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mercredi 13 août 2014

Prochain changement sociétal : la loi du milieu ?

Récapitulatif de précédents épisodes : ce qui se dit est que l’entreprise est en recherche de performance ; qu’il faudrait développer ses « compétences » ; qu’il y aurait blocage du fait de l’inefficacité de ses strates intermédiaires, qu’il s’agirait de liquider.

Dans une entreprise, une nation ou une armée, c’est le « milieu » qui est essentiel. Seulement, pour qu’il fonctionne, il doit être intimement lié au haut. C’est au dirigeant d’installer son management intermédiaire, et de s’assurer qu’il fonctionne. Le problème de l’entreprise actuelle (et de la France éternelle ?) pourrait être là. Des dirigeants-théoriciens qui pensent mouvoir l’entreprise par le verbe.

Comment se sortir de ce dilemme ? C’est aux intermédiaires qui fonctionnent de faire preuve d’initiative. Ils doivent lancer les changements qui leur semblent bons, et en profiter pour entamer une relation avec leur propre management. Relation qui aide celui-ci à s'installer dans le rôle qu'il devrait avoir.

(Ce sujet des structures intermédiaires est l’éternel problème de la France. Elle a rêvé d’une utopie : elle serait une société d’individus. En fait, comme le pensait Tocqueville, pour qui le noble était l'intermédiaire dont avait besoin la nation, c’est une fiction. Et la France a d’ailleurs dû reconstituer ces structures. Mais honteusement. Ce qui fait qu’elles fonctionnent mal. Et que l’on veut régulièrement les trucider.
Par ailleurs, pensée chinoise : le milieu permet d’ordonnancer l’univers).

jeudi 31 juillet 2014

Arbre de connaissances


TriviumSoft-TMM.png

« TriviumSoft-TMM » par Ahmed FEKHAR — TriviumSoft. Sous licence Public domain via Wikimedia Commons

Les arbres de connaissances permettent de représenter la richesse de chaque membre d'une entreprise. Wikipedia leur consacre un article.
Les arbres de connaissances constituent une nouvelle approche du repérage des connaissances et des compétences dans une communauté de personnes. Ils apportent une solution concrète au problème que se posait Nicolas de Condorcet à la fin du xviiie siècle : comment donner une représentation de l'opinion générale à partir d'opinions particulières ? Ils posent la problématique du processus d'acquisition des compétences et celle de l'espace de leur mise en sens. Le moment essentiel de la pratique des arbres de connaissance est la reconnaissance : reconnu par d'autres, chacun augmente son implication par rapport aux autres. La reconnaissance est à la base de la socialité : les arbres de connaissance privilégient la notion de partage plutôt que celle d'échange.
En cette période libérale où l'on pense que certains sont "créateurs de valeur" et d'autres des parasites, je trouve élégante cette façon de représenter la complémentarité de l'humanité.

Deux questions :
  • Comment identifie-t-on "l'atome" de connaissance / compétence ? 
  • Comment montre-t-on les compétences collectives d'une organisation ? (De même qu'il est probablement impossible de déduire le comportement d'un homme de la description de ses organes, ou celui d'une équipe à partir de la connaissance de ses joueurs.)

lundi 28 juillet 2014

Que changer en France ?

Mes rencontres du moment me font me demander si la Fondation Condorcet, qui en est une, n'a pas trouvé le mal de notre pays. 

Je perçois deux messages dans son discours :
  • Fondamental : la compétence est en bas. Illustration. Entreprise en quasi faillite. En désespoir de cause, son dirigeant a l'idée de demander à ses collaborateurs s'ils peuvent faire un petit quelque chose pour elle. Surprise. Ils savent comment la redresser. Mais, on ne leur a jamais demandé leur avis, alors ils ne l'ont pas donné. On croirait entendre mes livres, et les sujets sur lesquels je travaille en ce moment. 
  • Notre système d'enseignement éjecte une grosse partie de la population. Perte de compétence.
Ce dernier point me semblait, à tort, secondaire. Il m'est revenu en mémoire lorsqu'un ami m'a raconté l'histoire d'un de ses enfants. Le divorce de ses parents le bouleverse. Il ne parvient pas à demeurer dans le cursus scolaire classique. Il bascule dans le professionnel. Et là, c'est le drame. Il devient le souffre douleur de sa classe. Il est sauvé in extremis par la détermination de son père. 

Ce que j'entends (peut-être à tort) est qu'à côté de l'école ordinaire, il y a un "non man's land" peuplé d'animaux. Ces enfants, livrés à eux-mêmes, recréent une société sauvage. Le fils de mon ami avait probablement le tort de ne pas leur ressembler. Et surtout d'être particulièrement fragile. Ce qui me rappelle aussi mon enfance à Argenteuil. J'y ai côtoyé des élèves qui commençaient à ressembler à cela. 

Ce qui ne va pas ici n'est pas tant la perte de compétence que subit l'économie du fait de l'indigence de notre système scolaire, c'est surtout de laisser partir à la dérive tous ces êtres humains. 

Ce qui ne va pas dans notre société, c'est qu'elle s'est mise à considérer que ceux qui occupaient certaines positions sociales avaient des talents essentiels, qui leur donnaient le droit de mépriser, et de détruire, leurs prochains.