mardi 17 octobre 2017

Justice

Il y a quelques temps France Culture lisait le livre d'un journaliste américain. Il a suivi pendant un an une équipe de policiers. Le peu que j'en ai entendu m'a fait penser qu'il était quasi impossible de trouver des preuves indubitables d'un crime. Cela peut donner raison à Clint Eastwood, dont les héros se font justice. C'est d'ailleurs, ce qui semble arriver avec les "fichés S" et Harvey Weinstein. L'inefficacité de la justice nous fait-elle perdre patience ? Le plus surprenant est que ses défenseurs naturels semblent désormais les plus prompts à adopter des solutions radicales.


lundi 16 octobre 2017

The artist

Pourquoi ne pourrait-il pas y avoir d'affaire Weinstein en France ? Demandait France Info à un invité, hier matin. Parce qu'en France tout est permis à "l'artiste", lui fut-il répondu.

Cela explique peut-être pourquoi on admire tant Céline, Heidegger ou Nietzsche, et que M.Mitterrand manifestait son estime pour des écrivains collaborateurs. En France, la morale et la loi, c'est pour les inférieurs ?

Through the Brazilian wilderness

Un roman d'aventure digne de Jules Vernes. 1913, Théodore Roosevelt, qui a quitté quelques temps plus tôt la présidence des USA, s'engage, avec un de ses fils et pour la science, dans la découverte de territoires brésiliens inconnus. Il va notamment mettre sur la carte un affluent (de 1500km) du principal affluent de l'Amazone. L'expédition se fait dans des conditions effroyables, mais avec courage et dignité. Pluies incessantes, attaques de multitudes d'insectes vicieux, noyades dans des rapides, indiens menaçants, mutinerie, malaria... Si j'en crois wikipedia, le président mourra quelques années plus tard des maladies contractées lors de ce voyage.

Théodore Roosevelt est un amoureux fou de la nature et un remarquable écrivain. Rien ne lui échappe. Il décrit la faune et la flore de manière simple et précise. Il fait aussi de discrètes considérations sur la science et la vie. En particulier, il remarque que le comportement des espèces n'est pas génétiquement déterminé. Il semble différer selon les circonstances. Par exemple, dans certains endroits, les pumas sont mangeurs d'homme, mais pas ailleurs. Il montre, encore, que l'animal ne cherche pas toujours à se fondre dans son environnement. Souvent, il fait le contraire. Ce livre est aussi un regard sur la société brésilienne. C'est une société où les races se mélangent. Certes, le colonisateur portugais y a l'avantage, mais ce n'est pas l'Amérique. Surtout Roosevelt y parle du progrès et de la conquête par l'homme de la nature. Finalement, c'est une leçon de vie. Les actes de Roosevelt sont conformes à sa pensée. Pour l'humanité, la science et la gloire ?

dimanche 15 octobre 2017

Harvey Weinstein

 Harvey Weinstein, contre qui tout le monde s'acharne, a longtemps été un citoyen admiré : un démocrate militant, proche de Mme Clinton et de M.Obama. Voici ce qu'en dit wikipedia :
Weinstein has been active on issues such as poverty, AIDS, juvenile diabetes, and multiple sclerosis research. He serves on the Board of the Robin Hood Foundation, a New York City-based non-profit that targets poverty, and co-chaired one of its annual benefits. He is critical of the lack of gun control laws and universal health care in the United States. 
Weinstein is a longtime supporter and contributor to the Democratic Party including the campaigns of President Barack Obama and presidential candidates Hillary Clinton, and John Kerry. He supported Hillary Clinton's 2008 presidential campaign, and in 2012, he hosted an election fundraiser for President Obama at his home in Westport, Connecticut.
Si j'en crois wikipedia, M.Weinstein aurait même un enfant qui aurait changé de sexe.

M.Trump doit bien rire. La gauche bien pensante ne serait-elle pas au dessus de tous soupçons ? Y aurait-il des similarités avec l'affaire DSK ?  A l'époque on avait parlé de Dreyfus. Peut-être n'avait-on pas tort. Car, quelles que soient ses turpitudes, M.Weinstein est condamné sans procès. Même la France veut lui retirer sa légion d'honneur. Viol de la justice ?

Développement

Brésil : corruption et obésité. Est-ce un mal brésilien ? Il semble plutôt que ce soit la caractéristique commune de notre modèle de développement depuis la guerre. Il a peut-être deux caractéristiques :
  • Le moteur de ce développement, ce n'est pas le progrès, mais le consumérisme. C'est ce qui crée l'obésité. C'est ce qui fait que l'iPhone nous fait oublier notre santé. 
  • Le moyen, c'est l'entreprise privée à laquelle l'Etat confie la fabrication des produits que le pays a été conditionné pour désirer. 
Ces deux aspects se retrouvent, me semble-t-il, partout, y compris dans l'Occident des Trente glorieuses. Si leurs conséquences ont été moins graves chez nous, c'est peut-être que, d'une part, le consumérisme de l'époque était moins dangereux que celui d'aujourd'hui, et, d'autre part, que l'Etat contrôlait mieux l'entreprise que ne le fait le Brésil.

samedi 14 octobre 2017

Harcèlement

Pourquoi parle-t-on de harcèlement à Hollywood et dans la Silicon Valley, se demande Le Monde. Et pourquoi de vieilles affaires émergent-elles maintenant ?

C'est une illustration du changement comme phénomène, selon Kurt Lewin. Il ne se fait pas instantanément. Il demande du temps, des circonstances favorables, et la mise en place de structures sociales. Dans ce cas, les harceleurs ont perdu en pouvoir de nuisance, ce qui les a rendus fragiles ; et les journaux ont mis sur pied des équipes et des techniques d'enquête efficaces. Le sujet rapportant beaucoup, elles sont en recherche systématique de nouveaux scandales à révéler.

La question qui se pose est : jusqu'où ira le balancier ?

Brazillionaires

Découvrir le Brésil grâce à ses milliardaires. Le Brésil, exemple même des dérives du capitalisme moderne ? Les Trente glorieuses qui auraient déraillé ? D'un côté, il y a une poignée de milliardaires, qui passent, en hélicoptère, de gigantesques propriétés protégées par des forces paramilitaires au sommet des buildings de leurs sociétés. De l'autre une masse de gens qui vivent sur des tas d'immondices. Et, au milieu, une des sociétés les plus dangereuses au monde.

Le Brésil est une colonie portugaise, puis un empire, longtemps esclavagiste. L'appétit du monde pour les ressources naturelles du pays a provoqué des bulles spéculatives, qui ont transformé son clientélisme constitutif en une hyper corruption. Privé et public vivent main dans la main. L'un et l'autre s'enrichissent mutuellement. Le peuple, à condition, qu'il y gagne un petit quelque-chose, n'y voit rien à redire. Dilma Rousseff et Lula n'ont rien changé. Ils ont simplement demandé à ce que l'on donne un peu d'argent aux pauvres. Argent que ceux-ci ont converti en iPhones et écrans plats, à crédit usuraire. Ainsi, l'on pouvait désormais vivre riche la conscience en paix ?

Quant aux milliardaires, ils n'ont rien de très original. Il y a les anciens, qui se sont enrichis de manière traditionnelle, par le détournement de bien public. Et les nouveaux, qui ressortissent au grand mouvement financier international de ces dernières décennies. L'un d'entre eux est un comparse de Warren Buffett. C'est un spécialiste de l'ingénierie financière et des plans sociaux. L'autre est un maître du powerpoint. Un grand bateleur qui a vendu aux investisseurs des coquilles vides. Il fut un temps la huitième fortune mondiale.

vendredi 13 octobre 2017

Modèle Sarkozy

M.Sarkozy aurait dit de M.Macron que c'était lui "en mieux". C'est aussi ce qui me frappe, depuis son élection. M.Macron me paraissait comme un intellectuel, un énarque de l'ombre. Mais, il me semble maintenant que ce qui lui plaît est d'être dans l'action. Un psychologue me disait "il ne sait pas fabriquer, mais il sait vendre. C'est un bon VRP." (Ce qui était un compliment.)

Le plus étrange est que MM.Sarkozy, Valls et Macron soient du même type. Et d'un type qui n'était pas fréquent jusque-là. Et que l'échec de M.Sarkozy non seulement ne l'ait pas condamné, mais l'ait amené à s'améliorer, façon sélection naturelle. Peut-être répond-il, justement, aux besoins de notre temps ?

Démocratie

J'ai été frappé, dans les années 90, d'entendre les Américains dire qu'ils apportaient la "démocratie" au monde. Or, ce qu'ils entendaient par là n'était pas à la définition que l'on a en France. Il s'agissait, essentiellement, d'une définition commerciale.

Aussi, cette définition ne correspond à rien d'historique. La séduction qu'a opérée l'Occident vient des trente glorieuses. Or, ce fut, partout dans le monde d'ailleurs, une époque technocratique. Mieux : même aux USA, les phases de "déréglementation" correspondent à des moments de chaos. En outre, les sociétés anglo-saxonnes sont notoirement inégalitaires. Les riches appartiennent à une autre race que les pauvres. Peut-on parler de démocratie dans ce cas ?

La particularité de l'Occident semble plutôt être une forme de dirigisme démocratique. C'est peut-être ce que Kurt Lewin a appelé le "changement planifié". La légitimité du "haut" est de mettre en oeuvre ce que veut la collectivité. Certains universitaires des années 60 parlaient de "servant leader". C'est ce qui fait que ce dirigisme ne peut devenir un totalitarisme.

(Le plus étonnant, pour moi, est que personne n'a protesté. C'est curieux comme la société a la capacité de gober des contre vérités.)

jeudi 12 octobre 2017

Barbara Hannigan

France Culture consacrait une journée à Barbara Hannigan, une artiste lyrique. Elle expliquait qu'elle avait refusé l'opéra traditionnel, pour la musique contemporaine. Non aux contraintes surannées, oui à la satisfaction personnelle. En cela, elle est peut-être représentative d'une époque.

Ce qu'il y a de curieux, c'est que cette génération, qui refusait la "tradition", a voulu en imposer une autre. Mais si l'art n'est que l'expression d'un individu, en quoi le groupe peut-il s'y retrouver ? Peut-être, comme beaucoup de révolutionnaires, ne voulait-elle pas changer le système, mais seulement y prendre les meilleures places ?