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samedi 30 novembre 2019

Nonsense literature

Lors d’une promenade un imprudent moustique 
Fut piqué au mollet par une affreuse tique. 
Il porta plainte au tribunal 
Et il nota dans son journal 
Que son cas méritait un traitement drastique.

Voilà un Limerick du professeur Suhamy.

Le Limerick est un exemple de "Nonsense literature", anglais.

Avons-nous un équivalent ? Boris Vian ou Ionesco ne sont qu'apparemment absurdes. Leurs textes cachent un sens. Peut-être cet absurde se rapprocherait-il plutôt des grosses blagues, des grosses caricatures, par exemple des dialogues d'Audiard ?

Bergson, dans Le rire ? Le rire nous dit que nous sommes ridicules lorsque nous nous perdons le contact avec la réalité, lorsque nous nous prenons au sérieux. Le "Nonsense" aurait-il un sens, après tout ?

dimanche 3 novembre 2019

Hamlet et le fantôme

"On pourrait déduire de ce point de départ une théorie assez simple, mais aussi plausible qu’une autre, qui rattacherait Hamlet à la tradition antique et y verrait une tragédie de l’impiété et de la désobéissance envers les dieux." (H.Suhamy.)

Une des caractéristiques de notre époque est peut-être d'interpréter les oeuvres anciennes à la lumière de nos préjugés modernes, comme si, brutalement, nous avions reçu la lumière divine.

Replacer l'oeuvre dans son contexte a au moins l'intérêt de montrer à quel point notre génie moderne ne pisse pas loin.

(Par ailleurs, à la fin de l'article du Professeur Suhamy, on trouve ceci :"L’acceptation chrétienne de la mort, une fois le monde et son agitation rejetés dans le silence – c’est sans doute le sens profond des dernières paroles de Hamlet, même si littéralement « the rest is silence » signifie qu’il n’a plus rien à dire – une fois les frayeurs païennes dissipées comme un mauvais rêve, représente peut-être le véritable aboutissement de cette œuvre et révèle l’émergence d’une prise de conscience eschatologique, jusque-là dissimulée par la troublante achronie d’un espace où coexistent des religions différentes et concurrentes.")

dimanche 11 février 2018

Le mystère Shakespeare

Shakespeare est probablement l'auteur dramatique le plus connu au monde. Et pourtant on ne sait presque rien sur lui. Et si Shakespeare n'était pas Shakespeare ? Depuis le 19ème siècle, la question revient régulièrement nous hanter.

Un des meilleurs spécialistes français de Shakespeare explore la question. Sur qui en apprendrons nous le plus ? Sur le talent de conteur de Shakespeare, ou sur le nôtre ?

vendredi 9 septembre 2016

L'Angleterre élisabéthaine

L'Angleterre d'Elisabeth première dans le détail de sa vie quotidienne. 

C'est très bien fait, mais, finalement, je connaissais cette période mieux que je ne le pensais. Ce qui m'a surpris est que l'on y parle de "renaissance". Car l'Angleterre me semble bien loin du faste et des raffinements de la société française. Il suffit de comparer ses châteaux à ceux de la Loire pour le comprendre. Elle me paraît surtout annoncer le monde moderne. Emmenée par une directrice générale économe, à la Merkel, elle donne l'image d'une colonie de fourmis. Consciente de la modestie de ses moyens, et la grandeur des menaces qui l'environnent, l'Angleterre mène sa barque avec humilité et diligence.

dimanche 5 juin 2016

Les figures de style

Afficher l'image d'origineVoilà un livre délicieux. Qui m'aurait dit qu'un jour j'utiliserais ce qualificatif  pour un Que sais-je ? ?

La "figure de style" est une façon de s'exprimer qui produit, par perversion des règles de langage, un sens que le langage était incapable de véhiculer. Mais le langage tente de se venger en enfermant la figure de style dans une norme rassurante, dans pas loin de deux cents cases aux noms exotiques et étranges : anantadopoton, autocatégorème, battologie, catachrèse, chleuasme, diasyrme, énallage, glossème, hendiadyn...

Ce livre n'est pas qu'un catalogue, élégant et accessible, de ces figures. Il est aussi une réflexion sur le langage. Et l'occasion de quelques remarques subtilement assassines. 

SUHAMY, Henri, Les figures de style, Que sais-je ?, Treizième édition, 2016. 

dimanche 31 janvier 2016

Guillaume le conquérant

Afficher l'image d'origineOn ne connaît de Guillaume le conquérant que ses batailles. Rien de l'homme. Comme ses homologues de l'époque sa vie s'est déroulée en combats. Il n'y avait pas beaucoup de fidélité en ce temps-là, les alliances se retournaient souvent. D'ailleurs ses pires ennemis se recrutaient généralement dans sa famille, frères, beaux-frères, ou, plus souvent encore, enfants.

Guillaume est un descendant de Vikings installés en Normandie. Le père de Guillaume est mort prématurément. Il est possible que ce soit cette mort prématurée qui ait fait de Guillaume un duc. En effet, c'était un bâtard. Bien que la bâtardise n'ait pas choqué les Vikings, il se peut que si son père avait eu le temps de produire un héritier légitime, ce dernier ait été duc. En tous cas, la jeunesse de Guillaume se passe sous la menace. Plusieurs de ses tuteurs se font tuer. Puis il doit conquérir son duché. Il semble avoir été un général heureux. Il avait acquis un savoir-faire militaire efficace, notamment en termes de siège. Puis il décide qu'Edouard le confesseur, roi d'Angleterre, a fait de lui son successeur. A sa mort, il envahit l'Angleterre, et liquide le successeur légitime. L'Angleterre est divisée et fragile. Aucune dynastie n'est parvenue à s'y maintenir. Lui, grâce à sa cavalerie, inconnue des indigènes, s'impose. Il est à l'origine de l'unification du pays. Cependant, jusqu'au bout, il devra faire des allers et retours avec la Normandie, l'endroit où il n'est pas étant attaqué par ceux qui veulent profiter de ses faiblesses.

Les Anglais modernes paraissent estimer que leur acte de naissance a quelque chose de honteux. La thèse du livre est que Guillaume le bâtard a effectivement produit un pays a son image. Un mélange de cultures françaises et anglo-saxonnes. Et c'est à cette bâtardise qu'elle doit son succès.
Si l'Angleterre, mère des Parlements, a contribué par son action, par sa langue, sa littérature, sa pensée politique, juridique, philosophique, religieuse, ses inventions et découvertes dans tous les domaines, et son essaimage sur tous les continents, à la civilisation générale, c'est un peu à cette fusion qu'elle le doit.
SUHAMY, Henri, Guillaume le conquérant, Ellipses, 2008