mardi 28 février 2017

Injonction paradoxale culturelle

La France n'arrête pas de produire des lois. Pourtant aucun Français ne les respecte ! Cela m'a longtemps troublé. Mais cela s'explique. Nous demandons des lois pour les autres. Quand on veut nous les appliquer, les raisons qui prouvent leur injustice nous crèvent les yeux. 

M.Sarkozy a joué de cette corde. Mes défauts montrent que je suis l'un des vôtres. Je suis sympathique. Pourquoi M.Fillon ne fait-il pas son coming out de Français ? 

(Pourquoi roule-t-on à droite ? Parce que ceux qui ont fait autrement sont morts. Les lois que la France applique ressemblent à celle-ci. C'est pourquoi nous commençons à résister au droit, afin de juger s'il est sérieux.)

lundi 27 février 2017

La systémique en trois minutes

S'il y a de l'ordre, et pas chaos, c'est parce qu'il y a maintien de l'ordre.

Cette constatation triviale a des conséquences colossales. Elle explique pourquoi notre vie paraît parfois incompréhensible. Pourquoi il y a des crises. Pourquoi nous pavons l'enfer de bonnes intentions. Surtout, cela peut nous éviter de le faire. Pourquoi n'est-ce pas enseigné ? 3 minutes de systémique :


Samson et Dalila

Une émission consacrée à Hedy Lamarr m'amène à l'histoire de Samson. (Elle a joué dans le film Samson et Dalila.) Un Freud contemporain aurait peut-être dit qu'il manquait d'affection. En effet, ses problèmes ne commencent pas avec Dalila, mais avec une première femme. Encore une fois, elle lui fait révéler un secret, qu'elle trahit. Et cela lance une vendetta qui se terminera comme on le sait. Mais il est surtout manipulé par Dieu. Car, en jouant sur sa faiblesse pour la femme perfide, Dieu l'amène à entrer au coeur du pays des ennemis. En ébranlant le temple philistin, Samson cause plus de morts que par n'importe quel autre procédé. C'est l'histoire de la bombe atomique de Boris Vian, avec quelques milliers d'années d'avance. En version jihadiste. On y voit aussi un dieu joueur d'échecs qui, comme les dieux grecs, est plus un surhomme qu'un dieu au sens où nous l'entendons. Mais avec une caractéristique culturelle juive : il est intelligent, et il sait que l'homme est le jouet de la femme. 

François Fillon et le Canard

On a peut-être tort de croire que le Canard enchaîné vient de découvrir François Fillon. Il le harcelait depuis longtemps. Pour dire que M.Fillon utilisait souvent les avions privés de l'Etat, notamment pour ses vacances en famille et ses déplacements à son domicile. Ce qui coûte bien plus que ce qu'ont touché Mme Fillon et ses enfants. 

Visiblement, c'est un homme qui mène grand train. Une femme au foyer, cinq enfants, un manoir, dont l'entretien du toit est ruineux, cinq chevaux... Pour un salaire, c'est beaucoup. De Gaulle, auquel M.Fillon semble se comparer, vivait difficilement dans sa maison de Colombey-les-deux-églises, car il n'avait qu'une retraite de colonel. Avait-il des chevaux ?

dimanche 26 février 2017

Dynamique et politique

Pourquoi les sondages se trompent-ils ? Peut-être parce que la politique est une question de dynamique. Ils la croient statique.

M. Macron va-t-il parvenir à récupérer le centre ? Non seulement la sensibilité Borloo, mais aussi la sensibilité Juppé ou Valls ? MM. Hamon et Mélenchon vont-ils, contre toute attente, s'unir ? La surprise leur donnerait sûrement un avantage décisif. Quant à M.Fillon, c'est un contre exemple. L'espoir qu'il avait créé a été torpillé par le Canard Enchaîné. Il semble résigné. Il n'a pas d'adversaire dans son camp et sa base de fidèles peut être suffisante pour passer au second tour. Ligne Maginot ?

Et Mme Le Pen ? Elle joue peut-être sur l'effet inverse, la dynamique du découragement. Si ses adversaires ne créent pas de dynamique, il y aura une dynamique d'abstention et elle aura une chance de gagner. 

Les psychologues le disent bien : "validation sociale" : l'homme va au secours de la victoire. Mais le hasard semble jouer un grand rôle dans le démarrage du phénomène. C'est pourquoi seuls "ceux qui y croient" vainquent. 

Glenn Gould

J'ai trouvé un enregistrement fantastique de Glenn Gould : des concertos pour piano de Haydn. (Je ne connais rien à la musique classique.) Jusque-là, je ne m'étais pas intéressé à lui, parce qu'il jouait Bach au piano. Or, mon opinion est que, si Bach avait connu le piano, il n'aurait pas écrit son oeuvre de cette façon. D'ailleurs, il n'y aurait peut-être pas eu de Bach.

Qui était Glenn Gould ? Un enfant prodige, un excentrique. Il chantonnait en jouant, il utilisait une chaise d'enfant au ras du sol, il ne sortait jamais sans casquette, manteau, écharpe, veste et gilet, même en plein été. Mais, aussi, il jouait de mémoire, ne faisait jamais de fausse note et pouvait reprendre indéfiniment le même morceau. Quand il jouait, il entrait en transe, ce qui explique peut-être ce qui précède. Il est mort de vieillesse à 50 ans. Il s'était gavé de médicaments. L'enfant n'est pas parvenu à devenir homme ? Ses dernières vidéos le montrent en Quasimodo, plié en deux sur son piano.

Contrairement au musicien ordinaire, il n'a eu aucun souci de sa carrière. Il a fui les concerts. De ce fait, il a pu faire ce qui lui plaisait : réinventer les auteurs qu'il interprétait. Bach en particulier. Il a d'ailleurs dit à un compositeur, qui lui avait dédié une oeuvre, qu'il allait lui révéler ce qu'il avait écrit. Peut-être est-ce pour cela que je l'ai aimé dans Haydn ?

C'était la vie de Glenn Gould, telle que je l'interprète...

(Références : wikipedia, et plusieurs vidéos YouTube. On y voit de touchants Canadiens tout surpris que leur nation ait pu produire un génie. Jusqu'à sa mort Glenn Gould fut un trésor vivant pour son pays. Je note aussi que le piano personnel de Glenn Gould sonnait comme un clavecin : le désaccord entre nous n'est peut-être que mineur.)

Benoît Hamon et l'appareil

Benoît Hamon semblait avoir retrouvé les accents de la gauche des années 60 / 70. Elle disait, en substance : si vous n'avez pas ce que vous désirez, c'est à cause d'une injustice. Nous allons la corriger, et vous serez heureux. De ce fait, il n'y avait plus de contre argumentation qui tienne : globalisation, endettement, compétitivité, balance des échanges, Mme Merkel, etc., ces considérations matérielles n'étaient que des conséquences et pas des causes.

Puis plus rien. M.Hamon ne s'occupe plus que de M.Mélenchon. Et si M.Hamon n'était qu'un homme d'appareil ? Et s'il n'était bien que dans le monde confiné des jeux d'influence partisans, et pas en tribun pour meeting populaire ? 

samedi 25 février 2017

Proudhon

La fiche wikipedia de Proudhon décontenance. Proudhon semble un type bien. Une de ces rares personnes qui ne plient jamais. C'est la figure même du libertaire. Il vit une existence de prison et de misère, pour ses idées. Mais ce n'est pas l'anarchie à bombes. C'est, au contraire, un homme d'ordre. Un homme d'ordre qui est un défi permanent à l'autorité ! Une sorte de Gandhi qui pense réconcilier la société sans violence ; que la prospérité du pauvre est bonne pour le riche ; qui est, donc, contre la révolution, mais qui subit le sort des révolutionnaires, parce qu'il s'oppose encore plus à leurs adversaires. Et, de ce fait, qui se met tout le monde à dos. Bref, une leçon de liberté. 

Et cet homme admirable a été antisémite et misogyne à un degré rarement égalé. 

Vous me direz que je suis un homme de mon temps. Que je juge avec des critères qui n'avaient pas cours alors. C'est peut-être bien le noeud du problème. Proudhon a été un homme de son temps, et de son milieu, lui aussi. Il a cherché à universaliser un modèle de société qui lui était familier. Ce qui n'est certainement pas original. 

Auto amnistie

L'autre jour j'entendais Eva Joly dire que nos députés venaient de voter une loi qui les amnistiait. Une loi du type de celle qui avait mis les Roumains dans la rue. 

Je n'avais pas compris de quoi il s'agissait. L'affaire Fillon semble l'expliquer. Le parquet financier aurait demandé d'ouvrir une instruction, pour éviter que ce qui est reproché à M.Fillon ne soit prescrit. (D'après France Info, hier.) 

M.Bayrou parle depuis longtemps "d'une politique propre". Mme Joly, ministre de la justice ? 

François Hollande

Autour de moi, on loue François Hollande. Incroyable. Explication. Depuis qu'il est en préretraite, il multiplie les rencontres avec le petit peuple. Et on le découvre tel qu'on le disait avant son élection : simple, amusant et pertinent. Un ancien collègue a tenté une explication de sa défaite. Il n'a trouvé que : "un charisme de moule". Qui dit mieux ?

Et si son problème venait de ce qu'il n'a pas été tel qu'il est ? La France est inquiète, et il s'est montré distant. Un reportage disait que la force du maire FN était sa présence parmi ses électeurs et d'infimes attentions,  n'est-ce pas ce qui a manqué à M.Hollande ? On ne lui demandait pas des solutions brillantes, il n'y en a pas, mais de montrer qu'il nous entendait, et qu'il ne préparait pas dans l'ombre quelque projet machiavélique ? Il a voulu faire président, alors qu'il aurait dû faire François Hollande ? On peut dire tout le mal que l'on veut de M.Trump, mais il fait du Trump.

Cela rejoint de "grands théorèmes" du changement, que l'on oublie trop souvent :
  1. Sur la communication. Il y a deux critères qui définissent une communication efficace : honnêteté et compétence. Le premier écrase le second. Et si, en jouant un rôle, M.Hollande nous avait convaincu qu'il n'était pas honnête ? 
  2. Sur le changement. On lance le changement "à la manivelle". Tout le monde a les yeux braqués sur les mécontents. En conséquence, il faut identifier ces mécontents et chercher à leur rendre le sourire. Quand c'est réussi, tout le groupe se met en marche. C'est un travail extraordinairement ingrat. On y rencontre toute l'irrationalité, voire la stupidité, de l'espèce humaine. Cela donne envie de se flinguer. Mais quand ça marche, l'effet est miraculeux.