Le complotisme a-t-il le vent en poupe ? Si c'était le cas, ce ne serait pas une fumée sans feu. Car, dans l'histoire du coronavirus, le "scientifique" n'a pas cessé d'affirmer, tout en se contredisant. Aujourd'hui, on a l'impression de ne rien savoir. Et, pire : on se méfie de ce que l'on entend.
Pourquoi ? Nos scientifiques n'en sont plus ? Ce sont des "diplômés" qui font carrière dans une administration ? Des spécialistes de volcans éteints, aurait dit Haroun Tazieff ?...
Facteur aggravant : la science serait-elle devenue une arme dans un combat qui ne la concerne pas ?
Les "intellectuels", post modernistes donc anti-sciences, ont découvert que les forces des ténèbres qu'ils affrontent sont aussi anti-sciences, ils agitent donc la science comme une croix et des gousses d'ail en face d'un vampire ?
Mais l'erreur est humaine. Le scientifique peut encore apprendre son métier. Il est bien placé pour cela. A condition qu'il commence par se dire qu'il ne sait rien.
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samedi 15 août 2020
lundi 20 avril 2020
Organization development, qu'est-ce ?
Organization development fut un des plus puissants mouvements scientifiques d'après guerre. Il était issu de la formidable école de sciences humaines de langue allemande, réfugiée aux USA. Son objet premier : empêcher à la société ses coups de folie, accessoirement la rendre heureuse.
Pourquoi n'en parle-t-on pas ? Peut-être parce qu'il a été détourné de son objet premier, la société, par l'argent des entreprises : il est un pan essentiel de l'enseignement des business schools, il a fait la fortune de quelques-uns de ses gourous.
En ces temps de "post vérité", des travaux à redécouvrir ?
Pourquoi n'en parle-t-on pas ? Peut-être parce qu'il a été détourné de son objet premier, la société, par l'argent des entreprises : il est un pan essentiel de l'enseignement des business schools, il a fait la fortune de quelques-uns de ses gourous.
En ces temps de "post vérité", des travaux à redécouvrir ?
Organization Development (OD) science des temps de post vérité ? LECTURE CONFINÉE : ORGANIZATION DEVELOPMENT https://t.co/6Ig4lVrAjg via @LinkedIn#postvérité #démocratie #changement— Christophe Faurie (@chfaurie) April 20, 2020
jeudi 2 avril 2020
Post modernisme et théorie du complot
La théorie du complot, que c'est laid ! entend-on dire.
Mais "on" devrait se demander s'il y a de la fumée sans feu. Car, même s'il n'y a pas complot, la dissimulation est un usage commun. D'ailleurs, elle a, généralement, une raison honnête : "le pieux mensonge". Et une autre, qui l'est presque autant : ne pas avouer ses fautes, pour ne pas être condamné, ce qui causerait une grande perte à la nation.
La théorie du complot est une conséquence naturelle d'une société post moderne pour laquelle "dire la vérité" n'a aucun sens.
Il y a des sociétés de la vérité. EdF en est un exemple. Pour que les erreurs faites par les opérateurs des centrales nucléaires ne soient pas masquées, m'a-t-on dit, elles ne font pas l'objet d'un blâme, mais d'une formation. Le début de la sagesse ?
Mais "on" devrait se demander s'il y a de la fumée sans feu. Car, même s'il n'y a pas complot, la dissimulation est un usage commun. D'ailleurs, elle a, généralement, une raison honnête : "le pieux mensonge". Et une autre, qui l'est presque autant : ne pas avouer ses fautes, pour ne pas être condamné, ce qui causerait une grande perte à la nation.
La théorie du complot est une conséquence naturelle d'une société post moderne pour laquelle "dire la vérité" n'a aucun sens.
Il y a des sociétés de la vérité. EdF en est un exemple. Pour que les erreurs faites par les opérateurs des centrales nucléaires ne soient pas masquées, m'a-t-on dit, elles ne font pas l'objet d'un blâme, mais d'une formation. Le début de la sagesse ?
mardi 31 mars 2020
Gramsci trahi ?
Gramsci a eu un gros succès posthume, on s'est revendiqué de lui d'abord à gauche, puis à l'extrême droite. Ce qui nous permet de comprendre ce que l'on nous a raconté ces dernières années. Notamment ce fameux "bon sens" qui m'était si désagréable durant l'ère Sarkozy.
On a interprété la pensée de Gramsci ainsi, si j'ai bien compris. Le peuple ne peut pas comprendre son intérêt. Si l'on veut le faire changer (pour son bien, cela va sans dire), il faut donc instrumentaliser son "bon sens" pour le faire aller, sans qu'il s'en rende compte, là où il ne veut pas aller. Autrement dit, masquons nos intentions. C'est la post vérité.
Il est difficile de savoir ce que pensait Gramsci. Cette pensée était subtile, c'était un dirigeant du parti communiste italien opposé aux Bolchéviques, et en évolution permanente. Il a même refusé de laisser une synthèse de son oeuvre. Mais, je crois que c'était le contraire de ce qu'on lui a fait dire :
J'ai l'impression qu'il était proche de Proudhon. Tout d'abord, il estimait peu les intellectuels, qui n'avaient jamais rien apporté au peuple. Il espérait faire sortir du peuple, par l'éducation, d'autres intellectuels, qui défendraient les intérêts des leurs.
Les Gilets Jaunes seraient une application de ses idées : une prise de conscience par le peuple qu'il s'est fait flouer. Ainsi que la réaction de l'intellectuel : il a dénoncé le Gilet Jaune comme un fasciste.
(France Culture : avoir raison avec Antonio Gramsci.)
On a interprété la pensée de Gramsci ainsi, si j'ai bien compris. Le peuple ne peut pas comprendre son intérêt. Si l'on veut le faire changer (pour son bien, cela va sans dire), il faut donc instrumentaliser son "bon sens" pour le faire aller, sans qu'il s'en rende compte, là où il ne veut pas aller. Autrement dit, masquons nos intentions. C'est la post vérité.
Il est difficile de savoir ce que pensait Gramsci. Cette pensée était subtile, c'était un dirigeant du parti communiste italien opposé aux Bolchéviques, et en évolution permanente. Il a même refusé de laisser une synthèse de son oeuvre. Mais, je crois que c'était le contraire de ce qu'on lui a fait dire :
J'ai l'impression qu'il était proche de Proudhon. Tout d'abord, il estimait peu les intellectuels, qui n'avaient jamais rien apporté au peuple. Il espérait faire sortir du peuple, par l'éducation, d'autres intellectuels, qui défendraient les intérêts des leurs.
Les Gilets Jaunes seraient une application de ses idées : une prise de conscience par le peuple qu'il s'est fait flouer. Ainsi que la réaction de l'intellectuel : il a dénoncé le Gilet Jaune comme un fasciste.
(France Culture : avoir raison avec Antonio Gramsci.)
mardi 4 février 2020
Confusion des genres
On vit à une curieuse période.
On a conservé un discours de lutte des classes, on parle de milliards, d'inégalités honteuses, Th.Piketty se prend pour Marx...
Et pourtant... Les grévistes sont la plupart du temps des salariés protégés, et diplômés, et les "patrons" des multinationales, d'autres salariés diplômés. Le patron de PME, lui, est quasiment un smicard. Et quand il emprunte, il engage ses biens propres.
C'est peut-être ce que l'on appelle la "post vérité".
On a conservé un discours de lutte des classes, on parle de milliards, d'inégalités honteuses, Th.Piketty se prend pour Marx...
Et pourtant... Les grévistes sont la plupart du temps des salariés protégés, et diplômés, et les "patrons" des multinationales, d'autres salariés diplômés. Le patron de PME, lui, est quasiment un smicard. Et quand il emprunte, il engage ses biens propres.
C'est peut-être ce que l'on appelle la "post vérité".
lundi 30 décembre 2019
Années 20 : le post post modernisme ?
L'après guerre a été fascinée par les miracles dont été capable la science. Elle a donné le pouvoir aux diplômes. Mais cela a eu une conséquence inattendue : le post modernisme.
Le diplômé s'est révélé un "intellectuel" et non un "scientifique". L'intellectuel pense que ses diplômes font de lui une "autorité". La sélection dont il a émergé a prouvé qu'il détenait la vérité. Il croit que la raison est une arme qui permet d'amener la société dans la direction qu'il a choisie.
Une fois au pouvoir, l'intellectuel s'est révélé un exploiteur comme les autres. Sa langue est fourchue. Ses nobles théories n'existent que pour justifier sa domination, et l'accroissement de ses richesses, au détriment de celles de la population. Voilà ce que pourrait bien signifier le rejet mondial des "élites".
J'en reviens à la question posée en 2019 : à quoi ressemblerait un post post modernisme ?
Le diplômé s'est révélé un "intellectuel" et non un "scientifique". L'intellectuel pense que ses diplômes font de lui une "autorité". La sélection dont il a émergé a prouvé qu'il détenait la vérité. Il croit que la raison est une arme qui permet d'amener la société dans la direction qu'il a choisie.
Au nom de la science, l’intellectuel occidental attaque la science, outil de domination occidental. « Le savoir est lié au pouvoir et à la domination. » « Toute connaissance est fictionnelle. » « Le langage (est) prédéterminé et construit. » Mais heureusement, il y a l’intellectuel, « combattant redoutable ». Il utilise les outils de manipulation du pouvoir contre lui ! (La suite.)Le post modernisme, c'est la post vérité.
Une fois au pouvoir, l'intellectuel s'est révélé un exploiteur comme les autres. Sa langue est fourchue. Ses nobles théories n'existent que pour justifier sa domination, et l'accroissement de ses richesses, au détriment de celles de la population. Voilà ce que pourrait bien signifier le rejet mondial des "élites".
J'en reviens à la question posée en 2019 : à quoi ressemblerait un post post modernisme ?
dimanche 3 novembre 2019
Hamlet et le fantôme
"On pourrait déduire de ce point de départ une théorie assez simple, mais aussi plausible qu’une autre, qui rattacherait Hamlet à la tradition antique et y verrait une tragédie de l’impiété et de la désobéissance envers les dieux." (H.Suhamy.)
Une des caractéristiques de notre époque est peut-être d'interpréter les oeuvres anciennes à la lumière de nos préjugés modernes, comme si, brutalement, nous avions reçu la lumière divine.
Replacer l'oeuvre dans son contexte a au moins l'intérêt de montrer à quel point notre génie moderne ne pisse pas loin.
(Par ailleurs, à la fin de l'article du Professeur Suhamy, on trouve ceci :"L’acceptation chrétienne de la mort, une fois le monde et son agitation rejetés dans le silence – c’est sans doute le sens profond des dernières paroles de Hamlet, même si littéralement « the rest is silence » signifie qu’il n’a plus rien à dire – une fois les frayeurs païennes dissipées comme un mauvais rêve, représente peut-être le véritable aboutissement de cette œuvre et révèle l’émergence d’une prise de conscience eschatologique, jusque-là dissimulée par la troublante achronie d’un espace où coexistent des religions différentes et concurrentes.")
Une des caractéristiques de notre époque est peut-être d'interpréter les oeuvres anciennes à la lumière de nos préjugés modernes, comme si, brutalement, nous avions reçu la lumière divine.
Replacer l'oeuvre dans son contexte a au moins l'intérêt de montrer à quel point notre génie moderne ne pisse pas loin.
(Par ailleurs, à la fin de l'article du Professeur Suhamy, on trouve ceci :"L’acceptation chrétienne de la mort, une fois le monde et son agitation rejetés dans le silence – c’est sans doute le sens profond des dernières paroles de Hamlet, même si littéralement « the rest is silence » signifie qu’il n’a plus rien à dire – une fois les frayeurs païennes dissipées comme un mauvais rêve, représente peut-être le véritable aboutissement de cette œuvre et révèle l’émergence d’une prise de conscience eschatologique, jusque-là dissimulée par la troublante achronie d’un espace où coexistent des religions différentes et concurrentes.")
vendredi 18 mai 2018
Gramsci
J'entendais beaucoup parler de Gramsci dans ma jeunesse. Un penseur marxiste mort en martyr, ça change du totalitarisme communiste. Si j'ai bien compris, sa théorie était que si nous acceptions le capitalisme, c'était dû à un lavage de cerveau. Le marxisme était une solution aussi durable que le capitalisme. En conséquence de quoi, il suffisait de nous laver le cerveau pour nous faire devenir communistes, et en être heureux.
La théorie du "lavage de cerveau" est aussi associée au postmodernisme. L'intellectuel, par sa parole, change le monde. Mais elle n'a pas abouti au communisme. L'intellectuel à remplacé De Gaulle par Gainsbourg. Une figure d'autorité par une autre. Il a changé le monde qui ne lui allait pas, par celui qui lui convenait. Puisqu'il représente le bien, il n'avait pas besoin de lire Gramsci, pour faire du Gramsci ?
La théorie du "lavage de cerveau" est aussi associée au postmodernisme. L'intellectuel, par sa parole, change le monde. Mais elle n'a pas abouti au communisme. L'intellectuel à remplacé De Gaulle par Gainsbourg. Une figure d'autorité par une autre. Il a changé le monde qui ne lui allait pas, par celui qui lui convenait. Puisqu'il représente le bien, il n'avait pas besoin de lire Gramsci, pour faire du Gramsci ?
mercredi 25 janvier 2017
Pré post Truth
J'entendais une fille d'immigré maghrébin dire qu'elle avait découvert tardivement que son grand-père avait été le disciple favori d'un sage soufi, et que son père avait appliqué cette sagesse dans sa vie. Ce qui lui a donné une grande force. Cette histoire est celle de la France. Les gens qui ont fait la France d'après guerre, immigrés inclus, étaient dépositaires de richesses culturelles. Dans leur communauté ils étaient des gens qui comptaient. Une élite avancée. Mais ils ont cru que la France avait mieux à proposer. Ils ont accepté une vie difficile pour que leurs enfants profitent du miracle du progrès.
Cette histoire a été réécrite. On en a fait des exploités, des pauvres types. Et ceux qui ont tenu ce discours, lorsqu'ils se sont trouvés au pouvoir, ont cru qu'il était une politique. Ils n'ont pas vu qu'ils avaient une responsabilité. Celle de faire que l'édifice qu'avaient construit leurs parents puisse respecter sa raison d'être : créer les conditions qui permettrait à l'homme de ne plus être tenté par la folie. Le plein emploi était la clé de voute de l'édifice.
Du coup, tous ces sacrifices n'ont servi à rien. On n'est pas en 33, et M.Trump n'est pas Hitler. Mais la façon dont ils ont pris le pouvoir a de curieuses similitudes.
(Note technique. Le dispositif qui permettait la prospérité d'après guerre, ou l'équilibre de la zone euro, n'est pas statique, comme le croient les économistes, mais dynamique. C'est l'effort de tous qui empêche la barbarie. Pas une prétendue "loi naturelle". Il fallait réinventer Bretton Woods, pas le détruire.)
mardi 24 janvier 2017
Post truth : nouvelle ère
J'ai parlé d'une théorie portant sur Shakespeare qui a été relayée par la presse. Il suffit de lire Shakespeare pour constater qu'elle est fausse. Exemple de "post truth". Car il n'y a pas que M.Trump qui soit concerné. Imaginez, par exemple, que votre entreprise vous demande de faire quelque-chose de pas bien. Vous allez obtempérer, et donner une explication honnête à vos actes. Agir autrement serait risqué. Avez-vous réfléchi à ce que peuvent produire, sur vous, des milliards de gens procédant ainsi ? Non seulement plus rien n'est vrai, mais cette influence s'insinue partout. Même le milliardaire, même le patron de presse, qui semblent en tirer les ficelles, sont impuissants contre elle. Et que dire des enfants ? Gigantesque lavage de cerveau.
Et si nous parvenions à y survivre ? Nous serions des surhommes ? Ce qui ne détruit pas renforce. Il est tentant de croire, comme les nazis, que la société fait progresser l'homme en le confrontant au néant. Le nihilisme aurait-il du bon ? Serait-il une loi de la nature ? Mais, n'y aurait-il pas une autre façon, plus humaine, de changer ?
samedi 14 janvier 2017
M.Sarkozy précurseur de M.Trump
M.Sarkozy, bien avant M.Trump, fut un président postmoderne. C'est ce qu'explique "Les nouveaux bien pensants". M.Sarkozy ne disait-il pas, lui-aussi, tout et son contraire dans le même souffle ?
Alors M.Trump serait-il aussi fragile que M.Sarkozy ? Lorsque l'instinct animal remplace la raison, il faut à la fois être fort et avoir la peau épaisse. M.Sarkozy, probablement, était un animal de compagnie.
vendredi 13 janvier 2017
Négocier à l'ère Trump
Trump ordonne, les patrons de l'automobile obtempèrent. De Ford à Renault, en passant par Toyota, tous font allégeance et parlent création d'emplois américains. Le populisme, ça marche ? Mais, que feriez-vous à leur place ? Comment négocier avec un être irrationnel ? Surtout lorsqu'il dirige la plus grande puissance mondiale et la moitié du budget militaire de la Terre ? En lisant "Saint Germain ou la négociation".
Une négociation c'est de l'irrationalité qui donne un résultat rationnel. Le négociateur est mu par l'instinct. Il réagit comme un furieux lorsque vous touchez son intérêt. Mais il recule lorsqu'il va trop loin et sent qu'il vous a rendu furieux. La négociation, c'est une question de vie ou de mort. Mais cela débouche sur un équilibre de forces.
Lorsque l'intellectuel a inventé le "postmodernisme", après guerre, il a annoncé la défaite de la raison. Il a cru que ce serait la manipulation du langage, son art !, qui assurerait la domination du monde. Erreur, lui répond M.Trump, l'ère post truth est celle de l'animal.
mercredi 11 janvier 2017
Post truth et arroseur
J'entendais ce matin que les Républicains et les Démocrates avaient utilisé un ancien espion anglais pour récolter des informations compromettantes sur M.Trump et sur ses relations avec les Russes. Ils ont découvert que M.Poutine détiendrait sur lui de quoi le faire chanter. John Le Carré pour les nuls.
Cela montre surtout que les "élites" ont employé les procédés qu'ils reprochent à M.Trump. Comme la droite grecque, lorsqu'elle a dénoncé les agissements de la gauche, elles ne se sont pas rendu compte que ce type de révélation leur nuit beaucoup plus qu'à lui. Elles montrent, effectivement, qu'il n'y a pas de vérité. Or, le fond de commerce de l'intellectuel, c'est la science, la vérité.
lundi 2 janvier 2017
Post truth
Depuis quelques temps, on parle de "post truth". Pour M.Trump, et son électorat, la vérité des faits et des preuves ne compte pas. Post truth c'est anti raison.
Le procédé n'a rien de nouveau. C'est celui de la religion. C'est aussi un moyen de cohésion sociale. On dit ainsi que si la science chinoise n'a pas tiré les conséquences qui découlaient de ses travaux scientifiques, c'était pour ne pas ébranler son édifice social. Le jugement Galilée, c'est la même histoire. Lors de l'affaire Dreyfus, l'armée défendait un coupable au motif des intérêts supérieurs de la nation. Et il en est de même avec l'entreprise : son intérêt vaut bien quelques entorses à l'objectivité lorsqu'il s'agit de ses comptes ou des bénéfices de ses produits.
Récemment, le "post modernisme" est devenu la doctrine de la gauche, aux USA et en France. Le post modernisme s'oppose à la pensée des Lumières, à la science et au "progrès". Il dit que le langage est une arme au service du bien. Le terme "post truth" illustre, d'ailleurs, cette idée. En effet, son efficacité vient non d'une démarche scientifique, puisque ceux qui la formulent sont eux-mêmes dans la "post truth" et refusent la science, mais de son sous-entendu désobligeant. Nous vivons désormais au delà de la raison. Et nous le devons, pour beaucoup, à nos intellectuels, qui ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis.
Récemment, le "post modernisme" est devenu la doctrine de la gauche, aux USA et en France. Le post modernisme s'oppose à la pensée des Lumières, à la science et au "progrès". Il dit que le langage est une arme au service du bien. Le terme "post truth" illustre, d'ailleurs, cette idée. En effet, son efficacité vient non d'une démarche scientifique, puisque ceux qui la formulent sont eux-mêmes dans la "post truth" et refusent la science, mais de son sous-entendu désobligeant. Nous vivons désormais au delà de la raison. Et nous le devons, pour beaucoup, à nos intellectuels, qui ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis.
mercredi 29 juillet 2015
Qu'est-ce que la science
Une nuée de littéraires se sont proclamés scientifiques. En particulier sociologues ou anthropologues. Cela est lié au courant du "postmodernisme", semble-t-il. Exemple : Bourdieu. Leur objectif : utiliser la science au service de leurs convictions. Voilà, petit à petit, ce que j'ai aperçu, en écrivant ce blog.
Ils ont transformé la science en son envers. Ils ont cru que la forme du raisonnement justifiait le fond. La science comme cocon de l'argument d'autorité, en quelque-sorte. Pour eux, elle doit démontrer leurs a priori, elle est basée sur la certitude. Alors que, dans son acception usuelle, elle est la découverte du neuf, et elle est fondée sur le doute. Pour Karl Popper, elle se caractérise par des prévisions "falsifiables", il est possible de les tester, et de découvrir qu'elles sont fausses. C'est cela l'honnêteté intellectuelle. C'est savoir que ce qui nous semble juste pourrait être faux. C'est la prudence ?
Ils ont transformé la science en son envers. Ils ont cru que la forme du raisonnement justifiait le fond. La science comme cocon de l'argument d'autorité, en quelque-sorte. Pour eux, elle doit démontrer leurs a priori, elle est basée sur la certitude. Alors que, dans son acception usuelle, elle est la découverte du neuf, et elle est fondée sur le doute. Pour Karl Popper, elle se caractérise par des prévisions "falsifiables", il est possible de les tester, et de découvrir qu'elles sont fausses. C'est cela l'honnêteté intellectuelle. C'est savoir que ce qui nous semble juste pourrait être faux. C'est la prudence ?
Et c'est aussi pour cela que l'économie est une science. En dépit de tout le mal que j'en dis, les économistes ont essayé de démontrer que leurs préjugés étaient justes. Cela n'a pas marché. Ce qui fait avancer la recherche.
(Le phénomène ne serait pas récent : Marcel Mauss pensait déjà du mal des philosophes il y a longtemps.)
samedi 4 juillet 2015
Postmodernisme et débat de société
Postmodernisme. J'ai commencé à le regarder de près il y a quelques temps. J'ai déduit de mes lectures que c'était une pensée d'égoïstes jouisseurs qui faisaient le jeu du marché, et des possédants, inconsciemment ou non. D'ailleurs, sa haine des Lumières, mouvement de libération de l'homme, ne le rendait-il pas complice de la féodalité ?
Or, Les nouveaux bien pensants disent autre chose : le souffle qui a porté l'Occident et le monde depuis les Lumières s'est épuisé ; l'individualisme, la raison et le progrès ont fait leur temps ; nous devons inventer autre chose. C'est ce que, poussivement, ce blog a fini par penser. Plus curieux : Les nouveaux bien pensants semble en revenir à l'idée de "volonté générale", grande idée des Lumières...
Voilà qui explique un débat que je n'avais pas compris. Manuel Valls parle de laïcité, uniformité. On lui rétorque communauté, et burqa comme choix de la femme. Tout devient clair si l'on a lu Les nouveaux bien pensants. Manuel Valls refuse le changement, il a le réflexe qu'il reproche aux autres, le fondamentalisme. A lui s'oppose le postmoderniste qui estime que ce que le peuple fait est l'expression de sa volonté.
Et s'ils avaient tort ? Ce n'est pas parce que nous faisons quelque-chose que nous sommes heureux de le faire. Je peux m'adapter à une société de voleurs, mais je ne serai pas heureux d'y vivre. C'est ce que Durkheim a appelé "pathologie sociale". Comme il l'écrit, il ne faut pas laisser les choses en l'état, mais aider l'humanité à améliorer, radicalement, son sort.
(Mon prochain billet traite la question du communautarisme.)
Les nouveaux bien pensants
Un livre, deux auteurs.
L'un se présente comme le dernier des grands intellectuels français. Tout ce qui s'autoproclame "élite" n'est que bien pensance, dit-il. A savoir, politiques, hauts fonctionnaires, et surtout intellectuels officiels : Attali, Onfray, BHL, Minc, Bourdieu... Une seule exception : la tornade Sarkozy. Son mouvement brownien, c'est l'esprit du temps. Malheureusement, il est entré dans le rang. Cette partie du livre est pauvre en démonstrations et riche en invectives. Lecture désagréable. Mais qui m'a révélé le sens d'un affrontement que j'avais entraperçu sans comprendre son origine.
L'élite refuse le changement
Nous avons changé d'ère. Hier c'était le "modernisme". Son origine était les Lumières. Individualisme, raison et progrès. D'où notre société actuelle. C'est fini. Nous sommes "post modernes". Nous devons redécouvrir l'émotion. Mais, surtout, l'inconscient collectif. C'est le peuple et son intuition qui, en quelque sorte, "comprennent", pas l'élite. Le rôle de l'élite est d'exprimer ce que ressent le peuple. Or notre élite refuse ce changement. Elle plaque sur la société les valeurs "modernes". En particulier, des normes. Exemple : le "communautarisme". Le peuple désire vivre en communauté, en "tribu", alors que l'Etat veut lui imposer la laïcité républicaine. Plus surprenant : mariage pour tous. C'est vouloir faire entrer dans la norme ce qui ne peut pas y être, la passion.
Changer l'Etat
Le second auteur, énarque, analyse le "fonctionnaire haut". Les énarques, la "tribu des tribus". Passage, bienvenu, de la polémique à l'observation. De la théorie à la pratique. "Tous les fondements de l'Etat moderne se sont effondrés." Le communautarisme, "l'auto organisation", a vaincu. Et il n'est pas que bon : "chacune de ces communautés (...) construit son identité au travers de l'opposition à d'autres (ce qui) réveille les pires corporatismes, les égoïsmes, les racismes". L'Etat réagit en plaidant "pour un retour au primat de l'Etat et à l'universalité de la loi". En pure perte. Car il est devenu d'une complexité telle que "l'impuissance devient la règle". Du coup, l'arbitraire y règne. On est irresponsable, mais on peut être coupable d'un crime que l'on n'a pas commis (par exemple lorsqu'une manifestation fait du tort à un puissant). Monde de courtisans. Bref, le haut fonctionnaire n'est peut-être pas heureux. Et ce d'autant plus qu'il réalise qu'aucune réforme ne réussit. Et qu'il n'a peut être pas que l'ambition comme conscience. Son dernier espoir, c'est la "société civile". L'Etat croit que la société va savoir faire ce dont il est incapable, s'il lui en donne l'autorisation. Alors il réunit les représentants des corporatismes. Ce qui provoque des affrontements stériles. Mais tout n'est pas perdu, pense l'auteur. Le haut fonctionnaire pourrait faire de sa faiblesse une force. Il pourrait être un intermédiaire facilitateur des transformations de la société. Il l'aiderait "au jour le jour, pas à pas" à résoudre les problèmes qu'elle rencontre. Et ce en constituant des groupes de gens compétents et en cherchant à ce qu'ils atteignent un consensus.
(MAFFESOLI, Michel, STROHL, Hélène, Les nouveaux bien pensants, Le poche du moment, 2015.)
(MAFFESOLI, Michel, STROHL, Hélène, Les nouveaux bien pensants, Le poche du moment, 2015.)
mercredi 4 mars 2015
L'empire du langage
Petit à petit, je découvre que toutes les théories modernes disent que le langage est tout. Et donc que le monde n'est qu'une illusion puisqu'il suffit de modifier ce que l'on en raconte pour le changer. Conséquence :
- Une attaque en règle de tout ce qui a fait "autorité" (mot important) : religions, science...
- Paradoxalement, tentative de création d'un nouvelle forme d'autorité, d'un univers qui nie la société et place au premier plan le "marginal", le "déviant" qui refuse de contribuer à la marche de la société, mais pas d'en profiter.
- Perte d'autorité des intellectuels, porteurs de cette doctrine. Puisque eux-mêmes affirment que leur parole est aléatoire. Ce qui explique que nous n'ayons plus aucun penseur digne de ce nom?
Bien entendu, tout ceci ne tient pas. Nous pouvons dire ce que nous voulons, nous ne pourrons jamais supprimer l'existence des virus ou faire des voyages intergalactiques. En outre, nous ne sommes pas pilotés par des paroles, par la seule raison, mais par un inconscient collectif.
En fait, le phénomène n'est pas limité aux intellectuels. A y bien réfléchir toute la société s'est raconté des fariboles. C'est peut-être pour cela que l'on a parlé de l'égalité homme / femme sans rien faire pour qu'elle survienne. Pour prendre un exemple. Pour nos pères tout a été une question d'incantation. Il suffisait qu'ils veuillent que nous soyons heureux pour que ce soit le cas. Autre exemple.
Il semble que cette vision du monde, libertaire ?, s'oppose à un modèle dirigiste et déterministe, d'ordre, construit sur la science, et qui prétendrait connaître la seule bonne façon de marcher. Ce serait la raison qui l'indiquerait, et la science lui serait associée. Cette alternance est peut-être une forme d'action et de réaction. Après les Lumières, il y a eu la réaction du romantisme. La crise d'avant guerre a amené un dirigisme grandissant, qui a culminé avec la technocratie triomphante, étouffante ?, d'après guerre. Puis l'ère du langage est revenue.
vendredi 16 janvier 2015
Le Paradoxe de Foucault, ou un changement de notre temps
Ce blog s'interroge sur les causes profondes des changements de l'état de notre société, et surtout des changements à effectuer pour qu'elle souffre un peu moins. Mon dernier billet sur Hayek et Foucault m'a mis sur une piste.
Le livre de Hayek, The road to serfdom, m'a beaucoup surpris. J'attendais un raisonnement impeccable et des équations. Hayek n'est-il pas prix Nobel ? J'ai trouvé un livre bourré d'erreurs de raisonnement insupportables. J'ai failli quinze fois jeter ce bouquin débile. Je comprends que Keynes, esprit supérieur, n'ait éprouvé que du mépris pour Hayek. Et puis j'y ai repensé. J'avais fait du hors sujet : le livre de Hayek est le cri de désespoir d'un homme qui sent sa liberté en danger. Tout le reste ne compte pas.
Pour moi, il en est de même de Foucault.
Le paradoxe de Foucault
Mais ce n'est pas le plus intéressant. Le plus intéressant est que ces deux personnes ont été des hommes d'appareil, des fonctionnaires. Paradoxe pour des libertaires ! Et c'est, peut-être, là le nœud du problème. Ils ont été pris entre leur amour du système, et la souffrance qu'il leur infligeait. Alors, ils ont voulu le faire changer. Sans se rendre compte des dégâts que cela pouvait entraîner dans nos vies.
Et cela m'amène à l'idée suivante. Foucault et Hayek ont mal réagi à une cause réelle. Le nazisme qu'avait connu Hayek n'a peut-être pas été une exception. Partout, la société a cherché à dicter à l'homme son comportement, à le faire entrer dans des normes. "Mammy knows better" disent les Anglais, qui n'ont pas de De Gaulle. Le monde s'est révolté. Mais, il n'a pas attaqué la cause du mal. Car jamais nous n'avons été plus esclaves de la société. Regardez les USA : toutes les jeunes filles de la meilleure société se font refaire la poitrine ; tous les viocs de la meilleure société se font refaire une jeunesse. En France, nous nous droguons pour paraître normaux. Ce que Foucault et Hayek n'ont pas compris, c'est qu'il ne faut pas changer les règles sociales, il faut changer notre attitude aux règles. La liberté de l'homme, c'est penser par soi même. Et refuser que la société lui dicte ce qu'il doit être, quand cela n'a pas de conséquence sociale. (Se refaire la poitrine, ou faire Normale sup, par exemple.)
lundi 20 octobre 2014
Evolution politique de la France
Comment modéliser la situation politique de la France ? Voici où ce blog m'amène :
- La France a été longtemps radicale. En fait jusqu’à de Gaulle. Le radicalisme n’est rien d’autre que la mise en œuvre des idées de la Révolution. Je pense qu’il correspond toujours à l’esprit de la nation.
- Les partis de gouvernement actuels me semblent représenter les privilégiés d’hier. D’ailleurs, ils sont ouvertement « anti Lumières » (cf. le postmodernisme de gauche) :
- D’un côté N.Sarkozy à repris le combat de « la première droite » de la classification de René Rémond (les possédants), la seule à s’être toujours opposée à la Révolution.
- De l’autre, la gauche a repris le discours moraliste de l’Eglise catholique (aucun lien avec la religion du même nom) dont l'objet est d’assurer le statu quo en convainquant le peuple qu’il porte une faute originelle (le colonialisme).
- Mais le radicalisme est aussi un individualisme, et les égos qui le constituent l’empêchent de rassembler ses forces pour gouverner dans le respect de l'intérêt général. Aujourd'hui, le radicalisme, c'est aussi bien Bayrou, Borloo, Loos, Morin, Rama Yade que Valls ou Rocard.
- Faute d'union, ses thèses ont été récupérées par le FN, défenseur de tout ce qui est national.
« Sacre-coeur-paris ». Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.
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