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mercredi 9 décembre 2020

Le communautarisme d'Internet

Publiant des articles pour une association que j'ai co fondée, je m'intéresse à leur diffusion. Je constate qu'ils sont lus si mon interviewé possède une grosse "communauté". L'importance de l'article, ou même de l'interviewé, ne compte pas. (Ou quasiment pas.)

Pourquoi ? Tout ce que je dois de ma connaissance de la Chine tient à quelques mots clés, et au site d'un universitaire américain. Trouver ce site ne serait pas possible maintenant. Les moteurs de recherche sont achetés. Ils vous demandent même si vous ne feriez pas mieux d'utiliser d'autres mots que ceux de votre recherche (y compris si les mots sont votre nom) ! Pour qu'un article puisse être remarqué, il faut, probablement, qu'il réponde à une interrogation nouvelle et exotique, repérable par des mots clés non commerciaux. Du coup, on ne peut être lu que si l'on a déjà un fan club.   

jeudi 16 novembre 2017

Nouvelle droite

Que vouliez-vous qu'il fit ? - Qu'il mourut ! Le combat de Laurent Wauquiez n'est-il pas désespéré ? Mais, sauf à faire allégeance à M.Macron, quel autre choix ? Mélenchon, ou rien ?

En termes marketing, il existe peut-être un "positionnement" pour lui. J'ai noté que l'électorat qui a été fidèle à M.Sarkozy, contre M.Hollande, avait des valeurs très particulières. Valeurs "conservatrices" au sens des Versaillais de la Commune ou des résistants à la Révolution. Il serait peut-être plus juste de dire "possédants". Le combat de M.Wauquiez est celui des Catalans et Daesh : créer une communauté. Ce qui demande, semblent dire ces deux cas, un endoctrinement.

J'entendais une universitaire expliquer qu'il avait les compétences nécessaires. Il est ce dont déborde la gauche, et manque traditionnellement à la droite : un intellectuel. Cependant, il fait face à deux handicaps. Tout d'abord, la bien pensance de gauche pollue la parole de droite. Elle ne parvient pas à se décomplexer. Ensuite, les mouvements conservateurs n'ont pas laissé en France un bon souvenir.

Paris ne s'est pas fait en un jour. Travaillez, prenez de la peine... ?

mercredi 25 octobre 2017

Communautarisme

On qualifie maintenant tous nos immigrés d'origine arabe de "Musulmans". Et on s'attend à ce qu'ils aient tous le même comportement. (A nouveau un débat de France Info...) C'est comme-si on appelait les Russes et les Américains, les Allemands et les Français, les Bretons et les Corses, moi et mon voisin... des Chrétiens, et que l'on s'attende à ce que nous ayons un comportement identique. (Les brebis du pape ?)

Les Juifs ont subi le même sort. Maintenant, on les pense identiques et croyants fondamentalistes. Il y a aussi les "homosexuels", qui ne sont plus rien qu'une pratique sexuelle. Et peut-être, de même, les Fachos, les "blancs", ou "rednecks" aux USA, qui s'opposent à "l'élite" ("éclairée" ou "de progrès"), blanche elle-aussi...

Pour une raison qui m'échappe notre temps est celui des étiquettes. Serons-nous capables de comprendre la richesse de la diversité, sans sombrer dans le chaos des indépendantismes ?

dimanche 25 septembre 2016

Le communautarisme n'existe pas

Un invité de "la suite dans les idées" de France Culture disait que le communautarisme n'existait pas. C'était une invention de la droite et de l'extrême gauche. Elles accusaient la gauche de l'avoir importé des USA où il n'existe pas, d'ailleurs. Il n'y a pas d'équivalent au mot communautarisme en américain.

Thèse qui m'a surpris. Effectivement, je n'ai entendu parler de communautarisme que récemment. Mais la communauté, ou quelque-chose d'équivalent, est bien un fait social américain, et même protestant :
Le protestant discerne plus fortement que le catholique la réalité de l'Eglise dans la communauté locale. Elle est pour lui non pas une institution et une hiérarchie mais le lieu où les fidèles s'assemblent pour entendre la Parole, recevoir le sacrement et accepter aussi un certain nombre de responsabilités. C'est dans cette assemblée qu'à  ses yeux le corps du Christ prend forme et que l'Eglise s'édifie. (Traité de sociologie du protestantisme, Roger Mehl.)
D'ailleurs, depuis les origines on s'y regroupe en communautés, comme on le voit dans Le Parrain.
La France a longtemps été une sorte de rouleau compresseur qui nettoyait tout ce qui y entrait de son identité culturelle. C'est ce qui est arrivé à mes parents corréziens. Ce n'est que récemment, qu'on a parlé des Bretons et des Occitans, ou des Basques. Maintenant, il y a une forme de fondamentalisme islamique, qui touche les banlieues. Il suffit d'y vivre pour le voir. A côté de mon lycée, il y a maintenant une superbe mosquée. Mais, avant, il y a eu un retour des Juifs à la religion. Curieusement, c'est au moment où je suis entré en grande école, dans les années 80, que j'ai vu apparaître la kippa. Aussi bizarre que cela puisse sembler, je n'avais pas conscience de ce que "Juif" voulait dire jusque-là, et que je me rende compte que l'on me prenait pour un Juif ! (J'ai beau démentir, cela se termine souvent en "nobody's perfect" des Hommes préfèrent les blondes.) Cette transformation a d'ailleurs été d'autant plus inattendue que, dans mon enfance, les Israëliens n'étaient pas Juifs, au sens où longtemps ils ont été farouchement athées, ascendant socialistes. 

La gauche est-elle à l'origine de ce phénomène ? J'en doute. C'est le succès de l'Amérique qui a rendu sa culture triomphante, à mon avis. Il est logique que le gauche et la droite néo conservatrice, qui ont retrouvé certaines de leurs valeurs dans cette culture dominante, s'en soient faits les champions.

dimanche 5 juillet 2015

Les origines du communautarisme ?

Communautarisme. Les nouveaux bien pensants me montre que je n'ai pas vu que c'était une question à prendre au sérieux. D'autant que ce blog accorde beaucoup de place à la résilience et à la théorie de la complexité. Or, à y bien regarder, elles montrent le changement comme la création d'un écosystème, et un écosystème, c'est une communauté ! Le communautarisme serait-il le nom du changement que nous vivons ? Essai de modélisation...

Karl Polanyi. Pour lui la notion de marché était contre nature. Elle conduit à la destruction sociale. Chaque nation cherche, disait-il, à transmettre la patate chaude au reste de l'humanité. (En particulier, à l'époque, aux colonies. Et, c'était le facteur explicatif de la guerre.) Explication. Marché = concurrence parfaite. L'homme contre l'homme. Pour éviter cette lutte fratricide, l'union fait la force.

Mancur Olson (The logic of collective action). En situation de concurrence parfaite se forment, au sommet de la société, des oligopoles qui s'auto-contrôlent. Donc des communautés. Autrement dit le marché-chaos est entretenu par une ou des micro sociétés.

Résumé. Le marché semble provoquer la formation de communautés. Soit en action, soit en réaction. Communautés qui s'affrontent. (Ce qui rejoint l'analyse d'Hélène Strohl des nouveaux bien pensants.)

Vers une paix perpétuelle ?
Théorie de la complexité. Pour que le monde soit en bonne santé, il faut que ces communautés se complètent et se comportent comme des organes. Avec une subtilité : Kant pense (Vers la paix perpétuelle) qu'une forme de conflit est nécessaire, ou inévitable. Mais un conflit constructif, stimulant. 

Alors, ce qui se joue, c'est :
  1. l'émergence d'organes, plutôt que de communautés (i.e. complémentarité plutôt que similarité concurrente) ;
  2. le passage du refus de l'autre, à une reconnaissance mutuelle ? 
(POLANYI, Karl, The Great Transformation: The Political and Economic Origins of Our Time, Beacon Press 2001.)