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vendredi 23 septembre 2022

Degré zéro de la culture

Hannah Arendt a écrit, il y a bien longtemps, La crise de la culture.

Effectivement. Aussi bien en Chine qu'en France, tout ce que l'on appelait "culture" a été liquidé. 

C'est le résultat d'un étrange phénomène, dont la "contre culture" américaine semble le principal vecteur. (Un précédent billet.) 

Cela explique certainement la haine que suscite maintenant les USA, et l'Occident, en général. Mais aussi que chaque pays cherche à s'agripper à ce qui lui reste de traditions. 

Seulement, il n'a plus que les yeux pour pleurer. La question qui se pose est, en fait : comment cela se réinvente-t-il, une culture à soi ? 

La réponse est peut-être dans la crise, qui est fréquente ces temps derniers. Chaque crise est une rencontre de l'absurde. C'est l'occasion de se poser une question existentielle. Et, qui sait ? ces questions sont peut-être en nombre fini ? Quand nous saurons, à nouveau, qui nous sommes, les crises s'arrêteront ? 

mercredi 13 juillet 2022

Ère des dignités ?

 Scott Fitzgerald a appelé son temps "the jazz age". Chaque époque semble avoir une caractéristique. Après guerre, ce fut le "progrès", ensuite, peut-être, la "performance". 

Et aujourd'hui ? Au moins une équation : "progrès" + "performance" = absurde. "Sens", "perte de sens", "donner du sens à ma vie" sont dans toutes les bouches. 

Phase de "dégel" répondrait Kurt Lewin. Mais vers où va-t-on ? Ce qui est certain, disait un sénateur rural, c'est que les populations qui votent FN n'ont rien de fous-furieux croyant à la théorie du complot. Elles réclament d'être entendues. (Malheureusement l'élite politique est coupée des réalités.)

Il me semble que, dans son ensemble, la population est pleine de bonne volonté, et très désintéressée. Ce qu'elle recherche, peut-être, ce n'est pas du pouvoir d'achat pour le pouvoir d'achat, ou quelque-chose d'autre du même type, mais de la "dignité".

Un nom pour les années à venir ?

lundi 20 juin 2022

Société en quête de sens

La grande affaire du moment, c'est le "sens". Notre vie n'a plus de "sens". Sentiment général. 

On confond parfois cela avec des mots tels que "transition climatique", "impact", "génération Z", "pénurie RH", "élever des chèvres"... Mais ce ne sont que des symptômes, ou des solutions à un problème qui n'est pas posé.

Le "moment thucydidien" est une idée fixe de ce blog. Notre société ressemble à celle que décrit Thucydide dans sa Guerre du Péloponnèse. 

Le moment thucydidien est un moment de l'histoire où la société est victime d'un coup de folie individualiste. L'homme devient un loup pour l'homme. Les mots, armes d'influence, sont manipulés. La société devient absurde. 

Ce qui a amené les Grecs à devoir remettre de l'ordre dans leurs idées. (L'opinion de Jacqueline de Romilly.)

Nous ferions bien de faire de même ?

(La guerre du Péloponnèse.)

mercredi 12 janvier 2022

Qu'est-ce que l'humanisme ?

Je lisais que Camus n'était pas un "existentialiste", mais un "humaniste". Qu'est-ce qu'être humaniste ? me demandé-je. 

Serait-ce une question "d'homme" ? Faux ami ? Si "homme" est entendu comme "individu", on débouche sur un état contre nature : homme loup pour l'homme (billet précédent). L'existentialisme est, en grande partie, un individualisme. 

"Je me révolte, donc nous sommes", dit Camus. Si "humanisme" évoque "humanité" comme on l'entend dans "crime contre l'humanité", tout est différent. L'humanité, dans ce cas, est l'hypothèse selon laquelle nous partageons tous une nature commune. L'attaquer c'est tous nous attaquer. C'est ainsi que la maltraitance d'un enfant peut être un crime contre l'humanité. Pas besoin de génocide pour être criminel.

Mais avons-nous une nature commune ? Et où commence et s'arrête le crime contre l'humanité ? Un sujet pour Yeshiva ? Peut-être que la fin justifie les moyens : nous serons plus heureux avec cette hypothèse que sans elle ? Et que ce qui compte réellement est de l'utiliser pour éclairer nos actes ?

mardi 4 janvier 2022

Heureux les simples d'esprit

Un jour, je visitais une exposition d'artistes amateurs, au Grand palais. J'étais surpris qu'autant de gens peignent aussi bien. Pourtant l'exposition n'avait aucun intérêt.  Pourquoi donc ? Je me suis souvenu de ce qu'on disait d'un imitateur dans ma jeunesse : il imitait un imitateur (Thierry Le luron, en l'occurence). Eh bien, je crois que ces artistes n'exprimaient pas leurs sentiments mais ce qu'ils pensent qu'un artiste doit exprimer. 

Je me demande si une des caractéristiques de notre époque n'a pas été justement ce phénomène. Nous ne pensons plus par nous mêmes, nous nous demandons ce qu'il est bien de penser. 

L'antidote s'appelle existentialisme. Cela consiste à partir à la recherche de ses convictions. On ne naît pas homme, on le devient, dit Sartre. Notre programme ? 

samedi 10 juillet 2021

Anti Tao

Le Tao dit qu'il faut comprendre dans quel sens coulent les événements, pour en profiter. 

Curieusement pour quelqu'un qui parle de changement, je constate que toute ma vie n'a été qu'anti Tao. Si je m'étais laissé aller, j'aurais pu soit faire un travail passionnant, soit être très riche. Et, qui sait ?, peut-être les deux à la fois. Pourquoi me suis-je opposé à mon destin ? D'abord, parce que je ne comprenais pas ce que l'on me disait, qui me paraît maintenant évident. Je fus invraisemblablement idiot. Mais ensuite parce que, paradoxalement, je ne peux pas concevoir ces vies comme heureuses. Je ne parviens pas à les regretter. Etrangement, il semble que j'ai besoin d'une sorte d'inconfort. 

Suis-je une exception ? Ou l'homme en puissance a-t-il besoin, pour devenir réalité, de s'opposer aux éléments ? 

vendredi 10 juillet 2020

Sartre et Camus, deux visages du néant ?

Sartre et Camus furent, en leur temps, des rock stars. Ils ont vendu un nombre colossal de livres, on se bousculait à leurs conférences, et, comme Bob Dylan, ils ont reçu le prix Nobel. Dans les années 50, le monde avait les yeux braqués sur la philosophie française. Puis la pop anglaise est devenue le phare de l'humanité.

Leur genre ? L'existentialisme. Et l'existentialisme, c'est "l'absurde". On est pris du sentiment de l'absurde lorsque l'on découvre que ce sur quoi repose notre vie est faux. Par exemple, la femme que j'aime n'est pas une femme mais un nuage d'atomes. Conséquence : angoisse existentielle.

Comment se fait-il que les frères philosophes soient devenus ennemis ? Une hypothèse est qu'il y ait deux façons de réagir à l'absurde. Plus exactement, il y en a trois. La première, la plus logique pour vous et moi, consiste à se faire sauter la cervelle. Mais, Sartre et Camus ne croyaient pas à l'absurde, à l'atome derrière la femme. Pour Sartre, il révélait qu'il y avait quelque-chose au delà de l'être, pour Camus, cette chose était à l'intérieur de nous. Nous n'avions pas vu ce qui comptait réellement pour nous. La vie est belle, le physicien, avec ses atomes, passe à côté de l'essentiel !

Alors que, pour l'homme ordinaire, l'absurde rend fou (du danger de la philosophie pour l'esprit faible), pour eux, il était, au contraire, une bonne nouvelle. Là où, à nouveau, ils se séparaient, c'était dans la conséquence de leurs croyances. Essayer de faire avec ce que l'on a (Camus) n'est pas la même chose qu'imposer le bien idéal à l'humanité (Sartre). L'un s'appelle l'empirisme, l'autre le totalitarisme.

samedi 2 mai 2020

La crise ou le retour à l'essentiel ?

La faiblesse de l'entreprise française est qu'elle ne "chasse pas en meute". L'individualisme était la caractéristique du paysan français, il a créé des coopératives. Les entreprises devraient-elles créer des coopératives, pour exporter leurs produits, ou mettre des moyens en commun ?

Raymond Lévy répond que ce serait réinventer la roue (interview). Car c'est exactement le rôle des chambres de commerces. Elles se sont égarées, et ont été mises en pièces par nos gouvernements successifs.

Il y a quelque-chose d'étrange. Pourquoi les CCI sont-elles sorties de leur "raison d'être" ? Pourquoi ont-elles fait des choses compliquées, ce qui risque de leur être fatal, alors qu'il suffisait de bien faire ce pour quoi elles étaient faites ?

Peut-être peut-on évoquer le "displacement of goals" du sociologue Robert Merton ? Il avait constaté que les employés des administrations se donnaient des objectifs qui n'avaient rien à voir avec ceux de leur institution.

Mystère. Mais je me demande si l'histoire des CCI n'est pas aussi la nôtre. Peut-être que nous nous évertuons à faire des choses contre nature ?

mardi 18 février 2020

Jean Giono, ce héros

Jean Giono raconte qu'il a fait la première guerre mondiale, de bout en bout, comme seconde classe. Son unité se vidait, complètement, et était renouvelée. Avec son capitaine, il a été le seul survivant. Et il ne fut même pas blessé.

Il était donc possible d'échapper à la boucherie, même lorsque l'on était en première ligne. Par contraste cela montre l'état d'esprit des autres appelés : ils ne ménageaient pas leur vie.

Le plus curieux est qu'il a écrit pour justifier sa conduite, et dire que, finalement, il était le seul à avoir raison. Certes il n'avait pas refusé la guerre, puisqu'il avait servi. Mais il avait été un pacifiste de l'intérieur, qui n'avait tué personne. (Il n'est pas, non plus, allé jusqu'à manifester son mécontentement, en 1917.)

Pourquoi Jean Giono a-t-il voulu donner de lui-même l'image d'un héros (du pacifisme) ? Même l'armée ne lui a rien demandé. Qu'il ait eu peur était compréhensible. Et être un héros c'est, encore, être belliqueux.

Ce qui aurait été réellement intéressant aurait été qu'il se demande pourquoi ses camarades n'avaient pas flanché. Pourquoi, comme Achille, on peut trouver du bonheur dans une vie brève. Peut-être que cela nous aurait éclairé sur le sens de la vie, et sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la mort ?

(Réflexions suscitées par une émission de France Culture.)

jeudi 5 septembre 2019

Le Brexit ou le réveil de l'Angleterre ?

Et si le Brexit réussissait ? Son intention est de sortir l'Angleterre de sa torpeur.

Les scénarios les plus inattendus sont possibles. Certains pensent rappeler Victoria à la vie, mais ils pourraient réveiller Marx (son contemporain !)...

Surtout. Le parlementarisme renaît, semble-t-il. L'âme de la démocratie anglaise. Assistons-nous à ce dont parlaient les existentialistes ? L'absurde révèle les valeurs de l'homme les plus fondamentales, son identité même ?

dimanche 5 mai 2019

Comment vivre dans la post vérité ?

Selon un précédent billet, notre lot est la post vérité. Comment vivre dans un monde de post vérité ? Nous ne savons plus ce qui est juste ou non. Qui dit post vérité, dit absurde.

Mais, qui dit absurde dit existentialisme. L’existentialisme est une réaction à l’absurde. Elle consiste à chercher en soi ce qui compte vraiment, son « identité ». Quand on l’a trouvé, on est indestructible. Et nos valeurs sont souvent partagées par d'autres. En faisant appel à elles, on peut mobiliser la société, puisqu’elle y est sensible.

L'existentialisme n'est pas réservé au virtuose de l'esprit. Les techniques de manipulation obéissent à des principes explicites. En les « déconstruisant », on comprend comment elles nous font aller "contre nous", et donc qui nous sommes. En particulier, elles jouent sur une caractéristique de l’homme : lorsqu’il se croit « individu » et « rationnel », il est pigeon. L’homme est, par nature, animal social.

dimanche 28 avril 2019

Le sens de l'escalade

Un américain grimpe une falaise, à pic, de 914m, à mains nues. Conquérant de l'inutile ? Pourquoi prendre un tel risque ?

Mais est-il différend de nous ? Il a commencé par reconnaître, prise par prise, la paroi, et nettoyer la roche "à la brosse à dents". Travail long, calme et patient. L'ascension ensuite n'a été que la parfaite répétition des gestes appris. Travail de fonctionnaire ?

Notre vie est peut-être moins spectaculaire. Mais en attendons-nous autre chose qu'une routine satisfaisante à laquelle un objectif donne un sens ? Ne sommes-nous pas les "Sisyphe heureux" de Camus ?

mardi 28 août 2018

Une journée d'Ivan Denissovitch

Une journée d'Ivan Denissovitch est probablement le seul livre de Soljenitsyne que j'ai lu. Et cela, il y a vraiment très longtemps. Comme le Zéro et l'infini, de Koestler, c'est l'histoire d'un homme qui fait face à l'absurde. Mais qui domine cet absurde, et qui donne un sens à chaque minute de sa vie. C'est l'illustration du Sisyphe de Camus. On n'a jamais été aussi libre qu'au Goulag, ou dans les geôles de Staline, aurait certainement dit Sartre.

vendredi 8 juin 2018

Socrate

Un de mes clients m'a comparé à Socrate. Grâce à mes questions, il a vu la situation de son entreprise, qu'il connaît pourtant depuis trente ans, d'une façon totalement neuve.

Socrate n'avait pas de disciples. Son objet, selon moi, était d'amener les gens à penser par eux-mêmes. On ne pense pas plus aujourd'hui qu'en son temps. On appelle "penser" se ramener, mécaniquement, à des règles prédéfinies. Or, penser, c'est partir de zéro et cheminer vers une destination inconnue. C'est peut-être, surtout, se demander qui on est, ce qui compte pour soi. Socrate est parfois présenté comme le premier existentialiste. Il était un révélateur. Il mettait les gens qui le côtoyaient dans des conditions qui faisaient émerger leur nature. Voilà pourquoi ceux qui l'ont connu sont si différents les uns des autres. Qui n'aimerait pas être comparé à Socrate ?

jeudi 31 mai 2018

Les Cosaques

Vous rêvez de dépaysement ? Mieux que le Costa Rica ou Manille, trois mois dans un village cosaque. J'ai cru y être. Il y a le peuple, qui vit heureux dans la nature et l'instant. Et deux jeunes officiers, grands seigneurs immensément riches. L'un est le double de Tolstoï. Il est aux prises avec sa conscience. Il vit une crise existentielle. Il cherche dans sa raison une solution absolue et mathématique à la question du bonheur, universel. C'est un Bobo. Il est malheureux et on ne l'aime pas. L'autre n'a aucun complexe. Il est ce qu'il est. Il joue avec le peuple, et le peuple l'adore. Mme Clinton et Mr Trump, dirait-on peut-être aujourd'hui.

Quel talent ce Tolstoï. J'en étais écrasé, et déprimé, quoi que je n'écrive pas. Or, en lisant la notice du livre, court et alerte, j'ai vu qu'il lui avait demandé neuf ans de travail. Et que ce n'était que le hasard d'une dette de jeu qui l'avait sorti d'un mélodrame invraisemblablement compliqué, en trois volumes ! Un paradoxe qui aurait dû éclairer Tolstoï ?

lundi 22 janvier 2018

Dialectique

J'ai toujours tort, dit ce blog. Depuis que je suis tout petit, je me rends compte, de temps à autre, que ce que je crois, sans savoir que je le croyais, est faux. Peut-être que, pour avancer, il faut croire à la vérité, alors qu'elle n'existe pas ? "L'erreur est humaine" dis-je aussi. Mais il ne faut pas croire trop longtemps à une vérité donnée : "Persévérer est diabolique." Ce mécanisme qui nous permet de marcher sur l'eau est peut-être ce que certains appelleraient la "dialectique". Une discussion permanente avec le monde, qui se déroule en passant de certitude en certitude opposée, sans que le phénomène ne soit circulaire.

En conséquence, on ne peut pas dire à quelqu'un : "vous pensez que", en brandissant une de ses déclarations passées. Bien sûr, la loi peut condamner certains agissements contraires à l'intérêt général. Mais, pour se faire une idée de la personnalité de quelqu'un, le "juger", au sens non juridique du terme, il faut prendre en compte le mouvement qui le porte. Car notre vie c'est ce mouvement ?

lundi 15 janvier 2018

Romantisme et raison

Le Romantisme rejette la raison. Comme la systémique, Gödel et les neurosciences, il juge que la raison ne fonctionne pas. Ou plutôt que ce qui est réellement important pour l'homme est au delà de la raison. C'est l'idée, aussi, de Kierkegaard et des existentialistes, et de la religion. Comment faire sans la raison ? Passer par l'intuition, l'inspiration. D'où l'importance de l'art pour ces gens. (Camus se disait un "artiste", ce qui m'a toujours surpris : ne l'est pas qui veut.)

La pensée allemande a été romantique, et l'on a vu où cela nous a menés. On n'échappe pas aussi facilement à la raison, et à ses erreurs ?

Pour ma part, je pense que le rôle de l'intuition est indéniable. Eureka, dit Archimède. Toute création commence par un éclair de génie, que l'on serait bien en mal d'expliquer, sinon qu'il lui faut des circonstances favorables (souvent, comme pour Archimède, une vie de labeur). La théorie de la complexité parle "d'émergence". Mais le phénomène est trop rare pour qu'on en fasse un usage quotidien. En conséquence, l'intuition peut fournir un objectif à notre vie. Mais, pour se diriger vers lui, il faut utiliser notre outil imparfait : la raison. Pour cela, il faut essayer de comprendre les défauts de celle-ci, et comment s'en protéger, comme le disait un précédent billet.

dimanche 7 janvier 2018

La mouche

Nos grands esprits sont idiots. C'est le sentiment que j'ai en étudiant leurs travaux. Ils étaient des virtuoses d'une technique, la philosophie, les mathématiques, l'écriture ou autres. Ce qui les rend difficiles à comprendre, donc on les admire. Mais, lorsqu'on en vient à leur vision du monde, elle est indigente, voire ridicule. Comme leur vie.

Les psychologues disent que, pour réussir, l'optimisme est déterminant. C'est la théorie de la mouche. L'homme est comme une mouche contre une vite. Il se tape la tête contre un problème. Il ne peut que le résoudre par hasard. Il faut qu'il ait assez d'inconscience pour s'entêter suffisamment longtemps pour qu'un courant d'air dévie sa course, et lui fasse trouver la sortie. La science a dû nous donner cette inconscience.

Il semble que, même en l'absence de science, nous ayons tous une réserve d'inconscience. Si l'on cherche bien, on trouve au fond de nous des choses en lesquelles nous croyons. Si l'on arrive à les faire émerger, confrontées à la réalité, elles provoquent une réaction qui pousse l'homme en avant. Ce phénomène s'appelle "révolte" chez Camus.

dimanche 31 décembre 2017

Résistance au changement

Un best seller de ce blog parle de résistance au changement. Fidèle à ma devise : j'avais tort...

Ce best seller était, pourtant, un pas en avant. Jusque-là, je n'avais pas conscience du phénomène. J'ai été conçu pour rechercher le consensus, probablement. Donc, j'interprète ce qui résiste comme une information, pas comme un mal. La métaphore du navigateur s'applique à mon cas. Mais, en y réfléchissant et en regroupant des travaux savants, j'ai constaté qu'il y avait "homéostasie" : mécanismes de résistance aux changements qui menacent de faire sauter le système.

Or, les sociétés ont des règles, invisibles, qui permettent au groupe de changer comme un seul homme. (On les voit à l'oeuvre dans la mode.) C'est ce dont parlent mes premiers livres. Cependant, nouvelle erreur, il m'avait échappé que l'histoire humaine est un changement qui force l'homme à se transformer dans sa chair et son génome. En particulier, l'espèce est propulsée par des idées dont elle ne voit pas les conséquences. Par exemple celles des Lumières, le Marxisme, le progrès scientifique, etc. Quand elles lui pètent à la figure, l'être humain passe un mauvais moment. Il doit faire le deuil du paradis perdu. Il doit accepter un réel qui n'a pas du tout la tête attendue. Il doit comprendre, surtout, ce qui constitue son identité : les "valeurs" sans le respect desquelles il ne vaut pas mieux qu'un Indien aux USA. Enfoui au fond de lui-même, elles sortent, quasiment, par miracle. Finalement, il doit réconcilier les unes avec l'autre. C'est la crise existentielle. Nouveau genre de changement. (Et sujet de mes derniers livres.)

Un exemple ? L'incertitude du monde fait peur. La sécurité d'après guerre, l'Etat providence, où sont-ils ? Quel est le criminel qui les a tués, à notre insu ? Mais l'incertitude, c'est la liberté ! Et l'on peut reconstituer une forme de sécurité, "dynamique", par solidarité de groupe de confiance, groupe qui se constituera à partir d'un "désir d'être ensemble". Voilà qui donne du sens à la vie, non ? 

(Quant à la question de la modification du génome, elle est laissée au lecteur.)

mercredi 22 novembre 2017

Penser et exister

Je pense donc je suis, dit Descartes. Et si c'était le contraire ? Les existentialistes estiment que tout commence par la recherche de son identité. Une fois que l'on a mis de l'ordre dans ses convictions, alors, on est capable de juger de manière à peu près cohérente.

L'explorateur sait qu'il peut mourir en chemin. Mais la vie d'explorateur lui plaît. Décider ce n'est pas être certain de faire le bon choix. C'est probablement éviter au mieux d'en faire un mauvais. Et c'est emprunter un chemin inconnu qui nous enchante. C'est peut être cet inconnu, plein de promesses et de danger, qui donne du prix à certaines vies ?