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mercredi 28 septembre 2022

Le mathématicien comme artisan

Je jetais un coup d'oeil à ce qu'écrivait wikipedia des équations de Diophante. 

Ce sont des problèmes très simples, qui sont très difficiles à résoudre... 

Un des plus faciles m'est apparu comme très compliqué. Jusqu'à ce que je me rende compte qu'il était évident, effectivement. Car, comme souvent en mathématiques, tout est une question de la façon dont on l'aborde. 

C'est ainsi que des questions qui ont demandé des siècles pour être résolues sont un simple exercice de lycée. Il y a peut être un esprit des mathématiques, mais elles sont surtout une question de techniques. 

En lisant la biographie des Euler ou des Gauss, j'ai pensé que, comme Bach et sa famille, ils étaient avant tout des artisans. Quant à Fermat, c'était un dilettante. 

Est-ce que la faible appétence que le jeune a pour ce sujet changeait si on lui disait cela ?

mercredi 10 août 2022

Ne faut-il pas enseigner les sciences ?

L'école devrait enseigner à être un homme bien, dit Montaigne. En particulier à étudier la société, ce que l'on appelle désormais "anthropologie", pour apprendre à y vivre. Le reste est bourrage de crâne dangereux. 

Montaigne n'est pas cohérent. Son texte est fait de citations ! Le bourrage de crâne a eu du bon : il lui a enseigné l'expérience des anciens. 

Ce qu'il dénonce, peut-être, c'est croire que la connaissance est abstraction et que l'experience ne compte pas. Dans ces conditions, comme il le dit, on est incapable de juger correctement. 

C'est ce que l'on pourrait nommer "le mal de l'élite".

dimanche 7 août 2022

L'école de Montaigne

J'imagine que l'on parle toujours de Montaigne, à l'école. En revanche Montaigne n'aurait pas aimé notre école. 

Il aurait dit qu'elle n'avait pas compris sa mission. Elle nous bourre le crâne. Alors que, au contraire, elle devrait "former le jugement". 

"On nous a tellement assujettis aux longes, que nous n'avons plus de libre allure." 

Quant à la superbe de l'enseignant ? "Il n'y a que les sots qui soient sûrs et résolus (déterminés)." D'ailleurs ne faut-il pas l'être pour croire avoir résolu "la plus grande et la plus importante difficulté de la science humaine (c'est-à-dire) la façon d'éduquer les enfants" ?

Qu'aurait-on dû attendre de lui ? "savoir descendre au niveau des allure puériles du disciple et les guider et l'effet d'une âme élevée, et bien forte." 

"La fermeté, la bonne foi, la sincérité sont la vraie philosophie (...) les autres sciences, qui ont d'autres visées, ne sont que du fard." "La plus grande partie des sciences qui sont en notre usage, sont hors de notre usage."

"Pour cet apprentissage, tout ce qui se présente à nos yeux sert de livre suffisant." "La fréquentation des hommes est extrêmement favorable, ainsi que la visite des pays étrangers." "On l'instruira d'avoir les yeux partout." 

"Avouer la faute qu'il découvrira dans son propre raisonnement, encore qu'elle ne soit aperçue que par lui, est un acte effectif de jugement et de sincérité, qui sont les principales qualités qu'il cherche." 

"Le vrai miroir de nos pensées est le cours de notre vie." 

mercredi 3 août 2022

Education nationale : changement raté

L'Education nationale est un exemple extraordinaire de changement raté. Et surtout de ce que signifie un changement raté.

Il a été décidé, un jour, que tout le monde irait au lycée, aurait le bac, et poursuivrait ses études ensuite le plus longtemps possible. Qu'est-ce que cela a donné ? 

  • Inadaptation de l'offre d'emploi à la demande. L'Education nationale formant des intellectuels, a fait des filières professionnelles (qui font la fortune de l'Allemagne), et artisanales (qui firent la fortune d'un pays de haute culture, comme la France) des voies d'échec. Donc chômage et dépression économique. 
  • Perte de sens : l'orientation scolaire n'a aucun lien avec le talent et surtout la vocation de l'individu. Nous avons produit des générations "absurdes".
  • Le plus fort : l'Education nationale fut excellente ! Si elle formait, comme actuellement les Anglais, des intellectuels d'exception, cela tenait à la qualité du lycée. On y trouvait des enseignants d'élite : en particulier les normaliens, agrégés "du secondaire". Contrairement à aujourd'hui, le professeur, intellect d'élite !, considérait le lycéen comme son avenir ! C'était à ce moment que les personnalités se formaient. Les études ultérieures n'avaient que peu d'importance. 
En bref, l'Education nationale, creuset d'intellectuels, pour avoir voulu faire de nous tous des intellectuels, a perdu son âme, et a produit des paumés. 

(Autre effet du changement raté : quand le désastre est aussi effroyable, on ne peut qu'en rire ?)

mercredi 27 juillet 2022

Le changement : malédiction française ?

Qu'est-ce qui fait que le changement rate systématiquement en France ? 

Je m'intéresse au "cluster". Tout le monde est désormais d'accord que la performance d'une entreprise est due à son environnement immédiat, au "lien social" qu'elle tisse avec son environnement.

Je soupçonne une première erreur. J’ai lu quelques études savantes. Seulement, elles s’arrêtent à un niveau de détail que je juge insatisfaisant. C’est ce qui fait croire à notre gouvernement "qu’il a tout compris" à ces systèmes, alors qu’il n’a pas vu l’essentiel. Et, je suis à peu près certain que croire "avoir tout compris", sans "l’essentiel" conduit à l’inverse de ce que l’on cherchait… 

Et cela s'explique par une seconde erreur. C'est celle de la sonde interplanétaire. On ne lance pas une telle sonde avec des équations. On l'équipe de moteurs, qui, en permanence, la remettent sur la trajectoire voulue. Sans quoi, elle part "à l'opposé". Autrement dit, un changement, ça se contrôle. 

Or, nous apprenons à l'école, et notre gouvernement encore plus que nous, que tout est une question d'idées. Lorsque l'on a la bonne idée, on peut "laisser faire"...

vendredi 8 juillet 2022

L'élite est-elle réellement stupide ?

"Elite" est un terme de dérision. Nous sommes gouvernés par des gens qui affirment devoir leur autorité à la qualité surhumaine de leur intellect, alors qu'ils ne font que des erreurs de débutants. 

(C'est nous qui en payons le prix, bien sûr. Nous moquer d'eux est certainement un moyen de nous dédommager. Le rire est préférable à la révolution. Surtout pour l'aristocratie.) 

L'Elite est-elle fondamentalement stupide ? Ce n'est pas certain. Mon hypothèse est la suivante : 

En fait, tout tient à une erreur : elle croit que la sélection dont elle est issue lui donne le droit de faire ce qui lui passe par la tête. 

En fait, ce qu'elle ne fait pas, c'est ce pour quoi elle a été sélectionnée. Elle n'utilise pas les talents que l'on a identifiés chez elle. Les roues de la formule 1 ne touchent pas la route...  

lundi 6 juin 2022

Réformer l'Education nationale

L'Education nationale est une farce. Ce n'est pas poli de le dire, mais c'est ce que tout le monde pense. 

Comment la changer pour lui éviter de changer ? 

Elle nous sélectionne sur ce qu'elle juge être notre capacité à penser. Et donne le pouvoir à ce qu'elle croit l'élite. Le reste est rebut. Elle enseigne à "l'élite" ce qu'Edgar Morin a appelé une "pensée simplifiante". Quant au rebut, outre le fait d'avoir acquis un complexe d'infériorité, il se retrouve sur le marché du travail sans savoir rien faire. C'est d'ailleurs aussi le cas de l'élite. Carton plein. 

En fait, l'art de penser est celui du citoyen. C'est le propre de la démocratie, qui donne à son peuple la tâche de gérer le bien commun. Ce doit être un art de masse, et pas d'élite. Et c'est un art de la complexité. Paradoxalement, alors que le "sauvage" a une pensée complexe (sans quoi il ne survivrait pas), le "civilisé" tend à croire que tout est facile. La pensée complexe ne s'enseigne pas, en fait, c'est avant tout une prise de conscience. Comme le disaient les pragmatistes, il n'y a que "l'expérience" pour s'en rendre compte : confrontation de l'homme à la réalité, et pas à des formules de mathématiques. 

Ensuite, il faut apprendre un métier. Pour cela, il faut d'abord des connaissances pratiques. Fondamentales. Puis, entrer en "apprentissage", en suivant sa "vocation", ou au moins ses penchants. 

Et l'enseignant ? La 3ème République le sélectionnait à l'image de l'élite. Ce n'est plus le cas. Or, ce n'est pas utile. Les connaissances qu'il dispense sont simples. Il doit être, avant tout, un pédagogue, un bon artisan de l'enseignement, qui aime son métier. Et plus il a peiné pour apprendre, meilleur il le sera. 

mercredi 1 juin 2022

Mauvaise éducation ?

C'est fantastique ce que l'on peut apprendre en peu de temps ! me dis-je en écoutant les émissions de la BBC qui parlent de la nature. 

On y apprend ce que personne ne semble savoir : la complexité du monde. Si l'humanité en prenait conscience, elle deviendrait humble. Il n'y aurait pas de guerres de religion, ou d'opinion,  d'économistes ou de philosophes omniscients, d'hommes politiques qui se prennent pour des "lider maximo" et la science serait, enfin, scientifique. 

Mais, surtout, que l'Education nationale est inefficace ! Quand on pense à la jeunesse que nous avons perdue à écouter ces pauvres types qui essayaient de nous inculquer des connaissances sans intérêt ! Alors que le cerveau humain, particulièrement celui de l'enfant, a une capacité extraordinaire à comprendre, et que quelques minutes d'une émission de radio, ou d'expérience de la nature, feraient des miracles... 

mercredi 4 mai 2022

Elitisme de l'homme ordinaire ?

L'école sélectionne ceux qui peuvent penser. Elle les appelle "élite", et leur donne le pouvoir. 

Résultat ? Citez un bon président.

Et si l'on pensait notre société pour qu'elle puisse être dirigée par le type de président dont nous disposons ? 

On apporterait tout notre soin à la formation de l'individu, à vous et à moi. Et peut-être aussi à la structure sociale. 

(Inspirons-nous de l'armée romaine : elle surclassait tellement sa concurrence qu'elle pouvait gagner une bataille avec, à sa tête, n'importe quel sénateur ?)

lundi 25 avril 2022

Paresse et chômage

J'entends dire que peu de gens veulent travailler. On me cite des exemples. 

Mais, en même temps, je constate un phénomène curieux : la "pénurie RH" fait que l'on forme de plus en plus des gens à faire un emploi qu'ils n'avaient pas été formés pour faire, et, là, c'est le succès. (D'ailleurs, apparemment, celui qui fournirait une formation de ce type serait rémunéré par l'Etat.) 

Qu'en déduire ? Que l'Education nationale nous forme à faire ce que nous ne voulons pas faire ?... 

dimanche 10 avril 2022

Les mathématiques par la terreur

Nous avons besoin d'esprits mathématiques dit l'université de Cambridge. 

En France, c'est aussi le cas. Mais, plus on le dit, plus le niveau baisse. Et cela, partout. Bientôt nous n'aurons plus même de médailles Fields. 

Mes amis constatent que leurs enfants fuient les mathématiques. Ce serait la faute des enseignants. 

Je me souviens avoir subi les "mathématiques modernes". C'était totalement ridicule. Totalement déplacé. En revanche, quand le sujet est devenu pertinent, en préparation aux grandes écoles, il a été évacué en 5 minutes. Pourquoi bousiller la vie, pendant des années, des enfants, alors que c'est sans utilité ? 

Parce qu'il semble que la France se soit conçue comme un test d'intelligence par l'abstraction, et que les mathématiques soient une sorte de grille de QI. Elle est rendue complexe à plaisir. Et cet esprit a gagné l'enseignement français. Toutes les matières se veulent abstraites.

En comparaison, les livres de mathématique pour ingénieur anglo-saxons sont relativement simples à comprendre. Pourquoi ? Parce que, pour l'ingénieur anglo-saxon, les mathématiques ne sont qu'un outil.

Et si des mathématiques sélection, on passait aux mathématiques outil ?

(Cela laisserait ouvert le problème de l'ascenseur social. Il est possible que la sélection de l'abstraction ait été un moyen de renouveler l'élite. Ce qui donnait aussi une raison pour leur nuire. Derrière la question des mathématiques, il y a donc, probablement, celui du modèle de société que nous désirons.) 

mercredi 30 mars 2022

Le monde des sans grades ?

"Elite" est devenue une insulte. Un des traits marquants de notre époque. D'où cela vient-il ? 

Qui est scientifique ou enseignant ? Celui qui n'a pas fait d'études assez bonnes pour avoir un meilleur emploi. Il y a eu "massification" de ces professions. Et cela a eu l'effet paradoxal non seulement de faire baisser le niveau moyen, mais, surtout, de faire fuir ceux qui les occupaient auparavant. 

Des professions hier prestigieuses croient conserver leur autorité, alors que ce qui la justifiait n'existe plus.

Du coup, le taylorisme a gagné. Les professions dites intellectuelles sont occupées par des exécutants qui appliquent des normes. 

Changement irréversible, probablement. Il faut faire avec. En particulier, il faut demander à cette bureaucratie de faire bien ce qu'elle sait faire, mais pas plus. On ne fait pas éduquer des êtres humains par des robots, en particulier. Comme le disait Bergson, notre société technocratique a besoin "d'un supplément d'âme". Voilà une mission pour notre "jeunesse à impact" ? 

mercredi 9 mars 2022

Education nationale : on ne change pas une équipe qui perd

Comment sauver notre éducation ? Suite. 

Apprenons de 68. En voulant réformer l'Education nationale, gauchistes et gouvernements ont perdu ce qu'elle faisait de bien. C'est que ce l'on appelle, élégamment, "jeter le bébé et l'eau du bain". "Rien ne presse tant un Etat que l'innovation : le changement donne seul forme à l'injustice et à la tyrannie." (Montaigne) 

Il ne faut donc rien changer, et surtout pas vouloir revenir au système d'avant, mais améliorer celui que l'on a. Et on peut le faire, vite et bien, de deux façons. 

  • L'urgence est économique. Faute de personnel qualifié, notre pays dévisse économiquement depuis des décennies. Il ne pourra pas résister aux coups de boutoir de la Russie et de la Chine. Il faut prendre en main la formation professionnelle, en urgence. Elle ne dépend pas de l'Education nationale. Pour cela, il faut être pragmatique. La plupart des emplois n'ont pas besoin de diplômes. (D'ailleurs un loubard de banlieue maîtrise certainement bien mieux Internet qu'un major de l'ENA.) L'important, c'est la motivation. En outre, la technologie moderne permet un "reengineering" de l'instruction.
  • Ensuite, il y a l'Education nationale en tant que telle. Et si l'on demandait leur avis aux enseignants ? Ils ont probablement une bien meilleure vision des défauts de leur organisation que vous et moi. Ils se sentent aussi, probablement, impuissants. Et ils en souffrent. Qui dit qu'une enquête bien menée ne nous donnerait pas un diagnostic pertinent des failles du système et des moyens, peu coûteux, de le transformer ?

mardi 8 mars 2022

L'Education nationale, problème français

L'Education nationale est au centre de tous nos problèmes. C'est un thème qui revient sans cesse dans ce blog. 

Pour comprendre ce qui s'est passé, il faut partir des origines. Voici une tentative de remise en cohérence de ce que j'ai lu. Elle est beaucoup moins caricaturale que ne le laisse penser ma façon de l'exprimer. 

Les révolutionnaires et leurs successeurs de la 3ème République paraissent avoir cru que le génie était inné, et que l'Education nationale devait identifier les intellects supérieurs et leur donner la place des nobles. Il fallait rendre à "aristocratie" son acception originale "d'élite". Seulement, outre le fait qu'ils ne pensaient pas que l'on "devienne homme", ils ont fait l'hypothèse de l'inégalité des hommes à la naissance... Contradiction avec la devise de la République.

Ils ont appelé leur dispositif "éducation", et pas "instruction". Ils comptaient façonner le citoyen, comme le faisaient sa famille et son milieu. Projet totalitaire ! Mais, aussi, remarquablement intégrateur : il ne s'intéressait pas à la provenance de l'individu, seulement à sa capacité à se fondre dans le système. 

La mise en oeuvre du changement s'est faite grâce aux instituteurs, les "majors" de canton au certificat d'études. L'instituteur sélectionnait l'instituteur. Les classes dominantes le restaient, mais elles laissaient passer un peu de sang neuf, comme Albert Camus, ou son camarade, polytechnicien en puissance. 

Ce système ne pouvait pas être éternel. En 68, il a semblé être victime d'un double mouvement. Les "gauchistes" ont dénoncé ses défauts, en pensant, comme les anarchistes, "sous les pavés, la plage". Le gouvernement a jugé que la meilleure façon de les punir était de leur donner raison. Il venait d'utiliser la même méthode avec ses colonies. 

Il avait vu juste. Fini l'ascenseur social. Les "élites" se reproduisent, probablement encore mieux que sous l'ancien régime. L'Education nationale n'enseigne rien. Les études, invraisemblablement longues, vident (ou déforment) le cerveau et remplissent l'arrogance. Les vocations sont tuées, ainsi que la capacité de penser. Création d'un chômage, massif, artificiel. L'économie ne parvient pas à recruter. Elle subit un préjudice colossal. Plus d'intégration de l'immigré. Justement mécontent.

L'enseignant, "gauchiste" d'hier, est maintenant le dernier de la classe. Ses nobles idées ont abattu le système. Et c'est un des gagnants du changement : il utilise ce qui se dit "ascenseur social" au profit de ses enfants. 

Comment se sortir de l'impasse ? 

lundi 7 mars 2022

Recruter par l'appétence

Nous avons énormément de chômeurs, depuis longtemps, alors que les entreprises ne parviennent pas à recruter, depuis longtemps. Mais de plus en plus. Qu'est-ce qui ne va pas ? 

Le diplôme ? Alors que tout le monde a le bac, la majorité des emplois n'en a pas besoin ! 

Ou le CV ? L'entreprise a des spécifications trop étroites. Et, pire que tout, le candidat au bon CV découvre, dans la majorité des cas, que l'emploi ne lui va pas !

Il faut prendre le problème à l'envers : partir des "appétences", des plaisirs qu'offre l'emploi, et chercher les gens qui les apprécient. Si j'ai envie de faire, j'apprendrai vite ! Le contraire de ce que nous dit l'Education nationale !

Le recrutement par l'appétence change tout. Une fois la sélection sur appétences faite, des rencontres courtes permettent aux employeurs et aux candidats de s'apprécier.

Si j'ai bien compris, voici ce que dit cet article.

vendredi 25 février 2022

Comment "élever" ses enfants ?

"Tiens toi droit",  "aie de bonnes notes", "votre trésorerie est insuffisante", "exportez", "faites-vous vacciner"... Gouvernements et parents ont  en commun qu'ils ne nous donnent pas envie de faire ce qu'ils nous disent. 

Curieusement, quand on y réfléchit un peu, cette attitude chiante de pépé la morale est assise sur un a priori discutable : il existe un modèle unique, pour l'enfant, l'entreprise... Autrement dit, notre histoire est finie ! 

Mais que furent les Montaigne, Pasteur, Baudelaire, Steve Jobs ? Des rebelles ! Et si le monde était à créer ? Et si le citoyen admiré n'était rien d'autre qu'un révolté qui a réussi ? 

Mais alors qu'est-ce que cela signifierait en termes pédagogiques ? Peut-être bien : cherche tes forces, et apprend à repérer ce qui leur est favorable ? "Elever" doit s'entendre au sens premier du mot ? 

jeudi 3 février 2022

Conçus pour penser

John Le Carré excuse les espions anglais qui ont fait défection, en expliquant, en substance, qu'ils ont été trahis par la Grande Bretagne. Elle les avait formés pour diviser et régner, sur le monde, alors, qu'ayant sombré dans l'insignifiance, elle leur en a retiré les moyens. 

Le premier exercice d'un cours de MBA anglo-saxon consiste à décider de l'avenir d'une entreprise. La mission de ses élèves est simple : être patron. Les gens qui ne sont pas passés par là ne peuvent s'imaginer patron. Même, d'une certaine façon, s'ils le sont devenus par leurs propres moyens. 

L'influence que notre formation a sur nous vient bien moins de ce qu'elle nous apprend, que des ambitions qu'elle nous dit devoir être les nôtres. Elle nous ouvre, ou nous coupe, les ailes ?

vendredi 7 janvier 2022

L'apprentissage comme déblocage

Il y a quelques temps, France Culture a consacré des entretiens à Bernard Stiegler. Il racontait s'être révolté contre le système éducatif de son enfance. C'est en prison qu'il a découvert sa passion pour la philosophie. 

A la prison près, j'ai une expérience qui ressemble à la sienne. 

Je crois que le principe de notre éducation est que le professeur n'a pas à expliquer, le bon élève est celui qui le comprend. En conséquence l'éducateur se laisse aller à sa fantaisie. Pire, alors que la science est un empilage poussif et lent de découvertes, l'éducateur prétend qu'elles étaient évidentes !

J'ai constaté, au contraire, que comprendre était une question de "blocage". Beaucoup de gens comprennent beaucoup de choses, pour peu qu'on les présente correctement. Par exemple, en expliquant comment on est parvenu à les découvrir, après bien des errements. 

mardi 21 décembre 2021

Vive la résistance au changement !

Ce blog explique que nos hauts fonctionnaires court-circuitent, en maîtres, les mécanismes qui s'opposent à leurs plans. Ne font-ils pas le bien commun ? Ce qui lui résiste n'est-il pas pure arriération ? 

Et c'est comme cela que l'on découvre, avec surprise, que tel ou tel "champion national" a accumulé 70md€ de dettes (presqu'un plan de relance), que la nation va devoir rembourser. Et c'est aussi comme cela qu'elle se trouve devant des faits accomplis qui ne sont ni bons pour elle, ni tout à fait conformes à ce qu'en attendait leur auteur. Ce qui provoque le mécontentement dont se nourrit le "populisme". Il n'y a pas de complot sans feu. 

Et voilà pourquoi il ne faut pas cracher sur la résistance au changement. Elle force le dirigeant, qui la respecte, non seulement à faire bien, mais aussi et surtout à donner le meilleur de lui-même, ce pourquoi il occupe son poste. C'est la résistance au changement qui révèle l'élite, pas l'Education nationale. 

dimanche 5 décembre 2021

Changement surréaliste

Les Surréalistes, si j'en crois Lagarde et Michard (billet précédent), ces purs intellectuels, en voulaient à la culture, et à la société. Ils pensaient que le génie était inconscient, que la société l'étouffait. D'où écriture automatique, drogues, etc.

Les romantiques pensaient de même, et les Bohèmes, et aussi la contre culture moderne de Bob Dylan. Le Bobo est un Surréaliste. Ce qui peut expliquer qu'il s'en soit pris à la culture occidentale, qu'il voyait comme une oppression.  

(Paradoxe : le poète, en se révoltant a détruit l'éducation, ce qui fait que, sans éducation, l'on ne comprend plus rien à la poésie, et que l'on ne peut plus en écrire.)

Un sujet pour M.Blanquer ? Les études font tellement de mal à ceux qui les réussissent qu'ils cherchent à éliminer la cause de leurs tourments ?