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jeudi 1 septembre 2022

La fin des start up ?

La start up est une innovation de Goldman Sachs. 

Goldman Sachs a été le grand Satan de la spéculation de 29. On dit que toute la législation qui en a résulté a été écrite pour lui. 

Goldman Sachs était, depuis, devenu une banque triste. Elle s'occupait de faire entrer en bourse des entreprises qui avaient fait leurs preuves. Mais la bulle internet a réveillé son démon. Elle a eu une idée géniale : et si, au lieu de donner une valeur à une entreprise en fonction de son histoire, on le faisait en fonction de ses perspectives ? La banque ne prend aucun risque, puisqu'elle prélève une commission lors de l'entrée en bourse ! La start up était née. 

Elle a tué l'innovation organique, et peut-être même la recherche publique. En effet, à quoi sert-il de subir les coûts de la recherche, alors que le marché est prêt à les payer très cher ? D'ailleurs, que ces entrepreneurs sont séduisants quand on les compare aux entrepreneurs et aux scientifiques traditionnels ! 

Les sphères de la pensée ont nommé ce phénomène "open innovation", sans plus réfléchir à ses conséquences. 

Comme le disait un précédent billet, la fin du "quantitative easing" des banques centrales devrait retirer à la spéculation, et donc à la start up, son énergie. Il va falloir en revenir aux moyens d'innover anciens. 

L'ère du rêve est fini, travaillez, prenez de la peine, c'est le fond qui manque le moins ?

(L'édifiante histoire de Goldman Sachs.)

dimanche 28 août 2022

Fin de bulle ?

Les changements se succèdent. Quel sera le prochain ? 

Celui de la spéculation ? 

Nous avons subi une succession de bulles spéculatives, "bulle internet", "sub primes" et autres. A chaque explosion de bulle, les banques centrales ont réinjecté des masses de cash pour relancer l'économie. Ce cash a très peu atteint sa cible, ce qui explique qu'il n'y ait pas eu d'inflation, mais est resté coincé dans les couches spéculatrices. Le modèle qui en a résulté est celui dit de "l'open innovation", encore connu sous le nom de "start up" ou de "X tech" (remplacer X par le nom d'une nation). 

Le départ d'inflation force les banques centrales à faire machine arrière. Il risque de devenir très difficile de lever des fonds pour un nouveau projet. Il va falloir faire avec les moyens du bord. Après les traders et les bateleurs, façon Musk, les entreprises et les personnes qui ont conservé un savoir-faire pourraient elles être les gagnantes du changement ?

(NB. "l'inflation" est une mesure théorique, qui exclut énormément de choses. Ce qui explique que le prix des actions ou de l'immobilier puisse s'envoler, sans qu'il y ait d'inflation.)

vendredi 26 août 2022

Tesla : enfant de la bulle ?

L'autre jour, le FT (23 août) disait que "Hyundai rattrapait Tesla". Combien durera Tesla ? 

A performance équivalente le marché donne à Tesla une valeur vingt fois plus grande qu'à un grand constructeur. Tesla est un phénomène spéculatif. 

En fait Tesla ne vend pas à un marché, mais à une secte. Ainsi me parlait-on de quelqu'un (un Français) qui a mis de la moquette dans son garage pour que sa Tesla y soit dans des conditions dignes d'elle. 

Aux USA cette secte est puissante. C'est celle qui a profité de la politique de "quantitative easing" de la banque centrale nationale, qui regonfle bulle après bulle. Elle s'identifie à Elon Musk. 

Mais quelle est la taille de cette secte ? Va-t-elle résister aux nouvelles politiques des banques centrales ?... 

vendredi 31 décembre 2021

La start up : l'invention qui a changé le monde

La start up est un phénomène dont on n'a pas compris la signification. C'est peut-être la plus grande innovation des 50 dernières années ! 

J'ai lu l'histoire de l'industrie en France. On y disait que les premières générations d'entrepreneurs s'étaient ruinées. Il est extrêmement coûteux de mettre au point une innovation et, peut être encore plus, de convaincre le marché de changer ses habitudes. Or, l'entrepreneur, par définition, n'a pas d'argent. Il doit vivre d'expédients. Ce qui lui est, bien souvent, fatal. 

Mais tout a changé avec la bulle Internet. D'un seul coup, le marché s'est mis à financer le rêve. L'entrepreneur est devenu un formidable bateleur. Certes, c'est fatigant d'être un bateleur, mais, avec un peu de technique et de conviction, cela permet de trouver rapidement de l'argent, et de vivre ensuite confortablement, comme un Elon Musk aux USA. 

La bulle Internet nous a aussi appris que la vaste majorité (je ne serais pas surpris que ce chiffre soit supérieur à 99,9%, pour la bulle Internet) de ces entreprises n'était pas viable et n'apportait rien à la société. 

Seulement, ces entreprises qui "ne créent pas de valeur" en ont une. De même que le diamant n'a pas d'utilité, mais une valeur sociale, il y a tout un marché de la start up. Les banques centrales, à chaque bulle, impriment de l'argent, qui est capté par une partie de la société, qui a besoin ensuite de l'investir. Cet argent va, par le biais de fonds ou en direct, vers les start up. Ainsi un fonds va investir dans une start up, puis revendre ses parts à un autre fonds, qui a besoin de mettre son argent quelque part, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'une grande entreprise achète la start up. 

En effet, dans ce modèle, l'entreprise n'a pas intérêt à supporter les coûts de l'innovation, alors qu'elle pourrait les faire assumer par le marché. Elle achète l'innovation avec la start up. 

La beauté de ce mécanisme est que, au moins en théorie, l'on a trouvé un moyen de financer l'innovation, et, en même temps, d'éviter l'inflation. Il prouve que la spéculation est un phénomène rationnel. Et le métier d'entrepreneur devient quasiment aussi sûr, mais bien plus rémunérateur, que celui de fonctionnaire. Reste à savoir ce que ce type d'innovation de bateleurs peut produire... 

vendredi 24 décembre 2021

Electric Spac

Récemment, Harley David, qui va mal, a fait de son activité moto électrique une entreprise à part entière. Pour cela, elle a utilisé un SPAC. Un montage financier pour manoeuvre spéculative, qui fait fureur parmi les grandes fortunes. 

Ce blog a parfois raison avant tout le monde... Parmi les nombreuses défaillances du marché, qui n'est que défaillances, il y a son incapacité à évaluer ce qui est à l'intérieur d'un entreprise. Ainsi Tesla vaut-il très cher alors que son équivalent à l'intérieur d'un fabricant d'automobiles traditionnels ne vaut rien, voire a une valeur négative ! Paradoxe : la partie vaut plus que le tout (la valeur du fabricant traditionnel). 

Dans ces conditions il est surprenant que personne n'ait compris plus tôt que dès que vous possédez quelque-chose qui a le vent de la spéculation dans le dos, vous devez en faire une société séparée. Vous avez des entrepôts ? Vous êtes de la graine des Amazon ! Des taxis, Uber en puissance ! Des caravanes, des tentes ou des bateaux, des bunkers ou autre abri à louer ? C'est AirBnB ! 

Cela n'a que des avantages. C'est le marché qui paie votre recherche et développement, et qui assume le risque d'échec. En outre vous pouvez donner des parts de la société nouvelle à ceux qui en sont les chevilles ouvrières, ce qui les motive extraordinairement. Et, avec la valeur de vos propres actions, vous pouvez acheter de vraies sociétés. C'est ce qu'a fait AOL avec Time Warner. Comme je l'écrivais il y a peu, Chief Speculation Officer est une métier d'avenir. 

Pour finir, il y a peut-être quelque-chose de vertueux dans cette affaire. En effet, un des problèmes de notre temps est que les banques centrales, à chaque crise, impriment beaucoup d'argent. Cet argent, qui devrait stimuler l'économie, reste coincé dans les couches hautes de la société, créant des fortunes de plus en plus colossales. Pour le reste, l'inflation sur les biens de grande consommation (la seule qui est prise en compte) était contenue jusque-là. Si la spéculation financière pouvait créer des crises qui ne touchent pas l'économie réelle, cela permettrait une régulation naturelle des émissions des banques centrales. 

(Ce blog, aussi, peut sacrifier aux circonstances, et vous proposer des idées originales de cadeaux.)

jeudi 2 décembre 2021

La bulle spéculative pour les nuls

La plupart des entreprises travaillent très dur et tirent le diable par la queue. D'autres ne produisent rien et valent cent milliards ou plus. La différence, c'est la spéculation. 

Pourquoi, chaque entreprise ne chercherait-elle pas à en tirer partie ? Pourquoi pas une chaire de spéculation à HEC, par exemple ? 

Les mécanismes spéculatifs ont fait l'objet de travaux d'économistes très sérieux, et sont forts complexes. Quoi qu'ils soient tout à fait rationnels. 

La technique de la bulle spéculative consiste à faire penser que, même si un bien ne vaut rien, il y a un consensus social selon lequel il y a de l'argent à gagner en pariant sur lui, lorsqu'il est à la hausse, et en se dégageant, avec célérité, lorsqu'il est à la baisse. Et il y a des leaders d'opinion, tels que Goldman Sachs en 29, pour montrer la voie. 

Il y a le degré zéro de la spéculation, la bulle spéculative évidente, telle que la voiture électrique, ou le moteur à hydrogène, il y a aussi l'art, le grand art. Et il consiste à prendre une activité totalement ringarde, les taxis ou les entrepôts, par exemple, pour en faire un nouvel eldorado, Uber ou Amazon. La sidération produit la spéculation. Les investisseurs de la Silicon Valley, qui avaient compris la valeur de start up de B.Obama, disaient que la bonne start up est un discours nouveau sur un sujet ancien. Mais ce n'est pas un art de brute. Il est tout en subtilités. The Economist, par exemple, a cru à la disruption de la prostitution. Flop. 

Ce n'est qu'un début. Tout le succès est dans la communication. Un travail de pro, d'Américain. Comme l'écrivait le professeur Trivers, un psychologue, ce qui fait le succès de l'escroc, c'est qu'il croit à ce qu'il dit.

mercredi 13 octobre 2021

La propriété comme hold up

La propriété c'est le vol. Car elle permet de rafler la "plus value". Théorie de Proudhon. 

Facile à comprendre : un consultant indépendant tire le diable par la queue, en revanche, s'il parvient à recruter du monde, il va récupérer la différence entre le salaire de ses employés et leur prix de vente (la "plus value"). 

Curieusement, Proudhon, qui avait été un entrepreneur, n'a pas compris la leçon de sa faillite. Car tout n'est pas rose dans la vie de l'entrepreneur. Quand la conjoncture se retourne, il doit utiliser la plus value (que l'on appelle trésorerie), pour renflouer l'entreprise. 

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Les Américains ont innové. Aidés par les financiers, les plus habiles d'entre-eux ont fait de leurs entreprises des objets de spéculation. C'est désormais le capital qui fournit une plus value gigantesque. The hold up of the century, Mr Proudhon ? 

dimanche 26 septembre 2021

La recette de la licorne

On se plaignait que la France n'avait pas de licornes. Il en pleut !

Comme quoi, le Français finit toujours par comprendre. Il a longtemps cru, bêtement, qu'une "licorne" était une entreprise qui gagnait beaucoup d'argent, ou, au moins, qui se développait très fort, avec une grosse rentabilité. Pas du tout. Une licorne est une entreprise qui lève beaucoup d'argent !

Dans le monde des licornes, plus que le plumage, c'est le ramage qui compte. Et les temps sont favorables : il y a une montagne de cash qui ne parvient pas à se placer ! Bienvenue dans le "Magic quadrant" du Gartner, qui porte bien son nom : c'est le monde de l'illusion. Comme "licorne", d'ailleurs.

samedi 11 septembre 2021

L'uranium s'enflamme

Hier, le Financial Times annonçait que les prix de l'uranium s'envolaient. Grosse spéculation. L'uranium est vu de plus en plus comme l'énergie de la transition climatique. 

La roche Tarpéienne est proche du Capitol ? Les écologistes pensaient avoir réussi le changement du siècle en convainquant le monde du réchauffement climatique. Ils possédaient l'arme absolue : l'énergie dite "renouvelable". Certains devaient déjà penser "décroissance". Le résultat est inverse. Les "forces du marché" ont vu que l'élimination du carbone avait tous les ingrédients de la prochaine bulle spéculative. Et le nucléaire a désormais le vent en poupe. Grâce à lui on va pouvoir consommer dix fois plus ? Voilà ce que donne un changement conduit par l'intellectuel ? 

Le FT annonçait aussi que la Guinée était un champion de l'aluminium, mais que sa population n'en avait pas profité. Et pourtant elle était dirigée par un socialiste. Voilà un intellectuel qui avait compris le bon usage de la parole ? 

lundi 12 juillet 2021

Angleterre à vendre

Ce matin le Financial Times annonçait que les fonds d'investissement, qui débordent d'argent, achètent les entreprises anglaises, dont le Brexit a fait baisser les prix. 

Phénomène, qui, curieusement, n'intéresse personne. D'un côté, il y a ceux qui font tourner la planche à billets, notamment aux USA, les maîtres du monde, de l'autre, il y a ceux qui travaillent, qui créent, et qui ne valent rien. Dans un précédent billet, je disais que l'ensemble des PME françaises vaut une fraction d'une société comme Apple. Cela m'a toujours étonné que les USA n'aient pas déjà acheté le monde. 

Pour une fois, la France semble l'avoir compris. La French Tech s'est spécialisée dans la levée de fonds. Elle vend des licornes, nom moderne du "château en Espagne". D'ailleurs, c'est peut-être aussi l'idée qu'ont eue les Chinois : il suffit d'inventer de l'argent pour acquérir, pour rien, la compétence des nations... 

jeudi 1 juillet 2021

Spéculation durable ?

Depuis dix ans, je reçois régulièrement des mails, de la même personne, m'annonçant un crash financier, pour demain. Le crash final. 

Ma théorie, sur cette question, est que la spéculation est durable, simplement parce que, dès qu'une bulle éclate, les banques centrales la regonflent. D'ailleurs, elles gonflent même, comme actuellement, quand il n'y a pas de bulle. Keynes a gagné, par KO.

Il y a des gens qui sont sous le robinet, des financiers, ou, ce qui est équivalent, des dirigeants salariés de multinationales ou des fondateurs de start up. Les virtuoses de la bulle. Ils s'enrichissent à chaque gonflage. Ensuite, ils ne savent pas quoi faire de leur argent. Alors, ils l'investissent dans une nouvelle bulle. Et, quand elle éclate, on leur redonne de l'argent pour rejouer. Si cela ne provoque pas de crise sociale, c'est parce que cette spéculation ne touche pas les biens de grande consommation, à l'exception de l'immobilier (d'où les gilets jaunes). Et peut-être aussi parce que la démocratie parvient à contenir la volonté de domination de l'oligarque. 

C'est une théorie.


dimanche 6 juin 2021

Boom des SPAC

On parle beaucoup de SPAC dans la presse économique. Le SPAC est un fonds d'investissement. (Voir ce qu'en dit wikipedia.) L'objet du SPAC est généralement flou. Ses investisseurs ont, essentiellement, foi en ses managers. Et, si j'en crois wikipedia, les dits investisseurs ne retrouvent généralement pas leur mise. Ce qui n'est pas le cas, paradoxalement, pour ceux qui sont à l'origine du fonds.

Pourquoi un boom ? Probablement parce qu'il y a beaucoup d'argent qui ne parvient pas à s'investir. A chaque bulle, à chaque crise, depuis 20 ans, les banques centrales impriment de l'argent, toujours plus (l'unité est maintenant le millier de milliards), qui nourrit de nouvelles bulles. Chaque bulle est une croyance au père Noël. Cette fois-ci, on raconte que l'économie va repartir comme avant, mais qu'il va y avoir beaucoup d'entreprises qui sont surendettées. Donc, facile : on récupère ces sociétés, et on attend le beau temps. 

Seulement, beaucoup de ces sociétés n'allaient déjà pas bien avant, et parier sur un monde d'après qui serait identique au monde d'avant semble un rien dangereux. Il suffit de regarder où en était l'économie il y a seulement 10 ans pour s'en persuader. Surtout, tous ces investisseurs sont des moutons de Panurge : leur offre semble devoir dépasser très largement la demande. 

Qu'est-ce que cela peut donner ? Un crash qui ne toucherait que les gens riches ? Une façon de liquider la bulle spéculative qui s'est formée dans les couches hautes de la société ? Mais, tout est interconnecté. Surtout, cet excès d'argent est malsain, il va empêcher des secteurs entiers de s'adapter au changement, qui est permanent, répétons le. Cela peut faire de très gros dommages. 

dimanche 30 mai 2021

Vert, couleur de l'argent ?

Les investisseurs "activistes" imposent aux compagnies pétrolières de se préoccuper d'écologie. (Shell en a fait les frais récemment.)

Surprenant ? Une hypothèse est que la nature, réelle, de ces investisseurs est la spéculation. Ils sentent les mouvements qui parcourent la société et sur lesquels ils parient. C'est risqué, mais, si ça marche, on peut gagner très gros. La bourse n'est qu'un casino parcouru par les "esprits animaux" disait Keynes. 

Les écologistes ont crée une mode ? Les spéculateurs s'en servent ? Et demain ? 

(Financial Times : "Shell verdict sets scene for more corporate climate cases. Ruling establishing duty of care on human rights grounds suggests more companies will face litigation".) 

vendredi 19 février 2021

GameStop

Un temps, j'ai été bombardé de nouvelles de l'affaire "GameStop". 

De quoi s'agit-il ? D'un jeu américain. Faire de l'argent avec de l'argent. La spéculation. Il existe une profession dont le métier est de parier contre un cour de bourse (par exemple celui de Tesla). Cela se fait en vendant à terme des actions que l'on n'a pas. Si le prix baisse, on a gagné. Mais s'il augmente, c'est raté. Et cela, comme souvent, produit un cercle vicieux. Car dès que les prix montent, tous les vendeurs à terme doivent acheter des actions pour pouvoir respecter leur contrat, ce qui fait monter l'action... Si vous voulez gagner beaucoup, il faut donc faire comme les vendeurs à découvert, mais contre eux : acheter des actions contre lesquelles ils ont joué. Si vous êtes assez nombreux à le faire, le cercle vicieux démarre. Ils sont pris à la gorge. 

Comme dans toutes les spéculations, celui qui gagne est celui qui lance le mouvement. Cela attire une foule de gogos, dont les dernières générations se font prendre à revers. Car, il y a toujours un moment où celui qui était au début juge qu'il a assez gagné. Le cercle vicieux part à l'envers. 

Dans ma jeunesse, on m'a dit que les marchés financiers étaient parfaits, et que cela avait été démontré par des prix Nobel... 

mardi 3 mars 2020

Jack Welsh

Jack Welsh, légende du management anglo-saxon, est décédé. Etrange. Car, pour ce type de démiurge, la mort n'est pas possible.

Il a tellement impressionné ses contemporains qu'il a épousé la rédactrice en chef de la Harvard Business Review (de loin la plus respectée des revues mondiales de management), elle-même en pleine folie de la bulle Internet !

Le propre de la littérature du management est de nous dire d'imiter des entreprises qui, le lendemain, disparaissent. Eh bien, c'est ce qui est arrivé à GE. General Electric, durant son règne, fut la plus belle entreprise américaine. Puis, tout s'est dégonflé. Avait-il un talent exceptionnel de manager, ou d'illusionniste ?
J.Welsh a dirigé GE de 1981 à 2001

jeudi 7 novembre 2019

PME familiale : valeur spéculative ?

Depuis un bon siècle, Goldman Sachs s'est fait une spécialité de la spéculation. Aujourd'hui, la licorne, c'est fini, quel sera le prochain épisode ? Eh bien, ce pourrait être la PME familiale. Goldman s'intéresse, en particulier, aux PME européennes. (Financial Times.)

Un conseil à ceux qui veulent faire "a quick buck" ?

mercredi 6 novembre 2019

Le blues du fonds

WeWork a fait boire un bouillon à SoftBank, son investisseur japonais. Ce qui confirme que les licornes sont des animaux imaginaires. Quelques jours avant, le Financial Times annonçait que Warren Buffett ne savait pas comment dépenser les 128md$ qu'il détient en liquide.

Les milieux financiers disposent de beaucoup d'argent, mais ils n'ont nul endroit où l'investir ?

De la crise du modèle du "créateur de valeur" ? La valeur est partie chez les financiers, mais elle n'y a pas trouvé de créateur ?

dimanche 25 août 2019

La chute de la maison Uber

Ubérisation a dit Maurice Lévy. Il y a quelques années, Uber était le symbole de la "disruption". La vieille entreprise allait crever. Elle serait remplacée par du jeune, dynamique et numérique.

Uber a perdu 5,2md$ sur un trimestre... Il n'est que l'ombre de lui-même.
Qu'est-ce qu'était Uber ? La fusion de la contre-culture américaine et du capitalisme le plus primitif. La croyance au bien et au mal. Uber affrontait des politiciens corrompus et le lobby des taxis. L'innovation numérique, le logiciel, allait révolutionner, par miracle, la qualité du service. Et même résoudre la question de l'insécurité au Brésil. Guerre de religion. Uber recrutait des croyants, qu'elle payait royalement. Pour gagner tous les coups étaient permis, et l'argent ne comptait pas.

Mais la réalité s'est rappelée à eux. Uber a beaucoup de concurrents, et aucun avantage concurrentiel. Elle dépense beaucoup et gagne peu. Et son modèle a une faille : ses chauffeurs avec lesquels Uber est en guerre. Seul espoir : la voiture autonome. Uber est un puits sans fond. Mais Uber a enrichi beaucoup de monde : les investisseurs qui ont vendu leurs actions lors de l'entrée en bourse de la société. Uber a été un attrape nigauds.

Fin d'une nouvelle bulle spéculative ?

mercredi 10 juillet 2019

Psychologie de l'utilisateur de trottinettes

Je viens de découvrir que la trottinette était un objet spéculatif. La trottinette électrique a fait un malheur chez les fonds d'investissement, on y investit des centaines de millions. C'est pourquoi il y en a autant.

Rationalité économique ou idéologie ? On retrouve derrière ce mouvement les Google, les Uber et autres activistes d'une transformation de la société par le marché. J'observe d'ailleurs que pas mal de cadres branchés utilisent la trottinette. Le cadre branché est cool. Il brasse des millions et nos vies, mais il a aussi des plaisirs enfantins. C'est un être parfait qui un de gros diplômes, une grosse situation, et un gros physique. Comme les nobles d'hier, il s'aime et il se montre. Il se plaît à choquer les conventions d'un peuple d'inférieurs. La trottinette : le destrier du surhomme ?

(Dans mon enfance, la trottinette, ou patinette, était un jeu de petite fille. Curieux comme le monde change !)

jeudi 4 juillet 2019

Esprit start up

Le directeur technique d'une start up me disait qu'après un an de bons et loyaux services, il est promu collaborateur direct du fondateur. Annonce. Le week-end passe. Le fondateur lui dit : j'ai réfléchi, je veux quelqu'un qui soit un recruteur de talents, ce ne peut pas être toi. Notre homme, du jour au lendemain, est licencié ! Ses compétences étant très recherchées, il n'a que l'embarras du choix pour retrouver un poste. Mais l'enseignement de cette histoire n'est pas là.

Les entreprises ordinaires sont basées sur des "modèles" : je vends tant de milliers de machines en France, je pourrais en vendre autant en Allemagne ; pour y mettre en place un réseau de distribution, il me faut tant d'argent. Par contraste, la start up est une promesse, la plupart du temps impossible à tenir. Une sorte d'acte de foi. Une forme de pensée magique. Son dirigeant se prend pour un génie. Quand elle est rappelée à la réalité, elle réagit conformément à sa logique.

(En fait, la start up française est une caricature de la start up américaine.)