mercredi 20 septembre 2017

Socialisme

Comment refonder le socialisme ? se demandait France Culture. On débattait du texte d'un penseur allemand (Axel Honneth).

Bizarrement, ce qui n'a pas été dit dans ce débat, c'est que le socialisme avait été tenté et que cela n'a pas marché (je ne parle pas du communisme). Il produit des effets inattendus. En particulier, il y a une sorte de paralysie du pouvoir (Munich) et une instabilité chronique. Plus étrangement, il coïncide avec des phases de corruption (Panama, etc.). Curieusement, le socialiste qui arrive au pouvoir tend à être un hypocrite : ses propos ne correspondent pas à son comportement, notamment vis-à-vis de l'argent. La SFIO, par exemple, était vue comme un (infect) parti de droite par beaucoup. La grande déréglementation actuelle, c'est Clinton, Blair et Schröder, elle est de gauche. Si elle a produit un Trump, c'est parce que le petit peuple constate que la gauche n'est pas bonne pour sa santé.

Un des invités de l'émission a exécuté sommairement le "pragmatisme" de M.Macron. Il avait peut-être raison. Mais le problème du socialisme est que c'est une idéologie inopérante. C'est peut-être cela son vrai problème : il cherche une formule mathématique pour la bonne marche de l'univers. Stresemann, qui a failli sauver la République de Weimar, et nous éviter Hitler, était un pragmatique. Dans les situations difficiles, il n'y a pas de bonne solution préécrite : il faut l'inventer, en se gardant au mieux des idées reçues. C'est cela le pragmatisme.

(Ce qui ne signifie pas que M.Macron est dans le vrai. Ce que lui reprochait l'invité était, justement, d'avoir une idée préconçue, d'être un faux pragmatique.)

mardi 19 septembre 2017

Aménagement du territoire

Un chapitre du livre de M.Macron m'a surpris. Celui qui parle d'aménagement du territoire. En effet, c'est un sujet sur lequel je n'ai aucune idée. M.Macron a un programme, étonnamment précis, et pas du tout dans la ligne de ce que j'ai l'habitude d'entendre. Voici ce que j'en retiens.
  • La fracture française, c'est le manque de mixité. Il faut ramener les déclassés à proximité de l'emploi, en faisant baisser le prix de l'immobilier par des constructions massives de logements, quitte à s'assoir sur la réglementation. (Avec le bénéfice de mettre un terme aux subventions qui ont produit une bulle spéculative.)
  • Stopper la désertification des campagnes par expérimentation, notamment en tirant parti des nouveaux télé métiers. Cependant, il faut quelques moyens qui favorisent ces éclosions (notamment de "communication rapide").
  • Constituer, de manière pragmatique et sans prendre en compte les subdivisions administratives, des zones géographiques économiquement cohérentes. Il leur faut un moteur. Soit métropole puissante, qui rend obsolète les départements. Soit, au contraire, département, faute de métropole. 
C'est la fin de la centralisation uniformisatrice.

Comme pour le reste du livre, la question qui se pose est : comment fait-on ? Il est possible que M.Macron ait une idée en tête. En tout cas, il se garde bien de la dire.

Obésité

Reportage effrayant. Obésité au Brésil. Le pauvre est quadrillé. Les multinationales de l'agro alimentaire lui font apporter à domicile leurs produits. Aucun n'y échappe. Cela donne des effets effroyables. Mais ce n'est pas plus mal qu'avant : ces gens crevaient de faim. Maintenant, ils crèvent de diabète. Et ces industries les emploient. L'Etat, de gauche ou de droite, est d'ailleurs en leur pouvoir.

Lorsque l'on parle de "crime contre l'humanité" est-ce de cela qu'il est question ?

lundi 18 septembre 2017

21ème siècle

Dans son livre, M.Macron dit que sa mission (au sens messianique du terme ?) est de faire entrer la France dans le 21ème siècle. Désobligeant ? Comme si la pays avait une tradition d'arriération mentale. D'ailleurs, il dit que nous avons manqué la révolution numérique.

Mais quel est ce 21ème siècle ? Où sont ses bienfaits ? Après guerre, l'Amérique nous émerveillait pas ses succès techniques et la richesse insolente de ses citoyens. Mais aujourd'hui ? La fameuse "révolution numérique" n'a produit que GAFA and co. Il a apporté peu de choses au monde. Sa principale caractéristique est une valeur de l'action qui ne s'explique que par une spéculation type 29. Quant au reste, la pensée scientifique qui tentait de guider la société a disparu, vaincue par le combat entre lobbys de toutes sortes, qui ne font que défendre intérêts et lubies par les techniques du lavage de cerveau. Nous vivons à l'heure du sophisme. Dans ce monde, tout est frelaté : l'éducation, la médecine, la science, la nourriture, la qualité de l'air, l'art, la religion... Même le riche n'a accès qu'à du médiocre. Mais il en est heureux, car il asservit l'humanité, et son talent.

Homme révolté
Ce qui a fait bouger la France, depuis peut-être qu'elle se constitue en nation, c'est une "certaine vision" du progrès, un enthousiasme pour l'avenir de l'humanité. C'est l'épuisement de cette vision, à mon avis, qui produit le blues du pays. Lui dire que s'il ne veut pas entrer dans le 21ème, c'est parce qu'il est trop bête pour en voir les beautés, me semble un hors sujet magistral.

Alors, nous ne pouvons que crever ? Je crois qu'il y a une vision qui serait digne de nous. M.Macron n'a pas totalement tort. Parce qu'elle est horrifiée par le spectacle du monde, la France, a construit une ligne Maginot. Du coup, elle a pris tous les coups, sans être capable d'en rendre aucun. A une époque où la règle du jeu est l'égoïsme et le parasitisme qui en est la conséquence, elle s'est laissée dépecer. La première révolution à faire, selon l'expression de M.Macron, c'est de se libérer de ces chaînes. Alors, il ne s'agira pas d'accepter le monde, mais de le faire changer. Pour quoi ? Comme le dit Camus, c'est en se colletant à la réalité que naîtra le projet de changement. Et cette fois-ci il y aura un changement, digne de nous : car il s'agit de faire sortir cette vision sans de Gaulle, Macron ou autre messie. Notre vocation nationale de descendants culturels de Gaulois, c'est le refus des chefs, c'est de penser par nous mêmes, en libertaires parvenant à une vision commune par confrontation de points de vue opposés. Nous ne sommes pas des révolutionnaires, mais des révoltés.

Gig economy

Le Financial Times s'intéresse à la "Gig economy", c'est à dire à l'économie créée par Uber et les autres, et qui est à base de petits boulots.


Je retiens une double astuce (mais il y a plus) : ce sont des entreprises qui n'ont pas à être rentables, parce qu'elles sont financées par le capital risque, dont la stratégie est de faire sauter les entreprises installées, puis d'appliquer une politique de prix monopoliste ; c'est une transformation (douteuse) de contrats de salariés en contrats de sous-traitance, donc pas de charges sociales (mais aussi pas d'achat de matériel).

Mais ce n'est pas la vidéo que j'ai trouvée le plus intéressant, mais un commentaire. Il disait, en substance : sales gauchistes, si l'on supprime la gig economy, il y aura des chômeurs.

Est-ce aussi évident qu'il y paraît ? Car un tel argument peut justifier n'importe quel emploi. En particulier l'effort de guerre d'Hitler. Je me demande si l'économie ne fonctionne pas comme le sang. Si l'argent ne va pas au bon endroit, la société dépérit. Une société de petits boulots est malade.

dimanche 17 septembre 2017

Aung San Suu Kyi

Depuis quelques temps la presse anglo-saxonne est critique vis-à-vis de Aung San Suu Kyi. Longtemps, elle fut considérée comme une sainte. De plus en plus, depuis qu'elle est parvenue au pouvoir, on lui reproche d'être un dictateur. En particulier de laisser massacrer une minorité religieuse.

Le phénomène n'est pas neuf. Il en a été de même avec Alexandre Soljenitsyne. On l'a beaucoup encensé lorsqu'il était un opposant à l'URSS. Jusqu'à ce que l'on découvre qu'il était beaucoup plus éloigné des valeurs de l'Occident que ne l'était l'Union soviétique. Mais, au moins, lui n'a pas eu le pouvoir.

Enseignements ? Peut-être que l'Occident croit un peu trop que ses valeurs sont universelles. Alors que ce qui compte pour l'homme, c'est probablement les valeurs de ses parents. Mais, surtout, les valeurs de l'Occident ne sont pas d'un grand secours dans les périodes de crise. C'est peut-être une leçon des printemps arabes. En Malaisie, si je comprends bien, la minorité s'est radicalisée. Il y a un conflit interne. Dans ces conditions, la solution la moins risquée pour un gouvernement est la force.

(D'ailleurs, c'est celle que nous employons avec notre propre terrorisme, alors que l'on pourrait argumenter qu'il est le fait d'une minorité maltraitée.)

Vol

Histoire. Une personne hérite de ses parents. Ses proches trouvent normal de profiter de cette fortune qu'il n'a pas méritée. Curieusement, il ne leur viendrait pas à l'esprit de contester le prix d'une chambre d'un hôtel appartenant à un multimilliardaire français ou américain. En outre, ils sont beaucoup plus riches que lui. Il n'a pu que très peu cotiser pour sa retraite, alors qu'eux sont des fonctionnaires. (Il faut de l'ordre de 3m de capital pour toucher 5000€ de retraite par mois.)

Morale de cette histoire ? Probablement, personne ne fait de raisonnements aussi compliqués que ceux-ci. Ce qui nous pilote est "greed and fear", comme disent les Anglo-saxons. Pour le reste tous nos arguments ne sont que des sophismes qui visent à justifier nos intérêts. Pour éviter les méfaits de cet égoïsme, la société nous lave le cerveau et nous y fait entrer des principes du type : c'est une loi de la nature de payer une chambre d'hôtel.

samedi 16 septembre 2017

Obus

"Les obus et les décorations tombent au hasard sur le juste et l'injuste." dit André Maurois cité par Jean-Jacques Auffret.

André Maurois avait une haute opinion du hasard. Car les obus et les décorations sont inversement corrélés. En 14, on aurait dit que c'était les planqués qui récoltaient les décorations, et le petit peuple des poilus, les obus. Il y a peu de chances que les choses aient beaucoup changé.

La Rochelle

A La Rochelle, les commerces sont beaux (bien que les enseignes soient les mêmes qu'à Paris), et les commerçants serviables. J'ai parfois l'impression que la vieille ville est un "shopping mall".

Et si cela venait de la culture protestante de la ville ?

vendredi 15 septembre 2017

Conférence

CONFERENCE UN AUTRE REGARD #2

Intelligence Artificielle & Big Data - Mardi 3 octobre 2017
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