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mardi 28 octobre 2014

Changement et université, anciens et modernes

Pourquoi l'Université a-t-elle changé ? J'ai transmis mon billet précédent à un universitaire professionnel. Il ressort de son analyse un mécanisme surprenant. 

Affrontement entre anciens et modernes, entre "enseignants" et "chercheurs". C'est un peu de Gaulle contre Sarkozy. D'un côté des professeurs éminents, arrogants, un peu ridicules, qui créent une oeuvre indépendamment des modes. De l'autre des arrivistes, jeunes, intellectuellement limités, mais plein d'énergie. Ils ont utilisé les idées issues de la globalisation (Shanghai, internationalisation des cours, "mesure de la performance" par la publication...) pour mettre en faute les premiers, et prendre leur place. Aujourd'hui, leurs idées leur explosent à la figure. (Encore plus à celle des étudiants.) On découvre que les techniques de leurs prédécesseurs étaient bien mieux adaptées à la globalisation et à l'entreprise, et à la recherche, que les leurs. Mais, trop tard ! 

Ce qui amène à un autre point curieux. Contrairement aux anciens, les nouveaux aiment l'argent. Or, l'Université paie mal. Ce qui les amène peut-être à aller chercher des revenus ailleurs. Raison des dysfonctionnements que j'observe ? En effet, j'apprends aussi que les anciens faisaient, dans l'ombre, un gros travail de coordination, d'accompagnement des élèves, de communication aux entreprises... Il aurait disparu.

(Pourquoi parle-t-on de "chercheurs" ? "aujourd'hui, ceux qui dirigent la formation se targuent d'être des scientifiques (la preuve : "ils publient dans des revues étoilées" ...), alors que leur production scientifique ou académique se situe à un "infra ou proto" niveau (dans un micro-cadre conceptuel donné non nécessairement discuté ou tout bêtement en périphrasant ce que d'autres écrivent)").

samedi 25 octobre 2014

Changements et université

J'interroge mes élèves sur leur perception de l'université (que, moi-même, je ne vois que pour faire mes cours). Il en ressort un curieux sentiment d'hypocrisie : à titre d'exemples :
  • Pourquoi le Master dans lequel j'enseigne a-t-il déménagé dans un autre établissement alors qu'il n'y a aucune possibilité d'avoir accès à ses installations ? Raison officielle : se rapprocher des entreprises - on est à la Défense -, mais, il n'y a pas de contact avec les entreprises ! 
  • Pourquoi la partie apprentissage du Master est-elle restée sur le site historique, alors que c'est elle qui a le plus de raison de vouloir se rapprocher de l'entreprise ? 
  • Il y aurait un superbe système d'information que personne n’utiliserait. (Je n’étais pas au courant !)
  • Le Master est présenté comme international. Or, il n'y pas de cours en anglais. Seulement 2h de cours hebdomadaires de formation au TOEIC, un test que tout le monde a passé !
  • Tous les cours parlent de l'importance de la communication alors qu’il n’y a pas de communication au sein de l'équipe enseignante et de l'administration. 
  • Pas de salle de réunion pour travaux de groupe alors que le cours est fondé sur ce type d'exercices. 
  • Exercices scolaires alors que l’université est supposée former des professionnels. 
  • Le nom du Master (Comptabilité Audit Reporting) est illisible par les employeurs (qui veulent embaucher des contrôleurs de gestion). 
  • Problèmes administratifs : réinscriptions, transfert d’information entre universités, paiement des frais d’inscription non adaptés aux étrangers, dysfonctionnements divers. 
  • Pas de temps pour la recherche de stage.
  • Université de gestion mal gérée ! (En pertes, alors qu'elle fut longtemps excédentaire.)
  • Positionnement grande école est-il judicieux ? Perte de ce qui a fait le succès de l'Université ?
A quoi, on peut ajouter que la cote du Master a baissé.

Ce qu'il y a d'étrange là dedans, c'est que l'on a l'impression que tout ce que l'on a dit contre l'université (au moins celle-ci) était faux. En revanche, c'est maintenant que c'est vrai !

Exemple de moment thucydidien ?