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lundi 11 avril 2022

Dancing with the devil

L'Allemagne des années 30, qu'est-ce que c'était ? Les jeunes filles de l'aristocratie anglaise finissaient leur éducation en Allemagne. Et cela jusqu'à la déclaration de la guerre. La BBC, il y a quelques années, a interviewé quelques-uns de ces témoins. (L'émission, dont le titre est celui de ce billet, était rediffusée récemment.) Une de ces dames, d'ailleurs, avait déjeuné avec Hitler. Un homme charmant. 

Leurs souvenirs ? Le ski la journée, l'opéra, le soir. 

Qu'en déduire ? On nous a dit que le régime Nazi était monstrueux. Mais ce n'est qu'après coup qu'on l'a découvert. Auparavant, il a séduit beaucoup de monde. L'aristocratie anglaise, qui lui envoyait ses filles, Lindberg et General Motors, beaucoup de polytechniciens, et les majors de l'agrégation de philosophie... 

Quand sortirons-nous de ce qu'Edgar Morin appelle "la pensée simplifiante" ? 

samedi 3 novembre 2018

Cabaret

Pour moi, le film Cabaret traitait de la montée du nazisme. J'ai entendu parler du livre qui est à son origine, et cela m'a fait changer d'avis. J'ai découvert que le Berlin d'avant guerre était, en Europe, le lieu de toutes les marginalités, l'élite européenne y venait chercher l'excitation. Les années y étaient encore plus folles qu'ailleurs.

La société est un équilibre ? les dérèglements d'un côté s'accompagnent de dérèglements de l'autre ? Et inversement ?

lundi 17 septembre 2018

Méfions-nous des bons sentiments ?

France Culture diffusait, la semaine passée, une série d'émissions sur l'Anschluss. Basculement vers le Nazisme du bon peuple, aveuglement des opinions occidentales. Et, plus curieux, une armée allemande qui tombe en panne, et dont les tanks ne sont guère mieux que des boîtes de conserve. Et on est à seulement un an du démarrage de la guerre !

Paul Ricoeur, qui avait été un militant pacifiste, regrettait son aveuglement. Il est dommage que tout ce qui se dit sur la seconde guerre ne parle que de ses horreurs. Pourquoi ne cherche-t-on pas à comprendre ce qui nous y a entraîné ? Cela serait peut-être une bonne leçon pour le présent.

jeudi 28 février 2013

Qu’est-ce que notre changement a de nouveau ?

Petit à petit, je me suis intéressé à ce que nos ancêtres pensaient du changement. Le concept est présent partout. Et les ethnologues disent que le propre des sociétés humaines est de changer, et même de changer étonnamment vite.

Mais je crois qu’il y a quand même quelque chose de nouveau dans ce domaine. Le changement étudié jadis était celui de la nature, des saisons, des cycles économiques. Il était subi par l’homme. Depuis la Renaissance, il me semble que l’homme cherche, explicitement, à changer le monde. Dans un premier temps, il a conçu des utopies (cf. Thomas More), puis il a essayé de les réaliser par une sorte de tour de passe-passe (despotisme éclairé et bureaucratie, Révolution de 89, Nazisme, Communisme soviétique, Thatchérisme). Maintenant, on commence à se dire qu’il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Il existe des techniques pour faire bouger les sociétés…

dimanche 1 juillet 2012

La sélection naturelle est-elle sociale ?

Pourquoi parlons-nous une langue du sud, alors que nous sommes un pays du Nord ? me suis-je demandé. Parce que les Francs ont choisi d’être les descendants des Romains, porteurs de la civilisation ? Ce qui m’amène à une idée curieuse. Hier, ce qui était admiré était au sud. Aujourd’hui, l’Europe est dominée par les pays du nord, les barbares d’il y a peu. 

D’ailleurs, la fameuse « paresse » que l’on nous reproche n’est-elle pas la manifestation d’un art de vivre évolué ? Les classes dominantes anglaises ne donnent-elles pas l’exemple même d’une telle « paresse » ? Mais le raisonnement doit-il s’arrêter là ? Les civilisations orientales, voire l’Afrique des origines, ne sont-elles pas plus agréables que nos mondes modernes ?

J’en reviens aux théories nazies, qui voulaient que la civilisation, trop douce, soit régénérée par le sauvage ? Ou à Rousseau et Lévi-Strauss, et à leur paradis perdu ? Ou à la théorie de Spencer Wells : plus la société se développe, plus elle contraint l’homme, jusqu’à lui imposer des mutations génétiques ?

À chaque fois que l’homme a été menacé, il a trouvé des solutions sociales à ses problèmes. De ce fait, sa population a crû, mais au détriment de l’épanouissement du grand nombre.

Le plus étrange dans l’affaire, c’est que les ultra-individualistes Anglo-saxons sont probablement les principaux moteurs de cette perte de liberté. Car, d’eux vient la Révolution industrielle, qui a multiplié la population mondiale par plus de 10. Leur élite a certainement profité de l’asservissement de son prochain qui en a résulté. Mais une caste de privilégiés peut-elle se maintenir ? Poussés par leur intérêt individuel, ils font le jeu de la société, qui finira par les égaliser ?

La sélection « naturelle » ne choisit pas les individus pour eux-mêmes, mais pour servir l'espèce ?

mercredi 4 avril 2012

Despair

Film de Rainer Werner Fassbinder, 1978.

Théâtre filmé, mais comme on le filme rarement. C’est une sorte de chorégraphie. La caméra tourne autour des acteurs en passant, curieusement, derrière les murs et les cloisons. Étonnant succès technique. Les mouvements des acteurs eux-mêmes semblent calculés pour faire rencontrer à chacune de leurs actions une partie du (très esthétique) décor probablement lourde de sens.

Quant à l’argument, il semble que l’on y parle d’une sorte d’aristocrate qui apparemment veut faire une œuvre d’art de sa vie, et qui, pour cela, tue le seul être humain de la pièce. Tout ceci sur fond d’une représentation conventionnelle de la montée du nazisme. Faut-il y voir une parabole ?

Bref, trop intello pour moi. 

jeudi 22 mars 2012

Les sources du nazisme

Le hasard fait bien les choses ? Lancé par notre discussion sur K.Lorenz sur la piste des courants de pensée qui ont inspiré le nazisme (Konrad Lorenz ou l’âge de ténèbres ?), je suis tombé nez à nez, lors d’une attente de RER, avec un hors série de Philosophie (février – mars) dont le sujet est « les philosophes et le nazisme ».

Une forme de système

Le nazisme est sorti d’un courant de pensée profond et relativement homogène. Aucun penseur allemand n’aurait été fier d’un disciple comme Hitler, cependant les thèmes du nazisme lui auraient été familiers. Ce qui peut expliquer que tant de monde ait pu s’y retrouver, ou même penser l’influencer (Heidegger et Carl Schmidt ?).

La pensée allemande a été une réaction à la brutale transformation de la société amenée par la Révolution industrielle. De ce fait, elle s’est bâtie contre les causes de cette transformation : les Lumières et le progrès. Elle a trouvé le salut dans une forme de fondamentalisme. Une vision fantasmée de son passé, mélange d’influences multiples dont certaines remontent à très loin. L’Allemand appartiendrait à une race élue et persécutée qui doit régénérer le monde. Sa langue, d’ailleurs, est celle des origines (une idée que l’on retrouve chez Heidegger).

D’une certaine façon, une sorte de régression se serait jouée au moment de la transition entre Kant et Hegel. Hegel rejette la raison de Kant et en revient à la métaphysique (il suffit de suivre son cœur pour faire le bien). Quant à Nietzche, il est tellement provoquant qu'il est aisé de se méprendre sur ses propos.

Lorenz et les thèmes du nazisme

À l’individu, universel, et à la raison des Lumières, la pensée allemande oppose donc l’espèce et une forme de mission divine, et la croyance que « la force seule crée le droit ». à noter que qui dit race, dit amélioration de la race (au sens troupeau du terme), i.e. biologie et eugénisme.

Curieusement, comme dans la théorie de l’agressivité de Lorenz, cette société est « anti », français, révolutionnaire, libéral, sémite…

Que Konrad Lorenz semble aussi marqué par un courant de pensée qui a mené au cataclysme, signifie-t-il que l’on doive condamner ses travaux ? Jacques Taminiaux parlant d’Heidegger : « tous les grands noms de la pensée européenne se sont confrontés à Heidegger. Leur œuvre est née dans cette confrontation. » Une idée à reprendre concernant la pensée de Konrad Lorenz : utile comme stimulant, mais non comme fin ?

Compléments :
  • Billet inspiré notamment par : Une histoire allemande de Georges Bensoussan (fondements de la pensée allemande d’avant guerre) ; Nietzsche le dynamiteur de Yannis Constantides ; Pensée juive et pensée allemande de Luc Ferry (Hegel) ; Jacques Terminiaux : La philosophe est-elle soluble dans le nazisme ?
  • Tout ceci est assez cohérent avec les conclusions que j’avais atteintes jusqu’ici. Sur ce blog, revues de livres : Heidegger pour les nuls, Kant pour les nuls, Kant et les lumières, Nietzsche, Troisième Reich (George Mosse et le mouvement völkisch), Le savant et le politique (Max Weber). 

mercredi 21 mars 2012

Konrad Lorenz ou l’âge de ténèbres ?

Dominique Delmas défend avec une constance remarquable Konrad Lorenz face à mes attaques déshonnêtes…

Mais, au fait, qu’y a-t-il qui m’est désagréable dans la pensée de Lorenz (merci à Dominique de me la faire découvrir !) ?

Elle semble un recyclage de l’idéologie nazie. Les Nazis pensaient que nous étions des dégénérés. En cause ? Les Lumières, origine de la « civilisation » (le nom qu'ils donnent à individualisme et matérialisme). La solution ? Une nouvelle invasion « aryenne » (i.e. indo-européenne) : n’était-ce pas ainsi, depuis l’antiquité, que l’Europe s’était régénérée ?  Est-ce surprenant que les scientifiques allemands, à commencer par les biologistes, aient cherché à démontrer cette thèse ?

Ce qui m’amène à m’interroger. Pourquoi nions-nous nos erreurs au lieu de les regarder en face pour en tirer des enseignements, et ne pas les répéter ?
  • Pourquoi a-t-on jeté un voile pudique sur la pensée nazie ? Pourquoi a-t-on aussi vite recyclé l’élite intellectuelle nazie ? Pourquoi s’est-on contenté de dire que le nazisme était le mal absolu ?
  • Pourquoi de Gaulle a-t-il fait de la France un pays de vainqueurs, et n’y a-t-il pas eu d’interrogation sur les raisons de la collaboration ?
  • Je lis actuellement un livre sur la City de Londres, qui montre que, régulièrement, depuis des siècles, se reproduisent les crises que nous venons de connaître, mêmes causes, mêmes arguments… Pourquoi répare-t-on à chaque fois la société, remet-on en selle ceux qui ont été à l'épicentre de la crise, sans s’interroger sur ses raisons ?
  • Pourquoi, en même temps, est-on aussi durs avec certaines parties de la population, que l’on expédie en prison sans aucun remord ?
Dans notre société, les classes supérieures se protègent ? Surtout de ce qui n’est pas elles ?

Compléments :
  • Exercice laissé au lecteur. Comment interpréter, avec mon mauvais esprit, l’exemple de l’Argus choisi par Lorenz : une espèce animale qui dégénérerait si elle n’était pas maintenue alerte par ses prédateurs ? Qu'en déduire quant aux bénéfices de l'agression, idée centrale de Lorenz ?

dimanche 26 février 2012

Welcome in Vienna (suite)

Deuxième épisode du film d’Axel Corti.

Les émigrés juifs fuyant le nazisme arrivent en Amérique. Difficile adaptation.

Les personnages du film étaient l’élite intellectuelle de leur pays, l’essence de sa culture. Peut-on imaginer pire drame pour eux qu’un pays sans culture, dont le principe même est d’offrir à ses ressortissants de s’inventer, en renonçant au passé ?

Comme dans l’épisode précédent, on ne voit presque rien du pays d’accueil, et ce qu’on en voit est laid et pauvre. Les émigrés vivent entre eux. 

samedi 25 février 2012

Welcome in Vienna

Film d’Axel Corti, 1987.

Périple de Juifs et opposants au nazisme fuyant l’Autriche. Premier épisode : passage en France.

Ce film est une sorte d’avatar de l’Ingénu. Un jeune homme regarde le monde avec étonnement. La France y est vue de loin, par les actualités de l’époque (armée française débraillée et mal équipée face à la machine de guerre allemande !), et par ce qu’en disent d’autres immigrés, étonnés du spectacle qu’ils rencontrent.

Et c’est plus terrible, et déprimant, pour nous que toute autre critique. Parce que nous y paraissons infiniment plus bêtes que méchants. Sommes nous restés comme cela ?

dimanche 14 novembre 2010

Crise de la représentation politique

Il est bizarre que la France ne puisse être représentée que par des hommes politiques qui partagent si peu ses valeurs. Ils sont individualistes alors qu’elle est à tendance collectiviste. Mes réflexions successives me font retrouver le thème d’une étude ancienne : Crise de la représentation politique. D’où quelques questions bizarres :
  • Serait-ce la grand peur de l’Union soviétique qui a fait les trente glorieuses ? L’élite individualiste craignant pour sa survie a dû faire quelques concessions sociales ? Et elles lui ont beaucoup rapporté, comme le dit Galbraith ?
  • La non représentation de cette sorte « d’intérêt général » fait-il le lit des extrémistes : Tea party, FN, National socialisme, Communisme soviétique ? De Gaulle ou le Parti communiste chinois seraient-ils l’exception à cette règle ? La démocratie serait-elle le régime d’une élite individualiste dominant une masse muselée ? Un régime qui exprime réellement les aspirations générales est-il fatalement dirigiste ?...
Compléments :

mardi 24 août 2010

M.Smith au Sénat

Film de Frank Capra, 1939.

Une fois de plus l’homme simple et pur fait triompher la justice, et suscite la rédemption de quelques brebis égarées, et la perte de celles qui se sont excessivement corrompues (voir par exemple Un shérif à New York). C’est la recette du Tea Party.

Plus surprenant, je retrouve ici ce que dit l’ouvrage que je lis actuellement. Il parle du rejet par l’Allemagne d’avant guerre de la rationalité pour l’intuition et de la ville corruptrice pour la nature pure et saine. Une pensée qui a mené au Nazisme. La haine du capitalisme et du progrès était-elle massivement répandue à l’époque, partout dans le monde occidental ? 

Vues les souffrances des peuples, alors, c’est compréhensible, mais pourquoi y aurait-il des âmes pures qui savent naturellement le bien et le mal ? Outre que c’est la faillite de la raison, comment les reconnaître de l’extérieur ?

Autre thème récurrent : celui de la corruption. Un capitaine d’industrie fait dire ce qu’il veut à la presse d’un État entier. Effrayant qu’une nation puisse être autant soumise à l’intérêt individuel. Ce qui me rappelle une émission entendue récemment sur Werner von Braun : la marine américaine, pourtant totalement incompétente, s’était fait confier le programme de missiles américains, et von Braun, le champion mondial du sujet, était laissé oisif. En fait, c’est remarquable que l’Amérique puisse fonctionner en dépit de tant de stupidité.

Raison ? Mon hypothèse provisoire est que l’Américain est increvable. Quand il croit être dans le vrai, il ne lâche pas. Les supérieurement magouilleurs gagnent la première manche, mais lorsque le pays est victime de leur logique poussée à l’absurde, son pragmatisme lui fait donner la parole à ceux qui ne l’avaient pas. Sorte de sélection naturelle ?

dimanche 19 avril 2009

Le savant et le politique de Max Weber

Le savant et le politique : une nouvelle traduction - Max WEBERUn livre court et facile à lire, ce qui n’est pas la caractéristique de l’œuvre de Weber (question de traduction ?). Surtout, c’est une plongée inattendue dans des idées oubliées, grâce auxquelles l’histoire européenne prend un sens.

L’esprit du temps
On y entraperçoit l’Allemagne du début du 20ème siècle, une Allemagne romantique, convaincue de son destin tragique. L’angoisse existentielle la parcourt, une angoisse de fin de millénaire : plus de certitudes, « désenchantement du monde ». On a compris que ni la science ni la religion ne peuvent montrer le sens de la vie. En parallèle on assiste à la montée irrésistible d’une bureaucratie déshumanisée de fonctionnaires rationalistes.
Mais la « jeunesse » pense avoir trouvé la réelle source de certitude. C’est dans la vie, dans l'être, qu'est la vérité (non dans les idées). Elle croit qu’elle va la découvrir par une « expérience vécue », une expérience exceptionnelle vécue en « communauté » sous la direction d’un chef visionnaire et providentiel. On demande au professeur d’être ce chef.
Weber n’est pas d’accord. C’est à chacun de chercher son dieu, sa vocation. Au mieux la communauté se transformera en secte. Mais il ne se distingue de la jeunesse que dans la nuance. Il pense que, au moins, quelques-uns ont reçu un destin, un don, une « vocation », qu’ils doivent assumer. En particulier le « chef », figure centrale du livre, possède charisme et vision dont a besoin la bureaucratie pour trouver une âme.

(Surprenant. N’a-t-on pas dans les thèses de la jeunesse celles du nazisme ? La guerre n’aurait-elle pas été « l’expérience vécue » par la communauté dirigée par un chef visionnaire, dans laquelle chacun devait découvrir la vérité ultime ? N’est-ce pas aussi une explication des thèses d’Heidegger, qui demande à la philosophie de chercher sa vérité dans l’expérience humaine ? Mais, il me semble parler d’expérience individuelle.)

Nationalisme
La traductrice soulève un autre problème fondamental pour l’histoire des idées. Celui du nationalisme.
Pour Weber, les grandes nations ne peuvent être que des bureaucraties, elles sont trop grosses pour être des démocraties. Par contre, c’est de l’affrontement de leurs cultures que naîtra la culture mondiale. Elles ont donc l’écrasante responsabilité de défendre au mieux leurs valeurs.

(Bizarrement, on retrouve cette théorie chez de Gaulle, ce qui laisse penser qu’elle était largement partagée.
La guerre aurait-elle été vue comme une sorte de jugement de Dieu, devant créer la culture mondiale, à partir des cultures les plus valeureuses, comme dans la mythologie germanique ? Cette civilisation avait un ennemi : le monde slave. Le texte ne dit pas pourquoi.)

Le scientifique et le politique
Le thème du livre, brièvement.
  1. La science fournit des solutions à des problèmes bien posés, elle parle de moyens, pas de fins. C’est à l’homme de trouver ce qui doit le guider. Une fois qu’il l’aura trouvé, la science lui dira comment l’atteindre.
  2. La question du politique c’est l’Etat, qui est un « groupement de domination », qui a « le monopole de la violence ». D’où le problème éthique du politique : son moyen d’action est la violence. Deux modèles possibles : une démocratie avec chef ou sans chef. La première est inspirée par un dirigeant « charismatique », la seconde est purement mécanique. Pour être un « chef » (donc un homme politique), il faut avoir de la volonté, savoir parler au peuple, posséder une « cause », et le sens des responsabilités par rapport à cette cause, mais aussi une capacité de recul et de prise de décision judicieuse. Il faut aussi combiner éthique de la conviction, l’éthique des valeurs, qui pave l’enfer de bonnes intentions, et éthique de la responsabilité, qui est naturelle au politique et qui justifie le moyen par la fin. Enfin, le « chef », le « héros », doit pouvoir « supporter l’échec de toutes les espérances ».
Comment voyait-il l’avenir, en 1918 ? « d’abord une nuit polaire »…

Max Weber, Le savant et le politique, La Découverte, 2003.

Compléments :