lundi 23 janvier 2017

La peur du paradoxe

Lorsque j'enseignais, les dernières années, je faisais peur à mes élèves...

L'exercice que je leur proposais était le paradoxe. Qu'est-ce qui leur paraissait bizarre ? Innocent, et évident, non ? Pourtant cela provoquait des comportements étranges. Paradoxe du paradoxe.

Le savoir-faire de la jeunesse serait-il de nous dire ce que nous avons envie d'entendre ? Elle n'a pas d'avis, elle adapte son ramage à nos idées ? Elle a peur, en révélant ce qu'elle pense, de se faire condamner, ou de trahir ce qu'elle croit être la noirceur de son âme ?!

De l'action du leader

Bergson pense qu'il existe des "êtres privilégiés", qui ont la faculté de changer le monde. Ils lui apportent, aussi, une touche personnelle. Cette idée se retrouve dans les théories du management : ces êtres exceptionnels sont appelés des "leaders". 

Je me demande si ces leaders ont réellement la faculté de créer la réalité. Je soupçonne qu'ils ressemblent au sculpteur. Il révèlent une potentialité de la pierre. Mais, on peut tirer plusieurs statues d'une même pierre ! c'est peut-être là que le leader a un impact décisif sur l'avenir. Mais peut-il vraiment faire acte créatif ? Je soupçonne que c'est l'histoire de beaucoup d'idéologies. Elles ont révélé quelque chose d'important, mais elles étaient aussi porteuses de beaucoup "d'irréaliste". Et cette partie de leur héritage n'a cessé de nous poser des problèmes. A l'image des conséquences du progrès scientifique.

dimanche 22 janvier 2017

Michael Landon

Hasards d'un enchaînement de liens wikipedia. Je lis la vie de Michael Landon, personnage principal de La petite maison dans la prairie. (Faute de télé, je n'ai pas vu cette série, mais j'en ai tout de même entendu parler.) Eh bien, c'est effroyable. Il a eu une enfance détestable, avec une mère qui le haïssait. Et ensuite il s'est tué au tabac et à l'alcool. Mon exploration vagabonde de wikipédia me montre qu'il n'a pas été le seul artiste dans ce cas. 

Le rayonnement de l'artiste est-il une compensation aux mauvais traitements qu'il a reçus ? En fait, ce qui me frappe dans ces histoires, c'est que l'on nous dit que les parents sont naturellement bons pour leurs enfants. Mais pourquoi cela serait-il le cas ? On trouve aussi normal que la vie soit un rapport de force, pourquoi ne s'exercerait-il pas dans la famille, d'autant que l'enfant est faible par construction ? 

Si ce n'est pas fréquemment le cas, c'est probablement du fait de la société, qui l'empêche. Paradoxalement, l'individualisme va probablement à l'encontre du développement de l'individu. C'est la société qui fait l'homme libre ?

Le paradoxe de Bergson

Le philosophe Lucien Lévy-Bruhl observe que les primitifs ne sont pas reconnaissants. Lorsque la médecine occidentale les soigne, ils ne se sentent pas débiteurs. Même, ils lui réclament une rémunération !

Ce qui rappelle l'histoire suivante à Henri Bergson. Quand il était enfant, on a dû lui extraire des dents de lait. Pour mettre un terme à ses hurlements le dentiste lui donnait une pièce. Elle lui permettait de s'acheter des sucres d'orge. la conclusion que Bergson enfant aurait pu en tirer était que le dentiste payait pour faire souffrir les gens, sa vocation. 

Leçon : comportement bizarre ne signifie pas bêtise. Chacun voit midi à sa porte. S'il ne comprend pas le bien que vous voulez lui faire, c'est parce qu'il n'a pas la même porte que vous. C'est le paradoxe. Moteur de ce blog.

samedi 21 janvier 2017

Vrai et faux changement

Bergson trouve deux sources à la morale. Il y a la contrainte sociale : on la respecte pour que la société, dont nous dépendons, puisse marcher. Et l'envie, "l'aspiration". Elle serait peut être même le prolongement de l'élan qui fait avancer le monde. Élan relayé par des êtres exceptionnels, comme Socrate. Leur exemple suscite des vocations, qui propagent, de proche en proche, leur message pendant des millénaires. Ces êtres sont des créateurs. Rien de ce qu'ils ont fait n'était prévisible.

Je constate qu'il y a effectivement deux types de changements. Il y a le "faux changement". Il est formulé comme un changement, mais il ne fait que renforcer le statu quo : vous devez vous sacrifier, pour que je ne change pas. Il peut se parer des couleurs du progrès : c'est la transformation numérique qui l'exige !, par exemple.
Et il y a le "vrai changement", qui, lui, embarque tout le monde. Il y a peut-être création, aussi. Mais c'est une création collective, à mon avis. Est-elle portée par l'énergie des origines ?

Le changement selon Bergson

Bergson explique ainsi le changement. L'artiste ne produit pas quelque chose que nous aimons, il redéfinit nos critères de jugement. Nous ne voyons plus l'art de la même façon avant et après lui. Idem pour tout changement. Il existe des êtres exceptionnels qui ont la capacité de créer la réalité. On y croit. Et elle naît.

Le changement naît tout armé, et fini. 

(Serge Moscovici a fait une expérience qui montre qu'effectivement, dans certaines conditions, notre vision du monde (des couleurs dans son cas) peut être reprogrammée.)

vendredi 20 janvier 2017

Mr Trump and Dr Obama

Il y a un test psychologique qui vous montre tel que vous vous rêvez et tel que vous êtes. Il semblerait que ce soit l'histoire de Trump et d'Obama. Obama, c'est l'homme idéal. Il a une faculté hors du commun à s'adapter à la situation dans laquelle il se trouve. Il domine de sa grâce et de son intelligence les lieux où nous aimerions tous être. Les Olympes de la culture populaire. C'est le people ultime. Quant à Trump, il ne s'adapte pas. Il est toujours lui même, désarmant de maladresse. Désespéré d'être aimé, même de ses ennemis. Il nous ressemble. Voilà ce que dit cet article, si je l'ai bien compris.

Trump de Paris Match

Paris Match connaît bien Donald Trump. C'est le client idéal. Il vit dans le faste, et ne connaît pas la langue de bois. Parfait pour un reportage tel que le veut le lecteur de Paris Match. 

Trump ? Il était fier de montrer sa réussite, ses avions et ses immeubles. Il a eu aussi ses passages à vide. Il en parle avec toujours autant de franchise. Puis il devient une vedette du show biz. Alors, il a senti que le peuple l'aimait. Et il a compris que le pouvoir était à sa portée. Qu'il pouvait prendre Washington, la seule ville qui lui ait jamais résisté. 

Trump ou la quête de la puissance ?

L'Intelligence Artificielle fait peur à la Silicon Valley

Je lis ceci dans le Financial Times : 
Tech leaders at Davos fret over effect of AI on jobs 
Silicon Valley fears vilification like bankers for prospering at expense of everyman 

Curieux. En France, on entend qu'il n'y a rien de mieux que l'Intelligence Artificielle. Alors même que ceux qui ont le plus à en bénéficier, s'inquiètent. La France parvient-elle encore à penser ou ne fait-elle que relayer, avec dix ans de retard, des idées qui viennent d'ailleurs ?

Que cache le revenu universel ?

Le revenu universel fait l'unanimité à gauche et à droite. En fait, dit la vidéo ci-dessous, il repose sur deux idéologies convergentes. Toutes deux partent du principe que dans le monde de l'ordinateur, beaucoup de gens seront inemployables. Et l'Etat ne pourra plus jouer son rôle de protection de l'individu. Le revenu universel est une, misérable, contrepartie pour ceux qui auront tout perdu. Une contrepartie provisoire, le temps qu'ils acceptent le changement ? 


(D'où rejet des élites ? Le monde solidaire construit après guerre pour permettre à l'homme de vivre une vie d'être humain, a été conduit par leur gestion à une société dans laquelle ils aimeraient que l'on trouve naturel qu'ils ont tout gagné, et que les gens qu'ils devaient servir ont tout perdu ?)