mercredi 2 août 2017

Egoïsme

Ayn Rand (billet précédent) a du bon. Sa défense forcenée de l'égoïsme force à s'interroger. Il semble admis qu'il est bien d'être altruiste. Mais que signifie "altruisme" ? De quel droit peut-on se mêler des affaires des autres, par exemple ? Les mettre sous tutelle ou les expédier dans un asile psychiatrique soviétique, par exemple ? Une des fortes motivations du colonialisme français fut altruiste, aussi. 

L'altruisme a un autre aspect dont on parle moins : c'est l'attente que l'on a vis-à-vis de la société. Si je dois l'aider, je m'attends à ce qu'elle m'aide. Tentation à l'irresponsabilité. L'égoïsme, au contraire, me demande d'être responsable de moi-même. On ne me doit rien. Je n'ai pas à me lamenter d'un sort injuste, par exemple de mes parents. Car, je peux changer les choses, ou moi. 

Un égoïsme extrême, comme l'altruisme, mène à des contradictions. Tout est une question de mesure, de "juste milieu" à la Aristote. En tout cas, s'il faut se méfier des idées lorsqu'elles se veulent absolues, elles sont utiles lorsqu'elles forcent à penser. Et, pour cela, elles ont besoin d'être pures et caricaturales ?