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jeudi 11 août 2022

Rapport Gallois

Le rapport Gallois a mis le feu aux poudres dit-on. (Mais je ne me suis rendu compte de rien.) De quoi s'agit-il ?

A peine en place, le premier ministre M.Ayrault commande un rapport au Commissaire général à l'investissement, Louis Gallois. 750.000 emplois ont été perdus dans l'industrie en dix ans, et le déficit commercial du pays est abyssal. Comment susciter un "sursaut" ? Réunir la nation dans un "pacte pour la croissance, la compétitivité et l'emploi" ? 

Pour commencer, le rapport, écrit par un ingénieur des mines et un inspecteur des finances, désigne le cercle vicieux. L'entreprise française se trouve dans un milieu de gamme qui la soumet à une guerre des prix, pour laquelle elle n'est pas armée. Pour s'en tirer, il faut "monter en gamme", et exporter, ce qui demande des moyens qu'elle n'a pas. Non seulement les dommages sont considérables, en termes d'emploi et de finances publiques, mais l'industrie est au bord du précipice. Un peu plus et l'espoir n'est plus permis. 

Que faire ? Lui enlever ses handicaps. Notamment : un cadre législatif en mouvement brownien ; des charges, sociales ou autres, considérables ; un manque de fonds propres ; une absence de solidarité et de coopération à tous les étages ; une formation initiale et continue totalement inadaptée ; une Europe qui n'a pas compris qu'elle devait être une équipe et non diviser pour régner, et qui ne se soucie pas de sa dépendance vis-à-vis de l'énergie et des matières premières, et aux risques que cela entraîne. Le rapport parle même de "gaz de schiste". 

Pour réussir, il faut un "pacte social", et un "choc de compétitivité" : il faut éliminer brutalement les handicaps de l'entreprise pour que l'industrie reparte. 

Commentaire

Dès l'introduction, le ton est donné. Le premier ministre ne pose pas une question, il donne une réponse. 

Réponse qui pose tout de même une question de mise en oeuvre : comment créer ce fameux "pacte" dans un pays dont les lobbys les plus puissants sont viscéralement opposés à ce discours ?

A mon avis, l'échec du rapport Gallois est là. Il ne s'est pas préoccupé de construire ce consensus. Dans la tradition française, il a cru que l'on gouverne par décrets ?

(Ce qui aurait été un travail de "conduite du changement" passionnant ! Celui qui a été réussi, en son temps, par le CNR.)

lundi 24 décembre 2012

2013 (et quelques suivantes), année système D

Curieux que l’on ne parle pas de ses grandes entreprises. Or, leurs difficultés racontent une toute autre histoire que celle du « choc de compétitivité ».

L’automobile, dont nous avons été un des pionniers mondiaux, pourrait bien être rayée de notre territoire. Alcatel est à la limite du dépôt de bilan. Air France et Veolia sont-ils en très bonne santé ? Quid de l’industrie des télécoms, depuis la quasi faillite de FT : dynamique et conquérante ? Et l’assurance ? Et Carrefour ?...

Avez-vous envie d’acheter une voiture française ? Ces entreprises internationales, pour la plupart, ont mal fait leur métier. Et pour une raison qui paraît bien être un vent de folie libérale. Autrement dit, croire que l’on pouvait dépenser sans créer. N’est-ce pas ainsi qu’il faut lire le succès des déréglementations des années 90 (FT ? SFR ?...) ? La stratégie d’Alcatel ? Et celle de Carrefour, miné par des activistes ?...  D’ailleurs, si elles tiennent encore, est-ce en dépit de la France, ou grâce à elle ? Ne se nourrissent-elles pas quelque peu de leur monopole local ? Ne peuvent-elles pas compter sur notre gouvernement en cas de faillite ? La France n’est pas une exception : comme ailleurs, les bénéfices y ont été privatisés, et les pertes socialisées. D’ailleurs, l’Etat fut aussi victime de l’irrationnelle exubérance du moment. Il a dépensé sans compter.

Morale de l’histoire ? « Travaillez, prenez de la peine… ». La Fontaine plutôt que Gallois. La formule miracle, c'est fini. On va devoir reconstruire ce que l’on a, mais sans moyens. Avec la menace permanente de l’effondrement d’une multinationale, et de sa récupération par l’Etat. Avec dégradation corrélative de ses comptes. Et accélération du cercle vicieux de la rigueur.

Bref, il va falloir faire des exploits avec des bouts de ficelles. Après le libéralisme anglo-saxon, le système D français ?

mardi 23 octobre 2012

Gallois au tapis

Apparemment, le rapport Gallois serait enterré. Au motif que le gouvernement ayant déjà asséché la France, il n’aurait plus les moyens de relancer son économie.
Reculer, pour mieux reculer ? Mettrait-il un point d’honneur à construire une réputation de lâcheté ?
Apparemment, cela viendrait de divisions au sein du PS, qui paralyseraient l’exécutif. A l’époque où je faisais des études de créativité, j’avais découvert que la différence était source d’innovation. Peut-être serait-il temps que notre président le comprenne aussi, et apprenne à en tirer parti ?