'un Etat. 

Question intéressante : quels ont été les survivants ? 

Les études que mène l'association des interpreneurs indiquent trois pistes :

  • La Vendée. Ce qui a fait que des régions telles que la Vendée, la Bretagne ou le Pays basque ont résisté, c'est le lien social. L'entraide. 
  • Des entrepreneurs ont compris, à l'opposé, qu'ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. Cela a produit deux types d'entreprises :
    • Les héros. Ils ont choisi de s'extraire de la concurrence par les prix, par l'innovation. Seulement, ils n'avaient aucun moyen financier, contrairement aux Allemands ou autres. Alors, ils ont fait de la "lean innovation", une sorte de système D, à risque maximum. Ce sont souvent des ETI. 
    • Les Vietnamiens (au sens "guerre du Vietnam"). Ceux-là ont choisi de s'enterrer. Ce sont, par exemple, les PME du Jura pauvre. Elles aussi sont "lean". Elles n'ont plus rien à perdre et les crises ne les touchent plus. 

dimanche 18 septembre 2022

Réinvention de la France

Le pays semble changer. 

Il est possible qu'un consensus soit en passe d'émerger en ce qui concerne une réelle décentralisation. Celle-ci ne passerait pas par les régions, mais par les "territoires". 

Parmi les raisons derrière ce changement, il y a le fait que c'est là que se passe l'action. Or, l'appareil jacobin et son "mille feuille" est totalement incapable de comprendre ce qui s'y passe, et de leur apporter les moyens dont ils ont besoin. 

Pourquoi maintenant ? Il est possible que l'événement déclencheur soit la fait que c'est là que se joue la cohésion de la nation. Or, non seulement elle est en mauvais état, mais, surtout, on s'achemine vers un régime de crises qui va accentuer terriblement la fracture. 

Le changement semble mené par les sénateurs

Ce faisant le pays s'alignerait sur les autres nations européennes. La France rentrerait dans le rang. 

vendredi 16 septembre 2022

Wagon ivre

"Alors que la fréquentation des trains a connu une nette hausse ces derniers mois, qu'il s'agisse des TGV, des Intercités, des trains de nuit et des TER, les difficultés sont grandes pour les voyageurs, pointe la Fnaut. "Tous les trains, nous dit la SNCF, sont mobilisés et roulent. Mais l'insuffisance de matériel et de personnel, la limitation de vitesse, l'allongement des temps de parcours, les retards et incidents entraînent des conditions de voyage insupportables", souligne Bruno Gazeau. Plusieurs régions en ont fait les frais récemment (Grand Est, Hauts-de-France, Normandie, Paca…)." (Article.)

La France consacre beaucoup moins de moyens au train que ses voisins, lit-on aussi, alors qu'à l'heure de la transition climatique, il devrait être une priorité. ("Elle consacre en 2021, 45 euros par habitant et par an à son réseau, l’Allemagne 124, l’Italie 103, la Grande Bretagne 158, l’Autriche 271 et la Suisse 413 euros.")  

La question que tout ceci pose est : comment en sommes-nous arrivés là ? 

Nous avons été excellemment gérés par des économistes dont la seule obsession était de rendre l'Etat et ses services efficaces. Peut-être que, en faisant l'envers de leurs politiques, on parviendrait à redresser la SNCF, et notre pays ?

samedi 10 septembre 2022

RSE nationale

La RSE ? Un truc qui plaît aux jeunes. Voilà ce que j'entends. Les entreprises victimes de la "pénurie RH", deviennent RSE. 

Mais que veut dire RSE ? Responsabilité ! 

Et si notre première responsabilité était de tenir notre place dans la société ? Mais quelle est-elle ? Ne sommes nous pas formés pour savoir tout faire, pour être des "polytechniciens" ? D'ailleurs, ne sommes-nous pas d'infects donneurs de leçons ? Notre Etat ne se prétend-il pas, comme le dit Tocqueville, "tuteur".  Il n'a jamais vu une usine ou un champ, mais il sait tout sur la politique industrielle ou agricole, et, sans aucun sens du ridicule, ne se prive pas de l'enseigner à l'ingénieur et au paysan. Il n'a jamais rien programmé de sa vie ? C'est un expert d'intelligence artificielle, qui va pondre, sans complexe, un rapport sur le sujet. Ne sommes nous pas comme lui. Des footballers de canapés ?

Or, la vie nous a spécialisés. Nos énarques, par exemple, sont des experts des mécanismes publics nationaux et internationaux. Ils savent tout, et sont enchantés, de rites qui nous paraîtraient le degré zéro de l'intelligence. 

Et si, au lieu de donner des leçons aux autres, nous cherchions à comprendre ce que la vie, à défaut de l'Education nationale, nous a appris ? Et si nous en devenions des professionnels ? 

Seulement, la responsabilité ne s'arrête pas là. Nous sommes aussi des citoyens. (A suivre.)

jeudi 8 septembre 2022

La souveraineté commence par la pensée ?

Nicolas Dufourcq, dans son dernier livre, observe que notre “élite” est facile à manipuler. 

En se limitant au domaine que je connais le mieux, il est effectivement frappant de constater à quel point elle absorbe aisément ce dont l'entreprise a fini par se méfier, ce qu’en anglais on nomme les “modes de management” (management fads), que l’on retrouve sur la “hype curve” du Gartner group. 

Depuis la “bulle internet”, et ses “autoroutes de l’information”, et son “c’est le débit qui va créer l’usage”, elle paraît curieusement sensible aux campagnes de marketing des grandes sociétés étrangères. Bien souvent, elles semblent avoir écrit les rapports que publient ses hauts fonctionnaires. 

Pourquoi ? Cela tient probablement en grande partie à ce que nous n’avons plus qu’un “exécutif”. Cet exécutif n’a, par définition, pas de capacité de traitement de l'information. 

On a découvert que notre pays était dépendant du reste du monde, pour les biens essentiels. Et si la première souveraineté à retrouver était celle de la pensée ? Nous devons réapprendre à penser par nous-mêmes ?

Et cette pensée, si elle veut être la nôtre, ne peut venir que de l’intérieur du pays ?

(Le rôle du "législatif" est de capter cette pensée. Parce que l'on jugeait qu'il ne fonctionnait pas bien, on l'a éliminé, au lieu de chercher à comprendre la cause du mal...) 

mercredi 7 septembre 2022

Paralysie totalitaire ?

L’histoire de la France est celle d’une uniformisation par un pouvoir central. D'où  l’élimination de la langue d’oc, la langue de la culture au moyen-âge, par la langue d’oïl du pouvoir central. Et un pays homogène. Voilà ce que disait une émission de France Culture (Concordance des temps, rediffusé samedi d'il y a deux semaines). 

Notre Jacobinisme serait-il millénaire ?

En fait, notre pays a les caractéristiques d'un pays totalitaire. Il n'y a que le "haut" qui est formé pour penser ! Comme chez M.Poutine, nous avons tous les droits, sauf de nous occuper de politique. (A moins, comme chez M.Poutine, de faire une révolution.)

Résultat : à l’image des régimes totalitaires, le sommet de la pyramide souffre d’une saturation informationnelle. La France disparaîtra-elle avec l'empire soviétique ? Peut-elle devenir une véritable démocratie, et "penser en réseau" ? 

lundi 5 septembre 2022

Guerre de retard ?

Nous sommes pris dans une course folle de changements, mondiaux, systémiques :

Le moteur de la croissance mondiale a été le “commerce” international, ou “globalisation”, dont la colonne vertébrale était une “supply chain” couvrant le monde. Puis est apparue “l’open innovation” : l’innovation se déplace de l’Etat et de l’entreprise à la “start up”.  

Du jour au lendemain, tout s’est arrêté. Le premier a été victime de la pandémie, et de la guerre en Ukraine. Le second de l’inflation, qui a mis un terme au “quantitative easing” des banques centrales, qui alimente les bulles spéculatives.  

Dernièrement, l’ultra écologique Allemagne, du jour au lendemain, se met à consommer, en grande quantité, et sans aucun complexe, du charbon. Ce que l’on a appelé la “transition climatique” est-elle déjà finie ? 

Comme le disait un précédent billet, En Angleterre, on évalue à l’équivalent du plan de relance covid, les aides nécessaires pour éviter une vague de décès du froid de citoyens n’ayant pas les moyens de payer leur facture énergétique. Le monde subit crise après crise. Le gouvernement devra-t-il, à chaque fois, trouver 100md€ pour éviter à la société un drame ? Avec l'endettement qui est le sien, comment va-t-il faire ?

Le “second miracle allemand” est dû au décollage chinois, impossible sans les machines allemandes, et au gaz russe. Aujourd’hui, l’Allemagne se réinvente, sans arrière-pensée. Il en est de même des USA. 

Où va-t-on ? Qu'est ce que tout ceci, et tout ce qui va venir, va déclencher comme conséquences ?

Et la France ? Nos gouvernants reconnaissent ne pas avoir compris ce qui se passait. Mais aujourd’hui, ils sont dans la bonne direction. Mais, y en a-t-il une, dans un monde en changement ? (A suivre.)

dimanche 4 septembre 2022

T'as pas cent milliards ?

En Angleterre, on évalue à l’équivalent du plan de relance covid, les aides nécessaires pour éviter une vague de décès du froid de citoyens n’ayant pas les moyens de payer leur facture énergétique. 

C'est quasiment ce qu'il a fallu, pour renflouer France Télécom, victime de l'hybris de ses dirigeants. Que nous coûtera EdF, qui fut, lui aussi, fort bien géré ? 

Le monde subit crise après crise. Le gouvernement devra-t-il, à chaque fois, trouver 100md€ pour éviter à la société un drame ? 

Les agriculteurs, depuis des années, subissent calamité sur calamité. Ils ont mis en place des systèmes d'assurance, de façon à pouvoir maintenir un niveau de revenu minimal. Modèle d'avenir.

Problème : il faut que les années sans crises la nation génère suffisamment de ressources pour en disposer lors des crises. Or, jusqu'ici, crise ou pas crise, notre pays creuse son déficit.  

jeudi 1 septembre 2022

Immigration russe

L'Europe se divise. Les pays de l'Est refusent de donner des visas aux Russes. Les Français et les Allemands les désapprouvent. 

On s'affronte, si je comprends bien, sur la puissance pédagogique de la mesure. 

Qu'en dire ? 

Peut-être qu'il serait utile de savoir si c'est bien le fond de l'argument, et s'il n'y a pas quelque lobby qui tire les ficelles de nos gouvernements ? (J'imagine qu'il n'y a qu'un citoyen français pour pouvoir formuler ce type de soupçon.)

lundi 29 août 2022

Et si on oubliait l'Etat ?

Le mal de la France, c'est l'Etat ! Plus j'interviewe de monde, plus je m'en convainc. On me décrit, par le détail, sa risible inefficacité, on en appelle à la réforme. 

Et l'erreur est là. Car, en attendant la réforme, qui ne fera, comme les précédentes, qu'empirer les choses, on ne fait rien ! 

Or, on peut agir. 

  • Mes interviews le confirment. Exemple récent de la Vendée. Un nouvel entrepreneur ne trouve pas de fonds. Des dirigeants locaux ont entendu parler de lui, ils ont fait du "financement participatif". Et quoi de mieux que des investisseurs qui ont une longue expérience de l'entreprise, quand vous entrez dans le métier ? Vous ne les trouverez ni dans une banque, ni à la BPI !
  • Mieux. L'Etat se lamente sur le manque de trésorerie de nos PME, qui les empêche de se tirer du cercle vicieux de la "guerre des prix". C'est faux. Les PME ont des gisements de trésorerie dont elles n'ont pas conscience. Ce qui leur manque réellement, c'est un "cerveau collectif", qui permette à la fois de les identifier et de trouver les projets qui permettraient de les utiliser. 

samedi 27 août 2022

Les pleureuses

La guerre d'Ukraine se justifierait par une trahison américaine. Les USA auraient étendu l'OTAN, contrairement à leurs promesses.

En fait, plutôt que pro Poutine, ceux qui tiennent ces propos paraissent haïr les USA. Le grand Satan américain aurait asservi notre nation. Ils se lamentent de la disparition du général de Gaulle. 

Mais, même trahi, M.Poutine avait-il, comme seul choix, de massacrer des gens ? C'est ce que vous auriez fait à sa place ? D'ailleurs, n'est-ce pas faire courir des risques à sa nation ? N'aurait-il pas pu, comme les Anglais et l'UE, entrer dans l'OTAN ? Ce qui l'aurait vidé de sens. 

Et pourquoi en vouloir aux USA de poursuivre leurs intérêts ? Qui ne le fait pas, à commencer par la France, en particulier au temps de sa puissance ? Et quelle trahison n'a-t-elle pas commise à l'endroit de ses amis ? nous diraient, parmi beaucoup d'autres, les Québécois.

Et de Gaulle, qu'aurait-il fait à notre place ? Se serait-il perdu en lamentations ? Lui, simple colonel, qui n'était même pas sorti bien classé de l'école de guerre, et qui, seul contre tous, a non seulement été le symbole de tout un peuple, mais a défait les plans de Roosevelt, l'homme le plus puissant du monde, et a fait la nique à Churchill, sans qui, pourtant, il n'était rien ? Et Jeanne d'Arc ? 

Et si tous ces gens, qui en appellent aux traditions du pays, les étudiaient vraiment ? 

(Les propos de Geneviève de Gaulle sur "'l'oncle Charles" me l'ont rendu sympathique. Je l'ai entendu dire qu'à l'époque de ses études, c'était un gentil dilettante. Et que, lorsque sa nièce est revenue de déportation, il lui a demandé si elle avait eu le même sentiment de déshumanisation, qu'il avait ressenti au fond des tranchées...)


vendredi 26 août 2022

Peste de l'idéologie ?

Les travaux actuels sur la disparition de l'industrie montrent une situation ridicule : l'Etat a rendu l'entreprise non concurrentielle. Alors que l'on dit qu'elle est moins "éclairée" que l'entreprise allemande, il lui a imposé des handicaps énormes par rapport à celle-ci. 

Mais, avec des entreprises faméliques, comment avoir de l'emploi ? Et comment avoir des revenus, puisque l'Etat se nourrit d'impôts ?

La France ressemble à ces aristocrates d'ancien régime : grâce à la dette elle vit au dessus de ses moyens.

Pourquoi cette vérité de bon sens n'a-t-elle pas été comprise plus tôt ? Inanité du débat politique ? Nous n'avions de choix qu'entre deux discours idéologiques, et celui qui prétendait défendre l'entreprise - à la Margaret Thatcher (plus de taxes, plus d'Etat) - était le plus irréaliste des deux ?

jeudi 25 août 2022

Impossible Français


Mystère. 

J'enquête. Qu'est-ce qui pourrait faire changer la France ? Mes interlocuteurs me démontrent que tout est impossible en France. Mais leurs succès démentent leurs paroles ! (C'est d'ailleurs pour ces succès qu'on m'a conseillé de les rencontrer.)

D'où piège : un changement qui semble enfance de l'art ne se fera pas. 

Question : il doit y avoir un moyen de "démarrer" le Français, mais quel est-il ? 

Je n'ai pas trouvé, mais je constate que :

  • Le raisonnement que l'on m'oppose est faux. Il déduit de l'observation l'impossibilité du changement. Par exemple le fonctionnaire ne connaît rien à l'entreprise. Mais le changement ne dépend pas du passé, mais du présent. Modifiez son environnement fait changer la personne. De même qu'un footballer français joue anglais dans une équipe anglaise. (En outre, nous appartenons tous à la même société : le fonctionnaire a de la famille, des amis... qui l'informent sur l'état de la nation, et ce qu'elle pense de lui...)
  • Le Français semble se battre pour des causes et peut-être jamais pour son intérêt. Il y a des moments où il juge que quelque-chose est inacceptable. Alors, il déplace ciel et terre. (Serait-ce le fameux "principe de l'honneur" de Montesquieu ?) Cela semble expliquer ses succès : il était convaincu qu'il ne pouvait pas faire autrement. 
Une autre question qui se pose est celle du manque d'ambition de ses projets. Il se satisfait de peu. Comment transformer le pays, dans ces conditions ?

Il lui faut peut-être être emmené par une grosse vague collective, pour faire preuve de tout son talent ? 

(Curieusement, l'histoire de Napoléon ressemble à la mienne : c'est à chaque fois qu'on lui dit que quelque chose est impossible, qu'il démontre le contraire...)

mercredi 24 août 2022

Nom du changement ?

Mais qu'est-ce qui nous est arrivé ? Voilà la question qui commence à se poser dans les hautes sphères de la pensée. J'ai commenté deux ouvrages sur ce sujet, dont celui du dirigeant de la BPI. 

On parle de "société post industrielle". On pourrait évoquer aussi le "post modernisme". Les forces qui transformaient le monde avaient décidé, semble-t-il, qu'il n'aurait plus rien à voir avec ce qui l'avait précédé. Le progrès des Lumières, c'était fini. 

Et si ces forces avaient, tout simplement, pensé que ce qu'il y avait "avant" était "mal", et tout ce qui surgirait de "maintenant" (d'elles) serait "bien" ? Et ce quel qu'il soit ? 

N'est-ce pas comme cela qu'il faut interpréter l'amour fou qu'inspire la "start up", cf. la "French tech", alors que c'est un phénomène essentiellement spéculatif ?

dimanche 21 août 2022

Pacte social

"Pacte social". Une expression qui revient dans les livres et rapports consacrés au redressement du pays. La réforme doit commencer par là. 

Et si c'était, justement, ce qui coince dans la politique de notre gouvernement ? Il divise ? Et, du coup, l'électeur divise le pouvoir pour que le gouvernement ne puisse régner ?

Comment construit-on un "pacte social" ? "Acceptabilité". Pour certaines parties de la population, et pour des raisons qu'il ne sert à rien de chercher, certaines mesures sont "inacceptables". L'augmentation de l'âge de la retraite, ou transférer l'indemnisation du chômage à la fiscalité sont probablement deux mesures inacceptables. 

Oui, mais dira le gouvernement, si je ne prends pas ces mesures, le pays va couler... 

Faux. Ces mesures ne sont que des moyens parmi d'autres pour atteindre une fin, qu'il convient de définir. Si nous avons mis à notre tête une "élite" intellectuelle, il se trouve que c'est, justement, pour qu'elle ne s'arrête pas aux solutions de facilité. 

samedi 20 août 2022

Dé diabolisation ?

On dit peu de bien du "petit blanc", qu'il soit citoyen ou dirigeant d'entreprise. "Vers la renaissance industrielle" adopte une nouvelle perspective par rapport à cette question. Elle devrait amener la société à changer le regard qu'elle porte sur lui :

D'industrielle notre société est devenue tertiaire. Beaucoup de familles ont été touchées par le chômage, des régions prospères sont devenues des déserts, les entrepreneurs, dans leur globalité, ont été victimes de mesures qui ont rendu leur vie de plus en plus difficile, quand elles ne les ont pas conduits à la faillite. 

Ces gens sont des sinistrés. S'ils réagissent d'une manière peu intelligente, ce n'est pas du fait de leur nature, mais de leur histoire. 

Changeons les conditions dans lesquels ils vivent, et ils changeront aussi.  

mercredi 17 août 2022

Vers la renaissance industrielle


Voici un petit objet qui ressemble à livre de cours pour élève de quatrième, peu de pages, écrit gros, avec de belles couleurs, des encarts, tableaux et graphiques. Mais qui est peut-être beaucoup plus inquiet sur l'avenir de notre pays que ne le laisse paraître son titre. 

"Combien de temps résistera le pacte social de notre pays avec des crises comme celles des Bonnets rouges ou des Gilets jaunes ? Quelles suites prendront elles, car suite, il y aura ? Sans doute avons nous une mandature, au maximum deux, avant que le fil ne se rompe. c'est le temps de l'accélération nécessaire de l'investissement productif, c'est le même temps dont nous disposons pour oeuvrer à l'attractivité de ces bassins de vie, c'est dire l'urgence."

Le changement qu'a subi l'humanité a un nom : "société post industrielle". Des penseurs formulent cette idée dès les années 50. Politiquement, elle devient réalité sous la présidence Giscard d'Estaing. Pour la doctrine "post industrielle" le tertiaire va remplacer l'industrie, de même que l'industrie a remplacé l'agriculture. Alors que la ligne gaullienne était celle de Colbert (la politique économique servait la souveraineté et l'indépendance du pays), l'économie, de marché, prend le pas sur la nation. Cela s'accompagne de la conviction que l'Occident aurait le monopole des activités intellectuelles, nobles et rémunératrices, alors que le reste de l'humanité en resterait à l'étape industrielle... 

La transformation qui en résulte est extrêmement violente pour une grande partie de la population. Elle en porte toujours les stigmates. Et ce d'autant plus que, contrairement à ce qui s'est passé avec l'agriculture et la PAC, le changement ne fait pas l'objet de mesures d'accompagnement. D'où traumatismes, perte de "cohésion" de la société et "fractures territoriales", et crises politiques, qui ont pour noms Donald Trump ou le Brexit, à l'étranger, et les Gilets jaunes, en France. 

Aujourd'hui, indépendance, souveraineté, industrie sont de retour. A l'image de la Chine, dont ça a toujours été la politique, les USA "réintègrent leurs filières". L'Europe est dangereusement à la traîne. Plus que quiconque, elle a cru à la société post industrielle et a voulu convaincre le monde par son exemple. En France, la question industrielle refait surface de temps à autres, particulièrement depuis 2008. Mais sous la forme d'initiatives sans lendemain, brouillonnes et contradictoires. En outre, le gouvernement tend à croire que tout se ramène à une question de technologie.

Quelle va être la société post post industrielle ? "hyper industrielle"...

Pendant des décennies, l'économie mondiale a été tirée par la croissance des échanges internationaux, et caractérisée par une "financiarisation" obnubilée par le court terme boursier. Certains, comme l'Angleterre et la France, ont délocalisé leur industrie et se sont spécialisés dans les services, ce qui a "induit de fortes fractures territoriales". D'autres, comme l'Allemagne, "ont fait un pari inverse". Parallèlement apparaît "l'open innovation". C'est le grand mouvement des "start up". Dans ce modèle, l'innovation ne provient plus des services de recherche de grandes entreprises mais est le fait de nouvelles sociétés. 

Si les fonds d'investissement n'ont pas encore trouvé le chemin de la "start up industrielle", qui ne leur est pas familière (ce qui pourrait créer de sérieuses difficultés à la réindustrialisation du pays), des tendances de transformation de notre société, et de son industrie, apparaissent. Le propre de l'industrie, ce sont des processus extrêmement efficaces. Cette efficacité est la condition nécessaire de la transition climatique. Et elle utilise robots ou numérique, pour produire une "économie de la fonctionnalité" : le consommateur n'achète pas un produit, mais un usage. A côté des méga usines pourraient apparaître des unités de petite taille alimentant un marché de proximité, en quasi sur mesure. Dans ce monde de service, de haute technologie, d'innovation permanente, "univers de la donnée", "système productif collaboratif", où le client est quasiment intégré au fournisseur, l'entreprise est une "adhocracie" : une équipe d'égaux, hautement qualifiés, hautement outillés ("augmentés"), se re configurant sans cesse pour saisir des opportunités d'une société en changement permanent. En outre elle est un "lieu d'apprentissage", qui apporte la formation technique initiale et permanente que l'Education nationale ne sait pas fournir. 

Oui, mais comment parvenir à cet idéal ? La France doit revenir de très loin : les prélèvements obligatoires sur la production sont de 27,9% en France, contre 17,2% en Allemagne ; l'entreprise française investit insuffisamment, et, surtout beaucoup trop peu dans son outil de production, vecteur de la compétitivité ; le tissu économique local est détruit ; l'Europe n'a pas encore compris qu'elle n'était pas un "marché" mais une "union" qui devait faire pièce aux stratégies chinoises et américaines, etc., etc. Dans un pays en crise, avec son Etat dysfonctionnel (marqué, par exemple, par sa "décentralisation (...) étonnant Janus avec ses deux faces et une sorte d'incomplétude malgré ses 40 ans"), les forces qui ont fracturé le pays ont plus de puissance que jamais. La métropole pourrait achever la désertification des campagnes, la robotisation détruire l'emploi, sans en créer à nouveau, etc. Le noeud du problème, c'est le territoire, et sa renaissance ("ancrer la richesse, dans les territoires y compris ruraux"). 

En fait, rien ne pourra se faire si l'on ne commence pas par se mettre d'accord sur un imaginaire commun. "il devra faire un lien entre une histoire et une vision. La nouvelle industrie, instrument de la cohésion nationale, sociale et territoriale, semble être la voie la plus prometteuse". Imaginaire qui doit s'illustrer à chaque niveau de la nation, en particulier à celui du territoire : "lorsqu'il existe le volet économique d'un projet de territoire est une référence puissante, mobilisatrice, et qui fait cohésion".

lundi 15 août 2022

Disparition de l'industrie

Mais qui a tué l'industrie ? C'est le sujet du moment. Soudainement, on a découvert que sa disparition était préoccupante. Non seulement l'industrie était un gros employeur, mais, surprise, elle payait bien ! Zola se serait-il trompé ?

Le présumé coupable ? Le gouvernement qui, à coups de taxes et de code du travail en croissance incontrôlée, l'a rendue non concurrentielle. Sa doctrine était la "société post industrielle" : il a précipité une disparition qu'il jugeait inéluctable. 

Le fait qu'il se soit trompé prouve, certainement, que même les plus intelligents peuvent commettre des erreurs. 

Mais, en relisant ce blog, je constate que l'explication ne s'arrête pas là. L'industrie a été attaquée, aussi, de l'intérieur. Cette fois-ci, la doctrine suivie était l'élimination de l'ouvrier par la machine et l'équation. Ce qui a fait des usines dysfonctionnelles. 

Décidément, elle avait peu de chances d'en réchapper... 

Deux exemples : 

lundi 8 août 2022

Qu'est-ce que la politique ?

Politique ? Au sens grec, et probablement éternel du terme, c'est s'occuper du bien commun : la société. C'est le syndicat des copropriétaires. 

Comment, lorsque l'on a une famille et un travail, disposer du temps nécessaire pour comprendre ce qui se passe dans le monde ? Comment prendre, dans ces conditions, de bonnes décisions ? La question n'est pas complexe, mais compliquée. 

Les Grecs pensaient que, pour cela, il fallait un temps complet, et donc la richesse qui permet l'oisiveté. 

D'où le rôle du personnel politique. Il est payé pour comprendre ce qui se passe, et nous expliquer les choix qui se présentent, et leurs conséquences possibles. 

Seulement, comme souvent dans le changement, il n'y a pas qu'une possibilité. Et celle que la société choisit est "innovante" au sens de Robert Merton, c'est de la "triche". D'abord, le politique ne pense pas, il s'agite, il fait "l'important". Quant aux choix à faire, il ne se préoccupe pas d'en évaluer les conséquences. Au contraire, il tend à les masquer, de façon à faciliter le "changement". Et quand cela tourne mal, il met en cause nos décisions : vous l'avez voulu !

Solution ? "Big society" de David Cameron ? Que le citoyen s'intéresse un peu plus à la gestion de sa copropriété. Et qu'il tienne la bride un peu plus serrée à son syndic de copropriété. Il a maintenant la formation pour cela, et, peut-être le temps : ne lui a-t-on pas donné "les 35 heures" ?