Un invité de "la suite dans les idées" de France Culture disait que le communautarisme n'existait pas. C'était une invention de la droite et de l'extrême gauche. Elles accusaient la gauche de l'avoir importé des USA où il n'existe pas, d'ailleurs. Il n'y a pas d'équivalent au mot communautarisme en américain.
Thèse qui m'a surpris. Effectivement, je n'ai entendu parler de communautarisme que récemment. Mais la communauté, ou quelque-chose d'équivalent, est bien un fait social américain, et même protestant :
Le
protestant
discerne
plus
fortement
que
le
catholique
la
réalité
de l'Eglise
dans
la
communauté
locale.
Elle
est
pour
lui
non
pas
une
institution
et
une
hiérarchie
mais
le
lieu
où
les
fidèles
s'assemblent
pour
entendre
la
Parole,
recevoir
le
sacrement
et
accepter
aussi un
certain
nombre
de
responsabilités. C'est
dans
cette
assemblée qu'à
ses
yeux
le
corps
du
Christ
prend
forme
et
que
l'Eglise
s'édifie. (Traité de sociologie du protestantisme, Roger Mehl.)
D'ailleurs, depuis les origines on s'y regroupe en communautés, comme on le voit dans Le Parrain.
La France a longtemps été une sorte de rouleau compresseur qui nettoyait tout ce qui y entrait de son identité culturelle. C'est ce qui est arrivé à mes parents corréziens. Ce n'est que récemment, qu'on a parlé des Bretons et des Occitans, ou des Basques. Maintenant, il y a une forme de fondamentalisme islamique, qui touche les banlieues. Il suffit d'y vivre pour le voir. A côté de mon lycée, il y a maintenant une superbe mosquée. Mais, avant, il y a eu un retour des Juifs à la religion. Curieusement, c'est au moment où je suis entré en grande école, dans les années 80, que j'ai vu apparaître la kippa. Aussi bizarre que cela puisse sembler, je n'avais pas conscience de ce que "Juif" voulait dire jusque-là, et que je me rende compte que l'on me prenait pour un Juif ! (J'ai beau démentir, cela se termine souvent en "nobody's perfect" des Hommes préfèrent les blondes.) Cette transformation a d'ailleurs été d'autant plus inattendue que, dans mon enfance, les Israëliens n'étaient pas Juifs, au sens où longtemps ils ont été farouchement athées, ascendant socialistes.
La gauche est-elle à l'origine de ce phénomène ? J'en doute. C'est le succès de l'Amérique qui a rendu sa culture triomphante, à mon avis. Il est logique que le gauche et la droite néo conservatrice, qui ont retrouvé certaines de leurs valeurs dans cette culture dominante, s'en soient faits les champions.