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vendredi 28 février 2014

Entreprises : trouvez votre raison d’être par l’exemple

Second billet consacré à Michel Rességuier. Où l’on acquiert l’intuition de comment il faut aborder la question du redressement d’une entreprise. Michel Rességuier donne 4 exemples :

Un fabricant de matériel de laboratoire. 70 ans d’existence. 60 ans de prospérité. 10 ans de pertes. Il entretenait une grosse équipe d’ingénieurs de haut niveau pour conseiller le client, alors que cela ne lui servait plus à rien. Son attente était le sourcing et la logistique, qui, eux, laissaient à désirer. Il fallait les professionnaliser.

Un transporteur routier. Impossible de comprendre ce qui ne va pas. Quelle que soit la façon dont on segmente son activité, il n’y a pas de différence de rentabilité entre segments. Un conducteur suggère de faire un découpage par conducteur. Résultat : deux catégories de conducteurs plombent les comptes. Les très mauvais, et les très bons. Pourquoi ces derniers ? Parce qu’on leur demande de rattraper tout ce qui ne va pas. Mais on ne refacture pas le travail correspondant.

Un fabricant de meubles. Ancien leader de son domaine, il se retrouve en situation difficile. « Livrer à l’heure n’était pas un sujet ». Les grandes surfaces du meuble, ses clients traditionnels, étaient en difficulté, mais il avait décidé de ne pas travailler avec Ikea !

Un groupe de librairies. Chaque librairie est une entreprise à part. Sa raison d’être dépend de critères tels que superficie, histoire (par exemple, librairie de l’école de médecine), marché local (ville universitaire ?), légitimité (est-elle choisie par la clientèle universitaire ?). Et le blocage ? Ses personnels se voient comme des missionnaires de la culture, pas comme des vendeurs. Or, une enquête mystère montre qu’ils ne parlent pas au client ! Toute leur activité est logistique. Solution ? Ne pas exiger d’eux d’être des vendeurs, certes. Mais leur demander d’échanger quelques phrases sur un sujet culturel, et les former à parler de livres.

vendredi 21 février 2014

Michel Rességuier et le redressement d’entreprise

Jean-Pierre Schmitt m’a fait rencontrer Michel Rességuier. J’ai été enthousiasmé par son expérience. Voici le premier de deux billets qui lui sont consacrés.

Prospheres est un spécialiste du redressement d’entreprises. La société emploie 17 salariés et a mené plus de 100 redressements en 14 ans. Elle intervient principalement pour des entreprises en situation difficile (ayant une fois sur deux des problèmes de refinancement). Leur chiffre d’affaires varie entre 10m et 1md€.

Ce que dit l’expérience de Prospheres, c’est que même dans les pires circonstances, le renouveau est à portée de main. Cela ne demande qu’un seul changement : prendre la compétence de son entreprise au sérieux :
  • Sa méthode de travail repose sur une constatation. Si une société est en difficulté, c’est qu’elle n’a pas compris sa « raison d’être ». Elle s’acharne sur ce qui jadis a eu de l’importance, mais qui n’a plus de valeur aujourd’hui pour le marché. Et elle laisse ses forces en jachère, faute de leur apporter le processus de gestion rigoureux qui les transformerait en avantage concurrentiel décisif. 
  • Prospheres prend un mandat social en vue du redressement sans connaître l’entreprise et sa situation. Dans ces conditions, rien ne peut se faire sans la participation de ses équipes. Prospheres apporte le savoir-faire nécessaire à la définition d’un plan de redressement, et ce sont elles qui le conçoivent et l’appliquent. De ce fait, il n’y a pas de résistance au changement, et le plan est immédiatement appliqué. En moyenne, il faut un an pour redresser la société et mettre en place une nouvelle équipe dirigeante.
Et les conflits sociaux ? a demandé Jean-Pierre Schmitt. Parfois, les syndicats cherchent à empêcher les salariés de collaborer avec Prospheres. Michel Rességuier leur répond qu’il est dans l’intérêt de ces derniers de participer à la mission. Y compris, lorsque cela est nécessaire, à la conception d’un plan de licenciement. En outre, l’expérience montre qu’une « cellule d’outplacement bien pilotée » est efficace. Les seules personnes qui ne retrouvent pas un emploi sont celles qui ne désirent pas continuer de travailler (généralement, parce qu’elles sont proches de l’âge de la retraite). « S’ils ont envie de travailler, on les reclasse tous. »

Le prochain billet, dans une semaine même heure, illustre la démarche par l’exemple…