mardi 18 septembre 2018

Ricoeur et Cohn-Bendit

Paul Ricoeur a travaillé avec Hannah Arendt, qui était proche de la famille Cohn-Bendit, et a voulu aider le petit Daniel lorsqu'il a semblé connaître des malheurs en 68. Or Paul Ricoeur était le doyen de l'université de Nanterre, au moment où Daniel Cohn-Bendit s'y manifestait. Ce qui a valu au premier de se retrouver avec une poubelle sur la tête. Ce qui l'a probablement incité à demander l'asile universitaire aux USA, chez Hannah Arendt...

Bref, il n'est pas impossible que tout ce monde se soit disputé alors qu'il défendait les mêmes causes. Ce qui me fait penser que le sentiment qui domine le monde depuis 68 est la haine, sous diverses formes. Je me rends compte, par exemple, que j'ai soupçonné, inconsciemment, le calcul dans des travaux d'universitaires que je crois maintenant honnêtes. Devenir honnête, sans se faire bouffer, est peut-être bien le changement que nous devons réussir.

(La vie de Paul Ricoeur.)

Brexit : le chaos aux portes de l'Europe ?

Je lisais que le Parti travailliste anglais voulait voter contre le plan Brexit de Mme May. Le calcul semble être que le camp de Mme May est divisé, donc il peut renverser le gouvernement et prendre sa place. Que donnera un Brexit sans accord avec l'Europe ? Sachant que le leader des Travaillistes est un fossile parfaitement préservé de la gauche contestataire des années 60, l'incertitude est totale. Les entrepreneurs anglais vont-ils suivre, à l'envers, le chemin des Huguenots ? L'Europe dort-elle sur un volcan ?

Mais, rien n'est certain. Les députés anglais votent en leur âme et conscience, pas selon les directives d'un parti.

lundi 17 septembre 2018

Méfions-nous des bons sentiments ?

France Culture diffusait, la semaine passée, une série d'émissions sur l'Anschluss. Basculement vers le Nazisme du bon peuple, aveuglement des opinions occidentales. Et, plus curieux, une armée allemande qui tombe en panne, et dont les tanks ne sont guère mieux que des boîtes de conserve. Et on est à seulement un an du démarrage de la guerre !

Paul Ricoeur, qui avait été un militant pacifiste, regrettait son aveuglement. Il est dommage que tout ce qui se dit sur la seconde guerre ne parle que de ses horreurs. Pourquoi ne cherche-t-on pas à comprendre ce qui nous y a entraîné ? Cela serait peut-être une bonne leçon pour le présent.

M.Macron : une guerre de retard ?

Lorsqu'on lit l'histoire de M.Macron, on entend parler les hautes sphères du monde d'il y a vingt ans. (Et le gouvernement Sarkozy.)

Il est recalé deux fois à Normale Sup, mais il ne se laisse pas abattre, part à Sciences Po, réussit l'ENA, et grâce à son enthousiasme plus qu'à son intellect ?, termine 5ème, et entre à l'inspection des finances. De là il pénètre dans le nombre infime des puissants qui font la France, puis chez Rothschild, fréquente la jet set internationale, et c'est la Commission Attali, et le gouvernement. Conclusion ? J'ai travaillé dur, et j'ai réussi grâce à mon mérite. Et ce monde que j'ai trouvé est fort agréable. Pourquoi mangez-vous du pain (rassis) et pas de la brioche ?  C'est ce qu'écrivait l'oligarque de tous les pays, lorsqu'on lui parlait inégalité. Donc, ceux qui sont dans la mélasse ne sont pas méritants. Ou, comme M.Macron nous aime bien : les Français sont des attardés, qui n'ont pas compris les beautés des conseils d'administration.

Mais la globalisation, c'est fini, au moins pour quelques décennies. Le monde est aux mains des Xi, Poutine, Erdogan, Trump, Al Sissi et autres hommes forts de moindre renom. La clique à laquelle M.Macron rêvait d'appartenir n'existe plus ? M.Macron : comme tout bon Français, vous avez une guerre de retard ?

dimanche 16 septembre 2018

Europe : la campagne de Russie de M.Macron ?

Paradoxe ? M.Macron a fait de l'Europe son cheval de bataille, or, aux élections européennes, il risque fort de se faire battre par le FN. De l'art, subtil, du camouflet.

Détail intéressant : on parle de Daniel Cohn-Bendit pour diriger la liste macronienne. M.Cohn-Bendit a, effectivement, tout ce qui manque à M.Macron.

(En réalité, on retrouve les ordres de grandeur du premier tour des présidentielles, et Mme Le Pen avait fait un score bien supérieur aux précédentes européennes. Une interprétation est que M.Macron a un socle d'électeurs d'une vingtaine de pour-cent. Va-t-il tenir ? Et que le vote protestataire est divisé. Mme Le Pen peut terminer en tête, mais il n'est pas sûr qu'elle se refasse une virginité.
En tout cas, LREM à 10 ou 15% et RN à 30% indiqueraient à notre président qu'il doit envisager sérieusement de demander l'asile politique aux Danois.)

Repentance

M.Macron reconnaît le rôle de l'Etat français dans la torture durant la guerre algérienne. Secret de polichinelle. On dit que cela va améliorer nos relations avec l'Algérie. Mais reprendre les thèses de la repentance ne va-t-il pas un peu mieux plomber la côte de notre président : décidément, c'est un homme de nobles pensées, coupé des réalités ?

Cela me semble dangereux de faire porter à quelques-uns les fautes du passé. En effet, je ne crois pas que ces fautes leur appartiennent en propre. Il me semble qu'elles sont en puissance dans la nature humaine. Dans l'avenir, plus que dans le passé. Nous sommes tous des coupables potentiels. Plutôt que se donner bonne conscience, par des gestes sans conséquence, il serait bien de se demander ce qui est la cause des drames ? Et ce particulièrement lorsque l'on détient un pouvoir immense ?

samedi 15 septembre 2018

Harcèlement social

Un article déjà ancien de Harvard Business Review, parlait des dommages qu'occasionnait l'usage de l'email. En effet, l'essentiel de la relation humaine est dans l'émotion. Or, l'email véhicule incorrectement celle-ci. (Dans ma jeunesse, on appelait mes emails des "Skuds"...)

Je me demande si le phénomène n'est pas amplifié par les réseaux sociaux. Pensez-vous que si ceux qui s'y expriment se voyaient en face à face, ils diraient ce qu'ils disent ? Les réseaux sociaux sont faits à l'image de M.Trump. Curieux refuge des temps barbares.

La métamorphose de M.Macron

Homéostasie ? Y a-t-il quelque-chose qui fait que tous nos présidents se ressemblent ?

M.Macron avait démarré "troisième voie". Une tradition française. Il y a autre chose que la gauche et la droite. Il y a la France. Réconciliation de tout, opposants, mais aussi individu et société. Curieusement, il a basculé vers l'option "président normal", c'est-à-dire prétentieux et méprisant, sans que l'on sache ce qui lui a donné une aussi haute opinion de sa supériorité. C'est exactement ce que le Français adore haïr. C'est peut-être ce qui a coûté leur tête aux aristocrates. En France, l'égalité n'est pas tant une question d'argent que d'humilité ?

vendredi 14 septembre 2018

Optimisation japonaise

Je me suis rendu compte que je faisais de l'optimisation japonaise.

Etant célibataire, ma consommation est faible. Pour éviter de commander trop peu à un commerçant du marché, je divise mes achats, sans chercher à les optimiser. Par exemple, j'achèterais bien certains fruits à l'un, mais je sais que si je le fais, je ne prendrai presque rien à l'autre...

En y réfléchissant j'ai compris que mon comportement rejoignait celui des entreprises japonaises. Elles ne cherchent pas à optimiser leurs coûts, mais à "charger" un petit nombre de sous-traitants. Dans les années 80, les théoriciens du management trouvaient cela original et performant.

Un avantage, en ce qui me concerne, en est que les commerçants ne respectent que les clients fidèles et importants.

Par ailleurs, je suis prêt à payer une prime pour le commerçant sympathique. Tout bien considéré, cela n'est pas si gratuit que cela. Car le commerçant sympathique est aussi celui qui rend un petit service, quand c'est important.

Comme quoi le coeur a des raisons que la raison ne comprend qu'a posteriori. Et encore pas très bien, probablement.

Croissance infinie

Les arbres ne montent pas au ciel. La croissance ne peut pas être infinie. Denis Meadows explique que ce que nous appelons croissance est exponentiel. En conséquence, il est évident que cela ne peut pas avancer éternellement.

N'est-ce pas une erreur de raisonnement ? Je ne sais pas si Schumpeter entendait sa "destruction créatrice" ainsi, mais à la fois la destruction et la création ont pour conséquence la "croissance", au sens de l'économie. La destruction en produit moins à court terme, mais plus à long terme, puisqu'elle laisse la place, rasée, à la création. La guerre illustre ce phénomène.

En conséquence l'arbre ne va pas au ciel, il monte et il descend. C'est la technique de Pénélope.