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jeudi 17 février 2022

Le paysan : un modèle ?

Il y a quelques temps j'ai interviewé les dirigeants du FMSE. C'est le fonds de solidarité des agriculteurs. Il permet de distribuer des aides sans contrevenir à la réglementation européenne sur la concurrence. Nos agriculteurs ont du génie ?

Ils m'ont raconté qu'ils n'avaient pas attendu le coronavirus pour constater que leurs exploitations étaient dévastées par les calamités. Il y a le temps et les virus. Ils ont été les premiers à observer les "externalités négatives" de la globalisation. 

Pourrait-on s'inspirer de leur exemple ? 

Tout leur souci est de maintenir leurs revenus à flots. Résilience, maître mot. Pour cela, ils font feu de tous bois. 

Seulement, si je comprends bien, dans ce dispositif entrent beaucoup de subventions à la calamité. C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui, en ce qui concerne les nations, pour le coronavirus et l'entreprise. 

En bref, la conclusion que l'on peut tirer de cette expérience est que notre capitalisme avait un coût insoupçonné. Il se prête aux crises sanitaires ou politiques. Ses coûts peuvent-ils être réintégrés dans les prix qu'il pratique, sans produire une crise, ou faut-il envisager un autre modèle de société ? 

dimanche 3 janvier 2021

La forteresse agricole, une histoire de la FNSEA


Voilà un livre, comme on n'en trouve pas beaucoup. 800 pages de l'histoire de la FNSEA, le syndicat qui se veut l'unique représentant des paysans, et surtout des transformations de l'agriculture française, depuis la guerre. 800 pages écrites par un journaliste qui a vécu ce dont il parle, et qui a côtoyé les acteurs du changement. C'est passionnant, même si ce n'est pas toujours aisé à comprendre, lorsque l'on n'est pas familier de la question. Et dommage que ça s'arrête en 2004.

Ce que j'en retiens, en quelques thèmes :

Les origines de la FNSEA

Le syndicalisme agricole n'est pas neuf. Etrangement, c'est l'émanation du féodalisme, qui a survécu dans le monde rural jusqu'au début du 20ème siècle. La noblesse terrienne instrumente les dispositifs solidaristes de la IIIème République, pour pérenniser le statu quo. Déjà s'amorce l'affrontement entre un gouvernement théoricien, loin des réalités, et la paysannerie qui, elle, y est accrochée. 

Le syndicalime agricole ce n'est pas n'importe quel syndicalisme. C'est un syndicat unique, qui dirige la communauté paysanne. Il la représente. L'agriculture est un monde à part, qui doit être géré entre soi. A l'exception des fonds publics, qui sont un droit. C'est un mythe, mais un mythe puissant. 

Après le féodalisme, c'est la collaboration, et la "corporation". Cette France d'ancien régime plait à Pétain. Puis, c'est la libération et la création de la FNSEA. Il faut des agriculteurs compétents, et, ceux qui le sont n'ont pas résisté bien fermement. En conséquence, le changement consiste à sauver les apparences, et à éjecter les quelques résistants qui prétendaient représenter la profession. 

Une grande histoire d'amour du progrès

La façon dont les paysans abordent le changement correspond, probablement, à tout ce dont ont rêvé les idéalistes au coeur pur. 

C'est la JAC, la Jeunesse Agricole Chrétienne, qui mène le changement (les paysans ayant longtemps été massivement chrétiens, c'est un courant majoritaire). Ces paysans, qui sont pauvres et ont peu fait d'études, se forment, et réfléchissent longuement. Et qu'est-ce que cela donne ? Un mouvement ultra productiviste, qui va éliminer le paysan, pour cause de retard incurable, ainsi que la ruralité (quand il n'y a plus de paysans, il n'y a plus de village). Il va conduire à une surproduction, qui fait s'effondrer les cours, est un désastre pour l'Afrique. Il nous nourrit de chimie. Le veau est élevé au lait en poudre auquel on doit ajouter des additifs, de façon à ce qu'il ait à peu près les mêmes vertus que celui de la vache, afin que l'on puisse prélever le lait de sa mère, pour faire de la poudre. 

Puis ce sera le moment du libre échangisme mondial, dans lequel les paysans s'engagent sans rien comprendre. 

Tout ce monde obéit à une logique technique et économique impénétrable. Veaux aux hormones, farines animales, OGM... c'est le progrès pour le progrès, et la productivité, pour la productivité. Et les outils de la solidarité, le rêve de Proudhon, sont retournés contre leurs intentions. Les coopératives font de l'Uber avant Uber. Elles imposent aux agriculteurs, aux services desquels elles devraient être, des prix au dessous de leur seuil de rentabilité. Elles inventent l'employé propriétaire de son outil de travail, sans protection sociale ! La FNSEA, organisation "léniniste" de droite, impose sa pensée unique, et purge les opposants. Elle rejoue même le procès stalinien, avec autocritique en sus !

Un des effets pervers du syndicalisme, et de la politique, est que c'est un extraordinaire ascenseur social. Le paysan qui tirait le diable par la queue, non seulement y mène grand train, mais aussi peut se retrouver promu sénateur, député européen, ou ministre, et président du Crédit Agricole, par dessus le marché. 

En fait, l'unité n'est qu'apparente. Outre les opposants, isolés mais majoritaires, il y a aussi, au sein de la FNSEA, les agriculteurs riches, ceux qui produisent du blé ou de la betterave. Sans faire de bruit, ils tirent les marrons du feu. Ils ont les moyens d'influencer l'UE. Ce sont d'ailleurs eux qui absorbent le gros des subventions publiques. 

La soupape, c'est la violence. Quand les affaires de certains groupes de paysans vont mal, ils cassent tout et abîment quelques CRS. L'Etat, et ses subventions, intervient. Les casseurs sont au dessus des lois. 

Et notre gouvernement ? Une bande d'amateurs ? Quasiment aucun politique n'a la moindre idée sur l'agriculture. Il suffit d'avoir fait un discours sur le sujet pour être désigné ministre ! Quant à Edith Cresson, F.Mitterrand a estimé qu'il serait amusant de "provoquer" le machisme agricole. Ceux que le citoyen prend pour de bons ministres de l'agriculture se sont simplement fait quelques amis parmi les dirigeants de la FNSEA. 

L'altermondialisme

Apparemment, l'auteur est altermondialiste. Ses explications ne me semblent pas très claires, mais, au moins, elles rendent compréhensibles ses raisons d'être. L'altermondialisme n'est pas un mouvement pour Bobos ou hippies, comme on pourrait le croire. C'est, au moins à son origine, une réaction contre une technique devenue si folle qu'elle veut éliminer l'homme, pour cause d'irrationalité. L'altermondalisme cherche à re fonder la société sur des bases saines. 

Le discours sur la relocalisation et les circuits courts qu'a fait émerger le coronavirus, c'est l'altermondialisme ! 

Conclusions ?

Ce livre est une formidable leçon d'humilité. L'amour du progrès n'est pas que paysan. Il a été propre à toute la société. C'est étonnant à quelle vitesse la créature échappe au créateur, et l'asservit. Même les mouvements d'opposition, altermondialiste et bio, par exemple, sont détournés, dès qu'ils ont eu un peu de succès. La raison n'est-elle pas condamnée à dérailler ? 

Peut-être que l'humanité a besoin, de temps à autres, de chocs violents pour remettre ses pendules à l'heure ? 

jeudi 18 juin 2020

L'agriculture contre l'Europe ?

Les Chambres d'agricultures tentent d'utiliser le coronavirus pour faire passer des demandes anciennes, au nom des relocalisations et de la relance. Notamment la préférence locale, les "prix planchers", la "protection du foncier agricole".

Tout cela va à l'encontre de la politique européenne commune. On a longtemps dit qu'elle était favorable à l'agriculture, mais était-ce réellement le cas ?

(En fait, l'Europe n'a peut-être pas que des inconvénients. Les agriculteurs anglais demandent une protection d'après Brexit : ils ont peur de se faire balayer par la concurrence internationale.
)

mardi 9 juin 2020

La légumineuse, solution à l'alimentation durable ?

Le Sénat changerait-il ? Voilà qu'il fait des propositions. Comment aller vers une "alimentation durable".

Et une surprise : une approche systémique du changement : remplacer la viande par les légumineuses pourrait être une transformation décisive !
La proposition la plus originale du rapport consiste en la promotion d’une filière légumineuse (pois chiches, fèves, lentilles, haricots et autres) – car, comme le disent les rapporteurs, une transition alimentaire durable implique de réduire la consommation de viande, et les légumineuses sont une excellente source alternative de protéines. « Réduire la consommation de viande animale de 20 à 30 % n’aurait pas d’effet sur notre équilibre alimentaire, mais permettrait de revenir à un élevage plus extensif pour remobiliser des espaces (de pâturages, ndlr) abandonnés, et de libérer en même temps du foncier pour, par exemple, la culture des légumineuses », affirme Jean-Luc Fichet. 
Les sénateurs proposent d’augmenter leur consommation de 4 à 11 kilos par Français et par an, ce qui implique une surface cultivée de 520 000 hectares, contre 115 000 aujourd’hui. Et également « d’abandonner la monoculture, de remettre des rotations longues » - les légumineuses sont connues pour capter l’azote dans l’air et le fixer dans le sol, ce qui permet de préparer celui-ci pour des cultures plus gourmandes en nutriments, comme les légumes.

samedi 8 février 2020

Agribashing

"Agribashing" nouveau mot à la mode. Des commandos attaqueraient les agriculteurs. (Le phénomène serait suffisamment sérieux pour qu'un groupe de gendarmes soit chargé de cette question.) Mais leur malaise viendrait surtout de leur voisinage avec des citadins venus s'installer à la campagne, et dont ils troublent la communion avec la nature.

En dépit du fait qu'ils soient encore sur représentés politiquement (agriculteurs et retraités de l'agriculture représentent un cinquième des maires, mais 1,8% de la population active), les agriculteurs ont beaucoup perdu de leur pouvoir d'influence, voire de nuisance. Car, hier encore, la violence c'était eux, maintenant il faut les protéger.

Surprenant comme les fortunes changent. Comme quoi il ne faut jamais oublier que tout avantage n'est que provisoire, et agir en conséquence ?

(Origine : une émission de France culture : le pouvoir perdu du monde agricole.)

mardi 30 août 2016

Lactalis

Affrontement entre Lactalis et ses fournisseurs de lait. Caractéristique française qui fait beaucoup pour le renom de notre pays : l'affrontement violent.

Ce serait une question de rapport de forces. Lactalis essorerait ses fournisseurs. Ce qu'en dit wikipedia montre une société agressive, qui se développe par croissance externe. Les agriculteurs seraient-ils victimes d'un monopole ? Si oui, pourquoi le gouvernement l'a-t-il laissé s'installer ? Parce qu'il pense que l'intérêt du pays demande des "champions" ?

Mais, pourquoi les agriculteurs réagissent-ils si tardivement ? Parce que seule une crise existentielle peut les réunir ? Et pourquoi les coopératives n'ont-elles pas pu les protéger ? La coopérative est une organisation démocratique qui a pour mission de faire que l'optimum économique soit aussi humain. Or, ces coopératives sont devenues des monstres. Elles aussi se veulent des "champions" ? Nouvel exemple du diktat de la "logique économique" ? Mais aussi preuve qu'il est très difficile en France d'avoir le sens du bien commun ?

(Apparemment, le lait français serait plus cher que dans le reste de l'Europe. Peut-être y est-il plus industrialisé que chez nous ? Y aurait-il, finalement, une forme de résistance agricole, victorieuse, au changement ?)

lundi 13 juin 2016

Peut-on encore parler de fruits ?

les clémentines sont pour la plupart récoltées avant d'atteindre le coloris qu'on leur connaît : « Les exigences de rentabilité imposées aux producteurs n'incitant guère à la patience, ces derniers se chargent de détruire eux-mêmes la substance », explique 60 Millions de consommateurs. Résultat, cet agrume séjourne le plus souvent dans des chambres de « dévertissage » en compagnie d'un gaz à base d'éthylène (Article du Point sur un article de 60m de consommateurs.)
Après cela comment regarder les fruits sans inquiétude ? Et si la question des OGM n'avait rien de bien extraordinaire et n'était qu'un exemple de la façon dont on considère l'être humain ? Comme un animal ? (Ou peut-être pas : on se préoccupe de plus en plus du sort des animaux.)

(Et comment regarder l'agriculteur ? Lui qui se dit victime d'une sombre machination, paraît, dans cette histoire, simplement, le pigeon d'un mauvais coup auquel il pensait participer...)

samedi 25 juillet 2015

Le rôle de l'Etat français dans la crise agricole

Il n'y aura plus d'éleveurs en Europe du Sud, disait The Economist. Ils auront été tués par l'agriculture industrielle du nord, et la disparition de la PAC. Je me suis demandé si la crise actuelle venait de là. Il semblerait qu'il y ait effectivement un problème de compétitivité, et que le pire soit à venir : la suppression des quotas laitiers va être destructrice. 

J'ai l'impression que la conduite de ce changement reflète les différences culturelles européennes. J'entendais hier la radio dire que l'Allemagne l'avait anticipé (en avait été l'instigateur ?), et avait donné des subventions à ses éleveurs pour qu'ils se préparent. En France, le gouvernement n'a rien dit. Maintenant il réagit quand il est trop tard. Serai-il plus malin que les Allemands : il n'a pas eu de mauvaise nouvelle à annoncer, et, en crise, il peut étaler sa compassion ? 

dimanche 22 mars 2015

Interrogations agricoles

L'autre matin j'entendais un invité de France Culture dire que la négociation du traité de libre échange avec les USA allait tuer la PAC. Que les Américains voulaient s'approprier le marché agricole européen. Ce qui pourrait avoir de conséquences graves pour notre économie et pour la qualité de notre nourriture. 
Le Partenariat transatlantique pour le commerce et les investissements est méconnu et ce projet de traité de libre-échange entre l’Union européenne (c’est la commission qui négocie) et les États-Unis reste opaque pour le grand public. Pourtant, avec réticence, l’Union européenne a publié son mandat de négociation à l’automne dernier, sous la pression des citoyens d’ailleurs. On attend du traité plus de croissance, plus d’emplois et la réduction des coûts réglementaires et des barrières non tarifaires. Mais il s’agit aussi d’un bélier américain pour casser des législations nationales et imposer un arbitrage international privé. Entre autres secteurs clés, la Politique agricole commune (PAC) est particulièrement exposée. Invité : Thierry Pouch, chef du service des études économiques et de la prospective à l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture de Paris. (Les enjeux internationaux.)
Depuis quelques temps, j'ai l'impression que le monde agricole pourrait être face à un changement radical, qui ne dit pas son nom. De la ferme familiale à l'entreprise industrielle ? 

Est-ce la faute des Américains ? Mon expérience du changement me dit que ce n'est pas l'ennemi qui est la première cause de la défaite, mais son propre camp. Et dans le camp européen, il y a des agriculteurs industriels qui n'ont peut-être rien à craindre des Américains, au contraire. Et ce, y compris en France : la FNSEA est apparemment dirigée par le patron d'une multinationale pro OGM. 

La petite exploitation va-t-elle disparaître ? Et si les coopératives "conduisaient le changement" et organisaient leurs adhérents, et leurs possessions, en des entreprises industrielles agressives ? 

(Une fois de plus cela montre que l'homme est bien peu de choses face aux grands bouleversements de la société !)

lundi 23 février 2015

Fin du modèle agricole français ?

L'Europe annonce la fin des quotas laitiers. Les conséquences, selon The Economist : 
  • Cela "permettra aux gros producteurs laitiers bloqués par les quotas - dont l'Allemagne, la Hollande, la Pologne et le Danemark - d'augmenter leur production et de chercher de nouveaux marchés d'exportation". 
  • "A mesure que les efficaces producteurs de lait du nord croissent, et que la concurrence d'Amérique et de Nouvelle Zélande augmente aussi, est-ce que les vaches vont disparaître des des pâturages des collines d'Europe du sud ?" Non, si elles produisent du haut de gamme. 
Questions :
  • Le gouvernement français aurait-il lâché ses fermiers ? Ceux-ci sont-ils devenus incapables de se défendre ? Sont-ils, eux-mêmes noyautés par les partisans de la ferme industrielle ?... 
  • Demain, ce que nous consommons aujourd'hui sera-t-il réservé aux riches ? 
  • L'identité de la France a été, fort longtemps, agricole. Et ce, de manière explicite et volontariste. Que dit cette mesure de son avenir ? Mais aussi de ceux qui l'ont décidé ?...

dimanche 25 mai 2014

L’Inde a besoin d’un as du changement ?

L’Inde élit M.Modi. Un autocrate. Elle a voté pour le développement économique et a éjecté le clientélisme féodal du Parti du Congrès. M.Modi doit transformer l’Inde en usine du monde, alors que le « pays a oublié, purement et simplement, comment travailler ». Et qu’il semble un enchevêtrement invraisemblable. (Changement compliqué ?) En mer de Chine, les pays de la Région semblent impuissants face au bon plaisir du monstre chinois. Coup militaire en Thaïlande. Raison : mettre un terme au blocage actuel ? Ou intervenir avant qu’un prince héritier faible ne prenne le pouvoir ? L’Arabie saoudite investit à la maison.

L’UE parle un anglais corrompu par le français (une façon de faire fuir l’Angleterre ?). Elections européennes. En Italie, lutte entre M.Grillo et M.Renzi et ses réformes. La République Tchèque est anti-européenne. Le PS français semble être le parti de gouvernement dont la situation, eu égard à ces élections, est la plus difficile. L’armée est un élément central de la politique russe. Elle doit lui permettre d’intervenir dans son voisinage, de tenir en respect ses minorités, et de la défendre de la Chine – mission de ses missiles nucléaires. Chine avec laquelle elle tente de s’entendre pour faire pièce aux sanctions de l’Ouest. La Lybie est divisée entre islamistes et anti-islamistes. Devant la chienlit actuelle, le second camp est tenté par un coup. Avec l'assentiment de l’Algérie et de l’Egypte. D’où guerre civile ?

Les entreprises chinoises déposent beaucoup de brevets. Lenovo est le champion du PC. Il pense assurer son développement grâce à l’innovation. Il semble surtout un champion de l’exécution efficace de stratégies industrielles. Aux USA (seulement ?), Télécom et TV fusionnent, pour disposer d’offres globales. Les journaux sont toujours au milieu du gué numérique. Le journaliste doit s’imprégner des nouveaux usages du marché. Big data dans l’agroalimentaire. Les données que possèdent l’industrie lui permettent de dire à l’agriculteur quoi, quand et où planter (« prescription planting »). Mais l’agriculteur se méfie. Il a peur d’être le dindon de la farce. Les banques européennes (Crédit Suisse, bientôt BNP) ont maille à partir avec la justice américaine. Ses jugements semblent marqués par l'incohérence. (Pragmatisme, c'est-à dire, coup par coup ?) Pour faire plaisir à leurs actionnaires, les laboratoires pharmaceutiques ont liquidé leur recherche. Ils doivent maintenant trouver des fournisseurs de nouvelles molécules.  

Pour défendre les ordinateurs des pirates, deux versions d’un même programme ne doivent pas se ressembler. Il suffit pour cela de le demander aux compilateurs. On cherche à produire à simuler le système nerveux d’un ver. 

jeudi 21 mars 2013

L’homme est-il aliéné par la peur du changement ?

Et si c’était son désir de stabilité qui faisait la perte de l’homme ? Voilà une question que je me pose.

L’histoire moderne de l’espèce commence avec l’agriculture. Un réchauffement, certaines céréales deviennent abondantes. La population s’accroît. Refroidissement. Population piégée. Elle doit innover pour survivre. Elle invente l’agriculture. Et cette innovation se fait en sacrifiant l’intérêt individuel au collectif. Et cela semble s’être répété, sans arrêt. Innovation, accroissement de la population, crise, l’individu doit s’adapter.

Et s’il y avait une autre façon de procéder ? Et si l’espèce humaine acceptait l’incertitude de son sort, et s’organisait pour en tirer partie ?

mercredi 25 avril 2012

Qui vote FN ?


Marine Le Pen fait de forts scores dans les territoires industriels sinistrés, et chez les agriculteurs.

Déçus du sarkozysme dans les deux cas. Pour le second, sans espoirs quant à François Hollande (pourtant élu d’un département rural).

Du moins, si j’en crois La Tribune. 

samedi 14 mai 2011

Pays pauvres expropriés

Les acquisitions de terres de pays pauvres auraient atteint 80m d’hectares en 10 ans.
Ce qui rend l’accaparement de terres inhabituel est sa combinaison d’un haut niveau de corruption avec un faible niveau de bénéfices (pour les peuples concernés). When others are grabbing their land
Vivrions-nous une époque où le faible se ferait détrousser ?

Compléments :

lundi 25 avril 2011

Effet de levier

Certains peuples de paysans pauvres dépensent l’argent de leur récolte au lieu de le conserver pour acheter de l'engrais pour leur prochaine récolte. Mais s’ils en achètent après leur récolte, ils le conservent. (Untying the knot)

Exemple d’effet de levier : il faut inscrire le changement dans les règles culturelles d’un groupe humain, alors il se fait immédiatement. 

mardi 2 novembre 2010

L’énigme du paysan

A chaque vacance, je me demande pourquoi les paysans n’en ont pas besoin. Et si c’était, comme le dit un précédent billet, une question de sens.

Leur travail avait du sens, il ne les fatiguait pas, autrement que physiquement. Le travail moderne a perdu ce sens, il est usant.

Cela explique aussi peut-être pourquoi je n’ai pas besoin de vacances. Et pourquoi, j’ai choisi mon curieux mode de vie.

Compléments :

mardi 31 août 2010

Avenir de l’agriculture

The Economist estime que le monde doit s’inspirer du miracle agricole brésilien : « recherche, grandes fermes à forte intensité capitalistique, ouverture aux échanges et aux nouvelles techniques d’exploitation ». Autrement dit OGM et industrialisation à outrance. Ou encore la logique économique de la Révolution industrielle glorifiée.

Cependant, ce type d’agriculture est-il durable ? Peut-on en juger les conséquences sur quelques décennies ? Toutes les « révolutions vertes » ne battent-elles pas de l’aile (cf. l’Inde) ? Et avant de le généraliser ne serait-il pas mieux de réinventer un modèle basé sur le gaspillage ? 

mercredi 30 juin 2010

Violences primitives

Étude du comportement des chimpanzés. Ils sont extrêmement agressifs, tuant de grands nombres de congénères. Et ils se battent pour des territoires – entrepôts de nourritures. Et ils font une guerre d’équipe, non de duels. L’homme primitif, qui devait s’apparenter au Chimpanzé, doit-il sa « tendance à se réunir autour de concepts abstraits » à ces dispositifs guerriers ? La société serait-elle née de la guerre ?

Cela signifie-t-il, contrairement à ce que croyait Rousseau, que nous avons la guerre dans le sang ? Et qu’il n’y a pas besoin d’être agriculteur pour avoir des biens à défendre ? 

lundi 28 décembre 2009

Quoi de neuf au Japon ?

Dans Changement au Japon (suite) j’avais fait des hypothèses sur la signification des changements qui se jouent au Japon. Avais-je vu juste ?

Le gouvernement Hatoyama semble avoir des difficultés. Plus curieusement, le pays serait piloté dans l’ombre par une sorte de « parrain », à la réputation sulfureuse, M.Ozawa. Il organiserait un rapprochement accéléré avec la Chine (et l'éloignement des USA ?). (The shogun and the emperor.)

Un autre article (You are what you eat) montre à quel point la culture du riz a marqué les usages collectifs japonais. On y apprend qu’à l’origine de sa population seraient des fermiers coréens, qui lui apportèrent le riz (en 400 avant JC) ; que la culture du riz réclame un jeu d’équipe, une répartition égalitaire, l’effacement de l’individu en faveur du groupe… qui serait le principe de l’organisation sociale japonaise ; qu’elle est à l’origine de son nationalisme et de sa haine du libre-échange.

Est-ce la seule raison à cette haine ? J’entendais RFI dire qu’un traité de libre échange aérien avait été signé entre les USA et le Japon, alors que les compagnies américaines détenaient déjà une grosse part du transport aérien Japon / USA. Et que JAL allait probablement passer sous la coupe des Américains. Le libre-échange serait-il un jeu aussi équitable qu’on le dit ? Ou profiterait-il à ceux qui l’on inventé ? Les Japonais n’auraient-ils pas quelques raisons de s’en méfier ?

Compléments :