mercredi 17 septembre 2014

Change TV : le changement ça s'apprend

Beaucoup d’entreprises rencontrent des difficultés. Normal. C'est le métier qui veut cela. Pour les résoudre, leurs dirigeants doivent « conduire le changement ». Seulement, comment faire ? Par quel bout attaquer la question ?


L’émission Le changement ça s’apprend veut leur donner des idées. Des idées utiles et concrètes. Faciles à appliquer. Qui leur parlent. Des idées qui viennent de l’expérience d’autres entrepreneurs. Voilà mon cahier des charges. 

Je vais interviewer des dirigeants, ou des acteurs clés d'un changement. Et les faire parler de leur expérience. Nous allons réaliser des vidéos de ces entretiens. Pour cela, Neoxia me prête main forte (www.neoxia.com). Jean-Baptiste Paccoud et son équipe m'apportent leur savoir-faire et leurs installations. 

L’émission est construite sur deux principes :
  1. Thème : un problème qui concerne beaucoup d'entreprises. Il doit être perçu comme critique. Ce peut être une question de survie de l’entreprise, ou, simplement, de frustration. L’interviewé doit apporter une solution simple et efficace à cette question. Il la tire de son expérience.
  2. Maintenir l'intérêt du spectateur en éveil. Les vidéos sont courtes, sans temps mort. Elles doivent être denses  en information, sans que celle-ci soit indigeste.
Première vidéo ? Demain. Nous visons un rythme de croisière d'une vidéo tous les quinze jours, d'ici deux mois. La série sera accessible en cliquant sur l'onglet "change TV" de ce blog, ainsi que sur le blog de Neoxia. 

Vous êtes un dirigeant, un acteur du changement, vous avez une histoire édifiante à raconter ? N'hésitez pas à me contacter. 

Quand 68 a réinventé l'école...

68 a réécrit notre définition de l'école. Pour les Lumières, la IIIème République, Clémenceau, Jaurès et les autres, l'école devait libérer l'homme. Elle devait lui apporter la capacité à penser par lui même et donc à se dégager des systèmes qui avaient pour objet unique son asservissement. 68 a clamé que l'école c'était l'esclavage, le formatage de l'enfant par les intérêts des puissants. 

Du coup, il n'y a plus eu que les riches qui ont accepté de formater leurs enfants. (En particulier les intellectuels qui avaient produit ces théories.) L'éducation des pauvres a désormais cherché leur épanouissement. C'est devenu la fabrique du crétin.

Le marché a remplacé les droits de l'homme. Et ce sans révolution. 

(Nouvel épisode dans ma série Moment thucydidien.)

mardi 16 septembre 2014

La France, dictature soviétique ?

Derrière tout général de l'Etat major, il y a maintenant un énarque, me disait un ancien officier. Ce qui m'a fait penser à deux choses :
  • C'est un montage soviétique. Sur le modèle révolutionnaire français, le KGB était supposé représenter le peuple. A côté de chaque décideur important, il y avait donc un membre du KGB. 
  • La France est dirigée par l'ENA depuis bien longtemps. Je doute que peu de gens estiment que ce soit une réussite. L'ENA fera-t-elle mieux à la tête de l'armée ? Mon interlocuteur en doutait. 
Le problème actuel de la France serait-il que le pyromane a pris les commandes de la brigade de pompiers ?

Entreprise : de l'essorage à la relance ?

Je vois passer le résumé suivant :
Five years after the end of the Great Recession, rising corporate profits aren’t translating into rising prosperity, and much of the blame, says this economics professor, belongs to stock buybacks. Between 2003 and 2012, fully 449 of the S&P 500 devoted 54% of their earnings – some $2.4 trillion – to buying back their own stock on the open market. Another 37% of earnings were devoted to dividends. That left precious little either for investment in productive capabilities or for higher incomes for employees. Even investors are worried that these companies aren’t investing in future growth. So why is this happening? Simply put, corporate executives are being paid mainly in stock, and buybacks raise its price in the short term. (article complet ici.)
Les entreprises me semblent effectivement dans une situation compliquée. Elles doivent relancer la machine qu’elles ont essorée, mais sans beaucoup de moyens, car elles doivent maximiser leurs marges, dividendes, cour de bourse… Le dirigeant veut donc des choses qui lui rapportent immédiatement. De façon à en parler à la Bourse. Pour cela il aimerait mettre la main sur un savoir-faire qu’il n’a pas. Comme le target costing à une époque dans l’auto, ou le mode projet, le Juste à Temps… 

Mine de rien mon papier sur la méthode Münchhausen est révolutionnaire. Il signifie que pour redonner son efficacité à l’entreprise, il faut réduire son embonpoint. En fait, c’est une reformulation du Lean au sens « poids de forme ».

lundi 15 septembre 2014

Kant et Onfray

« Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. » dit Kant. Idiot répond Michel Onfray. Imaginons que pendant la guerre, un Juif vienne chez vous. Puis qu'arrive la Gestapo. Avez-vous un Juif chez-vous ? Comme vous aimez la vérité, vous répondez oui. Kant n'a plus qu'à se rhabiller.

D'autres auraient trouvé insupportable la délation, et auraient constaté que Kant leur donnait raison. En fait, Kant donne raison à tout le monde. Il nous dit d'être en règle avec notre conscience. Ce qui élimine peut-être l'hypocrisie, mais pas grand chose d'autre. En particulier que certains trouvent bien de commettre un génocide et d'autres non.

Onfray me semble aussi avoir loupé une subtilité. Nul n'est forcé de répondre par oui ou non à une question... On peut aussi répondre par l'indécidable. Paul Watzlawick raconte l'histoire de Freud qui veut quitter l'Allemagne. Le pouvoir nazi lui demande, en échange de son accord, d'écrire quelque-chose de gentil sur lui. Sur quoi, Freud invente l'équivalent du "like" de facebook. Cela satisfait ses interlocuteurs, mais ça ne trompe personne d'autre. (Que l'humour juif soit un humour de l'absurde serait-il l'effet de la sélection naturelle ?) 

La guerre de 70 métaphore de la France et du changement

Elisée Reclus, grand géographe, anarchiste et communard pacifique, explique ainsi la guerre de 1870. 
  • Acte 1. Napoléon III tombe. Le peuple de Paris se réjouit. Maintenant, il peut faire la guerre à l'Allemagne. 
  • Acte II. Pour les généraux l'ennemi est maintenant à l'intérieur. Peut-être aussi est-il bien plus facile d'écraser quelques communards que d'affronter Bismarck ? Ils collaborent avec l'Allemagne. Charmée, celle-ci assiste à une lutte fratricide. (Ce qui expliquerait la fameuse reddition de Bazaine qui se rend, lui et une grosse partie de l'armée française, sans combattre.)
On retrouve le scénario de la défaite de 40. (Marc Bloch explique a peu près de la même façon "l'étrange défaite".) Et peut-être notre défaite actuelle. Nos divisions internes ont laissé la place libre au modèle du marché, anglo-saxon. Comme durant l'occupation allemande, nous réalisons maintenant que cela ne nous va pas. Car nos valeurs communes sont bien plus importantes pour nous que ce qui nous divise. Parviendrons-nous à nous libérer ? Et par nos seuls moyens ?

dimanche 14 septembre 2014

Spécial indépendance écossaise

Indépendance écossaise. La classe politique anglaise veut refaire le coup du Québec, en 1995 : on promet à l’Ecosse que, si elle reste, elle aura plus d’autonomie que si elle part. Mais les Ecossais semblent amalgamer les Anglais de tous bords à des Conservateurs, qu’ils exècrent. On n’est plus dans le domaine de la rationalité. Curieusement, étant un réservoir de votes pour les Travaillistes, l’indépendance de l’Ecosse signifierait que l’Angleterre deviendrait durablement conservatrice. Par ailleurs, même si l’Ecosse ne fait pas sécession aujourd’hui, elle pourra la faire demain. Cette perspective affaiblira considérablement l’Angleterre. Quant à dire ce que serait une Ecosse indépendante… Beaucoup de dettes, une population vieillissante, un poids économique démesuré de grandes banques qui pourraient être tentées de partir… Et probablement la nécessité d’inventer une nouvelle monnaie. Une union monétaire avec l’Angleterre étant presque plus compliquée que l’équilibre périlleux de la zone euro. En fait, l’Angleterre va vraiment très mal. Après les eurosceptiques de droite, voici les écologistes de gauche. Le pays semble se disloquer...

L’UE est aux mains de Mme Merkel, comme le prouve la composition de Commission. En Suède, le centre droit, libéral, devrait perdre les élections. Croissance, mais inégalités et chômage. Le nouveau gouvernement devrait être fragile. Mais moins belliqueux à l’endroit de la Russie que son prédécesseur. Ukraine : trêve. Visiblement les efforts de M.Abe pour sortir l’économie japonaise de sa torpeur sont en train d’échouer.

M.Obama forme une coalition hétéroclite pour lutter contre l’Etat Islamique. Son opinion publique est à nouveau favorable à une guerre. Problème : la dite coalition ne tiendra pas plus longtemps que le dit Etat Islamique. Si l’on veut éviter des troubles continuels dans la région, il faudrait veiller à ce que des Etats s’y installent qui satisfassent toutes les communautés locales. M.Obama ne semble pas intéressé par ce travail. En Afrique du sud, les services d’espionnage sont à la solde du gouvernement.

On disait que les pays émergents allaient rapidement rattraper les pays riches. Ce n’est plus le cas. Leur croissance accélérée venait de la facilité moderne de construire des chaînes d’approvisionnement qui exploitaient leur main d’œuvre et leurs matières premières. Mais ils n’ont pas su se créer une capacité de production autonome. A l’exception de la Chine. Chine qui aurait acquis un savoir-faire remarquable pour accélérer le cycle de développement des produits. En copiant le plus rapidement possible les innovations des autres nations.

Apple le « world leading gadget maker » change d’identité. D’une entreprise refermée sur elle-même, il devient un écosystème. Publicité et Internet. Tout ce que l’on fait sur Internet est enregistré. Qu’on le veuille ou non. Puis on est mis dans des catégories de comportements pathologiques. Vide juridique total. Solution ? Un Internet payant qui serait non policier. Ou un mouvement populaire qui forcerait le législateur à intervenir. Netflix attaque le marché français. Mais ne compte pas y payer ses impôts. The Economist lui promet le succès de McDo. 

Les entreprises achètent leurs actions pour en augmenter le prix, quitte à s’endetter (en outre, la dette réduit l’impôt). Du coup, elles n’investissent plus. Mais, il semblerait que, sous la pression des fonds de pension, la mode change. Les banques émettent un nouveau type d’obligations. Leur particularité est de perdre toute leur valeur dès que la banque a des ennuis. Ce qui pourrait produire quelques effets pervers.

Qu'est-ce qui fait une éducation nationale efficace ? Ni le salaire, ni la taille des classes. La compétence de l'enseignement, et le dispositif qui le soutient. 

Pourquoi avons-nous des idées sous la douche ?

Pourquoi avons-nous des idées sous la douche ? Apparemment parce qu'ordinairement, notre pensée se bloque dans un sillon. Sous la douche, plus de contrainte, la pensée se libère et sort des sentiers battus.

Ce qui pose la question d'un enseignement qui n'est que sélection par le bachotage et qui prétend ainsi identifier des innovateurs...

samedi 13 septembre 2014

Peut-on être "ceinture noire" de changement ?

Black belt de Lean. Je découvre une entreprise où tout le monde est certifié. Y compris en conduite du changement ! Mais peut-on être certifié champion de conduite du changement ? Si cela pouvait être le cas, pourquoi notre gouvernement et tous les patrons de la terre ne courent-ils pas acquérir leur diplôme ?

Le judo peut être vu de deux façons. C'est un art de vie. Un rituel. Chaque pas vers la sagesse est noté d'un "dan". Ou, c'est un art de combat. Les champions ne sont pas très hauts dans la hiérarchie des dans. 

Il en est de même du changement. C'est un art de l'action. Et l'action s'oppose au rite, donc au dans et aux ceintures. Ce n'est que lorsque l'on est un praticien champion que la technique peut vous être utile. Sinon, elle vous transforme en ritualiste impuissant.

Le marché crée-t-il de l'emploi ?

Il y a quelques temps, je parlais de "moment thucydidien". On nous a lavé le cerveau. 

Ne serait-ce pas le cas avec la création d'emploi ? Dans les années 60, il n'y avait pas de chômage, et le SDF était inconnu. Depuis que le marché domine la planète, le chômage et l'exclusion sont partout. Il y a même de plus en plus de "travailleurs pauvres". Et s'il y avait un lien de cause à effet ?

Et si c'était la société humaine qui créait l'emploi ? C'est-à-dire qui répartissait entre ses membres ce qu'ils ont collectivement produit ? Et si le marché était un mode de répartition par nature "injuste" ? (Et inefficace : il semble un mode d'exploitation par destruction plutôt que de création.)