samedi 19 juillet 2014

Armée, schizophrénie et politique française

Le 14 juillet, on disait que le chef d'Etat major de l'armée avait failli donner sa démission. D'un côté l'Etat guerroie, de l'autre il sabre dans le budget de l'armée ! Or, l'armée n'a déjà plus les moyens de faire la guerre. Sans l'Amérique et ses prêts de matériels, elle n'est pas grand chose.

Depuis quasiment toujours, notre Etat est schizophrène. C'est l'histoire de nos champions nationaux, des noyaux durs, d'Alstom et de Bouygues, du Grand Paris... C'était déjà la cas sous Louis XIV. Non seulement, il a bâti Versailles, mais surtout, il s'est lancé dans une guerre contre l'Europe qu'il n'avait aucune chance de gagner. Le financement de ces âneries a amené Colbert à faire preuve d'un rare talent pour ruiner la France.

Ce qu'il y a d'étrange dans l'affaire, c'est qu'elle suit toujours le même schéma. D'un côté un dirigeant, pris d'un coup de folie. Et de l'autre le grands commis de l'Etat qui rançonne la nation, pour payer le caprice royal.

Comment expliquer ce curieux phénomène ? Peut-être que nous sommes une nation clientéliste. Etre puissant, c'est pouvoir donner, sans compter.

(Ce qui rejoint une remarque de Marc Abélès : le député "se fait bouffer", son pouvoir vient de sa capacité à donner, par exemple, un temps, des exemptions au service militaire - Un ethnologue à l'Assemblée, Editions Odile Jacob, 2001)