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mardi 27 septembre 2022

Danger start up ?

C'est curieux à quel point le monde change vite. 

J'ai passé quasiment toute ma vie à accompagner des entrepreneurs. (J'ai un rôle bizarre. J'appartiens à l'équipe de départ, tout en voulant m'en extraire le plus vite possible. Par nature, je suis un "donneur d'aide" !)

Au début, il semblait illusoire de chercher de l'argent. Puis, il y a eu les "start up". Trouver des fonds est devenu possible, mais uniquement pour les bateleurs virtuoses. 

Dernièrement, j'ai découvert que des projets fort modestes, eu égard à ce à quoi j'étais habitué, parvenaient à lever des sommes qui, hier encore, auraient semblé colossales (de un à plusieurs millions d'euros, en partie en dette). 

Il y a de nouveaux outils d'investissement, comme l'investissement participatif, qui donne de très bons résultats. (Autre illustration de la vitesse du changement : j'ai donné un coup de main, il y a vingt ans, à un des premiers projets de ce type : ce fut un flop !) Il y a aussi la BPI, qui a un effet d'accélération stupéfiant. A tel point que je me demande s'il n'y a pas qu'en France que puisse exister une BPI.

Mais, surtout : phénomène de société ? Tout le monde est devenu entrepreneur, tout le monde est investisseur ? 

Cela pose d'ailleurs des problèmes nouveaux. Car la start up se retrouve bien vite à la fois sans argent et sans revenus. Que faire ? C'est la traversée du désert. Cette fois-ci, il faut de gros investisseurs, mais il demandent des résultats probants pour risquer leur argent. "Je meurs de soif à côté de la fontaine", aurait dit François Villon. 

Nouveau rebondissement. Lorsque l'on gratte un peu, on constate que beaucoup de start up on des compétences dont elles n'ont pas conscience, et qu'elles ne savent pas monétiser. Au fond, elles n'auraient peut-être pas besoin d'investisseurs ! Seulement, elles ont acquis le réflexe "start up". 

Leçon de changement ? Nous obéissons d'abord aux modes sociales, avant que notre esprit ne se remette en marche ? 

dimanche 26 septembre 2021

Financement local

Et si l'on finançait localement l'économie locale ? C'est le combat de Territoires et financements innovants. Idée qui mériterait d'être étudiée ?

En effet, c'est une des forces de l'Allemagne. Les banques régionales sont des investisseurs patients, de long terme, pour les entreprises régionales. En cas de difficultés, on peut compter sur elles. Voilà qui est bénéfique pour l'économie locale, et donc nationale. 

En outre la solution alternative, le capital risque, est extraordinairement dangereuse. En effet, il demande des taux de rentabilité invraisemblables, à relativement court terme (par exemple un doublement de la valeur de l'entreprise à 5 ans). Ce qui conduit, comme le note Michael Porter, à de la "cavalerie". C'est fatal à l'entreprise, et au petit porteur. 

Seulement, ce n'est pas simple à mettre en oeuvre. Il faut un véhicule, et aussi un état d'esprit. Si l'on croit ce que l'on entend, les banques allemandes, contrairement, par exemple, à l'Etat français, sont de bons (de réels) investisseurs : elles ne sont pas passives. 

(On dit d'ailleurs la même chose des syndicats allemands, qui se comportent comme des investisseurs, et non des défenseurs de droits acquis.)

mardi 7 mai 2019

Kraft Heinz et les fonds d'investissement

Warren Buffett a mis beaucoup d'argent dans Kraft Heinz et il est réputé invincible. Pourtant son cours s'effondre. Et, ce qui n'est pas surprenant dans ces circonstances, on apprend, qu'en plus, son management avait fait preuve de créativité dans ses comptes.

Que s'est-il passé ? M.Buffett a investi avec 3G, un fonds qui se disait capable d'obtenir des gains de performance miraculeux, dans la société Heinz. Heinz a ensuite acquis Kraft. Et est allé jusqu'à proposer à Unilever de les rejoindre. C'est là que les choses ont commencé à mal tourner. "3G avait de bonnes idées pour faire des économies, mais pas pour croître. Et quand vous ne pouvez pas croître, dans la grande consommation, vous finissez par devoir dépenser de plus en plus pour ne pas reculer." (D'autant que les fameuses économies ont touché la publicité...)

Kraft Heinz ou la fin des beaux jours pour les fonds d'investissement ?

(Quand à M.Buffett : quand on a autant d'argent, ne finit-on pas par ne plus avoir de bonnes occasions de les placer, et donc à en être réduit aux charlatans ?)

dimanche 20 novembre 2016

Les paradoxes de l'ISF

Il est possible d'éviter de payer une partie de l'ISF en investissant dans une jeune entreprise. J'ai découvert ce qui semble être un curieux effet pervers de cette mesure. 

L'investisseur gagne ainsi de l'argent relativement facilement. Du coup, il es passif. Or, il se trouve que l'entreprise a souvent un potentiel de développement très intéressant. Dans certains cas l'investisseur pourrait tripler sa mise. Et, cela rendrait un grand service au dirigeant que son investisseur lui demande des comptes !

lundi 13 mai 2013

Nouvelle semaine de crise

The Economist s’intéresse aux banques d’investissement. Les belles années de la profession semblent derrière elle. Quelques banques américaines sont sorties victorieuses de la crise. (Ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour le contribuable américain qui devra sauver ces monstres de la faillite.) Comme d’habitude, les européennes ont pris un bouillon. (Y aurait-il quelque-chose que l’Europe n’a pas compris dans les règles du jeu de l’économie mondiale ?) En particulier les banques françaises semblent sous-valorisées. Toujours est-il que les class actions gagnent l’Europe.

La productivité mondiale devrait baisser avec le vieillissement de sa population. A court terme, l’Europe va particulièrement mal, mais toutes les économies sont plutôt en recul. Cela pourrait s’améliorer un peu l’année prochaine. (Parce que ça ne peut pas être pire ?) Mais pas à long terme. D’après l’économiste en chef de HSBC, les gouvernements ont compensé le manque de croissance par des expédients. Situation malsaine, difficile à réformer sans susciter nationalisme ou révoltes populaires. (Question : les systèmes sociaux qu’apparemment l’on ne peut plus se payer, n’ont-ils pas été utilisés pour masquer aux pauvres qu’ils vivaient à crédit alors que les riches s’enrichissaient ? Les dits pauvres ne seraient-ils pas quelque-peu les dindons de la farce ?) Pas d'avenir pour l’OMC ? La mode serait maintenant à des négociations bloc à bloc.

Les Indiens ne paraissent pas beaucoup se préoccuper de l’emploi des masses de jeunes qui vont arriver sur le marché du travail. L’Inde est un pays difficile à faire évoluer.

Barack Obama a une majorité du pays pour lui, mais pas ses élus. Le découpage électoral les protège de l’opinion publique nationale. M.Obama se demande comment utiliser ses techniques de campagne pour les ébranler. Par ailleurs, on se demande quel va être l’impact de ses lois sur la santé, sur une industrie qui emploiera en 2020 « un travailleur américain sur 7, sans compter les entreprises auxiliaires, telles que les sociétés informatiques ou les cabinets de conseil spécialisés ». L’Amérique veut se concilier les économies asiatiques. Mais sa politique militaire semble hésitante et contreproductive. « La Chine est inquiète, mais les alliés de l’Amérique ne sont pas rassurés. » En tout cas, les relations américano-coréennes sont excellentes.

Le président du parlement européen désirerait que ce parlement élise le président de l’Europe. Ce pourrait être lui. Ou cela pourrait servir sa carrière en Allemagne, si je comprends bien. Allemagne où les manœuvres politiques sont toujours aussi compliquées à suivre (dernier épisode : les Verts sont en faveur d’une redistribution vigoureuse) et l’issue des prochaines élections, incertaine.

En Lybie, les milices semblent gouverner le pays.

Les revenus des 3 grands cabinets de conseil en stratégie ont cru fortement l’an dernier (17,3% pour Bain). Leur métier a évolué. « Ils tirent maintenant la plus grande part de leurs revenus de la mise en œuvre d’idées, de l’amélioration des processus internes de leurs clients, et d’autres missions non considérées traditionnellement comme du conseil en stratégie ». Si bien que les 4 grands cabinets d’audits essaient de les concurrencer, en achetant d’autres cabinets de conseil en stratégie. Windows 8 va mal. Décidément Microsoft semble incapable de sortir du marché du PC. Une start up lance un appareil qui photographie tout ce que vous voyez. Et il existe des systèmes d’évaluation des navires marchands. Apparemment, les fonds d’investissements s’intéresseraient au marché de l’occase navale.

Le dioxyde de carbone n’arrête pas de s’accumuler dans l’atmosphère. Personne ne s’en préoccupe. 

jeudi 31 janvier 2013

Le problème avec les fonds d’investissement

Depuis près de vingt ans, je suis environné de gens qui pestent contre les fonds d’investissement. Ils leurs reprochent d’investir en troupeau, selon des modes qui n’ont aucune rationalité économique. Curieusement, ils pensent encore plus de mal des business angels, confits dans des certitudes d’un autre âge. (Attention à ne pas prononcer le mot « banque », vous ne les reverriez plus.)

En y réfléchissant, j’en suis arrivé à me dire que le problème de notre système financier est qu’il n’est pas fait de ce que les théories du marketing appellent « early adopters ». Eric Harlé était l’exception qui confirmait la règle.

C’est pour cela que je conseille aux entrepreneurs de rechercher de l’argent auprès de personnes susceptibles de comprendre ce qu’ils font. Et il y a maintenant beaucoup de salariés riches. 

mardi 7 février 2012

La banque d’investissement se contracte

Changement prévu ? La banque d’investissement et ses salaires sont remis à leur place ?
La banque d’investissement semblera bien différente dans quelques années. Il y aura moins de grandes entreprises couvrant le monde ; le reste cherchera à dominer une niche. Et si les revenus ne bougent pas, les actionnaires n’en pâtiront pas, puisque les employés se contenteront de moins. (Investment banking: Bonfire of the bankers | The Economist

mercredi 21 décembre 2011

Peut-on avoir confiance en un investisseur ?

Un investisseur, un peu abattu, se pose la question suivante : comment se fait-il que ses participations croient des gens comme moi, et pas des personnes comme lui, alors que nous disons la même chose ?

À mon avis, c’est une question de confiance. Ses participations ne pensent pas que ses intérêts sont les leurs.

Depuis 20 ans je rencontre régulièrement ce problème : je fais passer des décisions qu’un dirigeant poussait depuis longtemps, en vain. Pourquoi ? Je soupçonne une culture de « lutte des classes » en France. D’ailleurs dirigeants et gouvernants cultivent le secret, et le coup de Jarnac, ce qui encourage la méfiance.

Et il en est de même des investisseurs : la plupart d’entre eux n’hésitent pas une minute à licencier une équipe dirigeante dont le comportement ne leur convient pas… Et l’investi le leur rend bien : il espère récupérer leur argent tout en  continuant à en faire à sa tête…

Comment un couple peut-il être durable s’il se livre à un jeu de dupes ?

vendredi 28 octobre 2011

L’artiste comme start up

Finie l’époque où la maison de disques trouvait ses vedettes dans le caniveau.

Dorénavant elle va au secours de la victoire. L’artiste est devenu une start up. Il doit démontrer la rentabilité d’un modèle économique qui ne demande qu’un peu de cash pour s’étendre. D’ailleurs, les « managers » ressemblent de plus en plus à des business angels. Et de plus en plus d’artistes se passent d’éditeurs. (A new, improved hit machine)

L'art est devenu financier.

vendredi 27 mai 2011

N’investissez pas dans les pays émergents

On nous dit qu’il faut investir dans les pays émergents. Ils ont le vent en poupe ?

Eh bien, comme d’habitude, le conseil est idiot.

L’histoire montre que ce sont les pays qui croissent le moins (l’Europe aujourd’hui ?) qui fournissent les meilleurs placements. Plusieurs raisons sont avancées :
  • La demande excède l’offre.
  • Les sociétés prometteuses ne sont pas en bourse.
  • Les actionnaires de celles qui le sont, sont dilués par des émissions d’actions.

jeudi 26 août 2010

Rôle du capital investissement

Les fonds de capital investissement seraient essentiels à une économie capitaliste, la bourse n’étant pas apte à réformer les entreprises, ces fonds les sortent de la côte, ce qui leur donne la tranquillité nécessaire pour les réformer. Mais ils ont fait perdre beaucoup à ceux qui leur ont prêté l’argent de leurs montages à effet de levier. Voilà ce que dit, en substance, Less pomp and circumstance.

Ce qui ne me convient pas tout à fait. Les fonds que j’ai rencontrés semblaient surtout chercher des gains rapides (rarement plus de 5 ans). Ils sont peuplés exclusivement de financiers dont la logique est celle de « l’arbitrage », pas de la vision stratégique.

On n’a pas encore trouvé mieux que l’État pour sauver des industries mal gérées…

Compléments :

samedi 7 août 2010

Capital investissement

Curieusement, le succès du capital investissement est peut-être basé sur une entourloupe faite aux fonds qui lui ont fourni leur argent :

Le capital investissement a réalisé des gains exceptionnels ces dernières années en jouant sur « l’effet de levier » de la dette (donc sur une prise de risque interdite aux fonds), et la montée des cours. Pour profiter de ces effets mécaniques ses dirigeants ont été énormément rémunérés. (Paying the price.)

Compléments :

lundi 2 août 2010

Capital investissement en folie ?

Les fonds de capital investissement s’achètent leurs participations les uns les autres (Picard Surgelés en est à son troisième fonds). Les prix dépassent les records de 2007 ! Or, contrairement à cette époque, les fonds n’ont plus d’accès à la dette et doivent donc payer cash.

Irrationalité des marchés ? Non : les fonds ont levé énormément d’argent, et s’ils ne le dépensent pas, ils devront le rendre

Les économistes appelleraient probablement ce problème, celui de « l’agence » : le gestionnaire du fonds fait passer ses intérêts avant ceux de ses investisseurs. En tout cas, ceci est bon pour les intermédiaires financiers et pour tout ceux qui ont une entreprise à vendre.

Compléments :