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vendredi 12 août 2022

Changement en Allemagne

"Pendant la réunification, les industriels allemands de l'ouest ont été très subventionnés pour s'implanter en RDA. J'ai vu alors émerger dans mon métier quelques gros acteurs qu'on n'a jamais pu rattraper depuis (...) avant c'étaient des PME comme nous. Après, dans beaucoup de métiers, ils ont monté des outils industriels performants avec de l'argent public. Et ils ont pris une taille probablement irrattrapable." (Franck Mathis, in La désindustrialisation de la France de Nicolas Dufourcq). 

Une histoire qui n'est pas racontée comme cela d'ordinaire. On constate qu'il y a plus d'ETI en Allemagne qu'en France. Et on le porte au compte du génie entrepreneurial allemand. 

Il n'en est probablement rien. L'art de l'Allemagne est celui du changement de groupe. Le pays conçoit une stratégie, et, ensuite, chacun l'applique, impeccablement. Et il semble que cette stratégie ait été, peut être encore bien après la réunification, qui fut ratée, de faire de ses PME des champions. 

vendredi 5 août 2022

France : qu'est-ce qui cloche ?

Qu'est-ce qui cloche entre Monsieur Macron et la nation ? Eternelle question de ce blog. 

L'hypothèse de Tocqueville, et de l'Ancien régime :

  • Notre élite passe des études à l'Olympe gouvernementale. Comme celle d'Ancien régime, elle ne connaît pas la réalité. Elle ne vit que d'abstractions simplistes. 
  • Elle est convaincue d'être une élite, donc de nous apporter des idées que nous n'avons pas. Mais où les trouver ? Dans les modes qui parcourent la planète, et qui l'émerveillent. (Mais la stratégie, ce n'est pas imiter les autres !)
Application ? L'élite actuelle semble croire que :
  • Le salut de la nation viendra, comme ailleurs, de la "start up" (désormais "industrielle"), et d'un type d'entrepreneur, jeune, dynamique, qui parle bien, et qui lui ressemble. 
  • Le Français qui n'a pas compris cela est obsolète. Ce jugement s'applique non seulement à la masse des citoyens, mais aussi à celle des entrepreneurs. 
Explication du malaise actuel ? 
  • L'élite doit son pouvoir à l'électeur : vouloir l'éliminer, pour cause d'obsolescence, est suicidaire ! 
  • Elle dit défendre l'économie et les entrepreneurs, or les nôtres ne sont pas à son goût ! 
  • Elle n'a pas calculé les conséquences de ses idées : dans le meilleur des cas, la France, impécunieuse, n'a pas les moyens de financer le développement d'un monde de start up. Et de, très, très, loin.
Que faire, alors ?
  • "C'est le fonds qui manque le moins" : nos entreprises traditionnelles recèlent des richesses immenses, et qui, elles, coûtent peu à révéler. (Elles ont accumulé un savoir-faire considérable, alors que le startupper n'a dans la tête que le vent de ses études.)
  • La leçon allemande ou suisse est que c'est le "milieu" qui révèle ces richesses, et transforme l'entrepreneur : la communauté locale, et son système de financement propre, prend en main l'entrepreneur et l'amène à donner son meilleur. 
  • Or, comme le dit N.Dufourcq, en France les réformes gouvernementales ont dissous ces écosystèmes locaux... 
Serait-ce par là qu'il faut prendre le changement ?

(Tocqueville : “le gouvernement était déjà passé du rôle de souverain au rôle de tuteur” “tous pensent qu’il convient de substituer des règles simples et élémentaires, puisées dans la raison et dans la loi naturelle, aux coutumes compliquées et traditionnelles qui régissent la société de leur temps” “dans l’éloignement presque infini où ils vivaient de la pratique, aucune expérience ne venait tempérer les ardeurs de leur naturel”.)

lundi 14 mars 2022

Vive l'ETI ?

J'ai l'occasion de participer à une étude sur les ETI. C'est une enquête "auto administrée", donc susceptible au biais. Mais j'en tire tout de même une impression : ce type d'entreprise a une stratégie qui lui est propre.

Je caractériserait ce que je vois par : renforcer l’avantage concurrentiel et entreprise citoyenne. A l'envers, la grande entreprise est obsédée par l'optimisation financière et la PME est dans une logique de survie aveugle "nez sur le guidon". Toutes les deux sont les victimes du court terme.

A l'appui de cette impression :

  • L’investissement va vers la production et la "digitalisation" (renforcer l’avantage concurrentiel pas finance)
  • Idem pour la croissance externe : cherche avant tout à consolider l’avantage concurrentiel
  • Investissement vert (fortement poussé par la contrainte) 
  • Financement par capitaux propres et dette. Profite « normalement » des subventions et autres PGE et chômage partiel. 

Une surprise : le chiffre d'affaires et la rentabilité sont, globalement, assez fortement en hausse, ce qui est remarquable. 

Vertu et dynamisme ? Vraie relance ? En tout cas, si cet échantillon est représentatif, cela explique l'intérêt que le gouvernement porte à ce type d'entreprise, et aussi la force de l'économie allemande. 

samedi 22 mai 2021

Enseigner la réalité

Une particularité de la France est que la communauté enseignante possède, collectivement, une culture dans laquelle l'entreprise n'a pas de place, ou, peut-être, plutôt, elle a la place qu'elle occupait dans la pensée marxiste du 19ème siècle. A un temps où il n'est question que d'économie, et où notre économie est faible, n'est-ce pas un sérieux handicap, pour notre pays et ses citoyens ?

Ne serait-il pas important que l'Education nationale réexamine le "récit" qu'elle fait de l'entreprise et de l'économie ? Peut être pas en prenant le contre-pied de ce qu'elle dit aujourd'hui, mais, simplement, en regardant la réalité en face ? 

Comme souvent, chez nous, une association a pris l'initiative. Elle cherche, simplement, à faire découvrir à l'enseignant ce qu'est une entreprise. (Article.)

mardi 6 avril 2021

Le mal de la France : ses champions ?

"les multinationales françaises sont les championnes européennes de la délocalisation. Elles réalisent la majeure partie de leur activité et de leurs profits hors de France. Nos multinationales ont beaucoup plus délocalisé que celles des autres pays européens à tous les niveaux. Ce choix stratégique de développer les investissements directs à l'étranger plutôt que d’investir sur le sol national et d’exporter, explique pour une large part le déficit commercial de la France." (Article.)

Ces multinationales n'ont de français que le nom, dit l'article. Elles font des bénéfices à l'étranger, et des économies en France. Mais, paradoxalement, elles sont secourues par l'Etat français, dit l'article, qui soupçonne que ce traitement de faveur tient à la proximité entre leurs dirigeants et les gouvernants du pays. 

mercredi 17 mars 2021

La relance va-t-elle accroître les inégalités ?

Dans les cercles gouvernementaux et les élus on ne parle que de "relance territorialisée", de sous-préfets facilitateurs, de PME… On veut combler les inégalités entre territoires. On veut "réindustrialiser", reconstituer l'avantage concurrentiel du pays, et ce d’en bas, de la petite entreprise. Car nos multinationales qui n'ont de français que le nom, et pas les capitaux, sont des chevaux de Troie de l’étranger… En bref, on veut prendre le contre-pied de tout ce qui se fait depuis la mort de De Gaulle. 

Mais voilà. Les "petits" (petites entreprises, petites collectivités...) sont tellement détruits que, d'une part, ils ne craignent plus rien, et que, d'autre part, ils n’ont pas les moyens de se tirer de la complexité invraisemblable des mesures gouvernementales (qui sont désormais, européennes, nationales et régionales !). Ce sont les "gros" qui en profitent ! Grosses métropoles, grosses multinationales !

Apparemment, le gouvernement en est conscient. Mais comment agir ? Déverser les milliards, oui, l'action pratique, non. Alors, énantiodromie, une fois de plus ? 

jeudi 4 mars 2021

Réconciliation nationale

Oubliez tout ce que l'on vous a dit sur l'entreprise, et l'économie. Le problème français est unique : c'est la défiance. Si nos entreprises se faisaient confiance, tout ce que l'on leur reproche, et qui encombre les livres et les journaux, disparaîtrait. Voilà un résultat paradoxal de l'étude que je mène depuis deux ans. 

Réconcilier le Français avec le Français : une cause nationale ?

Comment faire ? demandé-je. Il faut aller vers ses concurrents, me dit un chef d'entreprise. En les découvrant, il a compris qu'ils n'étaient pas concurrents ! Et ils se sont mis à travailler ensemble. Préliminaire ? Apprendre à se connaître ("se renifler"?). Pour cela, il faut commencer par se découvrir, donc avoir l'occasion de se rencontrer en "terrain neutre". 

Les clusters d'entreprises semblent propices à ces rencontres. Une dirigeante de CPME constate que le plus efficace pour que les chefs d'entreprise parlent à d'autres chefs d'entreprise est de les amener à participer à des événements qui n'ont rien à voir avec l'entreprise. 

L'enquête se poursuit... 

mardi 9 février 2021

Communication produit

Pourquoi ne savons-nous pas "faire payer" notre créativité nationale ? Une question sur laquelle j'enquête. 

Je soupçonne que c'est parce que cela demande d'être, comme un Américain, une "bête de scène". Il faut "communiquer". L'entrepreneur français ne sort pas de son bureau. Au fond, ce qui l'intéresse c'est son métier, c'est-à-dire ce que fabrique son entreprise. Pourquoi en faire plus ?

Paradoxalement, quand il est sur un plateau, il est maladroit. Il se croit un homme célèbre. Il donne son opinion. Ce qui n'intéresse personne. 

Ce dont parle un Américain, ce sont de ses produits ! Mon iPhone ou ma Tesla sont pleins de fonctionnalités géniales ! C'est ce que l'on appelle la "communication produit". C'est qu'il faut apprendre. 

samedi 9 janvier 2021

Cluster : arme anti-crise ?

Il y a 80.000 entreprises regroupées en 400 "clusters", en France. Un million d'emplois. 

Une enquête de France Clusters montre qu'elles résistent remarquablement bien à la crise. 

La résilience, profiter d'une crise, est le propre du groupe ? Le cluster serait-il "l'arme de guerre contre le coronavirus", comme l'affirme son président ? Qu'on se le dise ?

lundi 14 décembre 2020

La solidarité commence au Tribunal de commerce ?


Tribunal ? Voilà qui fait peur. Mais la mission du tribunal de commerce est d'aider.

Dès qu'un entrepreneur ressent une inquiétude, il doit rencontrer le président du tribunal de commerce, qui lui indiquera les options qui peuvent le tirer d'affaires. La plupart ne font pas l'objet d'une communication publique, ou d'un jugement, mais passent par une négociation avec les créanciers de l'entreprise, les principaux étant les impôts, l'URSSAF et les banques. 

Bien qu'il soit recommandé de prendre un avocat spécialisé, le tribunal et son aide sont gratuits. 

Malheureusement, le dirigeant attend trop pour lui demander de l'aide. Alors, il n'y a plus d'option. (Mode d'emploi du tribunal.)

vendredi 11 décembre 2020

L'entreprise prend le pouvoir ?

Ailleurs qu'en France, les Chambres de commerce sont une émanation d'un bassin économique. C'est un bien public. Les entreprises cotisent pour créer une structure qui va leur apporter ce qui leur manque : un aéroport, une université... 

En France la Chambre de commerce est une émanation de l'Etat. Mieux, récemment, elle a été restructurée sur le modèle de l'Etat.

Il est possible que les choses soient en passe de changer. Dans ce que l'on appelle les "territoires", on juge que le modèle jacobin a fait son temps. L'idée qui émerge est une gestion de l'infrastructure d'aide à l'entreprise, par un groupe constitué des entreprises, des représentants de la population, et des services de l'administration. (Interview.)

jeudi 29 octobre 2020

Un bon moment pour créer une entreprise ?

Aux USA, il n'y a jamais eu autant de créations d'entreprises. Pourquoi ? 

Chômage et financement facile. Beaucoup de gens avaient des idées, ils se sont dit que c'était le bon moment pour les tester. 

Et vous, avez-vous des idées ?

mardi 22 septembre 2020

Y a-t-il des entreprises sans mission ?

Il y a maintenant des entreprises à mission.

Ce qui veut dire qu'il y a des entreprises sans mission ? L'enseignement de la stratégie affirme pourtant que l'entreprise a une "mission", une "raison d'être". Cela s'appelle aussi "la raison sociale". Construire des maisons, ou fabriquer des pièces tournées.

Le rôle de l'entreprise, comme celle du gendarme ou du professeur, est d'occuper une place dans la société. Et elle doit faire son travail aussi bien que possible.

Discuter réchauffement climatique ou droits de l'homme appartient à une autre sphère que la sphère privée : l'espace politique, celui qui définit les lois communes. C'est en appliquant les lois et en remplissant son rôle que l'entreprise participe à la mission collective.

mardi 28 janvier 2020

Entreprise : un modèle pour la démocratie ?

Curieusement, les spécialistes de la démocratie ne s'intéressent pas à l'entreprise. Or, le propre de notre démocratie actuelle est d'être dominée par un "exécutif" puissant. Ce qui est le modèle de l'entreprise. Ne pourrait-on pas apprendre d'elle ? Quelques observations :
  • Ce qui permet à une entreprise d'être une tyrannie, ce sont ses économies. Mais, dès qu'elles ont disparu, l'entreprise doit faire face au marché. Que l'on le veuille ou non, pour qu'une entreprise soit concurrentielle, elle doit être bien dans sa peau. Et cela demande que tout le monde s'y trouve bien. 
  • Les employés n'exigent pas grand chose. Ils ont une image de ce qu'est un "bon emploi". Ils ne veulent pas plus. Par exemple, des ouvriers d'usine veulent ne pas avoir à craindre le licenciement ; les commerciaux veulent que leurs efforts paient ; les ingénieurs veulent que leur travail soit jugé à sa valeur... 
  • Ce que l'on demande au dirigeant, ce sont deux choses :
  1. Faire son travail de dirigeant. C'est une occupation qui s'apparente à celle de l'homme politique : cérémonies, dîners, etc. 
  2. Changer le "modèle économique" de l'entreprise. Il est faux de dire que l'entreprise doit s'adapter sans cesse. Il y a des modèles (cf. Apple ou Google) qui marchent, et d'autres qui ne marchent pas. Quand on est dans le second cas, le dirigeant doit amener l'entreprise dans le premier. 

mercredi 30 octobre 2019

Le changement par le périphérique

Soit une entreprise en difficulté...
Si l’on utilisait un livre de cours de management pour analyser sa situation, on conclurait que tout y marche en dépit du bon sens. D’où le sentiment de dépression que j’ai eu en lisant La voie, le livre d'Edgar Morin, qui parle de l'état de la planète. Or, l’entreprise se transforme. D’un seul coup, tout fonctionne.

Ce qu'Edgar Morin nomme « eros » joue un rôle critique dans le changement. L’entreprise a « envie » de changer. Et alors sa « tête collective » se met en fonctionnement, et rien ne lui résiste.

Il existe une technique pour déclencher cet effet : le « projet périphérique » (je parle aussi de « la méthode du vaccin »). On commence petit. On attaque un problème « insoluble ». Lorsqu’il est résolu, tout le monde en parle.

Spontanément l’organisation révèle ses inquiétudes. Elle a retrouvé l’espoir. Elle, qui se croyait condamnée par des vices si honteux qu’elle les cachait dans son inconscient, découvre qu’elle a des qualités, immenses. Elle ne trouve pas là la solution toute cuite à ses difficultés, mais la force de les aborder.

samedi 28 septembre 2019

Entreprise sous influence

L'entreprise française a quelque-chose d'irrationnel. L'entrepreneur a de très bonnes idées. Puis il déraille. Pourquoi ? Une question qui me frustre depuis longtemps. J'en suis arrivé à l'hypothèse suivante :

Les Américains, quand ils louent un entrepreneur, disent qu'il est "focalisé". Il a une idée fixe, et il l'exécute parfaitement. Le Français est susceptible à l'influence. Il y a au moins deux types d'influences, nocives :
  • Les idées "de gauche". Elles n'ont rien de toxique en elles-mêmes, mais elles sont incompatibles avec l'entreprise. L'Américain commence par faire fortune, puis, ensuite, s'il en a envie, il donne un emploi charitable à ses milliards. Ces idées sont d'ailleurs perverses. L'entrepreneur ne pouvant gagner sa vie, de leur fait, il se croit forcé à des manoeuvres peu éthiques, y compris avec ceux qui dépendent de lui. 
  • Les "modes". Big data, intelligence artificielle, objet connecté, ordinateur quantique, etc. Ces modes sont des manoeuvres spéculatives. Celui qui les prend pour argent content s'appelle un pigeon. 

dimanche 11 août 2019

Le mal de la grande entreprise

Qu'est-ce qui ne va pas dans la grande entreprise ? Ma réponse :

Je crois qu’il faut surtout prendre en compte l’évolution de la société dans son ensemble. Son principe actuel, depuis les années 60, est l’égoïsme. Utiliser tout rapport de force pour exploiter l'autre. Je constate que dans beaucoup de grandes entreprises on ne travaille plus. Le salarié est devenu un petit chef. Le travail est fait par des prestataires. Les dirigeants sont des financiers qui ne peuvent pas comprendre le métier de l'entreprise. Ils achètent leur stratégie et courent après toutes les modes.

(C'est ainsi que j'interprète les difficultés de Boeing, en particulier.)

Il ne faut pas désespérer, cependant. Il faut chercher les bonnes volontés et les aider. Ensuite le reste de l’organisation viendra au secours du succès.

vendredi 7 juin 2019

L'entreprise française investit-elle assez ?

"Depuis une dizaine d’années, l’investissement des entreprises industrielles est plus élevé en France que dans la plupart des autres pays européens (...) Pourtant, nos performances économiques en termes de compétitivité ne reflètent pas cet effort." France stratégie et la Fabrique de l'industrie publient une étude : "L'investissement des entreprises françaises est-il efficace ?"

La première question que pose ce type d'études est sa méthodologie. Car c'est une analyse de données statistiques. Les comptabilités sont-elles faites de la même façon dans tous les pays ? Et que mesure-t-on ? On compare les investissements par rapport à la "valeur ajoutée" produite par la société, et si le taux élevé d'investissement de l'entreprise française venait simplement de ce qu'elle a peu de valeur ajoutée ? se demandent les rédacteurs de l'étude.

Elle s'interroge sur une anomalie. L'entreprise française investit beaucoup en amont, en RetD, et en logiciel, l'entreprise allemande investit en aval, dans la machine et le gain de productivité. Une explication possible pourrait être la multinationale. Le siège, en France, achète du logiciel. Mais les gains de productivité sont faits dans des filiales, à l'étranger.

On peut aussi se demander si l'on n'est pas en face du paradoxe de Solow : on ne parvient toujours pas à gagner en productivité grâce à l'informatique. Les Allemands placent leur investissement là où il rapporte, et nous, dans des rêves ?

mardi 6 novembre 2018

Perte de compétence

J'ai retrouvé le monde des cabinets de conseil internationaux. Ils ont beaucoup changé. De mon temps, ils étaient le déclencheur des grands changements. Ils apportaient les idées nouvelles. Aujourd'hui, ils ressemblent à de grosses SSII. Ils répondent à la demande, ils ne la créent plus. Surtout, ils font de manière très compliquée, par exemple avec de l'IA, ce que jadis l'entreprise faisait de manière très simple, par exemple avec des décisions de management. (Peut être est-ce un moyen de justifier le coût de la mission et de ne pas faire perdre la face au client ?)

Mon hypothèse du moment est qu'il y a eu une baisse de compétence massive au sein de l'entreprise. Les cabinets de conseil ont accompagné le mouvement. Ils sont devenus des entreprises d'intérim. Ils y ont gagné en chiffre d'affaires, mais y ont perdu en intelligence.

jeudi 28 juin 2018

Gueule de bois numérique ?

En essayant d'ouvrir un compte dans une banque, j'ai eu une illumination. Ma surprise face à sa désorganisation et son inefficacité s'expliquent simplement. Pour nous, aujourd'hui, une banque, c'est Goldman Sachs, c'est le Loup de Wall Street, c'est le diplômé de Harvard qui se roule par terre, en disant qu'il est le meilleur. Or, la banque, en France, n'a pas changé. Elle est demeurée l'administration qu'elle était il y a cinquante ans.

Je me demande s'il n'en est pas de même de la start up. Un dirigeant me disait qu'il ne comprenait pas pourquoi une entreprise américaine avait levé 40m$ pour une technologie qu'il possède depuis 10 ans, et pour laquelle ses clients ne paient presque rien. L'explication est que nous avons projeté le concept américain de start up sur une réalité qui n'a pas changé. Le dirigeant en question est un artisan, me disait, quelque-peu dépité, quelqu'un qui essaie de le conseiller. Alors que l'Américain cherche par tous les moyens à faire fortune, le Français fait un métier. Et il le fait comme il a envie de le faire. Pour le reste, il cherche à vivre. Et, pour cela, il a besoin d'un salaire. Il trouverait normal qu'il lui soit versé par l'Etat, un peu comme on parle de payer le paysan pour l'entretien de la nature. Mais, à défaut, il a trouvé une alternative : convaincre un investisseur qu'il est une start up...