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mercredi 24 août 2022

Le mal du changement ?

A l'occasion de la guerre ukrainienne, on découvre avec stupeur que l'affreux Poutine a bien plus d'amis que l'Occident. 

Cela tient, peut-être, au "consensus de Washington". Lorsque le mur de Berlin est tombé, l'élite intellectuelle américaine a compris que le capitalisme avait gagné. Il fallait maintenant réformer le monde. Réformes d'apprentis sorciers qui ont dévasté les pays qui ont cru à la sirène anglo-saxonne. Depuis, ils ne rêvent que de lui faire la peau, à elle et à ses collabos. 

Paradoxalement, le consensus n'en était pas un. Au delà de la victoire du capitalisme, il n'y avait aucun accord entre tous ces grands esprits sur ce que cela signifiait. 

Voilà le propre du mauvais changement : masqué par un discours compliqué, se trouve un acte de foi simpliste, ridicule, et ultra dangereux. Une forme de ce que Nietzsche a appelé "volonté de puissance". 

Le malheur de notre société ? Elle n'est pas équipée d'un Institut Pasteur capable de détecter l'émergence de tels dangers. 

S'il existait, il aurait probablement trouvé, derrière la French tech, l'Industrie 4.0 et autre 5G, une forme de "jeunisme". Tout ce qui est nouveau est bien, tout ce qui est traditionnel est à jeter. 

Nom du changement ?

Mais qu'est-ce qui nous est arrivé ? Voilà la question qui commence à se poser dans les hautes sphères de la pensée. J'ai commenté deux ouvrages sur ce sujet, dont celui du dirigeant de la BPI. 

On parle de "société post industrielle". On pourrait évoquer aussi le "post modernisme". Les forces qui transformaient le monde avaient décidé, semble-t-il, qu'il n'aurait plus rien à voir avec ce qui l'avait précédé. Le progrès des Lumières, c'était fini. 

Et si ces forces avaient, tout simplement, pensé que ce qu'il y avait "avant" était "mal", et tout ce qui surgirait de "maintenant" (d'elles) serait "bien" ? Et ce quel qu'il soit ? 

N'est-ce pas comme cela qu'il faut interpréter l'amour fou qu'inspire la "start up", cf. la "French tech", alors que c'est un phénomène essentiellement spéculatif ?

dimanche 26 septembre 2021

La recette de la licorne

On se plaignait que la France n'avait pas de licornes. Il en pleut !

Comme quoi, le Français finit toujours par comprendre. Il a longtemps cru, bêtement, qu'une "licorne" était une entreprise qui gagnait beaucoup d'argent, ou, au moins, qui se développait très fort, avec une grosse rentabilité. Pas du tout. Une licorne est une entreprise qui lève beaucoup d'argent !

Dans le monde des licornes, plus que le plumage, c'est le ramage qui compte. Et les temps sont favorables : il y a une montagne de cash qui ne parvient pas à se placer ! Bienvenue dans le "Magic quadrant" du Gartner, qui porte bien son nom : c'est le monde de l'illusion. Comme "licorne", d'ailleurs.

dimanche 22 avril 2018

French Tech et omelette

Que sort-il de la French Tech ? Rien. Le Monde l'explique : la French Tech a créé une nuée de start up, mais aucune ne grandit. Rendez-nous notre argent public ?

Et si le gouvernement avait eu autre chose en tête ? La French Tech a transformé notre image. Nous étions des braillards, des accros de l'avantage acquis, des attardés pathologiques, nous sommes maintenant dans le coup. Surtout, finie la France bureaucratique, à elle l'entrepreneuriat. Et on ne passe pas du statut de fonctionnaire à celui d'entrepreneur en un claquement de doigts. Des pertes massives sont inévitables. On ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs. Au moins, l'omelette, ça c'est de la French Tech.

(Pourquoi nos start up ne grandissent-elles pas ? Mon explication : nos entrepreneurs sont des salariés dans l'âme. Ils cherchent un job sympa. L'Etat et les fonds d'investissement leur versent un salaire pour faire ce qui leur plaît. Le changement demande un changement de mentalité. Il surviendra le jour où nos entrepreneurs-diplômés, à cours de fonds, comprendront qu'ils ne peuvent plus trouver d'emploi salarié ? Machiavélique gouvernement ? Autre spécialité française ?)

mardi 5 janvier 2016

French Tech : le progrès à la française ?

L'économiste Daniel Cohen disait hier que le numérique détruisait l'emploi, et les classes moyennes. Il y avait consensus à ce sujet. Mais cela peut-il se poursuivre sans explosion sociale ? 

L'humanité moderne considère, dans l'ensemble, qu'il n'y a pas de surhomme et de sous-homme. En conséquence, il n'y a pas de raison qu'une partie de la race humaine crève de faim. Si c'est le cas, c'est le système de répartition des ressources, aujourd'hui l'économie de marché, qu'il faut réformer. En outre, la démocratie ne fonctionne pas bien en temps de misère. Elle tend à sombrer dans le populisme. 

Et si la France sauvait l'économie de marché du numérique ? 
En 84, j'étudiais l'intelligence artificielle, énorme mode. J'en ai déduit que l’Intelligence artificielle, remplacer l’homme par la machine, n’avait pas d’avenir. Ce qui en avait était la réalité virtuelle : ramener un problème à un contexte que l'homme connaît. C’est ce qui m’avait enthousiasmé dans l’interface du premier Apple. En lisant le livre de Sylvie Lachkar et Hervé Kabla sur le SocialSelling, j’y ai vu une confirmation de cette idée. Linkedin est une réalité virtuelle commerciale. Elle décuple les capacités du "networker". Et il en est de même de la CAO, elle n'a pas remplacé le dessinateur industriel, elle lui a donné des ailes. Idem pour les technologies de "lean start up" : une belle idée peut profiter des outils les plus impressionnants et toucher le marché en un temps record, et sans grands moyens.

Pourquoi le numérique détruit-il l'emploi ? Parce qu'il a été conçu pour cela. Il réduit les coûts, et l'homme est un facteur de coûts. Mais l'homme est aussi une merveille de la nature, il y a bien plus à gagner à bien l'utiliser qu'à le liquider. Et si, désormais, nous partions de ses capacités uniques pour les mettre en valeur grâce au numérique ? La France a toujours cru à un progrès qui profiterait à l'humanité, et si c'était notre mission nationale de faire du numérique un bienfaiteur de l'humanité ? Call it French Tech ?

mercredi 30 décembre 2015

French Tech

Un des mots de 2015 est French Tech.

La French Tech pour les nuls
Enquête rapide. A l'origine aurait été le Quartier numérique de Fleur Pellerin, en 2013. Cela fait penser à ZUP ou autre non man's land de banlieue que l'on veut réhabiliter. Mais, le Quartier numérique est devenu French Tech en 2014, ce qui sonne bien. L'idée initiale aurait été, héritage du Grand Paris ?, idée fixe du haut fonctionnaire ?, de constituer des "clusters". On ne crée bien qu'en groupe. Il s'agissait d'encourager des villes à bâtir des écosystèmes d'entreprises. Aujourd'hui, la French Tech, c'est l'Internet des objets. Était-ce l'idée initiale ?  Depuis le début, on répète que le projet profitera de 200m€ de subventions. Depuis que l'on en parle, on a l'impression que l'Etat a dépensé 600m. Ca paraît beaucoup, mais c'est ridicule par rapport à l'investissement que demande une start up américaine ordinaire : 125m$ en moyenne, si j'en crois ce que j'ai entendu il y a quelques années dans une conférence.

Bref, on pouvait craindre une nouvelle initiative de bureaucrates, soit le pire...

La chance sourit aux innocents ? 
Et, effectivement, comme d'habitude, on attend la création de masses d'emplois. Ce qui est douteux. Ce type d'entreprises ne recrute que des personnels très spécialisés et jeunes. Et en très petit nombre : Facebook, 12.000 personnes, Google, 60.000, et dans le monde. Peu de gens sont concernés. (Sans compter qu'il semble y avoir une pénurie mondiale de ce type de profils.) Même de manière indirecte, si ces entreprises font fortune : alors leurs employés embaucheront du personnel de maison, probablement immigré. En revanche, une bulle spéculative est vraisemblable. 

Mais est-ce important ? Il y a eu des coups de génie, peut-être involontaires, dans cette affaire. Et ils sont questions de marketing, notre point faible ! 
  • Le premier est que l'on y a associé les grandes surfaces. Brillant. Au lieu de se méfier des PME, voire de les étouffer, usage français, elles ont maintenant tout intérêt à promouvoir celles de la French Tech. Après la grande surface, la grande entreprise ? 
  • Le second est international : du jour au lendemain, la France paraît branchée. Elle va pouvoir surfer sur le mouvement spéculatif, les énormes intérêts en jeu et la pub qui va en résulter, que devrait susciter l'Internet des objets. 
Maintenant que la France a montré qu'elle était capable de participer à une mode, et si elle créait la sienne ? Par exemple en cherchant à pousser des entreprises qui créent un monde dans lequel il ferait bon vivre et qui emploieraient le gros de la population ? 

mardi 22 décembre 2015

Emmanuel Macron et la French tech

French Tech, terme que je viens de découvrir, mais qui semble sur toutes les lèvres. Si j'en crois ce que j'ai vu récemment, les entreprises "anciennes" voudraient participer au mouvement. Même des relativement petites. Et si, d'un seul coup, il y avait des financement pour les start up ? Et Emmanuel Macron semble avoir parfaitement compris les règles du marketing à l'Américaine. 

Quand l'esprit cartésien prend la dimension correcte d'un problème il est généralement beaucoup plus efficace que ses équivalents étrangers. La French Tech va-t-elle être une success story ?