dimanche 8 janvier 2012
Nouvelle vague
lundi 23 août 2010
Les amours d’Astrée et de Céladon
vendredi 20 août 2010
Les rendez-vous de Paris
mercredi 5 mai 2010
Héros américain
- L’homme idéal est un homme du peuple. La différence entre le riche et le pauvre est que le premier a réussi, le second pas encore. C’est probablement la marque d’une vraie démocratie : il n’y a rien de mieux qu’être un Américain.
- En France, j’ai l’impression que la vie du peuple fait l’objet soit de films bienpensants et misérabilistes, soit d’une valorisation des défauts du Français, de type Astérix. Être pauvre demeure une tare ?
jeudi 4 février 2010
Conte de Printemps
Plus l’histoire est insignifiante, et plus les acteurs sont inconnus, et plus j’aime les films de Rohmer. Son génie a été de traduire ce qui fait les bonheurs de notre vie : des riens. Une réalité à côté de laquelle est passée le cinéma Hollywoodien, qui ne jure que par les catastrophes interplanétaires.
Une fois de plus, Rohmer dit à quel point nous sommes compliqués, obligés par les règles de la société de nous engager dans des méandres invraisemblables pour exprimer les sentiments les plus primaires.
Une fois de plus on y voit la naissance d’une amitié féminine. Qu’il doit-être agréable d’être une femme si l’on peut aussi facilement se faire des amies !
Plus curieusement, j’ai découvert une autre Arielle Dombasle. Un des personnages de ce film parle et se comporte exactement comme elle. Il y avait déjà une Arielle Dombasle dans La femme de l’aviateur. Arielle Dombasle serait-elle un type de femmes ordinaire ? Les héros de Rohmer seraient-ils des répétitions d’un petit nombre de personnages ? En tout cas, si j’en crois des commentaires entendus à la radio, ses films contiendraient toujours un brillant raisonneur à son image, qui se fait chiper la femme qu’il convoite par un (petit ?) brun.
Compléments :
- J’ai aussi retenu des émissions que sa mort a provoquées qu’il avait eu l’idée des scénarios de ses œuvres avant 25 ans, seraient-elles plus atemporelles que le pensais ?, et qu’il réalisait des films sur fonds propres. Il adaptait ses moyens aux revenus qu’était susceptible de lui apporter un marché fidèle. Leçon de marketing.
dimanche 4 octobre 2009
On vient de découvrir le patron de PME
Annonce d’un séminaire de l’École de Paris :
Pour leur mémoire de fin de scolarité au Corps des mines, trois jeunes sont partis en enquête : qu'est-ce donc qu'un patron de PME ? En effet, si la littérature est prolixe sur les PME, le patron de PME est, lui, mal connu. Ayant pu rencontrer de nombreux patrons, ils ont pris conscience des contradictions que ceux-ci doivent surmonter, entre narcissisme et altruisme, proximité avec le personnel et poids des relations sociales, rôles d'homme-orchestre et risque d'incompétence, volonté d'autonomie et dépendances de toutes sortes. Il semble alors que les patrons s'installent à la longue dans une zone de confort, un puits de potentiel, dont il est difficile de sortir. Cela les amène à s'accommoder, contrairement aux patrons allemands, d'une petite taille et d'une faible croissance. Comme Peter Pan, se refusent-ils à grandir pour ne pas perdre les avantages de la petitesse et de la sympathie que cela permet d'attirer ?
Ces trois ingénieurs m’ont fait penser à Arielle Dombasle dans un film de Rohmer : « oh une laitue ! ».
Après les Indiens découverts par Christophe Colomb, les laitues par Arielle Dombasle, maintenant c’est au patron de PME d’avoir le droit d’exister. Car rien ne vit s’il n’a pas été découvert par l’élite de l’élite de notre nation (le Corps des Mines : les dix premiers du classement de sortie de Polytechnique).
Ceux sans qui rien n'est viennent juste de finir leurs études. Près d’un quart de siècle avec pour seule compagnie des livres. Leur horizon va désormais être l’administration. C’est probablement pour cela que si la « littérature » ne parle pas du patron de PME, celui-ci n’existe pas. Ce sont les livres qui définissent la réalité. Et c’est pour cela que cette élite intellectuelle, que la conscience du caractère miraculeux de ses dons rend humble, peut juger les petits ridicules d’hommes qui ont passé leur vie à transformer le monde.
Grand souffle d’air frais pour un blog qui ne parle que de changement : fenêtre sur un groupe social qui, mieux que la vénérable société chinoise, s’est maintenu à l’état fossile.
samedi 23 mai 2009
Rohmer (suite)
Nouvelles idées :
- Dans les 3 derniers, il y avait une scène trop longue. Était-ce voulu ? Ça ressemble à une phase de dégel : au-delà de l’instant trop long la personne défend un point de vue alors qu’elle a changé d’avis. Comme le montre la scène d’après.
- D’une manière générale, Rohmer semble s’intéresser à l’opposition entre actes et paroles.
- Il fait des événements insignifiants du quotidien quelque chose qui emplit l’écran, exactement comme dans notre vie. Mais à l’opposé des histoires invraisemblables que racontent d’habitude les films.
- Reste ce marivaudage très littéraire : parlons-nous ainsi ? Les proches de Rohmer parlent-ils ainsi ? Ou est-ce un moyen de rendre agréable une discussion qui, sans cela, semblerait insupportable, ou vide ? Un moyen d'exprimer les sentiments ?...
En tout cas, j’aimerais que ma vie quotidienne parle comme celle de Rohmer.
dimanche 19 avril 2009
Rohmer et Quartier Latin
Suite de la perspective Rohmer au Cinéma Quartier Latin.
Question du jour : faut-il écouter les dialogues de Rohmer ? J’ai l’impression que non. Rohmer observe avec affection ses personnages, leurs petites difficultés, leurs problèmes de conscience interminables, leurs incohérences. Ce qu’ils font est sans importance, ce qui compte est qu’ils soient ?
Depuis quelques temps j’observe que, contrairement à d’autres cinémas d’art et d’essai de Paris, le Quartier latin a vu brutalement augmenter le nombre de ses spectateurs. Je m’étais habitué à des salles vides, maintenant elles sont pleines. Est-ce la sélection de film qui a suffi à attirer tout ce monde ? Je soupçonne qu’il a dû aussi y avoir une action commerciale. Mais laquelle ?
Donc, bonne nouvelle, les cinémas d’art et d’essai ne sont pas condamnés. Et aussi probablement bonne nouvelle pour tous les commerces qui battent de l’aile (notamment les librairies), il n’y a pas de fatalité.
mardi 14 avril 2009
Eric Rohmer (2)
Le Signe du Lion, premier film de Rohmer (1959).
Ça ne ressemble pas du tout à du Rohmer. Ça ne cause pas, c’est trop long, lourd, triste, inhomogène, sans originalité. Bien sûr, il y a quelques signes avant-coureurs : des débuts de tirades qui auraient pu être littéraires, philosophiques et interminables, mais qui s’arrêtent court ; des moments qui pourraient faire penser que le film aurait pu être un gentil amusement s’il n’avait pas mal tourné. Rohmer ne s’est pas fait en un jour.
L'intérêt du film, peut-être, est qu'il fait comprendre la particularité du style du vrai Rohmer. Il n’aborde que les petits désagréments de la vie, pas le malheur (ici on traite de l’exclusion de la société). L’art de la parole de ses personnages est particulier, il ne peut être, probablement, que le fait d'acteurs non professionnels, sans quoi il est assourdissant, épuisant. Ici, il y a, de temps à autres, quelques acteurs et futurs acteurs professionnels qui jouent comme on devrait le faire dans un film, et ça ne passe pas. C’est trop bruyant, d’ailleurs ils dénotent : ils font acteurs et pas gens comme tout le monde.
Complément :
- Eric Rohmer (PS. Une recherche me montre que ma découverte de Rohmer date probablement de 22 ans : L’ami de mon amie.)
dimanche 12 avril 2009
Eric Rohmer
Il y a bien longtemps, j’ai découvert un film de Rohmer. Quelque chose m’a beaucoup plu et, comme il m’arrive parfois dans ce cas, j’ai cherché à voir tout ce qu’il avait fait. N’ayant pas de télévision ou équivalent, je dois attendre la « resortie » de ses films en salle. Il y en a une actuellement au cinéma le Quartier latin.
Difficile de savoir ce qui plaît dans un film.
Les personnages de Rohmer parlent beaucoup, et sont très littéraires. D’une certaine façon leurs discussions me bercent. Je retiens peu de chose de ces films, sinon un sentiment agréable. Hier, je suis allé voir les Contes d’hiver : aucune image ne me rappelait quoi que ce soit, et pourtant, je me demande si je ne l’avais pas déjà vu.
J’aime aussi que la vie de tous les jours, filmée comme je la vis, avec métro, bus, train corail, modeste maison de banlieue, et petites intrigues apparemment sans intérêt et pourtant essence d’une existence, puissent être un sujet d’observation.
Autre chose m’intéresse chez Rohmer : ces films historiques, comme la Marquise d’O ou Triple agent. J’ai l’impression qu’il a réussi à revenir dans le temps. Quelque chose sonne juste. Y compris dans l’habillement et les décors. C’est mystérieux.