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mardi 17 août 2021

Capra et le rêve américain

Frank Capra, c'est le rêve américain. Le fils d'immigré italien, pauvre comme Job, qui devient le plus grand réalisateur américain, en partant de zéro, et peut-être de moins, et, en racontant son histoire. 

Histoire d'un mythe fondateur des USA ? C'est la lutte du bien et du mal, entre un groupe de malfaisants et un sans grade, qui possède la foi du charbonnier dans les valeurs du pays, et qui finit par avoir le dessus. Paradoxalement, la corruption et l'innocence sont les deux mamelles des USA ?

Les continuateurs de cette traditions seraient Sylvester Stalone et Clint Eastwood. 

(Inspiré par Toute une vie de France Culture.)

samedi 4 juin 2011

Vous ne l’emporterez pas avec vous

Film de Frank Capra, 1938.

Grande dépression. Un affameur du peuple découvre qu’il perd son âme à empiler de l’argent.

Je pensais que la morale anglo-saxonne voulait que l’individu qui avait reçu un don de Dieu (le bonheur en affaires) le pousse à son extrême. Ce film prône-t-il l’anarchie ?

D’ailleurs comment a-t-il pu être produit ? Les magnats d’Hollywood se sentent-ils différents des autres riches ? Ou produisent-ils ce qui plaît au peuple ? 

jeudi 9 septembre 2010

L’extravagant Mr Deeds

Film de Frank Capra, 1936.

Copie presque conforme de Monsieur Smith au Sénat (ultérieur). Début par un décès qui propulse un homme du peuple au sommet du pouvoir et de la richesse. Jean Arthur se trouve dans les deux films avec le même type de rôle. Deux acteurs minces et de haute taille - innocents pleins de bon sens, et de sens des affaires - transforment la société par leur honnêteté. Une visite à un monument symbolique des valeurs américaines (la tombe de Grant ici, le monument de Lincoln là). Des règlements de compte à coups de poings. Une décision - de bon sens - qui peut faire beaucoup d'heureux. Une trahison du héros par un traitre. Et un sauvetage in extremis par l’acte héroïque d’une personne dont la conscience est réveillée par l’injustice. Mais aussi la complicité amicale d'une haute autorité (un juge ici, le président du Sénat là). 

Remarque. Une idée, qui va à l’encontre d’une théorie répandue aux USA, qui veut que le chômeur soit un paresseux : en période difficile, ceux qui ont de la chance doivent donner un coup de pouce à ceux qui n’en ont pas…

mardi 24 août 2010

M.Smith au Sénat

Film de Frank Capra, 1939.

Une fois de plus l’homme simple et pur fait triompher la justice, et suscite la rédemption de quelques brebis égarées, et la perte de celles qui se sont excessivement corrompues (voir par exemple Un shérif à New York). C’est la recette du Tea Party.

Plus surprenant, je retrouve ici ce que dit l’ouvrage que je lis actuellement. Il parle du rejet par l’Allemagne d’avant guerre de la rationalité pour l’intuition et de la ville corruptrice pour la nature pure et saine. Une pensée qui a mené au Nazisme. La haine du capitalisme et du progrès était-elle massivement répandue à l’époque, partout dans le monde occidental ? 

Vues les souffrances des peuples, alors, c’est compréhensible, mais pourquoi y aurait-il des âmes pures qui savent naturellement le bien et le mal ? Outre que c’est la faillite de la raison, comment les reconnaître de l’extérieur ?

Autre thème récurrent : celui de la corruption. Un capitaine d’industrie fait dire ce qu’il veut à la presse d’un État entier. Effrayant qu’une nation puisse être autant soumise à l’intérêt individuel. Ce qui me rappelle une émission entendue récemment sur Werner von Braun : la marine américaine, pourtant totalement incompétente, s’était fait confier le programme de missiles américains, et von Braun, le champion mondial du sujet, était laissé oisif. En fait, c’est remarquable que l’Amérique puisse fonctionner en dépit de tant de stupidité.

Raison ? Mon hypothèse provisoire est que l’Américain est increvable. Quand il croit être dans le vrai, il ne lâche pas. Les supérieurement magouilleurs gagnent la première manche, mais lorsque le pays est victime de leur logique poussée à l’absurde, son pragmatisme lui fait donner la parole à ceux qui ne l’avaient pas. Sorte de sélection naturelle ?

mercredi 5 mai 2010

New York Miami

Film de Frank Capra, 1934.

J’ai appris que c’était le premier exemple de « screwball comedy », et que Claudette Colbert était, comme son nom, d’origine française (je pensais qu’à l’époque il était à la mode de porter un nom français).

Le ver de terre finit par épouser l’héritière. Mais au fond ils se ressemblent. Ce sont deux vrais Américains, pleins de ressource et d’énergie, à l’opposé du bellâtre chasseur de dotes. 

dimanche 26 octobre 2008

La vie est belle !

Bertrand Duperrin a raison. La presse est dans l’incertain, dans l’inquiétude : ça contribue à la déprime actuelle. Si elle regardait vers l’avenir elle verrait de quoi se réjouir. Quelles raisons d’espérer ? Je me jette à l’eau.
  • Crise veut dire baisse de consommation, de pollution, d’effet de serre… Point de départ idéal pour une « nouvelle économie » plus durable ? Un nouveau type de croissance moins destructeur ? N’est-ce pas plus facile de nous transformer lorsque nous jeûnons que lorsque nous sommes pris dans le traintrain d’une économie qui pollue à plein régime ?
  • Autre raison de se réjouir ? Les gouvernants chinois vont devoir stimuler leur consommation interne : ne vont-ils pas être poussés à donner à leur peuple une sécurité sociale, un système de retraite, d'assurance maladie... dont le manque le forçait à épargner ? Une Chine plus amicale ?
  • Mais, crise veut surtout dire « dégel » au sens de Kurt Lewin. Les règles du monde sont devenues malléables. Une occasion unique ! Or, justement, les gouvernants sont prêts à en discuter. C’est sans précédent.
  • Et ils sont plutôt de bonne volonté. Pour le moment, les petits égoïsmes qui ont fait les grands malheurs de l’humanité ne se sont pas manifestés. D’ailleurs on se préoccupe du résultat de la crise pour les pays pauvres. Dans le passé, on cherchait surtout à remettre le système financier d’aplomb.
Tout étant malléable, le monde peut aller n’importe où. Nos gouvernants ont besoin de nos idées. Ils en ont certainement à eux, mais ils veulent avant tout un consensus : c’est dans ces moments que nous avons le plus de pouvoir. Nous devons donc réfléchir. Que voulons-nous faire du monde ?
  1. Je crois que son mal est l’individualisme, au sens égoïsme, qui ne voit la société et la nature comme objets et non comme potentiels amis. Un sujet à étudier.
  2. Toutes les idées sont bonnes, les vôtres autant que les miennes. Risque d’anxiété d’apprentissage ? Une piste pour chercher de nouvelles idées, si vous n’en avez pas déjà : la montagne d’erreurs que nous avons commises. Essayer de ne pas les répéter doit être un programme efficace.

Sur Kurt Lewin : Renouveau du PS.