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jeudi 10 février 2011

De l’association

J’ai longtemps participé à plusieurs associations. Jusqu’à que j’y aperçoive un vice.

Ce type d’organisation repose sur un travail de bénévoles. Des bénévoles recrutés dans une population d’adhérents souvent extrêmement occupés (cf. les « anciens élèves »). N’est-il pas naturel qu’ils cherchent une forme de rémunération ? Cette rémunération n’a-t-elle pas de fortes chances de contredire l’intérêt général ? Mais alors, quid des autres adhérents ? L’association n’est-elle pas condamnée à la désertification ?... D’ailleurs, même si ce n’est pas le cas, le seul fait qu’il puisse y avoir doute peut amener au même résultat.

Alors qu’une affaire, qui affecte l’une des associations que j’ai fréquentées, semble me donner raison, je me demande maintenant s’il n’y a pas une solution à ce conflit d’intérêts.

Écrire une « constitution » qui donne une mission, simple mais efficace, à l’association. Elle ne demande que des moyens limités (permanents), et ramène le bénévolat au travail de « bureau » qui est son rôle ailleurs dans l’économie sociale (c'est-à-dire contrôle de ce qui est fait par des employés salariés, et définition de grandes orientations de temps à autres). Ce serait compatible avec l’emploi de gens très occupés.

Compléments :
  • Début de réflexion sur la question.
  • Au fond n’est-ce pas le seul moyen de réaliser une économie sociale ? Transformer des adhérents en permanents, comme semble avoir été l’idée de Proudhon, ne peut pas fonctionner : des permanents n'ont rien de commun avec les autres adhérents (cf. les instituteurs de la MAIF ou de la CAMIF).

lundi 26 octobre 2009

CAMIF

Hervé Kabla (Chouette, la Camif revient) a repéré le blog du repreneur de la CAMIF.

Ce jeune HEC y raconte les débuts de sa société, Matelsom, pionnier français de la vente de matelas par correspondance, et la reprise de l’activité équipement de la maison de la Camif, dont le nom veut dire, pour lui, « C’est à Moi d’Inventer le Futur ».

Il fait beaucoup pour laisser entendre qu’il a gardé l’esprit Camif. Mais l’esprit Camif, c’était celui d’une coopérative, les idées du socialisme utopique. Pas une entreprise de droit privé. Bien sûr, je comprends qu’il ait voulu conserver le capital et l’image de marque Camif, qui sûrement valent cher, mais je ne suis pas sûr que cela ait été possible de cette façon. Peut-on construire une entreprise sur une sorte de dissimulation ?

Compléments :

lundi 3 novembre 2008

Camif, la fin d’un monde enseignant

Un article du Monde.fr du 1er Novembre (Annick Cojean). La journaliste parle avec des employés de la Camif, en liquidation. Son service après vente était exceptionnel (à l’heure actuelle, ça vaut de l’or !), clients (sociétaires) et fournisseurs étonnamment fidèles… Pourquoi en est-on arrivé à la liquidation ?
« les dérives incohérences, errements, d’une hiérarchie aux antipodes de l’esprit Proust (le fondateur) », et saisie de « folie des grandeurs ».
Je ne connais pas l’affaire. Mais deux théories me viennent en tête, à son sujet :
  1. La Camif était une coopérative, gérée par ses sociétaires. Les fondateurs (des instituteurs) semblaient avoir parfaitement assimilé leur nouveau métier. Ils ont dû créer une belle entreprise. Elle gagnait certainement de l’argent sans efforts. Leurs successeurs avaient-ils les mêmes compétences ? Les administrateurs de tels organismes sont des militants les plus actifs, pas des experts techniques. Et ce que cherchent ces militants est rarement l’intérêt collectif, plus souvent la satisfaction d’une ambition personnelle. Les structures sociales attirent, paradoxalement, l’individualisme et l’ambition, parce qu’elles sont la source du pouvoir et de la richesse. (cf. l'exemple des Borgia et de l'Eglise.)
  2. Il y a beaucoup d’autres structures du même type (les coopératives, les mutuelles, le Crédit Agricole), qui n’ont pas subi le même sort que la Camif. Pourquoi ? Il y a une étape importante dans la vie d’un tel organisme : la professionnalisation. Progressivement les sociétaires deviennent administrateurs et laissent à des managers professionnels les fonctions opérationnelles. La transition est difficile : comment choisir ces nouveaux collaborateurs ? Surtout quand on ne connaît plus le métier de l’entreprise. Comment ne pas les gêner dans leur travail, alors qu’on considérait l’entreprise comme sa propriété ?
Sur l’infiltration par l’individualisme des structures de solidarité collectives : Capitalisme et destruction.