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dimanche 11 octobre 2020

Nagorny Karabakh

Situation compliquée au Nagorny Karabakh, où l'on s'étripe entre Arméniens et Azéris. Manoeuvre de M.Erdogan, pour profiter de la fibre nationaliste turque, à un moment de crise économique. Mais aussi résultat du diviser pour régner de l'empire russe, quel qu'ait été son nom, qui lui exploserait à la figure.

Mais ça se complique encore. Les combats seraient menés par des milices djihadistes. Et, étrangement, Israël serait du côté de l'Azerbaïdjan, alors que les fameuses milices veulent sa mort. Quant à la France, son coeur serait du côté arménien, ses intérêts pétroliers du côté azéri. (Affaires étrangères, de France Culture.)

Ce qui nous rappelle que nous vivons dans une paix miraculeuse. Car il n'en faut pas beaucoup pour qu'elle bascule dans l'irrationnel. Et ce en grande partie parce que des gens extrêmement intelligents pensent que la guerre est dans leur intérêt. Et qu'ils trouvent des gens, certainement encore plus intelligents, qui ne demandent qu'à s'égorger. Et que, apparemment, le nationalisme ne s'est jamais aussi bien porté. 

Voilà pourquoi les Lumières ont appelé de leurs voeux le règne de la raison ?

lundi 8 janvier 2018

Turquie et France

La Turquie se sent isolée. Elle se cherche un allié. M.Macron semble le candidat idéal.

Qu'a-t-il à gagner ? Des affaires.

La presse ne s'intéresse qu'aux droits de l'homme. Mais reflète-t-elle les intérêts du peuple ? Comme un vieux film le faisait dire à Surcouf : "on se bat toujours pour ce que l'on n'a pas" ? (Un Anglais lui demandait pourquoi il se battait pour de l'argent, alors que les Anglais se battaient pour l'honneur.)

mardi 9 août 2016

Erdogan et Hitler

J'ai dit qu'un article parlait "d'incendie du Reichstag", au sujet de M.Erdogan. Curieusement, on ne semble pas s'être ému des grands messes qu'il organise et qui rassemblent des millions de personnes. Certes, cela semble un peu ridicule : on fournit transports et nourriture aux participants. Et si, effectivement, il y avait communion ? Et si une minorité agissante du peuple turc avait choisi M.Erdogan comme guide ?

Si l'on ajoute à cela ce qui ressemble à un pacte avec M.Poutine, on peut être inquiet que le passé ne se répète. Les circonstances ne sont pas les mêmes, direz-vous. Mais quel est le déclencheur d'une spirale totalitaire ? H.Arendt dit "croire que l'impossible est possible".

jeudi 4 août 2016

Turquie et pragmatique Europe

M.Erdogan, et ses dangereuses pulsions, prend le pouvoir par la force en Turquie. Que fait l'Europe ? Rien. La Turquie est trop importante pour elle : c'est un marché, un allié contre l’État Islamique et un rempart contre l'immigration, qui est (ce que l'on ne dit, curieusement, pas chez nous), le moyen de pénétrer le pays pour le terrorisme. (Article de Libération.)

L'Europe aurait-elle appris de ses mésaventures syriennes ? Vouloir renverser un régime est pire que le mal ? Mais peut-être a-t-elle encore quelque-chose à apprendre : maintenir par une main de fer dans un gant de velours, l'apprenti dictateur sur le chemin de la vertu ?

samedi 30 juillet 2016

De l'importance des formules

"Incendie du Reichstag" disait un journal américain de la tentative de coup d’État, qui a précédé la répression que mène M.Erdogan. Il avait établi une liste d'inconvenants et il attendait l'occasion pour les coffrer. Ce qu'il a fait vite et bien. 

C'est curieux comme une simple formule peut changer notre vision des choses. Mais, si elle n'a pas été reprise, c'est à cause de cela ? Nous avions peur de ce nous aurions eu à faire si elle avait été juste ?

(On aurait pu aussi l'utiliser pour la façon dont la guerre d'Irak a été décidée.)


lundi 10 juin 2013

XI Jinping, force tranquille dans un monde turbulent ?

Xi Jinping ou la force tranquille ? Contrairement à ses prédécesseurs, à peine nommé, il rend visite aux USA. Après avoir rencontré quelques partenaires des USA mécontents, histoire de montrer qu’il pouvait faire ce qu’ils faisaient en Asie. Qui veut la paix prépare la guerre ? D'ailleurs, les USA ont peut-être tout à gagner à encourager la Chine à faire chez eux ce qu'elle fait en Afrique. « Dans certains parties (du Mississipi) les gens ont une espérance de vie plus basse qu’en Tanzanie. » Le delta du Mississipi se dépeuple. Drame de la pauvreté.

En Europe, Mme Merkel et M. Hollande s’entendent. Et si c’était pour faire l’envers de ce qu’il faut ? («  Une bon accord verrait l’Allemagne approuver une union bancaire qui met en commun au moins une partie des risques de la zone euro, et la France accepter la nécessité de libéraliser son économie, renforcer le marché unique et abandonner les barrières au commerce international. ») Effectivement, l’union bancaire européenne partirait sur des bases fragiles. Pour qu’elle puisse se construire, la BCE devra faire preuve de talent, et probablement de pas mal de chance. Si elle réussit, les moyens dont elle aurait eu besoin dès le départ lui seront donnés progressivement. Si elle rate, la seule institution crédible de la zone euro sera discréditée. (Vue la complexité des règles à faire évoluer, c'était peut-être la seule façon de procéder, me dis-je.) En Allemagne, une succession de scandales élimine l’un après l’autre les successeurs possibles de Mme Merkel. Le président hongrois « recrée le modèle de gouvernement communiste ». Des sanctions européennes pourraient être contreproductives. Il est préférable d’attendre que la crise abatte son gouvernement.

Ailleurs, la poigne de fer de M. Erdogan serait à l’origine du mécontentement turc. Comme souvent, il pourrait périr par ce qui a fait son succès, et celui de son pays. « Polariser le pays est dans sa nature. Si cela continue, une décennie de stabilité économique et politique sous l’AKP pourrait en arriver à une fin pitoyable, voire tragique. » Bashar el Asad, grâce à l’aide iranienne, et du Hezbollah, a pris l’avantage sur ses opposants. En Libye, le chaos ruine les espoirs des pétroliers.
L’économie brésilienne ne va pas très bien. La volonté de sa présidente d’améliorer le sort de son peuple en « relançant la croissance en augmentant les dépenses publiques et le salaire minimum » ne semble plus fonctionner. Crise et ralentissement chinois ont atteint les exportations du pays. Et l’action de Mme Roussef est gênée par les mauvaises relations qu’elle entretient avec le secteur privé et les partis politiques brésiliens.

Une étude montre que les dirigeants se croient aimés, alors que leurs subordonnés construisent des coalitions qui leur sont hostiles. Ils tendent aussi à ne plus utiliser que les compétences qui les ont fait réussir, et à perdre leur capacité à décoder le comportement d'autrui. Mais, ils sont surtout coupés de la réalité. Ce qui les empêche de s’adapter. Curieusement, The Economist rejoint Hannah Arendt en pensant que la qualité première du leader doit être le « jugement ». 

dimanche 5 juin 2011

Menace sur la Turquie

Ces derniers temps la Turquie passait pour un modèle. Son économie est prospère, son régime relativement démocratique, elle a acquis une personnalité propre, et son influence compte au Moyen-Orient.

Mais The Economist perçoit une menace, pire qu'une islamisation : son premier ministre veut faire voter une « constitution afin d’établir un régime présidentiel à la française ». Erdogan, nouveau de Gaulle ? Effrayant.