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lundi 17 août 2009

USA, économie sociale et santé

Ce week-end je discutais de système de santé américain, et j’ai compris qu’il était peu amical. Les assurances santé font tout pour ne pas payer ce qu’elles doivent, en particulier lors de gros pépins. Comment avons-nous évité ce vice ?

Si j’en crois une de mes anciennes missions : c’est grâce aux mutuelles. Ces organisations issues des idées des socialistes utopistes (Proudhon, par exemple) veulent profiter du capitalisme sans souffrir de ses défauts. Elles sont gérées par leurs adhérents. Leur mission étant de servir leurs adhérents plutôt que leurs actionnaires, ceux-ci reçoivent un service digne d’eux.

D'après ce que j’ai entendu tout à l’heure, ce serait la solution vers laquelle se dirigeraient les USA. On arriverait ainsi à une couverture universelle, le désir du gouvernement, sans intervention de l’état, inacceptable par la majorité des Américains. L’état apporterait les fonds initiaux aux mutuelles, mais les laisserait ensuite naviguer seules. Exemple remarquable de conduite du changement ?

Compléments :

  • JEANTET, Thierry, Économie sociale : La solidarité au défi de l'efficacité, la Documentation française, 2006. Attention : la mutuelle n’est pas sans difficultés : ce type d’organisme est bâti sur le principe de la démocratie, qui est bien plus difficile à installer que celui, hiérarchique et militaire, de l’entreprise ordinaire. Quelques citations de ma référence :
  1. Les objectifs : « promotion de l’individu » ; « épanouissement de l’individu et de la cellule familiale, sociale, civique » ; « voie d’accès à la dignité » ; « Dignité humaine au cœur du système de production » ; « maîtrise de l’économie au bénéfice de l’homme ».
  2. Les moyens : « solidarité » ; « juste répartition des excédents » ; « indivisibilité des fonds propres » ; « contrôle des moyens de production par les travailleurs » ; « libre initiative collective » ; « indépendance vis-à-vis de l’Etat » ; « un homme une voix ».

mardi 14 octobre 2008

Green power

Ma plongée dans le monde agricole est pleine de découvertes. D’après les statistiques de The Economist (Pocket World in Figures, 2009), le secteur agricole représente 2,1% du PIB français. Pas beaucoup. Mais son pouvoir est bien plus grand que sa taille. Il a su tirer parti des réseaux sociaux qui constituent une nation. Deux exemples :

  • Le politique. Le cas de la Corrèze. Ce département d’environ 200.000 personnes (l’équivalent du 15ème arrondissement) a donné à la France, ce dernier demi-siècle : un président du conseil (Henri Queuille), un président de la République (Jacques Chirac), un président de la Commission européenne (Jacques Delors). Le maire de Tulle (François Hollande) est premier secrétaire du parti socialiste depuis 11 ans. On peut imaginer que les intérêts de la poignée d’actifs de ce département âgé sont bien représentés.
  • L’économie sociale représente 10% du PIB national : coopératives, mutuelles, le Crédit Agricole... Ces entreprises ont été constituées au 19ème siècle sur les idées des socialistes utopistes, qui voulaient créer des entreprises démocratiques. Le pouvoir y est détenu par des administrateurs, qui sont élus parmi leurs adhérents. La population agricole y est fortement représentée.
Comment l’agriculture utilise-t-elle ce pouvoir ? Pour défendre le statu quo ?

Si c’est le cas, elle doit être prudente. À l’époque où je travaillais à la stratégie FAO de Dassault Systèmes, j’avais lu que le protectionnisme français avait été fatal à notre industrie de la machine-outil, qui avait un moment dominé le monde. Au lieu de développer ses forces elle s’était endormie.

Compléments :