jeudi 17 août 2017

Demandeurs d'asile

Au premier trimestre, le nombre de demandeurs d'asile à l'Europe aurait beaucoup baissé par rapport à l'année précédente (47%). Pourquoi ? Principalement du fait d'une réduction importante du nombre de réfugiés syriens (ils seraient une vingtaine de milliers, en baisse de quatre-vingt dix mille). Rapport Eurostat.

J'entendais aussi dire que les Syriens quittaient les camps dans lesquels ils s'étaient réfugiés, pour revenir chez eux. Notamment à Alep. 

Leçon de démocratie ? La dictature n'est insupportable qu'à ceux qui ont tout ?

Chronique / A quelles crises les organisations sont-elles confrontées ?

On pourrait résumer ces crises par « panne de performance ». Les dirigeants décident. Mais ces décisions ne donnent rien, ou font perdre de l’argent. Par exemple, les études des universitaires montrent que la plupart des acquisitions sont des échecs, les fonds d'investissement ont un très mauvais rendement, la productivité de l’informatique est nulle ou négative (paradoxe de Maslow), etc.

(Deux éléments complémentaires. 1) il me semble que cette panne se voit dans les chiffres du PIB, qui ne bougent pas ; 2) les outils de performance du consultant ressortissent au "lean". Les spécialistes de ces techniques avec lesquelles j'ai travaillé, estiment qu'elles sont à bout de course.

mercredi 16 août 2017

Sélection

Nous sommes fiers de Descartes, Condorcet et autres Pascal. Ce sont les géants sur les épaules desquels nous sommes perchés. Pourtant, à leur époque, la sélection du talent se faisait par la naissance. Idem pour nos grandes écoles. Le genre de sélection qui s'y pratiquait, aux origines, n'avait rien à voir avec ce qui se fait aujourd'hui. Et pourtant, ce sont leurs premières générations d'élèves qui ont fait leur réputation. 

Ce qui a fait Pascal, Condorcet ou Descartes, ce sont les acquis culturels de leur temps. Idem pour les grandes écoles : elles étaient les seules à détenir un savoir scientifique, qui était alors une innovation. Autre exemple : Bill Gates aurait déclaré que peut-être seulement cinq personnes auraient pu faire ce qu'il a fait, tant il s'est trouvé dans des circonstances favorables. (Ce qui ne diminue pas son mérite.)

Le rôle de la sélection humaine n'est donc pas de détecter le talent, elle en est incapable. Mais d'éviter les embouteillages. Il n'y a pas de place pour des armées de dentistes, par exemple. Seulement, le fait que notre "élite intellectuelle" se rue comme un seul mouton à la poursuite de la première mode qui passe, montre qu'une sélection excessive peut aussi avoir des effets pervers. Elle crée un esprit ritualiste et non pas rationnel. Pour les éviter, il serait bien de commencer par arrêter de se bercer d'illusions quant aux objectifs de la sélection ? 


Chronique / Pourquoi faut-il manager un projet de changement ?


Cela tient à une vérité évidente mais qui semble échapper à tout le monde. Les entreprises sont conçues pour  « produire ». C’est à dire faire toujours la même chose (par exemple fabriquer des voitures ou des médicaments qui respectent des normes…). Donc, elles doivent impérativement combattre tout aléa, tout changement. 

Ce qui fait que si le changement n’est pas managé, il échoue.

Chronique de l'été

Le principe des techniques de conduite du changement c'est l'interdépendance. Celui de notre époque, c'est l'indépendance. L'ayant compris, je me suis dit qu'il ne servait à rien d'écrire sur le sujet. Mais voilà qu'une revue me pose quelques questions intelligentes. Et si le vent était en train de tourner ?

En tout cas, je vais publier, en un peu modifié, quelques réponses que j'ai faites aux dites questions. Peut-être que cela sera utile à quelqu'un...

mardi 15 août 2017

Stage

Un ami, qui tentait de lancer une entreprise, me disait que les stages devraient être gratuits. Comme cela, il n'y aurait plus de difficultés à trouver un stage. Mais, alors, pourquoi ne pas faire payer les stagiaires ? Après tout avoir pu faire un stage est un avantage. 

Lorsque j'étais chez Dassault Systèmes, un de nos stagiaires nous a permis de décrocher un de nos premiers très gros contrats. Il avait conçu un module de cinématique, qui marchait, contrairement à celui de nos concurrents. Il y a quelques années une multinationale de la cosmétique m'a fait savoir qu'un de mes élèves ne pourrait pas venir en cours, car il était essentiel pour assurer la clôture de ses comptes. Ce à quoi j'ai répondu que mon université était flattée de former des gens irremplaçables. Il y a ici quelque-chose de paradoxal. Alors que les (vieux) dirigeants n'aiment que la jeunesse, disent que c'est d'elle que viennent les idées nouvelles, et licencient le vieux par wagons, le travail du jeune ne semble avoir aucune valeur. 

Il y a surtout effet pervers. Je me suis penché sur le cas d'une entreprise qui emploie beaucoup de stagiaires. Elle opère dans un secteur vraiment très prospère. Mais elle n'est pas rentable. Son chiffre d'affaires par personne n'est même pas la moitié de celui de la profession. Et si bien payer ses salariés forçait le dirigeant à justifier à ses clients le prix élevé de ses services ? Et si, en fin de course, il s'y retrouvait ?

Notre prison est un royaume

Une année de seconde au lycée Condorcet, avant guerre.

Tout le monde y portait un surnom. On est plus mal pensant qu'aujourd'hui : il y a le "nègre", le "Juif". Mais aussi le "royaliste", "bigloteux" (myope), les "sommeilleux" (endormis au fond de la classe), "rouquinoff" (roux), etc. Les enseignants et le personnel administratif aussi ont un sobriquet.

On les découvre, au cours du livre, moins sots et indifférents qu'on le croyait. Car, comme l'indique le titre, le lycée de ces temps oubliés était un univers clos. 

lundi 14 août 2017

Tourisme

Apparemment, le gouvernement voudrait qu'il y ait cent millions de touristes en France. Mais, ailleurs, où le tourisme a beaucoup cru ces derniers temps (Espagne), la population se révolte. Car le tourisme provoque de sévères désagréments. Particulièrement lorsqu'il est le fait des Anglais. (Une émission de France Culture, ce matin.)

Le libéral dit : le tourisme rapporte de l'argent, donc il est bon. Seulement, le tourisme rapporte à certains, et coûte aux autres. D'ailleurs, ceux qui ont le plus à gagner ne sont pas forcément des nationaux. En particulier, AirBnB prend 17% du prix de la location. Alors on répond : réglementons. Interdiction de posséder des résidences secondaires en ville, par exemple. (Cela se ferait à Amsterdam, selon l'émission.) D'où la situation actuelle de la France : à coups de réglementations faites par un corps législatif qui vit dans l'abstraction, on parvient à des aberrations. 

Echec et mat ? Il existe un troisième type de technique de conduite du changement. Il consiste à "organiser l'autonomie". C'est le "changement planifié". Après une analyse de la question, tirée par le bas, le haut met en place le dispositif qui permettra à ce même bas de réaliser le changement tout en en profitant. C'est la technique qui a été utilisée par les Américains pour mettre en oeuvre le plan Marshall, afin qu'il ait des effets positifs pour tout le monde, notamment pour eux. 

(Selon Kurt Lewin, ce changement est le changement démocratique. Entre dirigisme et laisser-faire, il y a une troisième voie.)

Montclar

Histoire d'un homme qui a besoin de souffrance et d'éloignement pour aimer. Et qui doit "se perdre pour se retrouver". (Une citation de Fénelon.)

Mais c'est aussi le portrait d'un aristocrate fortuné d'avant la grande guerre. Une époque, pas si lointaine, où le monde était dirigé par quelques milliers de gens extrêmement riches et fort cultivés, qui vivaient dans une société de rites compliqués.  Des étoiles inaccessibles, pour nos ancêtres vers de terre. C'est cette partie du livre, involontaire probablement, qui m'a intéressée. C'était un autre temps.

Le nôtre est toujours dominé par une petite clique. Mais c'est une clique de gueux. (Comme disait une vieille comtesse, de ce qu'elle pensait de lui, au mari de sa petite-fille.)

dimanche 13 août 2017

Anatole France

Qui lit encore Anatole France ? Et pourtant quel talent ! Plus personne ne sait écrire comme cela. C'est simple et élégant. Cela se lit d'une traite, et pourtant ce n'est pas sans profondeur. Et surtout, il n'y a aucune agressivité. "castigat ridendo mores", dans la tradition de Molière ? Une leçon que nos  littérateurs modernes pourraient méditer ? 

Et sa vie semble avoir été à la hauteur de son oeuvre. Il fut un des premiers à défendre Dreyfus. Ce qui demandait du courage. Il a été proche de Jaurès, plutôt de gauche, mais sans jamais tomber dans les excès, et les utopies, semble-t-il. 

Pourquoi l'a-t-on oublié ? Apparemment, il a suscité l'ire de ses successeurs. Aragon, notamment. Mais, eux-mêmes, que nous ont-ils laissé ? Plus destructeurs que créateurs ?