mercredi 31 août 2016

Les forces du lavage de cerveau

Les entrepreneurs américains ont très tôt utilisé les travaux de psychologie. Ils sont convaincus, semble-t-il, que l'entrepreneuriat est une lutte. Tous les coups sont permis. Le lavage de cerveau est un outil comme les autres. Il se trouve que, à gauche, on en est arrivé à la même conclusion. Le postmodernisme, sa doctrine, estime que l'intellectuel est le combattant de la justice, et que le langage est son arme. 

Ces frères ennemis partagent une même idée : ils sont les porteurs du bien ; le langage est un moyen de domination. Ils ont, aussi, pris le pouvoir. Cela explique certainement pourquoi nous vivons un "moment thucydidien". C'est-à-dire pourquoi les mots que nous employons ont été manipulés pour dire le contraire de leur sens. 

Bonne nouvelle ? Derrière des formulations fausses se trouvent les solutions à nos difficultés. Il suffit de mettre en cause ce que l'on nous dit pour les voir : critique, l'exercice recommandé par les Lumières. Reste une question : sommes-nous encore capables de penser ?

mardi 30 août 2016

Lactalis

Affrontement entre Lactalis et ses fournisseurs de lait. Caractéristique française qui fait beaucoup pour le renom de notre pays : l'affrontement violent.

Ce serait une question de rapport de forces. Lactalis essorerait ses fournisseurs. Ce qu'en dit wikipedia montre une société agressive, qui se développe par croissance externe. Les agriculteurs seraient-ils victimes d'un monopole ? Si oui, pourquoi le gouvernement l'a-t-il laissé s'installer ? Parce qu'il pense que l'intérêt du pays demande des "champions" ?

Mais, pourquoi les agriculteurs réagissent-ils si tardivement ? Parce que seule une crise existentielle peut les réunir ? Et pourquoi les coopératives n'ont-elles pas pu les protéger ? La coopérative est une organisation démocratique qui a pour mission de faire que l'optimum économique soit aussi humain. Or, ces coopératives sont devenues des monstres. Elles aussi se veulent des "champions" ? Nouvel exemple du diktat de la "logique économique" ? Mais aussi preuve qu'il est très difficile en France d'avoir le sens du bien commun ?

(Apparemment, le lait français serait plus cher que dans le reste de l'Europe. Peut-être y est-il plus industrialisé que chez nous ? Y aurait-il, finalement, une forme de résistance agricole, victorieuse, au changement ?)

Eugénisme

Promenade en forêt. Rencontre avec le panneau ci-dessus. Il dit que les forestiers font du tri sélectif parmi les arbres de l'endroit. Effroi. De quel droit procédons-nous à cette élimination ? Et si l'on étendait ces pratiques à l'espèce humaine ? On s'est moqué de "la responsabilité de l'homme blanc", qui devait administrer l'humanité, mais était-il si stupide que cela ? Et quid de nos jardins ?... 

Mais, l'homme, en modifiant son écosystème, ne fait-il pas la même chose que les autres êtres vivants ? Et il n'y a pas de recette pour agir correctement, il faut avancer à tâtons, avec pour seul guide le sens des responsabilités, et l'inquiétude quant aux conséquences de nos actes ?

lundi 29 août 2016

Génération Monsanto

Nous sommes riches parce que nous avons les meilleurs gènes. Ils sont le résultat de la sélection naturelle. Voilà ce que l'on entend chez les riches Anglo-saxons. 

Une émission de France Culture disait le contraire. La société est première. Le gène est son otage. Illustration : la langue que nous parlons. Elle sélectionne ceux avec qui nous nous marions. 

Il semblerait, par ailleurs, que la sélection sociale ne se fasse plus seulement par la reproduction. Il paraîtrait, ainsi, que nos pratiques agricoles (pesticides et autres) seraient fatales au sperme de vingt pour cent des hommes. Leurs gènes n'auront pas de descendance.

Gauche et classe populaire

Samedi, débat chez France Culture. La gauche a déserté les "classes populaires". Je me suis demandé, à l'époque du bac pour tous ce qu'étaient ces fameuses "classes populaires". Je n'ai pas eu de réponse. (Sinon qu'elles voteraient à 51% FN !)

C'était le PC qui était la voiture balai de la gauche. Et elle a disparu. Il reste un parti pour intellos qui ne fait plus une politique de gauche. D'ailleurs plus on va aux extrêmes, plus on a d'intellos. Ce qui m'a semblé rejoindre les idées d'Alain Finkielkraut, en les exprimant différemment. Si je comprends bien, pour lui la gauche fait plus que de se désintéresser des classes populaires : elle les juge obsolètes, nativement réactionnaires. 

Quelqu'un a aussi dit qu'un gouvernement est supposé représenter tout un peuple, et non promouvoir les intérêts de certains au détriment de ceux des autres. Apparemment, c'était une nouveauté révolutionnaire.

dimanche 28 août 2016

Causes du populisme

  1. La crise économique rejoint la crise culturelle : en quelque sorte, le rejet de l'immigrant permet au malaise existentiel d'une population de s'exprimer. 
  2. Le politique remet son pouvoir entre les mains d'une technocratie qui affirme qu'il faut continuer dans la même voie, sous peine de chaos. 
Bref, le peuple veut du changement, et le gouvernant répond qu'il est impossible. Ou qu'il "est" le changement, comme nous l'a dit M.Hollande.

(Grande nouveauté ? On reconnaît qu'il y a des "perdants de la globalisation". Vu ce qui est arrivé au Brexit, ils seraient même une majorité.)

On ne naît pas laïc, on le devient

Le retour à la laïcité est surprenant. Car la gauche est à l'origine de sa disparition. Or, c'est elle qui s'en réclame maintenant. Confusion. 

Le plus surprenant est que la laïcité ne semble jamais avoir eu d'âge d'or. Elle a été en transformation permanente (cf. son histoire). Il n'y a donc pas de "laïcité". Plus exactement, on ne naît pas laïc, on le devient : la laïcité est un mouvement permanent ayant pour objet de « permettre un vivre ensemble pacifié » (Jean Baubérot). 

Peut-être faudrait-il repartir de cette définition, afin de définir une laïcité qui convienne à notre époque ?

samedi 27 août 2016

Révélateur Burkini

Libération de la femme d'un côté, liberté de chacun de faire ce qu'il veut, de l'autre. Le Burkini montre nos contradictions. Et il tape fort, car il y a du fondamental, derrière. Par exemple le principe d'empathie, qui justifie le droit d'ingérence ou la défense des "marginaux" ; ou encore "l'interdit d'interdire" qui mène au mariage pour tous, par exemple. Et encore plus fort : le principe même de la pensée moderne (ou postmoderne), à savoir qu'il y a le "bien" et le "mal", est en échec. 

La droite, elle, évoque le trouble à l'ordre public. Principe fondamental de toute société. Elle le fait avec raison : même le gouvernement est au bord de l'implosion. Mais elle intervient d'une façon troublante...

Finalement, les islamistes sont à plaindre. Car, leur idéal est une femme discrète et modeste, fée du foyer. Or, revêtir le Burkini, c'est se donner en spectacle. Mieux que le naturisme, c'est la suprême indécence. Sous le Burkini il y a la Femen. 

Radicalisation de l'Islam ou islamisation de la radicalité ? Ou saine révélation des incohérences d'une nation ankylosée dans la paresse intellectuelle ?

Pas de Big Bang

Le Big Bang serait une idée des années 50. Un calcul de relativité, qui ne tient pas compte des forces non gravitationnelles. Notre monde aurait démarré par une transition de phase plutôt que de rien.

Ce qui montre peut-être que notre savoir se bâtit sur des rumeurs, pas sur des faits. Ce que nous retenons est ce qui frappe notre esprit. Peut-être faudrait-il envisager un programme de nettoyage des idées fausses (ou obsolètes) ?

vendredi 26 août 2016

Aroun Tazieff

Lundi dernier j'entendais parler d'Aroun Tazieff. Il se trouve que je l'ai rencontré. Il était venu faire une présentation dans mon école d'ingénieur, du temps où j'étais élève. Je crois me souvenir que j'étais surpris de le voir là. On n'était plus à l'époque des grandes découvertes, où les Paul-Emile Victor ou Cousteau fascinaient les foules. Et son expérience n'était pas d'un grand intérêt pour les choix de carrière d'un ingénieur. L'ingénieur n'était plus un aventurier de la science, mais un fonctionnaire.

Il a commencé son intervention en nous disant que nous devions être étonnés de le voir là. Car, en France, on oublie à quel point on est épargné par les phénomènes naturels. Et nous avons découvert ce que l'on appellerait maintenant un formidable "story teller". Ce qu'il nous a dit était passionnant. Mais j'étais trop prisonnier de mes idées reçues pour le comprendre.