Le roman par lequel Walter Scott a connu la célébrité. Walter Scott mériterait d'être pris au sérieux, chez nous. C'est une hirondelle qui a fait beaucoup de printemps. Avec lui démarrent les nationalismes, mais aussi le culte romantique des nations fières et mystérieuses, les Ecossais, dans son cas, puis les Espagnols et les Corses, avec Mérimée et d'autres. Mais il a surtout un style très particulier, que l'on retrouve chez Victor Hugo. Sans Walter Scott, il n'y aurait certainement ni Han d'Islande, ni Notre Dame de Paris (et, d'ailleurs, peut-être pas, non plus, la Notre Dame qui vient de brûler).
Ce qui me semble caractériser ce style, c'est la structure. Il y a, d'une part, un découpage en scènes frappantes. D'autre part les personnages, nombreux, ont une identité propre. Ce ne sont pas des faire valoir, mais des êtres humains. En particulier, chacun a sa langue. La trame est historique. Surtout, le récit donne à l'auteur l'occasion de considérations sur la nature humaine, et sur celle des peuples.
Ici, un jeune et innocent anglais, venu visiter l'Ecosse, découvre le peuple noble et farouche de ses montagnes austères, et se laisse séduire par un jeune et ambitieux chef de clan (d'autant plus dangereux qu'il a été élevé à la cour de France, dont il a pris les usages perfides), et entraîner dans la dernière tentative de restauration des Stuart, en date.
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lundi 15 juillet 2019
jeudi 14 février 2019
A legend of the wars of Montrose
Walter Scott, cet inconnu. On le croit écrivain de roman d'aventures. Mais l'aventure n'est qu'une excuse. Ce qui compte, ce sont les personnages, typés et complexes (les héros, eux, sont fades), et l'Histoire.Ici, on est au temps de Charles Ier. Le roi et son parlement sont en guerre. Apparemment, c'est une guerre de religion. Le roi est catholique, le parlement protestant. Mais ce n'est qu'une apparence. Car le roi veut un pouvoir absolu, et la haute société, elle, veut une "république", ce que l'on appelle "Commonwealth", et qu'établira Cromwell. Le roi perdra, et sera décapité. On décapitait beaucoup en ces temps là. A croire que ce sont les Anglais qui ont inventé la Terreur, et la Révolution. Mais ce n'est pas ce que raconte le livre.
Une armée écossaise est partie combattre aux côtés du parlement, et de Cromwell. L'Ecosse de Scott ressemble à la Corse de Mérimée (à moins que ce ne soit le contraire). La fidélité va au clan, et on habite des donjons lugubres. Surtout, on a le sens de l'honneur. Les clans sont organisés sur le modèle féodal. Mais, ils se haïssent tous. Leur souci est de conserver le statu quo, l'anarchie. Or, si le marquis d'Argyle (on écrit Argyll aujourd'hui) triomphe avec les parlementaires, son pouvoir sera absolu. Alors sa famille adversaire, les Montrose, suscite une rébellion. Il s'ensuit une guerre civile écossaise. Montrose a initialement le dessus. Seulement, il est allié aux Highlanders, qui ne connaissent que la rapine. Lorsqu'ils gagnent une bataille, ils se replient avec leur butin dans les montagnes. Montrose est donc incapable de mettre KO son adversaire. Il est en permanence pourchassé. Il doit se livrer à une guérilla. (Il finira décapité, ainsi que son adversaire.) Histoire d'un changement ? Comment la société civilisée met au pas la liberté ?
La force du récit, ce sont ses personnages. Et notamment un mercenaire écossais, qui revient de la guerre de 30 ans, sur le continent. Il est passé de camp en camp. Il est intarissable et ridicule, et pourtant courageux, il change d'uniforme comme de chemise, et pourtant il a le sens du contrat et de l'honneur. Le plus surprenant, peut-être, est un bandit de grand chemin, chef d'une secte d'assassins faméliques, qui, au moment de mourir, déclare son amour de la liberté d'une façon qui devrait nous amener à nous demander si la civilisation ne nous a pas fait passer à côté de la vie. Bien sûr, il y a une histoire d'amour et de vengeance, à la Mérimée. Mais c'est tellement secondaire que c'est certainement un sacrifice aux attentes d'une époque qui avait soif de fantastique et de romantique.
lundi 16 mai 2016
Ivanhoë
Ivanhoé tel qu'il a été écrit par Walter Scott (nouvelle traduction). Il est bien
loin des versions abrégées pour adolescent, ou des films d'Hollywood.
Curieusement, Sir Willfred d'Ivanhoé y est peu présent, il passe le roman au lit, blessé. Et que dire de sa belle ? Elle est blonde, on n'en saura pas plus. Les véritables héros sont Richard Cœur de Lion, force de la nature follement brave, qui vendrait son royaume pour un tournoi et, surtout, Rebecca, superbe Juive dotée d'une intelligence et de talents exceptionnels. C'est une femme moderne au milieu de primitifs attardés. On y rencontre aussi les clichés qui sont désormais usuels en Angleterre : l'Anglais, digne, honnête mais fruste, et le Franco-Normand, raffiné, séduisant mais perfide et inconséquent. Ainsi que le terrifiant catholicisme, représenté ici par le Templier.
Cela a des aspects de bande dessinée et de farce : les héros sont des surhommes. Mais cela a aussi du Quasimodo de Victor Hugo : le Moyen-âge y apparaît à la lumière de ce que l'on savait de lui à cette époque. Ce qui vaut de très longues scènes. Elles paraissent un peu ennuyeuses aujourd'hui, mais peut-être étaient-elles criantes de vérité et du meilleur effet alors.
à redécouvrir.
(Walter Scott, Ivanhoé, Folio, 2016.)
dimanche 28 décembre 2008
Mensonges d'état
Film de Ridley Scott, 2008. L’attitude de l’Amérique au monde changerait-elle ?
Il me semblait que l’Amérique se voyait comme le pays de la lumière, du progrès, de la justice et de la droiture.
Les autres contrées, la France en premier, étaient perçues comme arriérées, fourbes, indignes de confiance, inquiétantes. Exemple : le film Casablanca.
Dans Mensonges d’état, histoire d'une lutte contre un réseau terroriste islamiste, l'Amérique s’est trompée de guerre : sa technologie ne peut rien contre un ennemi qui n’en utilise pas. Elle ne procède que par coups tordus. Mais ils ratent du fait du point précédent.
Pour gagner, elle doit utiliser les armes de l’ennemi, qui sont culturelles. Elle ne pourra réussir si elle ne respecte pas, n’aime pas, sa culture. Elle n’imposera pas son modèle par le mépris et la force.
mercredi 12 novembre 2008
Suivons l’exemple de la Mafia
Mafia 'boosted' by credit crisis explique que les affaires de la Mafia vont très bien (6% du PIB italien), elle n’a pas été touchée par la crise financière. Elle ne fait pas dans le spéculatif et l’illusoire, mais dans l’éternel.
Mieux. Cette crise est une chance. Les banques ne prêtent plus, les entreprises ont besoin de cash, et elle en a. Période idéale pour se diversifier. Investir à contre-cycle, c’est ce que dit Warren Buffett ! Les « meilleures pratiques » de la Mafia seront étudiées demain en MBA.
Compléments :
- Warren Buffett : Crise : que faire ? rendre l’entreprise flexible.
- Un autre cours de management par la Mafia : American Gangster, film de Ridley Scott (avec Denzel Washington en Obama de la Mafia américaine).
- La vie est belle !
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