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mardi 26 octobre 2021

Du danger d'être victime

Emission de la BBC, il y est question de Jamaïcains qui sont des victimes, à la fois de l'esclavage, de la discrimination vis-à-vis des noirs, et du réchauffement climatique, le "global north" péchant, et le sud payant la note. 

Des amis parlaient du Liban. Les envolées lyriques de M.Macron n'ont rien changé. Le pays s'enfonce dans la chaos. Commentaire : les Libanais s'adapteront. D'ailleurs, se plaignent-ils ? 

Même lorsque l'on est une victime, il n'est pas bon pour la santé d'en être convaincu, car qui viendra à votre secours ? 

dimanche 30 août 2020

Espoir au Liban

Emission de Christine Okrent sur le Liban, France Culture, samedi. Je retiens :
  • Le mal c'est le confessionalisme, pas la religion. Un communautarisme mafieux, qui détruit la société. La religion n'est qu'un paravant pour l'intérêt personnel. Il faut un Etat "laïc". 
  • Les communautés, occupées à s'entre déchirer vont chercher de l'aide à l'extérieur. Ce qui change tout, car, je pensais que les pays étrangers tiraient les ficelles du Liban, alors que c'est le contraire : sans complicités internes, ils ne pourraient rien faire. 
  • Finalement, les freins au changement sont les grands fauves qui dirigent le pays, dont l'assemblée nationale. Leur opposition n'est qu'apparente. En réalité, ils se serrent les coudes. 
  • La France serait le seul pays capable de discuter avec tout le monde, les autres nations ayant choisi leur camp (ou ne connaissent pas le Liban ?). 
Un espoir ?

lundi 17 août 2020

Qu'est-ce qui coince au Liban ?

Comme souvent, le mal du Liban semble une "perversion" de son système. Le Liban est un assemblage de communautés religieuses (18 !), qui se partagent le pouvoir, et fonctionnent selon la logique du clientélisme. Ce système, déconnecté de la réalité, épuise la substance du pays. Ce qui signifie que, certes, les grands fauves du système se sont démesurément enrichis, mais que, probablement, la quasi totalité de la population est impliquée dans le système. Il n'y a pas de bons et de mauvais.

A cela s'ajoute le Hezbollah, qui a infiltré, apparemment, l'ensemble des communautés, et est l'homme de paille de l'Iran. Ce qui, paradoxalement, n'a pas l'effet immédiat que l'on pourrait imaginer : parce que l'Iran n'a plus d'argent, le Liban n'en a plus, non plus !

(Article.)

Pas de solution en vue. C'est aux Libanais de l'inventer. En tous cas, les conditions sont favorables : le pays est en faillite, mais, s'il réinvente son "business model", la communauté internationale semble prête à lui apporter les fonds nécessaires.

dimanche 16 août 2020

Poudrière libanaise ?

Des tonnes d'explosifs entreposés à côté de feux d'artifice, des ouvriers qui font de la soudure.
La situation était connue. Mais aucun avertissement n'avait de l'effet. Et boum. Un cratère à Beyrouth. (Sources : wikipedia anglais.)

Ils sont fous ces Libanais ? Mais, sont-ils seuls ? A l'origine, il y a un oligarque russe, en faillite, un bateau, qui ne peut plus prendre la mer et dont la cargaison est saisie.

Et notre système de santé, au fait ? Les ARS de médecins qui ne font plus de médecine, et qui affirment que le masque est inutile, puis le contraire. Des hôpitaux qui ne se préoccupent que de gestion... Combien de morts ? Petit, ou grand ?, Beyrouth ?

Nous sommes tous Libanais ? Résultat du "laisser faire" ? Ressaisissons-nous ?

samedi 8 août 2020

Saint Emmanuel, priez pour nous ?

Emmanuel Macron va-t-il faire un miracle au Liban ?

Depuis des années, je n'écoutais plus ce qui se passait au Liban, parce que je ne voyais pas comment il était possible de se tirer d'un tel merdier. Dans ces cas, je dis que la seule solution est le miracle. Eh bien il est peut-être survenu.

Selon moi, il résulte de l'explosion, qui a dévasté Beyrouth. Elle-même résultat, sans aucun doute, de l'incurie locale. (A lui tout seul, le Liban est un site SEVESO.) D'où prise de conscience. Ce qui permet à Emmanuel Macron d'arriver en messie et de mettre le Liban en face du changement qu'il doit réaliser : dégager le gouvernement des gangs ; le remplacer par une société civile "moderne", pour qui la religion cède le pas à l'intérêt collectif. L'aide internationale peut financer ce nouveau "business model". Elle doit contrebalancer l'action des mauvaises fées (Israël, Iran, Russie, Amérique...), qui tirent les ficelles de la politique régionale, et croient qu'elles retrouveront la grandeur en mettant le monde à feu et à sang.

Et M.Macron, qu'est-ce qui le motive ? Je crois qu'il a une vocation de Gérard Philipe, et qu'il rêve de grandes actions, et de grandes tirades. Autrement dit, son initiative est généreuse. Et l'on peut regretter, qu'en France, il n'ait pas trouvé la bonne longueur de tir. Mais, qui sait ?, les miracles surviennent.

(PS. Des idées pour redresser le pays, qui semblerait avoir été pillé...)

jeudi 6 août 2020

Pauvre Liban !

Ce matin, j'entendais des Libanais découragés. (France Culture.) Ils ont passé leur vie à reconstruire leur pays, or, maintenant, il est à nouveau détruit. Il n'y a même plus d'Etat.

Mes amis libanais m'avaient dit cela. Mais j'avais censuré la nouvelle. Je n'écoute que ce pour quoi j'entrevois des solutions. Le reste me déprime. Là, il n'y a que le miracle d'envisageable.

Le Liban paraît le symbole du mal mondial. Un déchaînement d'égoïsme aveugle. Le Liban a été dépecé par ceux à qui il s'était confié, et est victime de toutes les luttes d'intérêts internationales. Trump n'aurait rien arrangé...

Mais le problème n'est pas là. Pour lui et pour nous. Il faut que des forces de reconstruction émergent, alors que les calamités ne font que commencer. Lorsque l'on est à terre, tout devient menaçant.

mardi 23 avril 2019

Cas Ghosn : drame de la pauvreté ?

Que reproche-t-on à M.Ghosn ? D'après ce que j'ai pu trouver, il aurait utilisé sa carte de crédit pour faire des cadeaux à sa nouvelle épouse, et payer un mariage coûteux à sa fille. Il aurait aussi couvert une manoeuvre boursière malencontreuse. Voulant assurer son salaire contre un changement de cours du Yen, il aurait pensé prévoir les mouvements de la bourse, malheureusement, elle est allée à l'envers de ses prévisions. Et il s'est retrouvé à devoir payer de l'ordre de 15m$. Ce serait un ami milliardaire du Golfe (rencontré lors de ses études au Liban) qui l'aurait dépanné. M.Ghosn l'aurait remboursé sur les fonds de Nissan. On apprend aussi que Nissan payait la scolarité de ses 4 enfants à Stanford (très très cher). Cela avait été négocié légalement.

Management inter culturel
Ce qu'on lit aussi, c'est que M. Ghosn fut un héros japonais. Apparemment, il y avait même une bande dessinée sur lui, et il a donné son nom à un plat national. Et si les malheurs de M.Ghosn venaient d'une méprise ? Et si les Japonais avaient cru qu'il était un des leurs, alors que lui les considérait comme des Américains comme les autres ? Il pensait obtenir par la force ce que lui valait la confiance ? Et si c'était cette confiance trahie qui avait valu le déchaînement incontrôlé de la justice japonaise ?

Curieusement, j'avais entendu dire que M.Ghosn s'entendait mieux avec ses collaborateurs japonais que français. Est-ce que ce qui semblait avoir fait son succès, son management inter culturel, ne s'est pas retourné contre lui ? Et s'il avait, involontairement, exploité les failles des cultures, mais pas leurs forces ? Et si, une fois réveillées de leur surprise, celles-ci s'étaient retournées contre lui ?

L'ascenseur social fait une victime ?
Et s'il avait été victime, lui-même, d'un drame inter culturel ? Ce qui me frappe chez M.Ghosn, c'est à quel point il ressemble à mes amis libanais. Même sa capacité de travail, dont on s'émerveille tant, n'a rien d'exceptionnel. Ils sont malheureux dans leur famille. Leur activité professionnelle c'est leur vie. Leurs amis, leur véritable famille, sont leurs partenaires commerciaux. Mais, surtout, les plus brillants sont venus faire leurs études en France. La France leur a donné ce qu'elle avait de mieux. Mais ce n'est pas beaucoup. Car, nous sommes un Etat bureaucratique. Or leurs anciens camarades, incultes peut-être, ont fait fortune dans les affaires. Celui qui, dans son enfance, était le plus admiré, est maintenant, à leur échelle, un prolétaire. On lit que M.Ghosn a reçu 100m€ en quelques années. Mais que reste-il après impôts et divorce (M.Ghosn a été victime du démon de midi) ? Comment assurer un train de vie digne de son rang ? C'est peut-être le noeud du problème. Ce que ni vous ni moi ne pouvons comprendre.

Car, un yacht de milliardaire du Golfe, d'oligarque russe ou de Bernard Arnault peut valoir 500m$ ou plus. A quoi ressemble le voilier de 12m de M.Ghosn à côté de ces bateaux de 100 à 180 m ? On dit aussi que le départ de M.Tavarès vient de ce que M.Ghosn ne voulait pas prendre sa retraite. Mais comment vivre parmi ses égaux avec un salaire de retraité ?

Comme dans Stupeur et tremblements, le Japon a rappelé à M.Ghosn que le démiurge, cela n'existe pas ?

samedi 15 décembre 2018

Histoire de la Phénicie

Réflexe conditionné. Mes amis libanais se disent phéniciens. Dès que j'ai vu le titre ce livre, je l'ai acheté. Et j'ai eu raison. Je l'ai lu avec grand intérêt.

Qu'est-ce que la Phénicie ? Une période, de moins mille deux cents à moins trois cent trente. Et quatre cités : Byblos, Tyr, Sidon et Arwad. Elles sont prises entre la montagne, et ses cèdres, une richesse, et la mer. Quatre mini Etats qui doivent cohabiter avec les grandes puissances de l'époque. Par ordre d'apparition : l'Egypte, l'Assyrie, Babylone, la Perse, puis la Macédoine d'Alexandre le grand. (En dehors de l'Egypte des origines, ces empires ne sont guère durables. Chaque nouveau roi doit, quasiment, repartir de zéro.) Elles sont à la fois rançonnées mais aussi ménagées. Car elles ont des atouts qui valent cher. Elles ont une marine, qui sert de force d'appoint aux grandes nations (qui n'ont que des armées de terre) et des colonies, et elles sont riches. De temps à autre, elles essaient de se libérer. Mais sans succès.

En fait, on sait peu de choses de la Phénicie. Elle a eu beau inventer l'alphabet, elle n'a pas parlé d'elle-même. On la connaît par les chroniques qu'ont tenues ses voisins. Elles ne parlent que de ses roitelets.

Ce livre est aussi une vue de l'histoire qui n'est pas celle à laquelle nous sommes habitués. Par exemple, les victoires grecques (Marathon...) dont on fait tant de cas n'étaient qu'un épiphénomène pour la Perse. De même Israël semble similaire aux Etats qui l'entourent. L'histoire est-elle écrite par les vainqueurs ou par ceux qui savent écrire ?

mardi 15 décembre 2015

Borderline

Spectacle de la Beirut Dance Company, vu à l'UNESCO. Et commentaire décalé, comme d'habitude. 

Ce qui me frappe dans ce spectacle c'est le bonheur de vivre de la troupe. Et pourtant, difficile d'imaginer existence plus précaire. Car le Liban ne subventionne pas la culture, ou ce type de culture, et le marché ne lui est pas favorable. Ce qui force ses membres à faire plusieurs boulots. D'ailleurs, il faut beaucoup du courage pour promouvoir un art occidental au Moyen-Orient...

Mais cette culture a-t-elle été imposée au Liban par le colonialisme occidental ou est-elle, un peu ou beaucoup, la sienne ? Je me suis déjà posé la question l'an dernier : le bassin méditerranéen a toujours été un lieu d'échanges et les valeurs grecques, qui sont à l'origine des nôtres, y ont vécu heureuses et partagées...

lundi 23 juin 2014

Les Jardins d'Adonis

Vendredi soir, j'étais à l'UNESCO. On y donnait "Les jardins d'Adonis" de Wassim Soubra. En présence du président libanais. Entre autres sommités. L'invitation parlait "d'Opéra d'Orient". Mais ce n'était pas un opéra. Plutôt une suite de poèmes, ou de chants. Une conteuse et deux cantatrices, cinq instruments (piano, percussions, oud, violoncelle et clarinette). Un spectacle pour un amphithéâtre grec, me suis-je dit. Un spectacle qui aurait plu à Albert Camus ?

Je me suis demandé si cet opéra n'était pas à l'image d'une certaine intelligentsia libanaise. Une intelligentsia qui décrirait sa culture comme méditerranéenne, d'où la revendication de multiples influences. Grecques en premier (Adonis, mais aussi la forme du spectacle) ? Arabe aussi (mais il y a continuité). Et un peu française (le dispositif musical). Une intelligentsia, enfin, qui aurait dépassé les fractures confessionnelles, et son statut de diaspora, et aspirerait à une nation. Une intelligentsia désemparée. Ce qui expliquerait qu'elle fasse un triomphe à tout ce qui lui laisse penser que son rêve n'est pas mort ? A ce spectacle, par exemple ?
l'événement (...) montrera le vrai visage de notre pays, celui du dialogue et de la renaissance, porteur d'un message d'espoir, car le Liban, comme les jardins d'Adonis, refleurira. (Article)

vendredi 13 décembre 2013

Qu’est-ce qu’un Libanais ?

J’ai une tradition d’amis libanais. Pourquoi ? Peut-être parce que lorsqu’un Libanais vous demande « comment ça va ? », votre réponse semble compter pour lui.

Ce qui m’a surpris récemment, d’où ce billet, est qu’il ne semble pas y avoir de solidarité entre Libanais. Y compris d’une même confession. Le Libanais se méfie du Libanais me disait un ami. (Il lui avait d’ailleurs fallu longtemps pour comprendre que les questions de l’administration française ne cachaient pas de piège.) Son succès, partout dans le monde, est d’autant plus remarquable. Quelle est la force du Libanais, alors ? Tout absorber. Pas d’amour propre. Ce même ami me disait aussi, par exemple, que le Libanais était le seul à pouvoir travailler avec un Saoudien (apparemment le mot arabe pour « parvenu sans éducation »). Le Libanais s’entend aussi très bien avec le haut fonctionnaire français. Surtout, le Libanais a une motivation increvable. Il veut devenir « gros ». Pour cela, il ne compte pas son temps et son effort. Il est d’ailleurs insensible au décalage horaire. Et, pour lui, tous les pays se ressemblent. En revanche, il n’y a pas de notion de rentabilité dans ses plans. Il ne calcule pas. Ce qui fait que la roche tarpéienne est souvent proche du capitole.

En écrivant ceci, je me rappelle d’une étude que j’ai menée sur les commerçants. Le portrait du bon commerçant (une rareté en France) correspond à ce que je viens de dire. Sa particularité première est, comme le Libanais, de s’intéresser à vous. Il a des caractéristiques de service public. On vient chez lui parce que cela nous réconcilie avec la vie. Ensuite il sait nous conserver. Mon rapport appelait cela « la stratégie de l’araignée ».

Et si la nature du Libanais était simplement d’être un commerçant ? 

jeudi 31 mai 2012

Petit traité de manipulation : qui est le manipulateur?

La manipulation est  une destruction de l’identité humaine. Elle inflige plus que la mort. D’ailleurs, les techniques qui précèdent ont été utilisées avec succès par tous les régimes totalitaires. (Exemple classique : le traitement du héros du 1984 d’Orwell.)

Comme le dit le biologiste Robert Trivers, qui a étudié l’avantage évolutif du mensonge, on ne ment bien que si l’on est convaincu par son mensonge. Pour être malfaisant, le manipulateur devrait être conscient de ses actes, ce qui n’est pas le cas, probablement.

La manipulation est une innovation, au sens de Robert Merton, c’est une tricherie à laquelle nous invite notre société. Car elle, et mon instituteur de CM2, nous a dit que l’individu devait s’épanouir, se libérer des contraintes sociales. Mais le meilleur moyen de réussir, seul, n’est-il pas d’exploiter nos positions de force sociales ? Quand on n’est pas un oligarque, sur quoi avons-nous du pouvoir sinon sur nos proches ?

Un ami libanais me disait qu’il avait été éduqué dans la rue, par son village. Aujourd’hui, la société s’étant distendue, barricadée dans ses demeures, elle n’a plus les moyens de nous mettre à temps dans le droit chemin. Or, plus la manipulation nous réussit, plus elle devient un réflexe inné.

Compléments :
  • TRIVERS, Robert, The Folly of Fools, Basic Books, 2011.
  • Voici un paradoxe comme les aime ce blog : en libérant l’homme, 68 l’a asservi ! 

mercredi 14 mars 2012

Les interminables travaux de la Maison de la Radio

J’entends parfois les journalistes de la radio publique plaisanter des travaux sans fin que subit leur Maison.

Ils n’ont pas lu Lao-Tseu, Paul Watzlawick ou CatherineFulda, sans quoi ils n’en souffriraient pas. Il suffit pour cela de se convaincre qu’être en chantier est la nature même de la Maison de la Radio. (Et de ses alentours, d’ailleurs.)

C’est ainsi, semble-t-il, que l’on peut s’habituer aux guerres. Je me souviens d’un ami libanais, qui me disait (on était en 84), qu’il ferait du jogging à Beyrouth « s’il n’y avait pas trop de bombardements », et d’un autre qui a gardé la nostalgie des heures passées à lire à la lumière de la bougie, dans un abri. 

vendredi 28 octobre 2011

Paris rend fou

Paris rendrait fou certains Japonais. Les causes ne sont pas claires : désillusion massive provoquée par la réalité ; effet destructeur du simple contact avec notre comportement national. SYNDROME JAPONAIS – Ces Nippons qui deviennent fous à Paris | Big Browser

Je me demande si le phénomène n’est pas similaire à celui qu’a traversé un ami libanais.

Il s’était imaginé que le Libanais chrétien était un Occidental oublié par les croisades. Il croyait, aussi, mieux connaître nos mœurs que nous-mêmes. Son comportement était bizarre, d’une certaine façon caricaturalement arabe (la femme comme chose…), mais il a longtemps été protégé par son diplôme de grande école, son charme libanais... Jusqu’à ce que les échecs s’empilent et qu’il se replie sur lui-même.

Le problème décrit ici semble donc venir d’une illusion, dont on n’arrive pas à prendre conscience, peut-être parce qu’elle remonte à très loin et qu’elle est devenue constitutive de son identité. Elle conduit à des revers à répétition. Le monde paraît alors privé de sens.

vendredi 10 juin 2011

Rationalité et ritualisme

Un dirigeant d’une agence de communication ne sait pas comment se tirer d’affaires. Moins ses comptes sont bons, plus il écrit de livres, communique, et s’épuise… Pourtant, il suffirait d’ajouter quelques clients pour éliminer tout tracas. Mais voilà, les chiffres et les plans commerciaux sont des abstractions pour lui.

Exemple de ritualisme. Lorsque le ritualiste s’enfonce dans les difficultés, il s’accroche à son rite.

J’ai observé que les Libanais tendaient, aussi, à suivre des algorithmes simples : ils veulent être « gros », et pour cela, ils courent après toutes les affaires qui se présentent. Ça marche généralement bien, mais parfois la faillite succède brutalement au plus grand des succès apparents. Ils n’avaient pas su compter.

La rationalité, c’est savoir compter. C’est se donner un objectif et s’y diriger d’une manière efficiente.

Malheureusement, il est rare que l’on puisse voir l’objectif. Et c’est pour cela que le rite demeure notre meilleur ami. (Bien que ça ne fasse pas de mal de le marier à un peu de raison.)

mercredi 30 mars 2011

Courroie de transmission syrienne

Si le régime syrien disparaissait cela couperait la chaîne de transmission de l’influence iranienne vers le Hezbollah et le Hamas.

Nouvel exemple d’interdépendance entre régimes autoritaires de la région (cette fois-ci, le courant chiite). 

vendredi 25 février 2011

Incendies

Film de Denis Villeneuve, 2010.

De jeunes Libanais à l’accent québécois enquêtent sur le passé de leur mère, et de son pays.

Où l’on voit à quel point la raison humaine est fragile, et combien il en faut peu pour que l’individu le plus respectable et la société la plus civilisée (le Liban était la « Suisse du Moyen-Orient ») sombrent dans la haine et le chaos. 

dimanche 20 juin 2010

De la soumission de la femme

Le livre dont je parlais dernièrement dit ceci des sociétés à forte culture paternaliste :
La meilleure stratégie pour une femme qui veut soulager sa subordination à son mari, beau-père ou belle-mère est d’élever beaucoup de garçons et d’établir une relation forte de telle façon à ce que, lorsqu’ils amèneront leur épouse à la maison, elle puisse exercer son autorité sur ses belles-filles.
L’observation d’un de mes anciens collègues libanais m’a amené à cette même conclusion. Sa mère l’avait réduit en une sorte de dépendance totale, qui faisait qu’à 35 ans il se précipitait dans ses bras dès qu’il soupçonnait l’attaque du plus innocent microbe. À quoi s’ajoutait le mépris absolu de la femme, considérée comme un objet. Il me décrivait la France, avec ses femmes libérées mais en déficit d’affection, comme une gigantesque maison de passe, gratuite.

Ce qu’il y a de surprenant dans ce modèle, c’est comment il se perpétue : par la femme, qui fait de l’homme un pantin ridicule, arme de sa vengeance contre une société injuste. 

dimanche 18 octobre 2009

Énorme Carlos Ghosn ?

Mr Ghosn bets the company. Renault et Nissan semblent vouloir transformer l’automobile. Ce sera du tout électrique en marche forcée. M.Ghosn prédit qu’en 2020, 10% du marché sera électrique, 20% des ventes de sa société. Le reste du monde penche pour 5 à 10 fois moins.

Face à un avenir incertain, il y a trois stratégies (Que faire dans l'incertain ?) : modifier l’avenir à son avantage, comme tente de le faire M.Ghosn, adopter une structure adaptable, l’option (acquérir le savoir faire nécessaire pour attaquer le marché, s’il se développe effectivement).

Alors, rien à dire ? Si : le pari de M.Ghosn peut-il réellement lui donner un avantage déterminant ? Renault ne va-t-il pas devoir bâtir des infrastructures (recharge de batterie) qui profiteront aux autres constructeurs ? Une fois le marché là, aura-t-il une réelle barrière à l’entrée ? Le problème actuel de Renault me semble surtout être son métier : ses voitures ne sont pas fantastiques. Une éventuelle avance en termes de batterie éliminera-t-il ce handicap ? Mais je suis peu compétent.

Cependant, une généralisation de mon expérience restreinte me fait entrapercevoir une autre hypothèse (fantaisiste ?) qui pourrait expliquer de manière plus satisfaisante que la précédente la stratégie de Renault.

J’ai eu beaucoup d’amis libanais et j’ai cru identifier chez eux et leurs compatriotes une tendance culturelle, indépendante de leur confession : vouloir devenir énorme. Le Libanais est increvable quand il s’agit d’affaires, vous pouvez lui faire faire plusieurs fois le tour du monde sans qu’il ressente le jet lag, ou même qu’il prête la moindre attention au changement de paysage. Cette formidable énergie lui permet de bâtir des empires. Mais ils ont la curieuse propriété d’être des baudruches. Le Libanais ne semble pas connaître la notion de coût, mais juste celle de chiffre d’affaires. Si bien que, la veille il peut-être le plus grand, et le lendemain, ruiné.

À suivre.

Compléments :

  • Jusqu'ici la stratégie de M.Ghosn semblait uniquement financière.