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jeudi 4 février 2010

Conte de Printemps

Plus l’histoire est insignifiante, et plus les acteurs sont inconnus, et plus j’aime les films de Rohmer. Son génie a été de traduire ce qui fait les bonheurs de notre vie : des riens. Une réalité à côté de laquelle est passée le cinéma Hollywoodien, qui ne jure que par les catastrophes interplanétaires.

Une fois de plus, Rohmer dit à quel point nous sommes compliqués, obligés par les règles de la société de nous engager dans des méandres invraisemblables pour exprimer les sentiments les plus primaires.

Une fois de plus on y voit la naissance d’une amitié féminine. Qu’il doit-être agréable d’être une femme si l’on peut aussi facilement se faire des amies !

Plus curieusement, j’ai découvert une autre Arielle Dombasle. Un des personnages de ce film parle et se comporte exactement comme elle. Il y avait déjà une Arielle Dombasle dans La femme de l’aviateur. Arielle Dombasle serait-elle un type de femmes ordinaire ? Les héros de Rohmer seraient-ils des répétitions d’un petit nombre de personnages ? En tout cas, si j’en crois des commentaires entendus à la radio, ses films contiendraient toujours un brillant raisonneur à son image, qui se fait chiper la femme qu’il convoite par un (petit ?) brun.

Compléments :

  • J’ai aussi retenu des émissions que sa mort a provoquées qu’il avait eu l’idée des scénarios de ses œuvres avant 25 ans, seraient-elles plus atemporelles que le pensais ?, et qu’il réalisait des films sur fonds propres. Il adaptait ses moyens aux revenus qu’était susceptible de lui apporter un marché fidèle. Leçon de marketing.

dimanche 4 octobre 2009

On vient de découvrir le patron de PME

Annonce d’un séminaire de l’École de Paris :

Pour leur mémoire de fin de scolarité au Corps des mines, trois jeunes sont partis en enquête : qu'est-ce donc qu'un patron de PME ? En effet, si la littérature est prolixe sur les PME, le patron de PME est, lui, mal connu. Ayant pu rencontrer de nombreux patrons, ils ont pris conscience des contradictions que ceux-ci doivent surmonter, entre narcissisme et altruisme, proximité avec le personnel et poids des relations sociales, rôles d'homme-orchestre et risque d'incompétence, volonté d'autonomie et dépendances de toutes sortes. Il semble alors que les patrons s'installent à la longue dans une zone de confort, un puits de potentiel, dont il est difficile de sortir. Cela les amène à s'accommoder, contrairement aux patrons allemands, d'une petite taille et d'une faible croissance. Comme Peter Pan, se refusent-ils à grandir pour ne pas perdre les avantages de la petitesse et de la sympathie que cela permet d'attirer ?

Ces trois ingénieurs m’ont fait penser à Arielle Dombasle dans un film de Rohmer : « oh une laitue ! ».

Après les Indiens découverts par Christophe Colomb, les laitues par Arielle Dombasle, maintenant c’est au patron de PME d’avoir le droit d’exister. Car rien ne vit s’il n’a pas été découvert par l’élite de l’élite de notre nation (le Corps des Mines : les dix premiers du classement de sortie de Polytechnique).

Ceux sans qui rien n'est viennent juste de finir leurs études. Près d’un quart de siècle avec pour seule compagnie des livres. Leur horizon va désormais être l’administration. C’est probablement pour cela que si la « littérature » ne parle pas du patron de PME, celui-ci n’existe pas. Ce sont les livres qui définissent la réalité. Et c’est pour cela que cette élite intellectuelle, que la conscience du caractère miraculeux de ses dons rend humble, peut juger les petits ridicules d’hommes qui ont passé leur vie à transformer le monde.

Grand souffle d’air frais pour un blog qui ne parle que de changement : fenêtre sur un groupe social qui, mieux que la vénérable société chinoise, s’est maintenu à l’état fossile.