Roman Polanski, nouvelle cible de la parole féminine libérée. Encore un homme de gauche. Pourtant le monde du spectacle français l'a longtemps protégé de son corps.
La pensée 68, finalement, serait-elle victime de ses contradictions ? Crise existentielle ? Aura-t-elle le courage de l'affronter et de se transformer ?
mardi 31 octobre 2017
USA
Passion de l'Angleterre et des USA pour le petit personnel. Les classes élevées anglaises se sont plaintes, par exemple, que le peuple ait pris goût au travail en usine, durant les deux dernières guerres, et que l'on n'ait plus trouvé ensuite de personnels de service. L'ubérisation est un retour à ce temps : l'homme est de nouveau au service de l'homme. Idem pour la récente baisse des salaires qui fait, en particulier en Angleterre, que l'on utilise de plus en plus d'hommes et de moins en moins de machines.
C'est un monde qui marche au pourboire. Tout y dépend du bon plaisir du riche. Le pauvre vertueux est celui qui connaît sa place : l'office. Mais s'il sait tuer père et mère, et s'enrichir, il sera accueilli à bras ouverts dans la classe de ses semblables. Ascenseur social.
Et, si, contrairement à ce que l'on dit, le principe de la civilisation anglo-saxonne n'était pas l'argent, mais le pouvoir ? C'est-à-dire le plaisir de disposer à sa guise de la liberté des autres hommes ? Car l'argent a le pouvoir de faire se prostituer la liberté ?
(On peut aussi interpréter comme cela l'esprit du protestantisme : en éliminant la liberté de l'autre, on montre que l'on est un élu de Dieu ; l'autre ne l'était pas, puisqu'il n'est pas un homme.
C'est un monde qui marche au pourboire. Tout y dépend du bon plaisir du riche. Le pauvre vertueux est celui qui connaît sa place : l'office. Mais s'il sait tuer père et mère, et s'enrichir, il sera accueilli à bras ouverts dans la classe de ses semblables. Ascenseur social.
Et, si, contrairement à ce que l'on dit, le principe de la civilisation anglo-saxonne n'était pas l'argent, mais le pouvoir ? C'est-à-dire le plaisir de disposer à sa guise de la liberté des autres hommes ? Car l'argent a le pouvoir de faire se prostituer la liberté ?
(On peut aussi interpréter comme cela l'esprit du protestantisme : en éliminant la liberté de l'autre, on montre que l'on est un élu de Dieu ; l'autre ne l'était pas, puisqu'il n'est pas un homme.
lundi 30 octobre 2017
Indépendance
Il y a eu un temps où il a semblé "démocratique" de laisser une grande autonomie aux régions. On y voyait une façon de combattre les dangers du nationalisme impérialiste. Du coup, la Catalogne s'est "re forgée" une identité. En particulier, en imposant à ses citoyens une langue qui fait barrière à l'influence du reste du pays. Ainsi on a créé ce dont on ne voulait pas : un nationalisme.
Il y a eu un temps, vers 1848, où les nationalismes ont peut-être eu un sens. Une époque où les ethnies opprimaient les ethnies. Mais aujourd'hui qu'aurait à gagner le Catalan à l'indépendance ? Qu'aurait de remarquablement original une Catalogne libre ? Elle se veut membre de l'UE, mais l'UE est, au contraire, raboteuse d'originalités. Que cache cette revendication d'indépendance ? Un malaise que le gouvernement régional ne saurait pas calmer, ou, même, aurait créé par incompétence, et qu'il impute, comme les Anglais, à un épouvantail ? Ou, simplement, une réaction à une vie morne ? Un besoin de rêve ?
("La France s'ennuie" disait Lamartine en 1848. Comme quoi même les révolutions sérieuses peuvent avoir des causes qui ne le paraissent pas.)
Il y a eu un temps, vers 1848, où les nationalismes ont peut-être eu un sens. Une époque où les ethnies opprimaient les ethnies. Mais aujourd'hui qu'aurait à gagner le Catalan à l'indépendance ? Qu'aurait de remarquablement original une Catalogne libre ? Elle se veut membre de l'UE, mais l'UE est, au contraire, raboteuse d'originalités. Que cache cette revendication d'indépendance ? Un malaise que le gouvernement régional ne saurait pas calmer, ou, même, aurait créé par incompétence, et qu'il impute, comme les Anglais, à un épouvantail ? Ou, simplement, une réaction à une vie morne ? Un besoin de rêve ?
("La France s'ennuie" disait Lamartine en 1848. Comme quoi même les révolutions sérieuses peuvent avoir des causes qui ne le paraissent pas.)
Culpabilité
Aux USA, il existe une tradition. Celle de l'exécution d'homme politique. wikipedia en parle beaucoup. Généralement, le tueur avait eu une enfance difficile : ses parent s'étaient vengés sur lui de l'injustice de la vie. Il cherchait à sortir de la fatalité.
Plus je regarde mes contemporains plus je suis frappé par l'influence de la société sur l'homme. D'une part, elle façonne l'individu bien plus que ses parents. D'autre part, ses parents portant eux-mêmes les idées à la mode, l'enfant en est le fruit. Il est donc facile de nous trouver des circonstances atténuantes. Mais est-ce une vie agréable de se lamenter sur son sort ? Même s'il est la faute des autres. Ne serait-il pas mieux de faire le "deuil du deuil", et de chercher un moyen de se transformer pour le mieux ?
Mais se plaindre n'a-t-il pas tout de même une utilité ? Trouver la cause de nos problèmes peut nous aider à en trouver les solutions. Mais aussi, les erreurs de nos pères peuvent être les nôtres. Faire leur procès nous met en face de nos responsabilités.
(Ce qui est probablement une fonction de tout procès.)
Plus je regarde mes contemporains plus je suis frappé par l'influence de la société sur l'homme. D'une part, elle façonne l'individu bien plus que ses parents. D'autre part, ses parents portant eux-mêmes les idées à la mode, l'enfant en est le fruit. Il est donc facile de nous trouver des circonstances atténuantes. Mais est-ce une vie agréable de se lamenter sur son sort ? Même s'il est la faute des autres. Ne serait-il pas mieux de faire le "deuil du deuil", et de chercher un moyen de se transformer pour le mieux ?
Mais se plaindre n'a-t-il pas tout de même une utilité ? Trouver la cause de nos problèmes peut nous aider à en trouver les solutions. Mais aussi, les erreurs de nos pères peuvent être les nôtres. Faire leur procès nous met en face de nos responsabilités.
(Ce qui est probablement une fonction de tout procès.)
dimanche 29 octobre 2017
Radio France
France Musique ressemble de plus en plus à FIP : une voix, de la musique. France Culture reçoit des personnes qui ont des livres à vendre, ou des entreprises à promouvoir, et a de plus en plus de producteurs qui ne sont pas des employés (Jacques Attali, Etienne Klein, Jean-Christophe Ruffin). Comment sont-ils rémunérés ?
Question : est-ce un moyen habile de réduire les coûts du service public ? Publicité marron : ces gens seraient-ils rémunérés indirectement ?
Question : est-ce un moyen habile de réduire les coûts du service public ? Publicité marron : ces gens seraient-ils rémunérés indirectement ?
Président philosophe
La connaissance intime par M.Macron de Hegel impressionne Jürgen Habermas. (Article en Anglais du Spiegel)
Il distingue dans le discours de M.Macron des subtilités qui nous échappent. En particulier, l'essence de son projet européen serait de modifier le principe même de l'UE. Aujourd'hui l'UE est l'enfant de quelques pères fondateurs éclairés, elle doit devenir l'affaire des citoyens. Il aurait aussi fait un discours sur la Réforme, qui serait à la fois une façon de réinventer le modèle laïc, et un signal amical aux pays du nord.
Faut-il être un trésor vivant de la philosophie mondiale pour comprendre M.Macron ?
(Message général : M.Macron est quasiment trop beau pour être vrai. C'est une chance à côté de laquelle l'Allemagne ne devrait pas passer. Et pourtant, elle risque fort de la rater, tant elle est enlisée dans ses petits calculs médiocres.
Par ailleurs, J.Habermas ne s'intéresse qu'au projet européen de M.Macron. Il ne semble pas capable de juger l'efficacité des réformes françaises. Au moins nous avons un point en commun.)
Il distingue dans le discours de M.Macron des subtilités qui nous échappent. En particulier, l'essence de son projet européen serait de modifier le principe même de l'UE. Aujourd'hui l'UE est l'enfant de quelques pères fondateurs éclairés, elle doit devenir l'affaire des citoyens. Il aurait aussi fait un discours sur la Réforme, qui serait à la fois une façon de réinventer le modèle laïc, et un signal amical aux pays du nord.
Faut-il être un trésor vivant de la philosophie mondiale pour comprendre M.Macron ?
(Message général : M.Macron est quasiment trop beau pour être vrai. C'est une chance à côté de laquelle l'Allemagne ne devrait pas passer. Et pourtant, elle risque fort de la rater, tant elle est enlisée dans ses petits calculs médiocres.
Par ailleurs, J.Habermas ne s'intéresse qu'au projet européen de M.Macron. Il ne semble pas capable de juger l'efficacité des réformes françaises. Au moins nous avons un point en commun.)
samedi 28 octobre 2017
Développement des organisations
Mes travaux se rattachent à Organization development (précédent billet), mais pas mon expérience. Mes divergences majeures :
- Une organisation saine doit être mue par un "élan vital", ou une "intention stratégique". Elle doit avoir un objectif, une envie, et cet objectif doit être viable. Beaucoup d'entreprises veulent être des "great places to work", selon le nom d'un programme international. Ce n'est pas une fin. Ce qui fait d'une entreprise un endroit où il fait bon travailler, c'est un projet motivant et durable.
- Une organisation saine est "résiliente". Ce sont les crises, violentes, rares, qui la font progresser. Pour cela elle construit, en interne et en externe, un "écosystème". C'est "l'élan vital" qui fournit l'inspiration derrière la constitution de cet écosystème.
- Le changement, l'apprentissage, ne se fait pas par expérimentation délibérée. L'organisation apprend par confrontation avec son environnement, inconsciemment. Le changement consiste à tirer les leçons, les conséquences, de cet apprentissage et de faire évoluer les processus de l'organisation en fonction. Et cela se fait en travaillant avec des "hommes clés", que toute société spécialise (inconsciemment) pour qu'ils soient les pivots de sa transformation.
- Il n'y a pas de processus prédéfinis, qu'il suffirait d'ausculter systématiquement, comme on le fait pour une machine ou une voiture. Les processus à prendre en compte dans un changement sont spécifiques aux circonstances et à l'organisation. Il faut les découvrir au coup par coup. Ce qui est difficile...
- La culture est effectivement décisive. Mais la respecter n'est pas suffisant. Il faut en savoir les vices. (Par exemple les entreprises de culture africaine du nord privilégient l'expansion à la rentabilité, car elles sont meilleures dans la vente (relation personnelle) que dans la gestion ou le management.) Il faut en tenir compte, pour les corriger. Tout en trouvant une solution compatible avec leur culture.
Organization development
La mode du "développement personnel" touche la France. Elle vient des USA, "self help". C'est un peu "aide toi le ciel t'aidera". Si la guigne s'acharne, sur toi, c'est ta faute. Il y eut un temps où les USA parlaient d'Organization development. Développement des organisations. Edgar Schein explique de quoi il s'agit dans une introduction à un livre sur le sujet (Organization development, chez Jossey Bass.)
- Qu'entend-on par "development" ? Bonne santé. Organisation en bonne santé.
- D'où cela vient-il ? D'un courant de recherche qui remonte à Kurt Lewin, et avant, et au concept de T-Groups (groupes d'apprentissage). On découvre à cette époque que la psychologie ne suffit pas pour traiter des questions de l'entreprise. Il faut prendre en considération le groupe plutôt que l'individu.
- Préoccupation majeure : le changement. Il est vu comme un apprentissage. On apprend par l'expérience, l'expérimentation. (Pas par la théorie.)
- Dimension essentielle : la culture (au sens anthropologique du terme). On ne peut pas la modifier. Il s'agit de la comprendre. Car l'efficacité demande le respect de ses lois et valeurs.
- Mode d'intervention : process consultation. L'organisation est un "système" fait de processus. On l'aide à se "développer", à apprendre, en créant des conditions favorables à l'évolution de ses processus, vitaux, par expérimentation.
- Quels sont ses processus ? "une identité claire", "une diversité suffisante", "la capacité d'apprendre", "une cohérence satisfaisante entre ses processus pour pouvoir fonctionner correctement".
- Principe fondamental : si les processus d'une organisation sont sains, l'organisation est à son optimum. Pas de jugement de valeur. Autrement dit, l'OD n'est pas pour les consultants en stratégie, ou les moralistes.
vendredi 27 octobre 2017
Pouvoir
Une personne, visiblement de sensibilité MLF, disait à France Info que le problème du harcèlement sexuel était une question de pouvoir. Sous-entendu, le jour où les hommes seront au pouvoir des femmes, il n'y aura plus de harcèlement.
Pas sûr. Une de mes jeunes voisines fait un stage dans une grande société. Et elle est soumise, de la part de sa dirigeante, à quelque chose qui ressemble beaucoup à du harcèlement (moral). En particulier, elle respecte fort peu le droit du travail. Le pouvoir n'a pas de sexe ?
Mais sa perversité n'est pas fatale. Une ancienne élève, par exemple, s'est, elle aussi, trouvée en situation de harcèlement. Et elle s'en est sortie fort bien, sans se mettre personne à dos. D'ailleurs, le pouvoir ne conduit pas forcément au harcèlement. Il y a beaucoup de gens de pouvoir, et pas tant de harcelés que cela.
Le harcèlement est peut-être une caractéristique d'un monde individualiste. D'une part parce que l'individualisme tend à s'affirmer aux dépens de l'autre ; d'autre part parce que l'individu, seul, est faible par rapport à une personne de pouvoir. Pour lutter contre le harcèlement, il semble donc qu'il faille briser la solitude. Sans société pas de vraie liberté ?
Pas sûr. Une de mes jeunes voisines fait un stage dans une grande société. Et elle est soumise, de la part de sa dirigeante, à quelque chose qui ressemble beaucoup à du harcèlement (moral). En particulier, elle respecte fort peu le droit du travail. Le pouvoir n'a pas de sexe ?
Mais sa perversité n'est pas fatale. Une ancienne élève, par exemple, s'est, elle aussi, trouvée en situation de harcèlement. Et elle s'en est sortie fort bien, sans se mettre personne à dos. D'ailleurs, le pouvoir ne conduit pas forcément au harcèlement. Il y a beaucoup de gens de pouvoir, et pas tant de harcelés que cela.
Le harcèlement est peut-être une caractéristique d'un monde individualiste. D'une part parce que l'individualisme tend à s'affirmer aux dépens de l'autre ; d'autre part parce que l'individu, seul, est faible par rapport à une personne de pouvoir. Pour lutter contre le harcèlement, il semble donc qu'il faille briser la solitude. Sans société pas de vraie liberté ?
Palme
Un ancien président et des artistes se seraient émus de la question du harcèlement sexuel. Mais n'est-ce pas dans leur métier qu'il est le plus pratiqué ? (Sans oublier les médias.) N'auraient-ils pas pu se manifester plus tôt ? (Et l'ancien président a-t-il traité son ancienne compagne avec les égards dus à un égal, à l'époque où il s'en est séparé ?)
Et s'il fallait voir là un réflexe pavlovien ? Ils sont, par principe, du côté du bien. Donc, dès qu'il est menacé, ils protestent ? Par habitude. Quant à leurs comportements, ils ont une vie qui leur est propre ?
Et s'il fallait voir là un réflexe pavlovien ? Ils sont, par principe, du côté du bien. Donc, dès qu'il est menacé, ils protestent ? Par habitude. Quant à leurs comportements, ils ont une vie qui leur est propre ?
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