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vendredi 23 septembre 2022

Degré zéro de la culture

Hannah Arendt a écrit, il y a bien longtemps, La crise de la culture.

Effectivement. Aussi bien en Chine qu'en France, tout ce que l'on appelait "culture" a été liquidé. 

C'est le résultat d'un étrange phénomène, dont la "contre culture" américaine semble le principal vecteur. (Un précédent billet.) 

Cela explique certainement la haine que suscite maintenant les USA, et l'Occident, en général. Mais aussi que chaque pays cherche à s'agripper à ce qui lui reste de traditions. 

Seulement, il n'a plus que les yeux pour pleurer. La question qui se pose est, en fait : comment cela se réinvente-t-il, une culture à soi ? 

La réponse est peut-être dans la crise, qui est fréquente ces temps derniers. Chaque crise est une rencontre de l'absurde. C'est l'occasion de se poser une question existentielle. Et, qui sait ? ces questions sont peut-être en nombre fini ? Quand nous saurons, à nouveau, qui nous sommes, les crises s'arrêteront ? 

dimanche 4 septembre 2022

T'as pas cent milliards ?

En Angleterre, on évalue à l’équivalent du plan de relance covid, les aides nécessaires pour éviter une vague de décès du froid de citoyens n’ayant pas les moyens de payer leur facture énergétique. 

C'est quasiment ce qu'il a fallu, pour renflouer France Télécom, victime de l'hybris de ses dirigeants. Que nous coûtera EdF, qui fut, lui aussi, fort bien géré ? 

Le monde subit crise après crise. Le gouvernement devra-t-il, à chaque fois, trouver 100md€ pour éviter à la société un drame ? 

Les agriculteurs, depuis des années, subissent calamité sur calamité. Ils ont mis en place des systèmes d'assurance, de façon à pouvoir maintenir un niveau de revenu minimal. Modèle d'avenir.

Problème : il faut que les années sans crises la nation génère suffisamment de ressources pour en disposer lors des crises. Or, jusqu'ici, crise ou pas crise, notre pays creuse son déficit.  

jeudi 4 août 2022

Dangereux Xi ?

On parle de guerre à Taiwan. Pourquoi ? Xi Jinping doit se faire réélire, et doit se montrer fort, car il est critiqué. (Politico.eu, hier matin.) 

Moment dangereux ? Je crois toujours que le cours naturel des choses est que la Chine suive le chemin du Japon : le repli sur soi, après une période d'expansion guerrière. L'inflexion est entamée. Seulement, il y a plusieurs façon de réagir, comme nous l'enseigne M.Poutine. 

La Chine était parvenue à occuper dans le monde sa place "d'empire du milieu". Elle était la plaque tournante de l'économie mondiale... Que se passerait-il en cas de guerre ? 

Pendant longtemps, et encore dans ma jeunesse, la préoccupation quasi unique des économistes était "la crise". Un sujet à remettre au programme des universités ? 

vendredi 15 juillet 2022

Crise italienne

M.Draghi va-t-il quitter le gouvernement italien ? Pour l'UE, une crise en Italie pourrait être le début de la fin, disait un "média" étranger. 

Cela nous rappelle que nous vivons un curieux moment. Epidemie, Ukraine, inflation... Les crises succèdent aux crises. Question : et la prochaine ? Et si elle était fatale ?

L'UE a pris conscience qu'elle sort de l'ère de la globalisation extraordinairement fragile. Pour se redresser elle a besoin avant tout d'être unie. Or, cette faiblesse donne une force extraordinaire à l'égoïsme à courte vue du moindre minoritaire.

Jamais Montesquieu n'a eu aussi raison : le principe de la démocratie est la vertu... 

mardi 14 juin 2022

Inflation : les ennuis commencent ?

"L'augmentation des taux est préoccupante pour les pays lourdement endettés de la zone euro", disait le Financial Times, dimanche. 

Effectivement, ce que craignait ce blog est arrivé. La France est considérablement endettée. Elle va devoir lever toujours plus de dettes pour payer l'intérêt de sa dette, et rembourser les dettes échues. 

Voilà qui va poser de sérieuses difficultés à nos gouvernants. Car ils ne savent qu'utiliser deux outils : la hache et la douche. Ils se lancent dans de grandes réformes utopiques, et quand leurs conséquences produisent un soulèvement populaire, ils le noient sous l'argent public. C'est, quasi certainement, ce qui a produit la situation dans laquelle se trouve le pays. 

Le psychologue Adam Grant pense que le changement est quasiment impossible pour un esprit d'élite. Croyons au miracle ?

samedi 9 avril 2022

Le monde devient instable ?

Epidémie de coronavirus et ses variants, le monde s'arrête. La Russie envahit l'Ukraine. On tente en catastrophe de réorganiser la supply chain mondiale. Risque d'accident nucléaire. L'inflation repart, alors que nous avons désormais beaucoup d'indépendants et de précaires. Trump et ses équivalents ont le vent en poupe. Et ensuite ? 

Une secousse succède à une secousse. A chaque fois, c'est plus violent. Où va-t-on ? 

Nos pères pensaient que la seconde guerre mondiale n'était qu'un début. Il fallait agir en urgence, pour éviter l'extinction de l'humanité. Ils ont construit des remparts. Les générations qui les ont suivis ont expliqué que le problème, c'était ces remparts. Pour les intellectuels, ils gênaient l'épanouissement de l'individu, pour les hommes d'affaires, ils empêchaient la croissance. 

Relation de cause à effet ? 

Après la destruction, la création ? 

mercredi 30 mars 2022

Increvable capitalisme ?

L'humanité va à sa perte. On ne peut pas produire toujours plus, nous dit-on. D'ailleurs, le capitalisme, lucre et matérialisme, est contre nature. Et si ce bon sens se trompait ? Et si les voix de la complexité étaient incompréhensibles ? 

Il y a quelques décennies, la préoccupation existentielle de l'humanité était la crise. Le propre du capitalisme, c'est la crise. Celle de 29 est à l'origine d'une guerre qui aurait pu rayer l'humanité de la surface du globe. M.Poutine ne serait pas si aigri, si la Russie n'avait pas subi une crise terrible, qui a réduit de 6 ans l'espérance de vie de sa population. (Si vous voulez savoir pourquoi un pays hait l'Occident, cherchez la crise.)

Mais les choses ne sont jamais si simples... Parce qu'elle détruit l'économie, la crise crée des "start up".  Ce qui est, qui sait ?, une nécessité. Et l'humanité vient d'innover en termes de crise :

  • La transition climatique est une crise artificielle. L'humanité se saborde sans contrainte immédiate. 
  • Les crises covidienne et ukrainienne sont traitées par la solidarité. Et une solidarité qui cherche à renforcer les faibles, à leur laisser une seconde chance. (Anti Darwin ?)

D'où la ruse de la complexité dont je parle en introduction. Il semble que, à moins d'un désastre, l'humanité ne va plus faire qu'un bloc. Mais cette unicité signifie la fin de l'innovation, le repli sur soi, la décadence, et, finalement, l'incapacité à résister au moindre accident naturel.

Or, si l'on en croit les spécialistes des réseaux, et peut-être aussi l'observation quotidienne, c'est l'expérience de la petite crise qui les rend de plus en plus résistants à la grande crise. C'est la théorie Antifragile de Nassim Taleb. Une société en crise permanente, sans, pour autant, qu'elle se fasse aux détriments des individus, serait extraordinairement résiliente. 

(A noter que l'on a là un modèle proche de ce qu'a imaginé Kant, qui, lui, voit la résilience par le conflit. Vers la paix perpétuelle.)

samedi 19 mars 2022

Intérêt complexe

La Chine et la Russie ont peut-être cru fini l'Occident. L'Occident est mené par l'intérêt aveugle de ses individus. Ce qui les conduit à vendre la corde pour les pendre. 

Mais l'intérêt n'est pas aussi simple qu'on le croit. Car, il peut y avoir de l'intérêt à remplacer la Chine et la Russie dans la "supply chain" mondiale. Cela crée de nouveaux marchés. Et cela, l'entrepreneur et le spéculateur l'adorent. Il en est de même de la transition climatique. Qu'on y croit ou non, c'est bon pour le business. 

"The trend is our friend", dit l'Anglo-saxon. L'économie de marché s'asphyxie en ligne droite, elle a besoin de "disruptions". La destruction est créatrice, mais pas au sens où l'entendait Schumpeter. Le moteur du capitalisme, c'est le changement, la crise. Il la recherche. 

Seulement, nouvelle pirouette, cette crise ne fait pas nécessairement de victimes. Encore une solution que n'avait pas vu Schumpeter. La "flexisécurité" nordique est un procédé qui amène la société à s'adapter au changement, sans casse. 

Exemple de "complexité" dirait Edgar Morin. La "pensée simplifiante" pense maîtriser la nature, et hop, le phénomène si simple prend une forme inattendue. Mais compréhensible a posteriori. Ce qui fait croire à l'idiotie des premiers à le penser. Sans comprendre que le chemin qu'emprunte la vie est, par nature, imprévisible. 

dimanche 16 janvier 2022

Allons-nous connaître la crise ?

J'ai connu la crise, dans ma jeunesse. Elle fut interminable. J'en ai gardé un souvenir sinistre. Et puis, on l'a oubliée. On n'avait plus d'inflation, mais on s'est habitué à avoir trois millions de chômeurs.

Or, l'inflation, qui ne devait pas exister selon les économistes, accélère aux USA, en particulier. (Et même chez moi : mon crémier a fait passer ses oeufs de 1,90 à 2,20€ !) Surtout, il y a la question de l'énergie. Car une augmentation du prix de l'énergie serait un drame pour une grosse partie de la population, qui a déjà du mal à boucler ses fins de mois. (Voilà pourquoi le candidat E.Macron a imposé à EdF, pourtant dans une situation inquiétante, de vendre une partie de son énergie à bas prix ?)

Quelles sont les causes de cette crise ? Nous sommes extrêmement dépendants les uns des autres. Par exemple du gaz de schiste américain, qui a souffert des aléas des cours pétroliers. Mais aussi de la Chine, qui est en concurrence avec l'Europe pour son approvisionnement en énergie. Chine qui semble avoir voulu réduire sa dépendance au charbon, un échec, et qui ne parviendrait pas, maintenant, à relancer sa production. Or, l'Allemagne arrête ses centrales nucléaires. Quant à l'énergie renouvelable, on ne sait pas si un jour elle remplacera quoi que ce soit. A cela s'ajoute le jeu politique. Le cartel de l'OPEP défend ses intérêts ; l'Allemagne est dépendante du gaz de la Russie, faute de nucléaire, Russie qui cherche à s'affirmer comme pouvoir de nuisance ; et la Chine, du charbon de l'Australie, avec laquelle elle est en froid. Peut-être, aussi, que la capacité mondiale de production d'énergie est moins flexible qu'on ne le pensait, et qu'un hiver froid suivi par une croissance forte sont suffisants pour la désorganiser. 

Il n'est partout question que de "transition climatique". Comment fait-on ? Personne ne semble se poser cette question. Peut-être qu'il faudrait commencer par lui trouver une réponse rigoureuse ?

Exemple de notre amateurisme mondial en termes de conduite du changement ? 

mardi 21 décembre 2021

Pas de liberté sans crise ?

Surprenant. M.Macron, qui s'était présenté comme celui qui allait faire entrer la France dans la modernité, globalisée, ultra libérale et numérique, est maintenant le défenseur de l'administration, face aux assauts de Mme Pécresse, qui semble avoir sorti des cartons les discours de campagne poussiéreux de la droite ! (Encore une qui a une guerre de retard ?)

Qui aurait dit, d'ailleurs, que la "solidarité" serait le mot d'ordre de toutes les nations développées. Qu'elle serait tellement efficace qu'elle aurait quasiment éradiqué le risque de faillite ? Que l'on aiderait les nécessiteux à résister à l'inflation ? M.Macron serait-il la cinquième colonne du communisme ? 

Il y a la théorie et la pratique. Dans la crise, l'individu devient pragmatique. Peut-être aussi ses convictions se révèlent-elles. Et voilà, qui sait ?, pourquoi la paix est le plus grand danger que nous courrions ? Il n'y a que le risque qui nous rende solidaires, et qui évite à l'homme d'avoir le temps d'être un loup pour l'homme ? 

mercredi 20 octobre 2021

Maison de verre chinoise

Fragile Chine ? La sortie d'épidémie (en supposant que ce soit une sortie) semble secouer le pays. "La révolution est comme une bicyclette : quand elle n'avance plus, elle tombe" aurait dit Mao. Faut-il être inquiet ? Craindre une réaction irrationnelle du gouvernement chinois ? Une récession mondiale ?... 

Un sujet à considérer sérieusement.

(Financial Times : "China economy grew 4.9% in third quarter as post-pandemic momentum slows. China’s economic growth weakened in the third quarter as a property slowdown and energy shortages highlighted the country’s incomplete recovery from the coronavirus pandemic, posing a formidable challenge to President Xi Jinping’s policy agenda".)

mardi 19 octobre 2021

La soutenabilité : une question de réveil ?

Il y a des gens intelligents, en France, me suis-je dit en écoutant une conférence de France stratégie. (ici

On y parlait de "soutenabilité". Je retiens qu'il s'agit maintenant de sortir de l'idée fixe du zéro risque, pour comprendre que le risque est inhérent à la vie, la crise est un révélateur. Il faut concevoir la vie comme un changement permanent. Remarquable exemple de Romorantin, où l'on a construit en zone inondable, en faisant jouer, comme sait le faire la Hollande, la "régulation naturelle". (Principe qui a permis à cette dernière de ne pas connaître d'inondations meurtrières, cet été, contrairement à l'Allemagne et à la Belgique.) Ce qui a demandé à l'architecte du lieu de faire de la "maïeutique", d'établir un dialogue entre "parties prenantes" aux intérêts initialement contradictoires. 

Et il semble que ce soit la voie de l'avenir : des acteurs locaux qui parlent ensemble et conçoivent, effectivement, des projets "durables" et "résilients", en particulier parce qu'ils sont capables de s'adapter à l'imprévisible. La fameuse intelligence collective. 

Il faut aussi trouver le moyen de conserver l'expérience et le savoir-faire à long terme. Une question qui se pose actuellement. Car il semble que l'on hérite d'une situation préoccupante. Réhabiliter les cités minières du Nord, par exemple, c'est 3md€. Beaucoup d'infrastructures, construites après guerre, sont en fin de vie. Or les crises ont un effet cumulatif, façon goutte d'eau. Il faut identifier les "vulnérabilités", présentes dans tous les territoires (par exemple les zones de chômage élevé), et, à chaque fois, chercher avec les multiples acteurs locaux, régionaux et nationaux la solution au problème qu'elles posent, qui est toujours spécifique. 

Ce qu'il faut réparer avant tout, c'est le politique. Il y a besoin d'une vision et de projets à long terme, en particulier d'un plan national d'aménagement du territoire. Or la politique est un chaos, à la fois dans le temps, l'élu démontant ce qu'a fait son prédécesseur, et dans l'espace, les initiatives du gouvernement entrant en conflit avec celles des collectivités (notamment). 

Tout cela donne un peu l'impression que l'on a vécu des années folles, sur les acquis du pays, et que le navire n'avait plus de pilote. Les marins et les passagers ont l'air de commencer à s'agiter. Parviendront-ils à le sauver ?

lundi 30 août 2021

Porter : les conséquences

Conclusion des deux billets précédents concernant les travaux de Michael Porter appliqués à la France. 

Nous pensons mal. Le discours ambiant (voir la loi PACTE) concernant l'économie compare nos petites entreprises aux entreprises allemandes. Il conclut à leur manque de dynamisme. Pour les aider, il demande la suppression des contraintes réglementaires. 

Ce discours est totalement FAUX. Le patron français est "infiniment" plus entreprenant que l'Allemand. La force de l'Allemagne est, exactement ce que dit Michael Porter, le collectif, "l'esprit réseau". L'Allemagne "chasse en meute". Ce qui fait la prospérité d'une entreprise, c'est son environnement immédiat, parce qu'il la stimule. On ne demande pas à une PME d'avoir une stratégie sophistiquée, ce qui a un coût considérable, mais de faire profiter ses clients de ses compétences. Elle doit être "concentrée" sur son métier. 

Le problème de la France ce sont ses ex "champions nationaux". En rompant les ponts avec le tissu local, ils ont détruit l'environnement nécessaire à son développement. Or, fournir cet effet d'entraînement était leur raison d'être ! C'est pour cela qu'ils sont dirigés par des hauts fonctionnaires : pour faire la politique de la nation ! En outre, en optant pour une stratégie de leadership par les coûts, un management gestionnaire, et non d'innovation, ils ont détruit leur propre avantage concurrentiel, si bien que, pour certains, ils ne sont même plus français (Arcelor, Alcatel...) ! 

On peut même se demander si l'abandon de l'industrie, dont on souffre tant aujourd'hui, n'est pas le résultat de cette stratégie gestionnaire. En effet, le "marché" donnait moins de valeur à l'industrie qu'au service. D'où l'intérêt, à court terme, de délocaliser la production. 

En tout cas, le pays est dans un piège. Ce que Michael Porter appelle le "scénario de l'abondance". Celui qui a transformé la Grande Bretagne d'usine du monde en pays pauvre. Les politiques qui donnaient l'impression de créer des richesses détruisaient ce qui le permettait. 

Comment s'en tirer ? Est-il encore temps d'essayer de raccorder ce qui nous reste de "champions" au tissu économique national ? (Cela semble mal parti : les délocalisations s'accélèrent.) Peut-on partir d'en bas ? Relancer le pays de ses PME en les aidant à reconstituer des dispositifs de "chasse en meute" ? Cela semble compliqué. D'autant qu'un tel re décollage demanderait un grand élan d'enthousiasme, à mon avis. Or, "on a été laminé par le système" me disait une activiste du développement local : le petit peuple des petites entreprises et des petites collectivités locales a souffert de décennies de réformes et est déprimé... 

Ne cherchons pas de coupables, mais des idées !

mercredi 14 avril 2021

La planète des singes ?

"Une étude scientifique menée dans l’archipel de Porto Rico après le passage de l’ouragan Maria, en 2017, illustre comment des communautés rivales de macaques ont adapté leur comportement face au désastre. Au lieu de lutter pour les rares ressources, ils ont étendu leur toile sociale pour s’entraider. (Article.)" 

L'article dit que les femelles ont joué un rôle central dans ce rapprochement entre communautés, mais parle aussi d'une augmentation du nombre des individus isolés. 

L'épidémie va-t-elle faire de nous des singes ? Qu'en a-t-il été dans le passé ? La crise de 29 a créé une sorte de fusion du peuple allemand, qui s'est tournée contre le monde ; quand à la France elle a donné le spectacle consternant d'une lutte fratricide. Rien n'est jamais déterminé. Tout est possible. Seulement certaines configurations, comme la coopération, deviennent plus probables, à mesure que la probabilité de destruction augmente. Ce qui n'a rien de rassurant. 

lundi 8 mars 2021

Du bilan à l'action

Le virus réveille la France. Elle découvre que plus grand chose ne va très bien chez elle. Le souverainisme est devenu à la mode, parce que l'on a constaté que nous dépendions pour l'essentiel de pays qui ne nous veulent peut être pas du bien. 

Mais ne faudrait-il pas changer de vitesse ? Ce qui est arrivé aux Texans devrait être une avertissement : il a fallu une vague de froid pour qu'ils découvrent que leur système électrique était fragile. 

Ne nous contentons plus de constater les dégâts, mais anticipons la prochaine crise ? Faisons des "stress test" ? Car si les précédentes années ont été occupées à faire des trous dans la coque pour alléger le bateau, il se pourrait bien que l'on soit exposés au risque d'une vague un peu plus fortes que les autres. 

samedi 9 janvier 2021

Cluster : arme anti-crise ?

Il y a 80.000 entreprises regroupées en 400 "clusters", en France. Un million d'emplois. 

Une enquête de France Clusters montre qu'elles résistent remarquablement bien à la crise. 

La résilience, profiter d'une crise, est le propre du groupe ? Le cluster serait-il "l'arme de guerre contre le coronavirus", comme l'affirme son président ? Qu'on se le dise ?

vendredi 1 janvier 2021

2021 : rien ne va plus ?

Un ami me demandait ce que l'on pouvait me souhaiter. Je lui ai exposé mes préoccupations :

On me décrit le Français comme "anesthésié". Personne ne semble vouloir regarder la réalité en face. Pour des raisons évidentes, des entreprises déjà fragiles, percluses de dettes, et qui ne retrouveront pas leur chiffre d'affaires, 21 pourrait être une année de faillites et de chômage de masse. Or, la crise de 29 a produit des horreurs. 

Nous sommes en danger, et la France, nation faible et divisée, au milieu d’une Europe faible et divisée, menée par une Allemagne tentée de suivre son intérêt à courte vue - qui n'est pas européen, au milieu d’un monde de fanatiques armés jusque aux dents - par les Occidentaux, n’est pas dans la meilleure des situations. 

Après les avoir vilipendées, nous découvrons que nous sommes porteurs de valeurs auxquelles nous tenons, et qui pourraient bien avoir une portée universelle, contrairement à ce que l'on a prétendu, violemment, ces dernières décennies. Sans nous, le monde ne sera peut-être pas très bon à habiter.

Notre pays a tout ce qu'il faut pour réussir. Mais que ce soit son administration (ou "mille feuille"), ses entreprises, et même ses associations, tout est en morceaux. Tout le monde se méfie de tout le monde. 2021 sera-t-elle l'année du sursaut ?

jeudi 24 décembre 2020

Coronavirus, vent et vague (à l'âme)

Coronavirus + Brexit = tempête parfaite ? Et sera-ce tout ? Et si l'aléa épidémique, climatique ou autre, devenait notre lot commun ? Vague sur vague ? Condamnés à la déprime ?

Inventons des dispositifs qui absorbent les crises ? Mieux : permettent d'en profiter ? 

Nos techniques sont de deux types :

  • Dirigisme. Après guerre, le gouvernement français a nationalisé de grandes entreprises et y a installé de hauts fonctionnaires. Mais, faits pour appliquer un plan, ils étaient incapables d'en inventer un, donc de s'adapter au changement ? (Ils ont adopté les idées à la mode, et se sont lancés dans des courses à l'effet d'échelle, qui ont fait du mal à leurs entreprises et au pays ?)
  • Le quasi laisser faire. On injecte, "d'en haut", de l'argent dans la "machine". On décide de mesures incitatives. Mais cela ne marche pas, parce qu'il faut réorienter des millions d'entreprises (la crise crée des besoins, et en élimine d'autres), et qu'elles ne savent pas comment s'y prendre. 
Trouvons un juste milieu à la Aristote ? De nouveaux "rites sociaux" qui aident entrepreneurs, citoyens, fonctionnaires, élus... à trouver la bonne voie ? sans prétendre être plus intelligent qu'eux ? C'est le vent qui fait avancer le bateau ! 

dimanche 13 décembre 2020

La dette de l'Etat et la prospérité de l'entreprise

La France empile des dettes. Un jour il va falloir s'en occuper. Comment ? L'impôt ! 

Et s'il produisait un cercle vicieux ? Appauvrissant le consommateur, et faisant perdre sa compétitivité à l'entreprise. Et produisant toujours moins de capacité à payer l'impôt et donc toujours plus d'impôts ?

Pour qu'il ne soit pas pire que le mal, il faut que nos entreprises trouvent le moyen de dégager de bien meilleurs résultats, de gagner sérieusement en performance. Face à l'épidémie, et qui nous dit qu'elle est la dernière ?, l'entreprise compte autant, voire plus, que notre système de santé. 

Voici une réalité que nous avions oubliée. Une leçon du virus. 

dimanche 11 octobre 2020

Blog de crise

Lors de l'éclatement de la bulle Internet j'avais lancé un "club" qui recevait des acteurs de ce que l'on appellerait aujourd'hui le "numérique". Ce qui m'intéressait était de voir comment ces gens pensaient maintenant que leurs certitudes avaient disparu. Puis ce blog a été créé avec la crise de 2008. Je pensais que ce serait un blog d'observation de la crise. Car la crise est le moment du changement. Et, effectivement, lorsque l'on relit d'anciens billets, on y trouve, souvent : "crise".

Maintenant, il y a une nouvelle crise. Elle est beaucoup plus sérieuse que les autres, et elle touche le monde. Et, en outre, elle est sanitaire.

Il y a quelque-chose de paradoxal dans ce fait. La bulle Internet était liée à l'idée de "nouvelle économie". Aux USA, notamment, on pensait que, puisqu'il n'y avait plus d'URSS, il n'y avait plus d'obstacle au capitalisme. En conséquence de quoi, les crises étaient finies. La croissance serait forte et ininterrompue. Il s'en est suivi dix crises successives, mais elles n'ont pas touché l'Occident, avant celle qui a concerné Internet.

L'URSS était-elle un contre-poids ? Y aurait-il un lien de cause à effet entre la victoire du capitalisme et trente ans de crises de plus en plus violentes et, surtout, globales ?...

(En fait, les crises ont commencé en 73. En dehors de l'enfance toute ma vie se sera déroulée en période de crise.)