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vendredi 30 septembre 2022

Changement d'adresse

Le blog du changement a déménagé. Il se trouve ici : https://antichiant.home.blog/

La cause ? On ne pouvait plus s'y abonner. 

Depuis, d'autres livres ont été publiés :

France : révélons notre potentiel (septembre 2025)

La crise budgétaire actuelle vient de ce que nous avons parié sur le mauvais cheval. Le bon, c'est la PME (et le territoire).

Ce livre explique que nous commettons une triple erreur : sur la nature du changement que traverse l’humanité et de la nouvelle économie qu’il crée ; sur la nature de nos PME, et de leur potentiel – considérable ; sur la nature du changement qu’elles doivent réussir pour révéler ce potentiel.

Des solutions existent, elles ne demandent pas de moyens, que de la volonté ! La lumière est au bout du tunnel !

Une enquête qui a rassemblé plus de 300 témoignages et a été l'occasion de quelques dizaines d'accompagnements de dirigeants. 

En savoir plus



France : potentiel ignoré (avril 2024)

En 2018, l’association des interpreneurs se lance un défi : résoudre l’énigme de la créativité française. Pourquoi, nous Français, exploitons-nous aussi mal nos idées ? Il en résulte une enquête, plus de deux cents interviews et de multiples accompagnements d’entrepreneurs. 

Ce livre de témoignages raconte cette histoire. On y rencontre la France d’Edgar Morin. Une France complexe, ou toute observation juste conduit à une conclusion fausse. Une France à la fois horripilante et attachante. Une France au formidable potentiel ignoré. Et ce parce qu’on n’y “chasse pas en meute”, comme partout ailleurs ! Mais il en faudrait peu pour tout changer !

Voir chez AMAZON.

dimanche 25 septembre 2022

Dépression

Depuis mon enfance, je suis fâché avec l'orthographe. Ou, plutôt, je ne peux pas réfléchir et écrire en même temps. 

Si bien que je suis obligé de relire sans arrêt, et, sans arrêt, je trouve des fautes, idiotes, dans ce blog, et dans tout ce que j'écris. Cauchemar. 

A cela s'ajoute l'intelligence artificielle, qui prend des initiatives surprenantes. Et l'âge, qui fait que je vois mal, et laisse passer beaucoup d'erreurs.  

Illustration d'une des idées centrales de mes travaux sur le changement. L'homme seul ne peut pas changer. J'en suis la preuve. Lorsqu'il bouge, c'est le résultat d'un mouvement collectif. 

(Suscité par une dernière frustration.)

dimanche 18 septembre 2022

Réinvention de la France

Le pays semble changer. 

Il est possible qu'un consensus soit en passe d'émerger en ce qui concerne une réelle décentralisation. Celle-ci ne passerait pas par les régions, mais par les "territoires". 

Parmi les raisons derrière ce changement, il y a le fait que c'est là que se passe l'action. Or, l'appareil jacobin et son "mille feuille" est totalement incapable de comprendre ce qui s'y passe, et de leur apporter les moyens dont ils ont besoin. 

Pourquoi maintenant ? Il est possible que l'événement déclencheur soit la fait que c'est là que se joue la cohésion de la nation. Or, non seulement elle est en mauvais état, mais, surtout, on s'achemine vers un régime de crises qui va accentuer terriblement la fracture. 

Le changement semble mené par les sénateurs

Ce faisant le pays s'alignerait sur les autres nations européennes. La France rentrerait dans le rang. 

mercredi 7 septembre 2022

Gauche de progrès

Les mots jouent un rôle essentiel dans le changement. 

Le terme "gauche de progrès", par exemple. Qu'entendez-vous par "progrès" ? Probablement pas grand chose de très clair. Mais, qui est contre le progrès ? 

Et la gauche de progrès, qu'entend-elle par là ? A l'observer, il est probable qu'elle considère qu'il y a deux types d'êtres humains. Ceux qui inventent un monde joyeux de start up et "d'idées socialement avancées", l'élite ; et les esprits enténébrés, irrécupérables. 

Or, il est possible que la gauche ait toujours été de progrès. Et c'est peut-être pour cela que l'on n'a pas vu venir sa transformation. 

Quel était le sens original du mot ? On ne peut pas dire, à la naissance, ce que donnera un être humain, la société doit l'aider à "progresser", à "se réaliser", selon la terminologie de Maslow ?

Ne nous faisons pas payer de mots ?

lundi 5 septembre 2022

Guerre de retard ?

Nous sommes pris dans une course folle de changements, mondiaux, systémiques :

Le moteur de la croissance mondiale a été le “commerce” international, ou “globalisation”, dont la colonne vertébrale était une “supply chain” couvrant le monde. Puis est apparue “l’open innovation” : l’innovation se déplace de l’Etat et de l’entreprise à la “start up”.  

Du jour au lendemain, tout s’est arrêté. Le premier a été victime de la pandémie, et de la guerre en Ukraine. Le second de l’inflation, qui a mis un terme au “quantitative easing” des banques centrales, qui alimente les bulles spéculatives.  

Dernièrement, l’ultra écologique Allemagne, du jour au lendemain, se met à consommer, en grande quantité, et sans aucun complexe, du charbon. Ce que l’on a appelé la “transition climatique” est-elle déjà finie ? 

Comme le disait un précédent billet, En Angleterre, on évalue à l’équivalent du plan de relance covid, les aides nécessaires pour éviter une vague de décès du froid de citoyens n’ayant pas les moyens de payer leur facture énergétique. Le monde subit crise après crise. Le gouvernement devra-t-il, à chaque fois, trouver 100md€ pour éviter à la société un drame ? Avec l'endettement qui est le sien, comment va-t-il faire ?

Le “second miracle allemand” est dû au décollage chinois, impossible sans les machines allemandes, et au gaz russe. Aujourd’hui, l’Allemagne se réinvente, sans arrière-pensée. Il en est de même des USA. 

Où va-t-on ? Qu'est ce que tout ceci, et tout ce qui va venir, va déclencher comme conséquences ?

Et la France ? Nos gouvernants reconnaissent ne pas avoir compris ce qui se passait. Mais aujourd’hui, ils sont dans la bonne direction. Mais, y en a-t-il une, dans un monde en changement ? (A suivre.)

mercredi 31 août 2022

L'école du changement ?

 L'homme et le changement ? 

  • Son comportement actuel, ses paroles... ne comptent pas. Ils ne permettent pas de prédire son comportement à venir.
  • Ce qui compte, c'est sa capacité à changer. Elle est invisible. 
  • Le comportement actuel est conditionné par l'expérience passée. 
  • La capacité à changer est conditionnée par l'environnement immédiat. 
(Et la justice n'est pas utile à l'homme, mais à la société.)

lundi 29 août 2022

Et si on oubliait l'Etat ?

Le mal de la France, c'est l'Etat ! Plus j'interviewe de monde, plus je m'en convainc. On me décrit, par le détail, sa risible inefficacité, on en appelle à la réforme. 

Et l'erreur est là. Car, en attendant la réforme, qui ne fera, comme les précédentes, qu'empirer les choses, on ne fait rien ! 

Or, on peut agir. 

  • Mes interviews le confirment. Exemple récent de la Vendée. Un nouvel entrepreneur ne trouve pas de fonds. Des dirigeants locaux ont entendu parler de lui, ils ont fait du "financement participatif". Et quoi de mieux que des investisseurs qui ont une longue expérience de l'entreprise, quand vous entrez dans le métier ? Vous ne les trouverez ni dans une banque, ni à la BPI !
  • Mieux. L'Etat se lamente sur le manque de trésorerie de nos PME, qui les empêche de se tirer du cercle vicieux de la "guerre des prix". C'est faux. Les PME ont des gisements de trésorerie dont elles n'ont pas conscience. Ce qui leur manque réellement, c'est un "cerveau collectif", qui permette à la fois de les identifier et de trouver les projets qui permettraient de les utiliser. 

samedi 27 août 2022

Raison pure ?

Ce blog, de temps à autres, essaie de modéliser le changement qu'a subi notre société. 

Les mots du moment sont "post modernisme" ou "post industriel". La société traditionnelle disparaît, remplacée par celle, "excitante", dit-on en anglais, qu'une "élite" de gens éclairés, ou "Bobo", crée. Dans la tradition anglo-saxonne, ils ont des "mérites" qui justifient une vie de privilégié, et l'obligation morale de charité (l'esprit ONG) : révéler la bonne nouvelle à une humanité intellectuellement déshéritée.  

On trouve les prémices de ce phénomène, notamment, chez Max Weber. La science sait comment diriger rationnellement la société. Outre la "massification" de l'enseignement supérieur, le pouvoir a donc été donné au diplômé "d'élite". 

Le "diplômé", élevé entre soi est une "race" à part. Comme ces peuples qui s'appellent "les hommes", "les purs"... il croit qu'il est le seul être humain. En outre, il a conservé les caractéristiques de l'enfant. Et son imaginaire, formé par ses études, est artificiel. Il se nourrit, comme à l'école, d'idées. Celles de penseurs à la mode. Comme l'écrit Montaigne, il ne pense pas. 

Son saint patron est Gramsci. Celui qui disait que les belles promesses sont l'opium du peuple. 

"Raison pure" ? Un demi-siècle de délire théorique qui vit la tentative de "ceux qui pensent", au pouvoir, d'éliminer "ceux qui font", les dominés. D'où la liquidation de l'industrie, au sens premier du terme. 

(L'enfance de l'ange Bobo, et de Lucifer Trump.)

(La charité : une façon de repayer Dieu des capacités exceptionnelles qu'il nous a données ?)

jeudi 25 août 2022

Impossible Français


Mystère. 

J'enquête. Qu'est-ce qui pourrait faire changer la France ? Mes interlocuteurs me démontrent que tout est impossible en France. Mais leurs succès démentent leurs paroles ! (C'est d'ailleurs pour ces succès qu'on m'a conseillé de les rencontrer.)

D'où piège : un changement qui semble enfance de l'art ne se fera pas. 

Question : il doit y avoir un moyen de "démarrer" le Français, mais quel est-il ? 

Je n'ai pas trouvé, mais je constate que :

  • Le raisonnement que l'on m'oppose est faux. Il déduit de l'observation l'impossibilité du changement. Par exemple le fonctionnaire ne connaît rien à l'entreprise. Mais le changement ne dépend pas du passé, mais du présent. Modifiez son environnement fait changer la personne. De même qu'un footballer français joue anglais dans une équipe anglaise. (En outre, nous appartenons tous à la même société : le fonctionnaire a de la famille, des amis... qui l'informent sur l'état de la nation, et ce qu'elle pense de lui...)
  • Le Français semble se battre pour des causes et peut-être jamais pour son intérêt. Il y a des moments où il juge que quelque-chose est inacceptable. Alors, il déplace ciel et terre. (Serait-ce le fameux "principe de l'honneur" de Montesquieu ?) Cela semble expliquer ses succès : il était convaincu qu'il ne pouvait pas faire autrement. 
Une autre question qui se pose est celle du manque d'ambition de ses projets. Il se satisfait de peu. Comment transformer le pays, dans ces conditions ?

Il lui faut peut-être être emmené par une grosse vague collective, pour faire preuve de tout son talent ? 

(Curieusement, l'histoire de Napoléon ressemble à la mienne : c'est à chaque fois qu'on lui dit que quelque chose est impossible, qu'il démontre le contraire...)

mercredi 24 août 2022

Le mal du changement ?

A l'occasion de la guerre ukrainienne, on découvre avec stupeur que l'affreux Poutine a bien plus d'amis que l'Occident. 

Cela tient, peut-être, au "consensus de Washington". Lorsque le mur de Berlin est tombé, l'élite intellectuelle américaine a compris que le capitalisme avait gagné. Il fallait maintenant réformer le monde. Réformes d'apprentis sorciers qui ont dévasté les pays qui ont cru à la sirène anglo-saxonne. Depuis, ils ne rêvent que de lui faire la peau, à elle et à ses collabos. 

Paradoxalement, le consensus n'en était pas un. Au delà de la victoire du capitalisme, il n'y avait aucun accord entre tous ces grands esprits sur ce que cela signifiait. 

Voilà le propre du mauvais changement : masqué par un discours compliqué, se trouve un acte de foi simpliste, ridicule, et ultra dangereux. Une forme de ce que Nietzsche a appelé "volonté de puissance". 

Le malheur de notre société ? Elle n'est pas équipée d'un Institut Pasteur capable de détecter l'émergence de tels dangers. 

S'il existait, il aurait probablement trouvé, derrière la French tech, l'Industrie 4.0 et autre 5G, une forme de "jeunisme". Tout ce qui est nouveau est bien, tout ce qui est traditionnel est à jeter. 

Nom du changement ?

Mais qu'est-ce qui nous est arrivé ? Voilà la question qui commence à se poser dans les hautes sphères de la pensée. J'ai commenté deux ouvrages sur ce sujet, dont celui du dirigeant de la BPI. 

On parle de "société post industrielle". On pourrait évoquer aussi le "post modernisme". Les forces qui transformaient le monde avaient décidé, semble-t-il, qu'il n'aurait plus rien à voir avec ce qui l'avait précédé. Le progrès des Lumières, c'était fini. 

Et si ces forces avaient, tout simplement, pensé que ce qu'il y avait "avant" était "mal", et tout ce qui surgirait de "maintenant" (d'elles) serait "bien" ? Et ce quel qu'il soit ? 

N'est-ce pas comme cela qu'il faut interpréter l'amour fou qu'inspire la "start up", cf. la "French tech", alors que c'est un phénomène essentiellement spéculatif ?

dimanche 21 août 2022

Pacte social

"Pacte social". Une expression qui revient dans les livres et rapports consacrés au redressement du pays. La réforme doit commencer par là. 

Et si c'était, justement, ce qui coince dans la politique de notre gouvernement ? Il divise ? Et, du coup, l'électeur divise le pouvoir pour que le gouvernement ne puisse régner ?

Comment construit-on un "pacte social" ? "Acceptabilité". Pour certaines parties de la population, et pour des raisons qu'il ne sert à rien de chercher, certaines mesures sont "inacceptables". L'augmentation de l'âge de la retraite, ou transférer l'indemnisation du chômage à la fiscalité sont probablement deux mesures inacceptables. 

Oui, mais dira le gouvernement, si je ne prends pas ces mesures, le pays va couler... 

Faux. Ces mesures ne sont que des moyens parmi d'autres pour atteindre une fin, qu'il convient de définir. Si nous avons mis à notre tête une "élite" intellectuelle, il se trouve que c'est, justement, pour qu'elle ne s'arrête pas aux solutions de facilité. 

samedi 20 août 2022

Mal penser, agir juste

Il n'y a pas que M.Macron qui n'aime pas les Français. Mme Truss n'aime pas les Anglais, et Mme Clinton, les Américains. 

Tous ces gens nous jugent sur notre attitude, nos paroles... Et en concluent que nous sommes irrécupérables. 

J'écoutais Geneviève de Gaulle (rediffusion d'A voix nue de 1995, France Culture) parler de la résistance. Qui aurait pu prévoir qui résisterait, ou collaborerait, avant guerre ? 

(D'ailleurs les "bien pensants" (cf. la SFIO) ont quasiment tous été collabo !)

Il n'y a aucune corrélation entre nos paroles et notre potentiel. En revanche, la façon dont nous utilisons ce potentiel est, essentiellement, une question d'environnement. Mme de Gaulle a donné l'exemple des camps de concentration : la solidarité entre déportés a permis à chacun de tenir, et à elle de survivre ; si l'un avait cédé, il aurait entraîné les autres avec lui. 

vendredi 12 août 2022

Changement en Allemagne

"Pendant la réunification, les industriels allemands de l'ouest ont été très subventionnés pour s'implanter en RDA. J'ai vu alors émerger dans mon métier quelques gros acteurs qu'on n'a jamais pu rattraper depuis (...) avant c'étaient des PME comme nous. Après, dans beaucoup de métiers, ils ont monté des outils industriels performants avec de l'argent public. Et ils ont pris une taille probablement irrattrapable." (Franck Mathis, in La désindustrialisation de la France de Nicolas Dufourcq). 

Une histoire qui n'est pas racontée comme cela d'ordinaire. On constate qu'il y a plus d'ETI en Allemagne qu'en France. Et on le porte au compte du génie entrepreneurial allemand. 

Il n'en est probablement rien. L'art de l'Allemagne est celui du changement de groupe. Le pays conçoit une stratégie, et, ensuite, chacun l'applique, impeccablement. Et il semble que cette stratégie ait été, peut être encore bien après la réunification, qui fut ratée, de faire de ses PME des champions. 

mardi 9 août 2022

L'humanité a-t-elle toujours tort ?

Les livres de mon enfance feraient horreur à l'homme moderne. 

Bientôt, nous vivrions dans les étoiles, ou sous les mers, et mangerions des pilules, lisait-on. Le progrès était matériel, et il était bon, par principe. La mission de l'homme était d'imposer sa loi à la nature. Aux USA, on rasait des montagnes. Des machines en extrayaient le charbon, qui était acheminé automatiquement à d'énormes usines. Les Soviétiques utilisaient l'énergie atomique pour des travaux de génie civil. Dans un film de Paul Newman, une adolescente bombarde des plantes de rayons gamma, pour obtenir des mutations qui seront utiles à l'humanité... C'est l'avènement du pétrole, de la chimie du pétrole, du plastique... Le commandant Cousteau, que l'on appellerait aujourd'hui un touriste, se disait "scientifique", et faisait des expériences "scientifiques", qui consistaient à utiliser des explosifs pour compter les cadavres de poissons qui remonteraient à la surface... Le moindre prix Nobel arrêtait ses recherches pour écrire des livres pédagogiques et nous expliquer, à nous pauvres types, qu'il avait vu la lumière, et ce qu'était la nature... 

L'homme est-il condamné à se tromper ? Jusqu'à l'erreur de trop ? 

Il se peut aussi que l'évolution se fasse par étapes. Chaque étape prépare la suivante. Pour qu'elle réussisse, il faut "y croire" ? Mais il ne faut pas s'entêter ?

vendredi 5 août 2022

Changement et boussole


Il s'est produit un changement étonnant depuis que j'ai écrit mon premier livre, il y a 20 ans : une génération spontanée d'experts du changement. Désormais, on sort de l'Education nationale diplômé en conduite du changement. 

Le changement est partout, pourtant rien ne change. 

Comment expliquer, alors, avec tout ce savoir-faire, le conflit qui mine le pays, l'échec des réformes gouvernementales, et l'état de notre économie ? 

Je constate le manque de "boussole" dans le changement. Une boussole a deux intérêts :

  • Elle demande un cap. Ce cap doit être un "changement de rupture" (par opposition à "incrémental"), ce que l'on appelle aussi un "stretch goal" ou un "changement de modèle économique". Autrement dit le changement doit être un changement : l'organisation ne doit plus être la même avant qu'après. Quand on observe de près nos changements, ils n'en sont pas. On installe tel ou tel logiciel, par exemple, mais, simplement, en espérant qu'il transformera l'entreprise. Non : la fin justifie les moyens, et pas le contraire. 
  • Ensuite la boussole guide. L'humanité semble incapable d'envisager le long terme, elle est dans l'instant présent. A chaque fois qu'elle rencontre une difficulté, elle cherche à l'escamoter. Le changement dévie de son cours, et le statu quo revient au galop. Homéostasie. La boussole rappelle le cap, et pourquoi on l'a choisi, et comment on compte l'atteindre. Et alors, miracle, le problème devient simple à résoudre. 
(Légende de l'illustration : "By Jacek Halicki - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48106443) 

mercredi 3 août 2022

Education nationale : changement raté

L'Education nationale est un exemple extraordinaire de changement raté. Et surtout de ce que signifie un changement raté.

Il a été décidé, un jour, que tout le monde irait au lycée, aurait le bac, et poursuivrait ses études ensuite le plus longtemps possible. Qu'est-ce que cela a donné ? 

  • Inadaptation de l'offre d'emploi à la demande. L'Education nationale formant des intellectuels, a fait des filières professionnelles (qui font la fortune de l'Allemagne), et artisanales (qui firent la fortune d'un pays de haute culture, comme la France) des voies d'échec. Donc chômage et dépression économique. 
  • Perte de sens : l'orientation scolaire n'a aucun lien avec le talent et surtout la vocation de l'individu. Nous avons produit des générations "absurdes".
  • Le plus fort : l'Education nationale fut excellente ! Si elle formait, comme actuellement les Anglais, des intellectuels d'exception, cela tenait à la qualité du lycée. On y trouvait des enseignants d'élite : en particulier les normaliens, agrégés "du secondaire". Contrairement à aujourd'hui, le professeur, intellect d'élite !, considérait le lycéen comme son avenir ! C'était à ce moment que les personnalités se formaient. Les études ultérieures n'avaient que peu d'importance. 
En bref, l'Education nationale, creuset d'intellectuels, pour avoir voulu faire de nous tous des intellectuels, a perdu son âme, et a produit des paumés. 

(Autre effet du changement raté : quand le désastre est aussi effroyable, on ne peut qu'en rire ?)

mercredi 27 juillet 2022

Le changement : malédiction française ?

Qu'est-ce qui fait que le changement rate systématiquement en France ? 

Je m'intéresse au "cluster". Tout le monde est désormais d'accord que la performance d'une entreprise est due à son environnement immédiat, au "lien social" qu'elle tisse avec son environnement.

Je soupçonne une première erreur. J’ai lu quelques études savantes. Seulement, elles s’arrêtent à un niveau de détail que je juge insatisfaisant. C’est ce qui fait croire à notre gouvernement "qu’il a tout compris" à ces systèmes, alors qu’il n’a pas vu l’essentiel. Et, je suis à peu près certain que croire "avoir tout compris", sans "l’essentiel" conduit à l’inverse de ce que l’on cherchait… 

Et cela s'explique par une seconde erreur. C'est celle de la sonde interplanétaire. On ne lance pas une telle sonde avec des équations. On l'équipe de moteurs, qui, en permanence, la remettent sur la trajectoire voulue. Sans quoi, elle part "à l'opposé". Autrement dit, un changement, ça se contrôle. 

Or, nous apprenons à l'école, et notre gouvernement encore plus que nous, que tout est une question d'idées. Lorsque l'on a la bonne idée, on peut "laisser faire"...

mardi 26 juillet 2022

A quoi se joue un changement ?

Je soupçonne qu'il y a quelque-chose qui ne va pas dans la façon dont M.Macron "conduit le changement"...

Comme souvent c’est ce que ce programme a d’intelligent qui le rend dangereux. En effet, puisqu'il est intelligent, ce programme, pourquoi me remettrais-je en cause ? Si le Français n'est pas content, c'est qu'il n'a rien compris !

Tout ce qu’il fait est justifié, seulement la façon dont il le fait est inacceptable pour le citoyen. Et ce, en grande partie, parce que son programme consiste à renverser 50 ans de réformes erronées, en accusant ses électeurs des erreurs de leur élite.  

Ce qui donne à la France un comportement suicidaire… 

lundi 25 juillet 2022

Montaigne et le changement

"J'ai du dégout pour la nouveauté." Montaigne n'aimait pas le changement. Il est dommage que son expérience ne nous ait pas servi. 

Montaigne a vécu à une époque de guerre civile. Personne n'y était en sécurité. On ne pouvait même plus faire confiance à sa propre famille. Et cette situation résultait d'un changement. La Réforme. Et cette réforme, comme beaucoup de réformes, voulait rendre le monde meilleur. 

Qui veut faire l'ange, fait la bête. Il n'y a rien de plus dangereux que quelqu'un qui veut faire le bien. Il est tout permis puisqu'il défend "la justice". Il peut tout massacrer. C'est regrettable que l'on ne le dise pas plus souvent. 

Que recommande Montaigne ? D'abord d'obéir aux lois, même lorsqu'elles ne sont pas parfaites. En fait, il y a toujours un moyen de les interpréter habilement. (Montaigne était un juriste.) 

Certes, mais que faire contre un fou-furieux, fou de Dieu ou autre, qui se croit tout permis ? Ne pas répondre à la violence par la violence. Chercher, dans la mesure du possible, à amortir le choc. 

Montaigne observe que nos sociétés ne sont pas conçues pour résister à ces fous-furieux. Elles sont désarmées. 

Le spectacle de la France actuelle laisse cependant penser que les sociétés tendent à rechercher à installer un équilibre entre pouvoirs de nuisance. Folie de la raison et intelligence collective ?