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mardi 6 novembre 2018

Air France

Apparemment, le nouveau dirigeant d'Air France veut jouer sur la force de sa marque, doute des vertus de ses marques low cost, et trouve que son management est pléthorique (ce serait une question de doublons Air-France - KLM).

S'il a vu juste, c'est terrible pour ses prédécesseurs. Cela signifie qu'ils avaient joué les moutons de Panurge, en cherchant à baisser leurs coûts, qu'ils n'avaient pas compris où était la valeur de l'entreprise, et qu'ils n'avaient peut-être pas le courage d'affronter les démons de la société. Mais le fait qu'ils aient été d'anciens hauts fonctionnaires les avait il bien préparé à leur tâche ? Vers un retour au professionnalisme ?

samedi 20 octobre 2018

Vive l'immigration

Un syndicaliste heureux. Et chez Air France ! C'est à n'en pas croire ses oreilles. Pourtant, il me semble que c'est ce que j'ai entendu ce matin.

Or, Air France a maintenant un dirigeant qui n'est pas français ! Des bienfaits de l'immigration ? Ouvrons nos comités de direction et nos gouvernements à la compétence étrangère, comme nous l'avons fait avec nos usines ?

lundi 25 juin 2018

Air France et la politique

Il y a quelques décennies Air France a été sauvée in extremis de la faillite. Son sauvetage a été la preuve que le changement était possible en France. Un changement radical, mais sans casse, c'était remarquable. Peut-être une leçon à donner au monde ?

Un membre de son équipe dirigeante de l'époque m'a donné une information que je n'avais pas. Lorsque M.Jospin est arrivé au pouvoir, il est entré en contact avec les syndicats d'Air France, sans se préoccuper de sa direction. Celle-ci a immédiatement démissionné.

Que serait-il arrivé si elle avait pu poursuivre son travail réformateur ? Et que le modèle de lutte des classes n'ait pas remplacé celui de la solidarité ?

(Michel Crozier a participé à la transformation d'Air France. Auparavant, il était intervenu, déjà, pour la SNCF. Après un début spectaculaire, l'action à laquelle il participe est arrêtée. Voici ce qu'il dit : "Profitant d’un accident, Mitterrand poussa le président Philippe Roussillon à la démission et le remplaça par un de ses féaux, Jacques Fournier. Dans un premier temps, je ne compris pas ce geste qui était le fait du prince. Il m’est ensuite apparu qu’il s’agissait en réalité de ramener la CGT au centre du dispositif parce que celle-ci avait perdu pied. C’était un moyen de faire revenir en force ce syndicat dans un de ses deux bastions fondamentaux.")

dimanche 6 mai 2018

Air France

Les syndicats d'Air France ont éliminé leur PDG. Qui disait que le syndicalisme français était mort ? Mais comment a-t-on fait pour réformer Air France en 1993 ? Air France était en faillite. Il n'y avait pas d'autre solution. Du moins c'est que j'ai entendu chez France Culture.

Pourquoi ne laisse-t-on pas Air France faire en faillite ? Un des dirigeants qui a participé au sauvetage de 93 me disait que cela venait de son nom : "France". Nos gouvernants ont tous un peu de Charles de Gaulle en eux ?

samedi 16 avril 2016

Changement chez Air France

Le patron d'Air France part. La raison en serait le changement qu'il a du mal à faire passer. Curieux. Au temps de Michel Crozier, Air France était un modèle de changement. Pour le remplacer, on parle de personnes qui seraient plus aptes que lui à faire bouger les hommes. Changerait-on de technique de changement ? Du changement dirigé de haut en bas, au changement planifié et à ceux qui savent le mettre en œuvre ? Une nouvelle race de dirigeants va-t-elle émerger ?

(On annonce aussi le départ du PDG d'AXA : aveu d'incapacité à la transformation de sa société ? La "transformation digitale" sonnerait-elle la fin d'une forme de management, gestionnaire ?)

samedi 10 octobre 2015

Air France ou l'irrationalité humaine

En ce qui concerne Air France, il y a une certitude : il sera éternellement dans la panade. Et cela coûtera éternellement cher au contribuable. Voilà ce que disait un interviewé de France Culture. 

L'explication est simple. C'est le prestige. Le transport aérien est une question de statut pour une nation. Et il est prestigieux de travailler dans l'aviation. Si bien que la logique économique n'entre pas en jeu et que l'offre est systématiquement supérieure à la demande. Dans le foot et la presse, l'oligarque prend la place de l'Etat. Le résultat est le même.  

(Cela explique peut être aussi pourquoi le polytechnicien a été longtemps mal payé ?)

dimanche 21 septembre 2014

Qui est Xi ?

The Economist s’intéresse à la Chine de M.Xi. Après le pouvoir collectif, retour au modèle Mao. L’élite chinoise aurait pensé que seul un homme seul pouvait mener les réformes que demande le pays. Ailleurs dans le monde, le dit pays tente, avec plus ou moins de bonheur, de monter un ensemble d’alliances dans lesquelles l’Amérique (et l’Occident) ne soit pas. « Nouvel ordre mondial. »

La Russie a gagné la guerre d’Ukraine. Mais, des deux côtés, il fallait un armistice. Le danger maintenant est l’incurie endémique du pouvoir Ukrainien. D’une manière générale, les frontières de l’Europe sont en flamme. Elle tente de « repenser sa stratégie de sécurité ». Ce qui n’est pas simple compte-tenu des divergences d’intérêt entre ses membres. Le retour de M.Sarkozy pourrait être une chance pour M.Valls. Enfin un opposant ! M.Renzi semble enlisé. L’Angleterre croît fort, crée des emplois, mais les impôts ne rentrent pas. Trop de pauvres. Trop de dépendance vis-à-vis des salaires de la City. Politiquement, l’anti élitisme a le vent en poupe. Il en est de même en Allemagne. Où, de plus, les minorités musulmanes deviennent anti-sémites. En Suède, les démocrates sociaux arrivent au pouvoir sans pouvoir gouverner. Ce qui pourrait aussi être le cas de Mme Clinton, si elle était élue.

Les USA montent une alliance pour combattre l’Etat Islamique. Vues les différences d’intérêts entre tous les courants qui parcourent le Moyen-Orient, on peut se demander combien elle tiendra. En attendant, cette situation de chaos fait les affaires du nouveau président de l'Egypte, rare îlot de calme dans la région.

Huawei s’en prends à IBM, HP et Cisco, il veut devenir un leader des systèmes d’information. Apparemment, il a les moyens de réussir. Quant à Sony, ça ne marche pas très fort. Il faudrait restructurer, ce que ne semble pas vouloir son PDG. Air France est en grève. Ses pilotes n’ont pas pris conscience des multiples menaces qui planent sur la tête des compagnies traditionnelles. En attendant on empile de plus en plus de pauvres dans les avions, et on donne de plus en plus de place aux hommes d’affaires. L’avion moderne est à l’image du capitalisme. On ne sait pas assez que l’entrepreneur a une vie de chien. Et il est généralement atteint « d’hypomanie, un état psychologique caractérisé par énergie et confiance en soi, mais aussi nervosité et prise de risque ».

Supprimer la monnaie ferait du tort aux criminels, et rentrer beaucoup d’impôts, et cela faciliterait le combat contre la déflation, par la possibilité d’imposer des taux négatifs. Les fonds de pension ne croient plus aux miracles des hedge funds. (Leur modèle économique : vendre de l’illusion ?) Acheter des actions d’Alibaba, qui vient d’entrer à la bourse de New York, serait hautement risqué. (Spéculatif ?)

Pour combattre l’effet de serre, il faut réutiliser l’esprit du protocole de Montréal, « financement généreux et coopération ». Tactique qui a eu la peau du trou d’ozone. Et l’étendre aux hydrofluocarbones. Ce ne serait pas la fin du problème, mais un premier pas vertueux.

Le degré d’altruisme de l’homme varie aléatoirement entre l’hyper altruisme et la psychopathie. Napoléon a nuit à la France, qui de puissance européenne dominante est devenue second couteau. 

lundi 24 décembre 2012

2013 (et quelques suivantes), année système D

Curieux que l’on ne parle pas de ses grandes entreprises. Or, leurs difficultés racontent une toute autre histoire que celle du « choc de compétitivité ».

L’automobile, dont nous avons été un des pionniers mondiaux, pourrait bien être rayée de notre territoire. Alcatel est à la limite du dépôt de bilan. Air France et Veolia sont-ils en très bonne santé ? Quid de l’industrie des télécoms, depuis la quasi faillite de FT : dynamique et conquérante ? Et l’assurance ? Et Carrefour ?...

Avez-vous envie d’acheter une voiture française ? Ces entreprises internationales, pour la plupart, ont mal fait leur métier. Et pour une raison qui paraît bien être un vent de folie libérale. Autrement dit, croire que l’on pouvait dépenser sans créer. N’est-ce pas ainsi qu’il faut lire le succès des déréglementations des années 90 (FT ? SFR ?...) ? La stratégie d’Alcatel ? Et celle de Carrefour, miné par des activistes ?...  D’ailleurs, si elles tiennent encore, est-ce en dépit de la France, ou grâce à elle ? Ne se nourrissent-elles pas quelque peu de leur monopole local ? Ne peuvent-elles pas compter sur notre gouvernement en cas de faillite ? La France n’est pas une exception : comme ailleurs, les bénéfices y ont été privatisés, et les pertes socialisées. D’ailleurs, l’Etat fut aussi victime de l’irrationnelle exubérance du moment. Il a dépensé sans compter.

Morale de l’histoire ? « Travaillez, prenez de la peine… ». La Fontaine plutôt que Gallois. La formule miracle, c'est fini. On va devoir reconstruire ce que l’on a, mais sans moyens. Avec la menace permanente de l’effondrement d’une multinationale, et de sa récupération par l’Etat. Avec dégradation corrélative de ses comptes. Et accélération du cercle vicieux de la rigueur.

Bref, il va falloir faire des exploits avec des bouts de ficelles. Après le libéralisme anglo-saxon, le système D français ?

mardi 10 janvier 2012

Pour une 6ème République ?

Si l’on confronte notre 5ème République avec les idées des Lumières, on obtient quelque chose de ridicule : un exécutif, qui donne des ordres au législatif.

Comment fonctionnerait un système selon le goût des Lumières, au fait ?

Le législatif (l’assemblée nationale) aurait pour mission de comprendre l’intérêt général, ou « bien souverain ». L’exécutif le mettrait ensuite en place.

Cela demanderait un nouveau type de députés. Non seulement, ils ne devraient pas être à la botte du pouvoir ou d’un parti, comme aujourd’hui, mais ils ne devraient pas non plus être exclusivement des lobbyistes pour les intérêts particuliers de leurs électeurs. L’expression de l’intérêt général sortirait de leurs débats. Ce qui leur demanderait d’être des esprits supérieurs.
L’intérêt commun, seule source de légitimité, s’exprime dans ce que Rousseau appelle la volonté générale. Celle-ci, à son tour, se traduit en lois.
( …) On accède aux lumières, non en se fiant à l’illumination d’un seul, mais en réunissant deux conditions : d’abord choisir des « hommes éclairés », c’est-à-dire des gens bien informés et capables de raisonner ; ensuite les conduire à chercher « la raison commune », en les mettant donc en situation de dialogue argumenté. (TODOROV, Tzvetan, L’esprit des Lumières, Le Livre de Poche, 2006)
Compléments :
  • Le bug vient probablement de De Gaulle, qui estimait que seul le système monarchique, dans lequel le roi est susceptible de connaître l’intérêt général était adapté à la France. 

jeudi 24 novembre 2011

Crédit Foncier recapitalisé

Le Figaro du 23 m’apprend que le Crédit Foncier va être recapitalisé par sa maison mère. Il a été victime d’un peu plus d’un milliard de dettes grecques.

Désormais sa stratégie est de « se rencentrer sur l’immobilier en France ».

Depuis sa privatisations le Crédit Foncier paraît dans un curieux mouvement cyclique : il se diversifie, connaît un crash, et se recentre sur son métier.

Et si il avait évité de s’en éloigner ? Pas assez glorieux pour ses dirigeants ? 

mardi 5 juillet 2011

Chômage des jeunes en Europe

Un jeune de moins de 25 ans sur 5 est au chômage en Europe (la France est au dessus de la moyenne).

Ce sont les jeunes qui ont été frappés le plus durement par la crise. Et ce quel que soit le système dans lequel ils se trouvaient (ultralibéral – Irlande ou plus dirigiste – Espagne ou Grèce). Le graphe.

Aurions-nous sacrifié l'avenir au présent ? 

mardi 29 mars 2011

Lybie et armée européenne

Curieux comme les crises révèlent les valeurs éternelles des peuples.
  • L’Allemagne retrouverait son pacifisme instinctif. La France et l’Angleterre rejoueraient Suez, 1956. Mais la première n’aurait pas voulu de l’OTAN proposé par la seconde, et la seconde aurait refusé le leadership de l’UE que voulait la première.
  • L’affaire révèle qu’en termes de défense européenne, il n’y a que la France et l’Angleterre qui vaillent. Si elles vainquent en Libye, le rapprochement de leurs armées pourrait s’affirmer. Sinon c’est reparti comme en 56 ? (A force for good)

dimanche 6 février 2011

Compétitivité française

La France doit-elle imiter l’Allemagne comme le dit un rapport récent ? The Economist semble penser comme ce blog, qu’il vaut mieux se différencier que copier, et que le dit rapport serait une manœuvre idéologique contre les 35h, symbole d’une culture honnie. Citation :
« C’est une culture d’assistanat », dit Dan Sarfaty, fondateur de Viadeo (…) qui a déménagé la moitié de ses activités en Californie, il y a quatre mois.
C’est clair : ce qui fait échouer le patron français, c’est le Français ! Les USA sauront lui donner les moyens que mérite son génie ! Jean-Marie Messier, qui y a obtenu l’asile culturel, ne l’a-t-il pas démontré ?

Compléments :
  • Discussion avec un dirigeant d’une société de production de films. Dans son monde, pourtant français !, les gens sont passionnés et ne comptent pas leurs heures. Le secret du succès ? Un dirigeant visionnaire.

dimanche 16 mai 2010

Air France

J’entendais hier un dirigeant d’Air France dire que la compagnie cherchait systématiquement à alléger ses avions, par exemple en réduisant le poids de sa moquette ou de ses chariots.

J’ai cru comprendre qu’à une époque elle avait décidé de faire passer tous ses avions par un « hub », cette politique a-t-elle été revue ? 

dimanche 28 mars 2010

Reengineering gouvernemental

Nathalie Segaunes a mené une enquête auprès de nos ministres. L’agitation de l’omniprésident les laisse désœuvrés. Tout leur effort consiste à imaginer des actions de communication qui les fassent remarquer. N’y a-t-il pas que cela qui compte pour le président ?

Alors qu’il n’est question que de réduction de déficit, pourquoi le gouvernement ne réduit-il pas le nombre de ses ministres et secrétaires d’État ? Ce serait fort et symbolique, non ?

Il pourrait suivre les recommandations de Michael Hammer, le gourou du reengineering : un reengineering doit viser à diviser par deux les effectifs d’une entreprise. Deux fois moins de ministères, donc. Cela ferait de grosses économies : car les ministres sont fort bien payés, et s’entourent de gens qui le sont aussi.

Compléments :
  • Il y a ici une méthode extrêmement efficace de réduction de coût, que j’ai utilisée quelques fois, mais qui semble peu connue : réduire le haut de la pyramide. Ça touche relativement peu de monde, mais ça diminue massivement les dépenses de personnel. Il y a probablement quelque chose de culturel dans notre imperméabilité à cette idée. Il y a quelques années j’ai demandé au patron des achats de PSA pourquoi son service n’était pas fait de « low cost people ». C’était dans sa logique et ces personnes, à proximité des fournisseurs, auraient été idéalement placées pour négocier avec eux. Bizarrement, il n’a pas semblé comprendre ce que je lui disais. 

lundi 8 février 2010

Crise mondiale ?

L’euro est attaqué, et si les USA devaient venir à son secours ?

Car tout le mécanisme de sortie de crise des USA et de la Grande Bretagne repose sur une monnaie sous-évaluée et sur un euro surévalué (le Yuan étant sous-évalué par rapport au dollar). La baisse de l’euro fait donc les affaires de l’Allemagne et de la France, qui n’ont aucun intérêt à intervenir, mais compromet celles du couple anglo-saxon, qui est d’autant plus fragile qu’il n’a pas consolidé ses banques. Bien entendu, tout étant lié, cela pourrait se terminer par une catastrophe globale, mais, à court terme et pour une fois, la situation est favorable à l’Europe.

Amusant que ce qui pourrait être l’action égoïste de quelques organismes financiers américains puisse retomber sur le nez de leur nation, et finalement sur le leur. (Sur le nôtre aussi, mais il y a parfois un sentiment de justice à périr avec les criminels – c’est probablement ça la vengeance.)

Compléments :

dimanche 20 décembre 2009

British Airways (suite)

Je profite d’un billet de Julien pour préciser ma pensée. Ce qu’il dit :

Intéressant que voir que vous cherchez à faire correspondre votre analyse, qui me semble juste (syndicat en position de force = capacité de négociation = obtention de bénéfices ou d'avantages qui semblent moralement indus) avec votre "préconception" du monde anglo-saxon (culture de l'argent). Ne constatez vous pas que c'est la même chose en France (Air France, RATP, routiers, ...) ? Et n'est-ce vraiment simplement la défense de ses propres intérêts, plutôt universelle, plutôt que la culture de l'argent ?

En fait, ce qui est à l’origine du billet, ce qui m’a frappé, c’est simplement le fait que les employés de BA coûtent deux fois plus cher que ceux d’Air France. Ce qui m’a rappelé des articles qui se plaignent du coût des employés américains syndiqués, ou de celui, difficile à imaginer pour nous Français, des fonctionnaires aux USA.

D’ailleurs un ministre du gouvernement que je cite dans un autre billet ne dit-il pas que nos enseignants sont mal payés ? (Curieusement, une augmentation de salaire n’est pas une revendication majeure des enseignants que je connais.)

Pourquoi de mêmes rapports de force ne donnent pas les mêmes résultats ? La seule explication trouvée c’est qu’ils ne cherchent pas à obtenir le même résultat : pour les Anglo-saxons c’est plus d’argent, pour nous, peut-être, des conditions de travail plus douces.

Parler de "préconception" du monde anglo-saxon (culture de l'argent) sous entend que la « culture de l’argent » est un mal, qu’en en affublant le monde anglo-saxon je lui fais du tort. Or, le monde anglo-saxon est fier de sa culture de l’argent. La richesse y est la récompense du mérite. Vouloir s’enrichir est la plus noble des motivations, c’est elle qui pousse l’homme à faire de grandes choses. Pour travailler plus, il doit vouloir gagner plus.

Mon billet n’a rien de moral. Ce n’est pas une condamnation de la culture anglo-saxonne. Il constate simplement qu’une culture de l’argent tend à construire des entreprises qui se déchirent et qui coûtent cher. Ce qui n’a rien d’évident. Et, ce qui était la découverte du billet, c’est que le bas peut s’enrichir autant que le haut.

Par ailleurs, Julien sous-entend que le « rapport de force » est dans la nature de l’homme, que chacun défend ses intérêts. Mais alors pourquoi parlerions-nous « d’identité nationale », si l’intérêt individuel était la règle du jeu ? Pourquoi aurions-nous une sociologie, une ethnologie, une science des organisations ? Qu’aurais-je à raconter à mes étudiants ? Sur quoi joueraient les conduites du changement de mes clients ? L’homme met la plupart du temps l’intérêt de la société avant le sien (parce qu’ainsi il sait qu’il fait son intérêt à long terme !), ce que matérialisent les lois. Il va jusque à obéir à des « idéaux ». Il est rarement calculateur, et quand il l’est, c’est généralement dans des circonstances de peu d’importance (un achat par exemple). Le rapport de force est exceptionnel, il s’explique par « l’anomie », l’absence de règles partagées, par le fait que les opposants n’appartiennent pas au même groupe.

samedi 19 décembre 2009

British Airways

J’entendais dire que British Airways était en grève, et que ses employés coûtaient deux fois plus que ceux d’Air France. L’idée suivante m’est venue :

La culture de l’argent, qui a été fort encouragée dans les pays anglo-saxons ces dernières années agit sur tout le monde. Mais pour gagner plus, il ne faut pas travailler plus, mais se trouver dans une position de force : il faut que la demande qui est faite de ses services soit supérieure à l’offre. De ce fait, l’entreprise devient rapport de forces, et ceux qui y gagnent la vident de sa substance. Les vainqueurs peuvent être les dirigeants, les employés groupés en syndicats, ou les deux (qui plument les actionnaires, ou le marché).

Deux interrogations :

  1. Ne serait-ce pas ce qui explique la haine, que je n’arrivais pas à comprendre, qu’ont des journaux comme The Economist pour les dits syndicats ?
  2. La culture de l’argent ne condamne-t-elle pas l’entreprise au surcoût, au conflit et à la lutte des classes ?

Compléments

mercredi 23 septembre 2009

Service français

J’ai oublié le code secret de mon portable. Trois erreurs, portable bloqué. Je vais à la boutique SFR d’à côté. Le vendeur, au téléphone, me dit qu’il essaie de joindre le service client SFR depuis 20 minutes. Que j’appelle donc le 1023. C’est un automate, qui me dévoile mon « code PUK » après une série interminable de manipulations crispantes. Je n’ai pas compris pourquoi j’ai dû lui donner trois fois mon numéro de portable…

Ensuite, je rends visite au site web de conférence téléphonique de France Télécom. Lorsque je clique sur « pour en savoir plus », ça ne marche pas, pas plus d’ailleurs que le lien tarif. J’ai renoncé à la conférence.

Ah le service client à la française ! J’imagine qu’il résulte de notre culture, de notre incapacité quasi génétique à la mise en œuvre du changement. Tout chez nous est bricolé et stressant.

D’ailleurs, est-ce qu’un Allemand aurait oublié le code de son portable ?

mardi 15 janvier 2008

Christian Kozar et le Reengineering de l’économie française

J’ai invité Christian Kozar à venir parler au Club économie de son expérience du changement en France.
  • Cet ancien officier supérieur a non seulement été le premier préfet des banlieues, mais aussi au cœur des réorganisations d’Air France (hub) et du courrier de la Poste (il a fermé tous ses centres de tri, pour les ouvrir ailleurs). Nous croyons tous que la France est irréformable, or, il s’est attaqué aux bastions mêmes de ce que l’on dit être la résistance au changement, et rien ne s’est passé. (D’ailleurs les menaces étaient bien plus nombreuses qu’on serait tenté de le croire : qui soupçonnerait, par exemple, les élus locaux ? Et pourtant ils avaient une raison extrêmement forte : ils craignaient que leurs bureaux de poste communaux soient victimes des réformes de la Poste.)
  • Le changement a réussi, sans même que l’on en parle ! Dans un certain sens les potentiels résistants ont été les meilleurs alliés du changement. Secret de Christian Kozar ? Probablement ce que j’appelle la technique du « Feedback de groupe » : il a su mettre au jour les « questions qui fâchent », ce que certains nomment les « déchets toxiques », et de faire de leur résolution la responsabilité de tous. 
  • Ce qui rend le déchet toxique dangereux est que l’on croit à tort que le dysfonctionnement de l’organisation qu’il représente est dû à une ou des personnes (les élus, les employés des centres de tri…). Se sentant menacées, elles bloquent le changement. Le Feedback de groupe montre que les problèmes à résoudre concernent l’organisation et non l’individu (par exemple l’emplacement des centres de tris ne correspondait plus aux modes de transport modernes). Du coup, chacun participe à leur résolution avec enthousiasme.
  • Pour repérer ces déchets toxiques et guider le processus de réorganisation de l’entreprise, il faut une bonne connaissance de l’homme et du groupe humain, notamment pour entendre ce qu’il ne veut pas dire… Interrogé sur la question, Christian Kozar m'a dit que c'était sa principale qualité.
Sur la manipulation des déchets toxiques : FROST, Peter, ROBINSON, Sandra, The Toxic Handler: Organisational Hero and Casualty, Harvard Business Review, Juillet-Août 1999.