mardi 26 mai 2015

Europe : nettoyage ethnique ?

L'Angleterre et la Grèce, suivis de la Hongrie et de la Suède pourraient quitter l'Europe. Début de la fin, se demande Jean Quatremer ? Il y a, comme il le dit, deux scénarios particulièrement évidents :
  • La débâcle. (Avec crise mondiale à la clé ?)
  • Qui ne tue pas renforce. L'Europe actuelle est un projet anglais. C'est l'Angleterre qui a voulu faire de l'Europe un marché, pour bloquer sa consolidation. Mais aussi pour renforcer le camp anglo-saxon, en lui attachant solidement l'Europe de l'Est et la Turquie, et en affaiblissant ses ennemis, notamment la Russie. Ce qui semble en cause, aujourd'hui, est ce modèle. Cela pourrait produire un noyau européen fort, qui ne serait plus associé aux arrières-pensées anglo-saxonnes. Et pacifier les relations de cette Europe noyau avec ses voisins. 
Paul Krugman a un autre scénario : la Grèce sort, et se redresse. Les Européens se demandent s'ils ne devraient pas suivre son exemple.

lundi 25 mai 2015

Elections en Espagne

Après les élections grecques, françaises et anglaises, voici les élections espagnoles. Une tendance se dégage-t-elle ?
  • Grèce : on casse tout. Le pouvoir aux amateurs. Apparition d'un modèle repoussoir. 
  • France et Angleterre. Pas de changement. Les sondages se trompent. Les partis traditionnels font des scores de partis traditionnels. 
  • Espagne. Intermédiaire ? Comme en France et en Angleterre, les partis traditionnels se défendent plutôt bien et conservent le haut du pavé. Concernant les protestataires, les sondages s'égarent. Mais les dits protestataires jouent maintenant un rôle décisif. Ce qui convient mieux à un parti  inexpérimenté que la situation de Syriza. 

Absurde, paradoxe et changement

Parler d’absurde fait penser à Camus et peut-être aux Existentialistes. En fait, l’absurde vient des philosophes grecs et de Platon, en particulier. L’absurde, c’est découvrir que ce à quoi l’on croit dur comme fer est faux. C’est en cherchant de nouvelles fondations à sa vie que l’on trouve la « vérité » disaient les Grecs. C’est pour sortir de l’absurde que l’homme pense. La philosophie naît en réaction à l’absurde.

D’où la technique du paradoxe. Il y a paradoxe lorsque quelqu’un, une société, la nature… ne se comporte pas comme il le devrait selon vous. Ce qui signifie que vous lui prêtez une logique qu’il n’a pas. Si vous détectez un paradoxe, vous devez mener une enquête. Enquête, mot clé, est l'esprit de la science. C'est chercher une modélisation, une logique, une "vérité", qui permettrait d’expliquer le phénomène curieux. Puis en déduire une expérience. Expérience, mot clé. L’expérience est ce qui permet de tester la justesse de vos idées. 

Le paradoxe est le moteur de la philosophie et de la science, et la technique première de conduite du changement.  

(Tout ceci a des bases identiques à la théorie de la complexité : la vie est un état de la "matière" à la fois organisé et capable de changer. Entre inerte et chaos. Cette organisation est son "sens" du moment, sa "vérité". La "vérité" est donc à la fois absolue dans l'espace, mais relative, dans le temps, puisqu'elle change. En termes de changement, on dit la même chose depuis 2500 ans ?)

dimanche 24 mai 2015

Séminaires sciences et pratique du changement

Benjamin Bouchet prend en main mon activité formation. Son rôle : la développer de manière rationnelle.

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Nous sommes à deux pas d'ici
« P1090582 Paris II salle Favart rwk » par Mbzt  Travail personnel. Sous licence CC BY 3.0 via Wikimedia 

Le changement est entré dans les pratiques. Cependant, les enjeux sont grands et les pressions sont fortes sur ceux qui le portent. Et s'il était temps de prendre du recul par rapport à sa pratique ? D'analyser ce qui marche et pourrait être amélioré ? De partager l'expérience d'autres praticiens ?... Pour en sortir bien armé et confiant en soi ? Idée de départ.

Selon la nature du besoin, nous proposons des séminaires d'un ou deux jours. Fil directeur et stimulant: l'enquête que je mène depuis quelques décennies. Elle a deux axes :
  • Une analyse méthodique des travaux que la science (l'humanité) a consacrés au changement. Qu'est-ce que les sciences ont à dire sur le changement ? Quelles en sont les conséquences ?
  • Une collecte systématique d'exemples pratiques du changement en "organisation" (public / privé), par ceux qui le mènent, partout où ils sont. 
Théorie et pratique, ma marque de fabrique. Travail sur des cas, d'abord tirés de mes enquêtes, pour chauffer la salle, puis venant de l'expérience des participants ; la science comme "méthodologie ambulatoire", outil qui guide l'action. N'attendez pas de leçons. Vous apporterez autant que vous recevrez, du groupe.

Notre idéal ? Le participant qui vient avec une question qui le préoccupe, et qui repart optimiste, avec un plan d'action solide. 

Pour petit groupe de six ou huit personnes, dans un lieu agréable à Richelieu-Drouot. Des renseignements ? mail de Benjamin.

Pourquoi je ne vaux rien - introduction à la théorie de la valeur

Je peste contre Google. L'interface de saisie de ce blog est jurassique. Comment une entreprise qui jette les milliards par les fenêtres peut-elle consacrer aussi peu de moyens à l'une de ses applications ? Si j'en juge par mon expérience du développement, un développeur motivé aurait pu arriver au même résultat en pas beaucoup plus d'un an. Peut-être moins. Et c'est à ce moment que j'ai compris mon erreur. J'ai une vision de la valeur qui n'est pas celle de Google. Pour moi, la valeur est une fonction linéaire de mon temps de travail, qui ne vaut pas plus que celui d'un autre. Pour Google, il y a des génies dont la minute est hors de prix. 

Cela m'a rappelé ma jeunesse. J'étais furieux parce que mes collègues faisaient des carrières fulgurantes alors qu'ils produisaient des programmes qui ne marchaient pas. En fait, je viens de comprendre que, contrairement à moi, ils ne mesuraient pas leur valeur par leur production. La "valeur" était une qualité qui leur était propre. Elle était innée. Par conséquent, comme Google, tout ce qu'ils touchaient valait cher, que cela marche ou non. Et tout ce qui venait des autres ne valait rien. D'ailleurs je partageais leur point de vue. J'ai conçu des produits qui auraient pu être à l'origine d'entreprises. Mais cela m'avait semblé tellement facile que je ne voyais pas ce que cela pouvait bien valoir. En revanche je ne pouvais pas admettre que tout le monde ne fasse pas comme moi. J'étais monté à l'envers. 

Mais, là où il y a eu coup de génie, c'est que tous ces gens sont parvenus à faire payer 1000 ou plus ce qui pour moi aurait valu 1 ou moins. Il y a eu une inflation colossale, à côté de laquelle une grande partie de la population est passée. Elle a été dévaluée. Avec moi. 

samedi 23 mai 2015

Leçon de prospective, par The Economist

Il y a quelques temps, par un très élégant raisonnement, The Economist a prévu que le prochain cabinet Israélien serait modéré. Et c'est le contraire qui s'est produit. 

Enseignement ? Il vaut mieux éviter de chercher à prévoir l'avenir. 

Ecole Centrale : ancêtre des écoles de management ?

En regardant l'histoire de l'Ecole Centrale de Paris j'ai découvert une idée.

Les Saint Simoniens pensaient qu'il y avait une Science de l'industrie. L'Ecole Centrale avait pour but de mettre au jour et d'enseigner cette science. Ce n'était donc pas qu'une science de la technique, mais aussi une science de la gestion. C'est probablement pour cela que, si j'en crois Jean-Pierre Schmitt, le premier cours français de gestion de production, partant des recherches de Taylor, a été donné à Centrale. Et Taylor a été le premier à se nommer "consultant en management". 

Si l'ingénieur français a été conçu comme polytechnicien ou pluridisciplinaire, c'était peut-être parce que l'on voulait qu'il soit un manager complet, et non un spécialiste d'élite. Un homme de la complexité systémique et non du cheveu coupé en 4. Une personne capable de reconnaître et d'encourager le talent de l'autre et non de l'infantiliser par sa prétendue supériorité. Ce modèle, qui est, au fond, celui du MBA, pourrait-il renaître ?

Pistes :
  • Sélection : probablement un esprit très particulier, un as de la résolution de problèmes complexes, dans l'incertain. Peut-être même une forme de leadership. Mais pas, nécessairement, un orfèvre de l'équation bien posée. Les grandes écoles ne doivent pas recruter "l'élite scientifique" française. 
  • Processus de formation : favoriser l'initiative, plutôt que le conformisme.
  • Sciences et techniques : les fondamentaux nécessaires à comprendre l'esprit, pas le détail.
  • Sciences de l'homme, ça existe, et c'est premier. Ce qu'a compris le MBA.
(Tout ceci se trouve assez loin des idées de Pierre Velz.)

vendredi 22 mai 2015

Réforme des collèges : que signifie "élitisme" ?

Notre gouvernement veut combattre l'élitisme ? Je crois qu'il y a une confusion sur ce terme, qui brouille actuellement ce que l'on comprend du débat sur la réforme des collèges.

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Si j'en crois ce que j'entends, l'éducation nationale, dont nous avons longtemps été si fiers, est en faillite. On n'y apprend plus rien. Et ce, au moins depuis 68. Alors, les parents cherchent à sauver leurs enfants de la débâcle. Pour cela ils ont repéré quelques filières, qui fournissent de bonnes conditions de travail. Notamment les fameuses "bilangues" (pourquoi pas bilingues ?). Ce n'est donc pas le fait d'enseigner le grec ou le latin, l'allemand et l'anglais qui compte. Le gouvernement l'a bien compris. Et il ne veut que personne puisse échapper au naufrage. 

Curieusement, il existe des îlots qui semblent protégés définitivement du réformateur. Ce sont quelques lycées de beaux quartiers, officiellement "d'élite", et les écoles privées. Pourquoi ? Parce qu'aussi bien à gauche qu'à droite nos politiques y ont leurs enfants, êtres d'élite ? 

Gouvernement de Possédés ?

La réforme des Collèges semble révéler quelque-chose qui ne va pas de soi. Ce qui pourrait gouverner notre gouvernement est l'idéologie, non la volonté de survie propre au politique ordinaire. Notre gouvernement est le porteur du bien ? Et il va l'imposer par le fer et le feu ?

Nos gouvernants seraient-ils des "possédés" au sens de Dostoïevski ? Des nihilistes, au sens de Camus (et de Dostoïevski) ? Ou cela mène-t-il, selon Dostoïevski ?
Or, il y avait là un grand troupeau de pourceaux qui paissaient sur la montagne ; et les démons Le priaient qu’Il leur permit d’entrer dans ces pourceaux, et Il le leur permit. Les démons, étant donc sortis de cet homme, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se précipita de ce lieu escarpé dans le lac, et fut noyé. Et ceux qui les paissaient, voyant ce qui était arrivé, s’enfuirent et le racontèrent dans la ville et à la campagne. Alors les gens sortirent pour voir ce qui s’était passé ; et étant venus vers Jésus, ils trouvèrent l’homme duquel les démons étaient sortis, assis aux pieds de Jésus, habillé et dans son bon sens ; et ils furent saisis de frayeur. Et ceux qui avaient vu ces choses leur racontèrent comment le démoniaque avait été délivré. (Évangile selon saint Luc, ch. VIII, 32-37.)

jeudi 21 mai 2015

Malheureux ingénieur

Témoignage d'un diplômé cinquantenaire du MIT. Transmis par Hervé Kabla. Tous les diplômés de son âge sont exceptionnellement prospères, sauf les ingénieurs ! La star du Lisp (langage d'intelligence artificielle des années 80) est payée comme un trentenaire, et tous sont dans des conditions peu glorieuses, et encore moins assurés de leur avenir. Et, il parle d'une séance de retape du MIT. Les chômeurs se sont abstenus.

Voilà qui en dit long sur notre société. Ce sont les professeurs et les juristes qui se sont enrichis. Ils ont des jobs assurés et la retraite à portée de main. La technocratie ! Les productifs, les ingénieurs en particulier, ont subi les foudres du marché. Ce qui a permis de "créer de la valeur" par réduction salariale. C'est comme cela que la technocratie voit les choses. 

Mais aussi, avez-vous entendu tout ce ramdam sur l'excellence ? Saclay, où sont regroupées toutes nos grandes écoles d'ingénieurs, va rivaliser avec Stanford et MIT, nous dit-on. Mais qu'est-ce que cela signifie rivaliser avec un MIT qui produit du chômeur ?  Ingénieur de grande école : élite de la nation, ou mouton bon à tondre ?