vendredi 13 décembre 2013

Qu’est-ce qu’un Libanais ?

J’ai une tradition d’amis libanais. Pourquoi ? Peut-être parce que lorsqu’un Libanais vous demande « comment ça va ? », votre réponse semble compter pour lui.

Ce qui m’a surpris récemment, d’où ce billet, est qu’il ne semble pas y avoir de solidarité entre Libanais. Y compris d’une même confession. Le Libanais se méfie du Libanais me disait un ami. (Il lui avait d’ailleurs fallu longtemps pour comprendre que les questions de l’administration française ne cachaient pas de piège.) Son succès, partout dans le monde, est d’autant plus remarquable. Quelle est la force du Libanais, alors ? Tout absorber. Pas d’amour propre. Ce même ami me disait aussi, par exemple, que le Libanais était le seul à pouvoir travailler avec un Saoudien (apparemment le mot arabe pour « parvenu sans éducation »). Le Libanais s’entend aussi très bien avec le haut fonctionnaire français. Surtout, le Libanais a une motivation increvable. Il veut devenir « gros ». Pour cela, il ne compte pas son temps et son effort. Il est d’ailleurs insensible au décalage horaire. Et, pour lui, tous les pays se ressemblent. En revanche, il n’y a pas de notion de rentabilité dans ses plans. Il ne calcule pas. Ce qui fait que la roche tarpéienne est souvent proche du capitole.

En écrivant ceci, je me rappelle d’une étude que j’ai menée sur les commerçants. Le portrait du bon commerçant (une rareté en France) correspond à ce que je viens de dire. Sa particularité première est, comme le Libanais, de s’intéresser à vous. Il a des caractéristiques de service public. On vient chez lui parce que cela nous réconcilie avec la vie. Ensuite il sait nous conserver. Mon rapport appelait cela « la stratégie de l’araignée ».

Et si la nature du Libanais était simplement d’être un commerçant ?