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jeudi 24 mars 2022

Habile Turquie ?

Turquie et guerre en Ukraine. Conférence du Comité France Turquie. 

D'où il ressort que la Turquie ménage la chèvre et le chou. Mais, aussi, ce qui confirme ce que je soupçonnais lorsque j'ai vu que l'ambassadeur de Turquie en France était un énarque : la Turquie a mené une habile politique de réconciliation avec tout le monde. 

On découvre aussi qu'elle a su créer une puissante armée, qui pourrait être utile à l'OTAN, et qu'elle a préparé la guerre en réduisant sa dépendance énergétique à la Russie. 

Essaie-t-elle de tirer les marrons du feu ? Après tout, ses drones expliquent en grande partie les contre performances russes. Plus compliqué. Les Turcs sont inquiets de retombées de la guerre, directe, ou indirecte : ils sont à la fois dépendants du tourisme russe et de la croissance européenne. Quoi qu'ils fassent ils pourraient être perdants. Une forme de neutralité est probablement judicieuse. 

Bref, le Turc est prudent. Ce qui, pour les Grecs anciens, était une vertu ultime. 

jeudi 15 juillet 2021

Fragile Europe

Pitoyable Europe ? Elle cède à tous les chantages. Ce qui encourage encore plus de chantage. Et même à croire que l'on peut vivre de chantage sans avoir à se fatiguer. Comment donner spectacle plus affligeant ? Et pourquoi ? Parce qu'elle est conduite par l'intérêt particulier (une livraison de sous-marins allemands à la Turquie, par exemple), qui lui-même décide de l'action nationale, qui elle-même décide de l'action européenne. (Article de Télos, de la Turquie et de l'Europe.)

Dilemme du prisonnier ? L'Europe est un conglomérat d'individualités, et quand l'individu optimise son intérêt, il produit un choix collectivement désastreux, et qui se retourne contre ses intérêts ? Comment introduire une dimension sociale dans l'UE ? Autrement dit, comment la rendre intelligente ? 

lundi 8 janvier 2018

Turquie et France

La Turquie se sent isolée. Elle se cherche un allié. M.Macron semble le candidat idéal.

Qu'a-t-il à gagner ? Des affaires.

La presse ne s'intéresse qu'aux droits de l'homme. Mais reflète-t-elle les intérêts du peuple ? Comme un vieux film le faisait dire à Surcouf : "on se bat toujours pour ce que l'on n'a pas" ? (Un Anglais lui demandait pourquoi il se battait pour de l'argent, alors que les Anglais se battaient pour l'honneur.)

mercredi 31 août 2016

Changement et Islam

J'ai saisi un bout de retransmission d'interview de Kudsi Ergüner, un maître soufi turc. Il parlait de la transformation de l'Islam en Turquie. L'Islam y avait perdu sa sincérité. Il avait été récupéré par les intérêts du moment. Notamment politiques. Mais aussi, plus curieux, par l'Occident. Il remarquait que cela avait été le cas de toutes les religions. Les Ashrams indiens, par exemple, étaient aux mains d'Occidentaux. Si j'ai bien compris, en ce qui concerne la Turquie, la perte de l'esprit originel a obéi à une forme de nécessité : la Turquie ayant été occidentalisée de manière radicale, la religion doit faire des compromis avec cette partie de sa culture.

mardi 9 août 2016

Erdogan et Hitler

J'ai dit qu'un article parlait "d'incendie du Reichstag", au sujet de M.Erdogan. Curieusement, on ne semble pas s'être ému des grands messes qu'il organise et qui rassemblent des millions de personnes. Certes, cela semble un peu ridicule : on fournit transports et nourriture aux participants. Et si, effectivement, il y avait communion ? Et si une minorité agissante du peuple turc avait choisi M.Erdogan comme guide ?

Si l'on ajoute à cela ce qui ressemble à un pacte avec M.Poutine, on peut être inquiet que le passé ne se répète. Les circonstances ne sont pas les mêmes, direz-vous. Mais quel est le déclencheur d'une spirale totalitaire ? H.Arendt dit "croire que l'impossible est possible".

mardi 17 mai 2016

Immigration et Turquie

Que retenir de la question de l'immigration en Europe ?
  • Pour différentes raisons (principe ou intérêt), les élites de gauche et de droite sont favorables à l'immigration. 
  • Mais le peuple est contre : chômage et parasitage du modèle social. 
  • Les élites pensaient infléchir le peuple en montrant que les immigrés étaient des réfugiés. Cela a fait long feu. 
  • Pour se débarrasser de la question, elles ont voulu la confier à la Turquie. 
  • Ce faisant, elles subventionnent, cautionnent et encouragent un régime qui sent de plus en plus le soufre. 
N'y aurait-il pas d'autres façons de procéder ? 

dimanche 19 octobre 2014

Déflation et politique du pire

Risque de politique du pire. Cela pourrait être le message de la semaine. L’Allemagne est bloquée, bloque l’Europe et le monde. Mme Merkel en est en grande partie responsable. Elle a développé une technique redoutable pour conserver indéfiniment le pouvoir. Elle dit aux Allemands ce qu’ils ont envie d’entendre. En leur faisant croire que cela vient d’elle. Or, les Allemands ne veulent pas bouger. C’est pour cela qu’ils désirent imposer des réformes au reste de l’Europe. Idem aux USA. Les Républicains vont prendre le pouvoir aux prochaines élections et réduire M.Obama à l’impuissance. Il y aurait de quoi s’entendre, mais ce n’est pas dans l’intérêt des extrémistes de chaque bord. D’autant qu’il est possible de réutiliser les techniques mises au point par le subtil B.Obama pour démolir ce qu’il a construit. Idem en Angleterre. Il serait simple de satisfaire les aspirations, modestes, de la population. Elles n’ont rien à voir avec les thèses de Ukip. Partout en Europe, c’est la même chose. « Les populistes ne vont pas prendre le pouvoir (…) Cela laisse le gouvernement entre les mains des partis traditionnels (…) Puisque la zone euro poursuit une intégration de plus en plus étroite pour survivre, cela signifie demander aux électeurs de faire confiance à des institutions qu’ils en sont venus à mépriser. »

La déflation saisit le monde. « La crainte des investisseurs semble être que le monde développé glisse dans la spirale de la déflation (…) La récente faiblesse de l’euro et du yen pourrait être un signe que ces régions exportent la déflation au reste du monde, leurs exportateurs baissant leurs prix pour prendre des parts de marché ». Parmi les conséquences : prix du pétrole en baisse accélérée. Economie mondiale faible donc demande faible et offre en hausse, de tous côtés. Au Japon, les réformes économiques dont on attendait tant de bien plongeraient le pays dans la récession.

Ailleurs, autres crises ordinaires. Les Serbes basculent dans l’autoritarisme. Mais ils organisent des défilés d’homosexuels pour donner le change à l’UE. Renversement d’alliances en Turquie. Le gouvernement lâcherait les Kurdes, devenus alliés des USA, et se rabibocherait avec les généraux, et jouerait les comparses de l’Etat Islamique. Ce dernier réinvente l’esclavage. Le pouvoir syrien est faible. Mais il ne veut pas abandonner, même pour une solution qui lui sauverait la face. Résultat : chaos probable.

L’Irlande élimine une mesure qui permettait aux entreprises (étrangères) de ne pas payer d’impôts. Mais la compense par une contre-mesure. En Inde, M.Modi voudrait rendre fiable son administration avant, éventuellement ?, de libéraliser son économie. (Ce qui me semble sage.)

Ebola. Croissance exponentielle du nombre de victimes. Il devrait atteindre 10.000 par semaine. Compliqué et coûteux (une capacité de traitement de 100.000 lits coûterait de 1 à 2md$ par mois) d’enrayer l’épidémie. D’autant qu’elle attaque en premier les systèmes immunitaires sociaux, c’est-à-dire les personnels médicaux. Il faut des centres de traitement, changer les comportements  des populations et que les vaccins dont on dispose se révèlent efficaces. Puis relever les pays touchés des dévastations subies.

L’électronique européenne relèverait (modestement) la tête « grâce à sa force dans des technologies qui conviennent bien au nouveau monde des objets interconnectés et de consommation ultra basse puissance ». Apple offre un nouveau système de paiement sans contact. Les bénéfices n'en sont pas évidents pour le marché occidental. Mais les normes pourraient être utiles aux pays en développement, où la téléphonie mobile se substitue déjà aux réseaux financiers.

Toutes les prévisions faites au sujet d’Internet étaient fausses. L’univers d’hier n’a rien de différent de celui d’aujourd’hui. « Il y a un monde entre « disruption » et destruction ». Les économistes se sont trompés. Baisser les taux d’intérêt ne stimule pas l’économie ! Ce qui le fait, c’est la perception que les choses vont bien…

dimanche 6 avril 2014

Le monde : entre nationalismes et rodéo financier

L’Inde serait aux prises avec la passion du lucre, et l’individualisme. Les castes, c’est fini, ou presque. Ainsi que la politique clientéliste du Congrès. Et c’est un nationaliste qui a un millier de morts sur la conscience qui lui promet le paradis. En serait-il de même en Turquie ? M. Erdoggan a apporté le confort à la Turquie. Elle le réélit. La Hongrie maintient au pouvoir un petit Poutine ? En Chine sa campagne anti corruption permet au gouvernement d’éliminer de puissants adversaires politiques. Au Québec, le Parti Québécois semble avoir perdu les élections pour avoir voulu parler d’indépendance. Les nouvelles générations n’y sont plus favorables. Fin de la chasse à la baleine au Japon. Tradition en déclin, et coûteuse. 

Italie. Pour financer sa politique, M.Renzi vend les participations de l’Etat. L’Europe espère le salut du commerce. Plus exactement de négociations de partenariat avec l’Amérique et la Chine. Mais cela ne risque-t-il pas de la disloquer ? (Certains ayant infiniment plus à gagner que d’autres dans l’affaire.) Elle devrait comprendre qu’elle ferait bien de remettre en fonctionnement son moteur économique. Car, elle vacille au bord de la déflation. La surévaluation de l’euro, en particulier, lui coûtant cher. BCE, au secours ? Les banques centrales sont devenues les banquiers, permanents, des gouvernements. Et si nous nous en mordions les doigts ? « Du fait de ce dispositif les responsables politiques ont moins qu’avant à rendre des comptes ; en stimulant les prix des actions, que possèdent principalement les riches, cela pourrait bien avoir conduit à l’augmentation des inégalités, sans que c'ait été approuvé par un vote. Peut-être que dans dix ou vingt ans, on verra les événements récents comme le moment où le monde a franchi un cap. » En tout cas, la politique actuelle des banques centrale pousse les investisseurs vers les « frontières », des pays qui ne sont ni développés ni émergents. Pas bon pour la santé de ces derniers ? Et les pays émergents à emprunter à l’étranger, ce qui leur a été fatal lors de la crise de 97.

Aux USA, certains diplômes sont de mauvais investissements. Entre 15% (université sans but lucratif) et 22% (à but lucratif) des étudiants sont incapables de repayer leurs emprunts dans les 3 ans qui suivent le début des remboursements. Heureusement, les cours en ligne arrivent. En outre, l’Amérique, pays des libertés, donne l’asile éducatif à une famille allemande. Elle ne voulait pas d'une éducation publique pour ses enfants.

Petrobas, compagnie pétrolière brésilienne. Où l'on voit, une fois de plus, politique et économie ne font pas bon ménage. GM doit rappeler un grand nombre de voitures, après quelques morts. Quelque chose a cloché dans ses dispositifs de suivi après vente. Aux USA, des investisseurs veulent utiliser les technologies de l’information pour réinventer l’assurance, et la médecine. Arrivée du smartphone bon marché. Samsung serait menacé. D’où la recherche de nouveaux marchés (montres, bracelets électroniques, voitures). Les entreprises chinoises achètent des PME allemandes. Pas pour les démanteler, mais pour acquérir prestige et expérience. Les Allemands sont enchantés : « les Chinois pourraient être la solution aux problèmes de succession que rencontrent beaucoup d’entreprises du Mittelstand ». Les cultivateurs de roses du Kenya font face à des pressions contradictoires. Leurs clients occidentaux veulent à la fois des baisses de prix et la RSE. « En concentrant plus de pouvoir entre les mains de géants de l’agroalimentaire, la demande de l’Ouest que les entreprises soient de bons citoyens a des résultats que n’attendait pas la gauche. En même temps, elle surprend beaucoup de gens de droite : loin de tuer les entreprises, elle les encourage à devenir plus productives et innovantes. »

Réchauffement climatique, changement des scientifiques. « Le nouveau rapport (…) voit le climat comme un problème parmi beaucoup d’autres, dont les conséquences sont souvent conditionnées par les interactions avec ces autres problèmes. Et la bonne politique tente de réduire la charge, de s’adapter au changement, plutôt que de chercher à l’arrêter. » 

dimanche 19 janvier 2014

Notre avenir selon The Economist : Dickens ou Kafka ?

Contrairement à ce qui s’est passé jadis, la technologie (Internet) devrait détruire l’emploi, et dans de grandes proportions. Les start up sont les agents de ce changement. L’entrepreneur serait-il le prolo moderne ? Il est exploité par l’investisseur, qui le fait travailler nuit est jour dans des « accélérateurs ». Pour produire ce qui semble d’une étrange inutilité. S’il a de la chance, il sera absorbé par une grande entreprise, il en deviendra une sorte de chef de service. Malheureusement, le système éducatif ne forme par le personnel auquel est destiné l'emploi de demain. L’offre ne correspond pas à la demande. Les entreprises commencent à fournir des formations en ligne afin de mettre à niveau ceux qui peuvent l’être. Ce monde sera Orwellien ou ne sera pas. Google devient le nouveau General Electric. C’est un General Data. Il constitue un groupe d’entreprises qui collecte toutes les données possibles sur nous. Gigantesque NSA.

Et l'agriculture ? Le monde mange de plus en plus de viande. Danger ! Ça consomme énormément d’eau, cela produit des gaz à effet de serre et c’est un « réservoir de maladies ». Solution ? L’élevage industriel. Mais pas à la chinoise. Sans mesures de sécurité sanitaire les élevages industrialisés chinois sont des bombes à retardement.

Les producteurs de piles sont en fin de vie. Substitution en Occident et concurrence en Orient. Les Etats se fatigueraient de subventionner la production cinématographique. Elle va au plus offrant sans jamais se fixer. Les MBAs investissent des centaines de millions dans de nouveaux bâtiments. Histoire d'en donner pour leur argent à des élèves qui achètent leur diplôme 200.000$. Les bâtiments sont payés par des anciens qui ont réussi. Qu’apporte l’éducation américaine ? Des références et des relations. Dans ces conditions, autant utiliser des formations en ligne. Au moins elles en réduiront le prix.

La qualité de la gestion des entreprises serait mesurable et elle se verrait dans leurs résultats. Les Américains et les Allemands seraient bons, le secteur public, l’entreprise familiale et les pays du sud mauvais.

La bulle boursière se dégonflerait et profiterait aux obligations d’Etat. Les analystes financiers sont de mauvais conseil dit une étude. Le Capital investissement achète au capital investissement. Cela s’explique par le fait qu’il doit à la fois revendre rapidement les entreprises dans lesquelles il investit et qu’il doit employer l’argent qu’il a, sous peine de le perdre. Cela n’amuse pas ceux dont ils gèrent l'argent (les fonds de pension, notamment). Car, ils peuvent avoir des participations dans les fonds acheteurs et vendeurs : « en substance, ils achètent l’entreprise à eux-mêmes, avec d’importants coûts de transaction ». (Les propriétaires des fonds, eux, gagnent à tous les coups.)

Politique. Notre président est « ridicule ». (Ce que The Economist avait pris pour un réveil était un cauchemar ? D'habitude, il titre ce genre d'erreur « waving or drowning ».) En Ukraine la contestation semble avoir perdu, les oligarques ne sont pas de son côté. Les choix énérgétiques allemands (Atomkraft nicht danke) font passer au pays un mauvais quart d’heure. Ses subventions à l’énergie renouvelable coûtent 260€ en moyenne à un foyer. Et les centrales a charbon, c'est pas cher, fonctionnent à plein régime. Jamais l’Allemagne n’a produit autant de CO2. La Turquie doit-elle entrer dans l’UE ? M.Hollande est pour, mais l’Angleterre est maintenant contre. Les Grecs de Chypre aussi. Et, M.Erdogan est de moins en moins fréquentable. D'ailleurs la Turquie n'est-elle pas un peu grosse à avaler ? Aux USA, Obamacare tient toujours à un fil. Le peuple est contre. Ceux qui y adhèrent sont les mal portants. Ce qui menace le projet d’un déséquilibre fatal. La politique iranienne de M.Obama n’a pas l’appui des Américains. En Israël, on semble s'accorder pour expédier les Arabes du pays dans un nouvel Etat palestinien. 

dimanche 5 janvier 2014

Le printemps arabe de la démocratie ?

Politique turque : tous pourris ? Un scandale révèle que les enfants des gouvernants (premier ministre compris) ont trempé dans des malversations. Ce que l’on apprend grâce à des juges, qui appartiennent à un allié devenu ennemi du pouvoir. Les dits juges ont servi à renverser le précédent pouvoir. Quant à l’opposition : c’est le chaos. Partout, même spectacle. Comme le marché, la démocratie semble un régime où la médiocrité attire la médiocrité. En Europe, au milieu de la tempête, les partis de gouvernement font preuve d’un curieux détachement. A l’image du premier ministre du Danemark. En pleine chienlit gouvernementale (elle est encore moins populaire que M.Hollande !), elle s’amuse à prendre son autoportrait en compagnie de MM.Cameron et Obama. Devant autant d’indifférence, les forces poujadistes prospèrent. Gros scores garantis aux prochaines élections. Mais elles sont incapables d’assumer des responsabilités. (Les politiques n’ont aucune raison de changer donc, sinon d'être populistes, à des fins tactiques.) Y a-t-il meilleur signe de cette faillite démocratique que la BCE ? Pour éviter une déflation, la BCE, donc, banque centrale sans Etat, va faire une politique « non conventionnelle ». Comme la FED. Mais plus difficilement. Car elle doit contourner les résistances des Etats… Quant aux Arabes, leur tentative de printemps démocratique les a précipités dans une guerre fratricide, secte contre secte. 

2014, l’étincelle ? La spéculation boursière a probablement atteint son point d'éclatement. « La combinaison du mécontentement de l’électorat et de la nervosité gouvernementale peut conduire à des résultats imprévisibles. » C’est grave, mais moins que ce qui nous attend. Un retour à l’ère victorienne. Car le monde de Dickens est la norme du capitalisme. C’est, du moins, ce que déclare un économiste, deux siècles de statistiques à l’appui. Heureusement, la microassurance fonctionne, si on la vend, non à l’individu, mais au groupe.

Par ailleurs, les écoutes de la NSA auraient fait perdre à M.Obama (qui s’en fiche ?) deux alliés : les jeunes et les Européens. Le Liban résiste toujours à la contamination de la crise syrienne. Le Soudan du Sud semble mal parti : certains pays limitrophes le divisent pour régner.

Entreprise. Le Danemark est le champion de l’agriculture industrielle, hyper scientifique (on y parle même de bio silicone). Héritage viking ? On fait visiter les abattoirs aux enfants. Les banques d’investissement sont parvenues à contourner les lois qui devaient réduire la rémunération des banquiers. Mais pas les forces du marché, qui les contraignent à faire des économies. (Il reste de la marge : la rémunération moyenne chez Goldman Sachs est encore proche de 500.000$.) Les laboratoires pharmaceutiques trouvent de plus en plus de remèdes, notamment dans le domaine du cancer, mais leurs marchés (les vieux américains et les émergents) ne peuvent pas se les offrir. Le problème viendrait en partie de ce qu’aux USA, un tiers du marché mondial, il est culturellement incorrect de parler de coût des médicaments. Là aussi, à long terme, les forces du marché, la nécessité de trouver des débouchés, pourraient faire changer les choses. C’est peut-être aussi ce qui arrive à Gazprom. Outil politique du gouvernement russe, il veut imposer sa loi à l’Europe. Celle-ci essaie de le contrer en jouant de la concurrence. Il doit s’adapter pour conserver son influence. Autre exemple de dirigisme. L'Angleterre est le champion mondial de l'énergie éolienne en mer. Ce qui lui coûte extrêmement cher en subventions. Politique d'autant moins compréhensible que le savoir-faire technologique part vers ses fournisseurs étrangers... Une note d'espoir, tout de même ? L'entreprise italienne est increvable. En dépit de ses handicaps domestiques, elle parvient à exporter, et à lever des fonds sur les marchés internationaux. Apprenons à aimer le marché ? 

68 aurait-il été l'idiot utile du collectivisme ? Prochaine acquisition pour le NSA ? En exploitant un phénomène physique de diffusion du son, il est possible de transformer la fibre optique en réseau d’écoute. NSA des parents : les enfants ne fuiraient pas autant Facebook qu’on l’aurait dit.

lundi 1 juillet 2013

Après le chaos, la démocratie ?

« Les crises économiques, plus que la prospérité, annoncent la démocratie. »The Economist s’interroge sur la vague de révoltes qui secouent le monde. Et s’en réjouit, finalement. D’ailleurs, les affrontements sectaires, Shiites contre Sunnites, n’ont pas pour vocation de dégénérer. Une forme d’équilibre a toujours été de rigueur. « Ni le poids des allégeances religieuses ni la forme des alliances politiques n’ont été constants au Moyen-Orient. Savoir que cela peut changer agit comme un frein contre un affrontement sectaire à outrance. » Pour le reste, ça bouge partout. En Turquie, le gouvernement a été apparemment ferme face à ses opposants, mais flexible, en réalité. Les négociations avec l’Europe et les Kurdes n’ont pas été suspendues. Au Brésil, la crise semble calmée. Mais n’a-t-on pas promis l’impossible ? (Le problème majeur est la corruption et le dysfonctionnement de l’Etat, si je comprends bien, i.e. de ce qui devrait mener les réformes !) Qui va tirer parti de ces troubles ? L’ex président Lula ? Mais n’est-il pas à l’origine de ce dont souffre le pays ? (Demain le chaos ?) Le retour de fortune brésilien a fait une victime : son homme le plus riche. Les investisseurs étrangers ne croyant plus au pays ne lui prêtent plus. Et ses affaires n’étaient apparemment que des bulles spéculatives. En Egypte, le pays est paralysé par l’affrontement entre gouvernement et opposition. Ce qui pourrait ramener l’armée au pouvoir. L’équilibre politique italien est suspendu aux démêlés judiciaires de M.Berlusconi. En Russie, Gazprom, outil de pouvoir et d’influence internationale de M.Poutine est menacé par le gaz de schiste. Il fait choir les prix, émerger une concurrence interne, et apporte de nouveaux fournisseurs à ses clients. En France « les implications politiques (de l’affaire Tapie) sont explosives ». Les Portugais veulent rester dans l’euro, mais ils souffrent. Qu’ils supportent cette souffrance est capital. « L’UE (…) a désespérément besoin d’un succès. Si le Portugal ne peut pas se remettre sur pieds en dépit d’un gouvernement de centre droit qui adopté le libre échange avec zèle, les critiques diront que le problème est dans le traitement, pas dans son application ». C’est la faiblesse de la France qui a fait de l’Allemagne un leader. Mais elle est extraordinairement mal à l’aise dans ce rôle. Elle sait surtout ce qui n’est pas bien. Non où aller. Barack Obama tente de faire passer quelques mesures de lutte contre le réchauffement climatique. Mais il est paralysé par une opposition qui utilise toutes ses initiatives pour lui nuire. (Dans ces conditions, ne devrait-il pas chercher à encourager le réchauffement climatique ?) L’Affaire Snowden, en dévoilant l’hypocrisie massive des USA, provoque « le malaise de l’Amérique et la joie de ses ennemis ». Annonce de la prochaine crise économique ? La banque fédérale américaine parle de ralentir sa politique de soutien de l’économie. Partout les marchés sont sans dessus dessous. Et les banques tremblent.  « C’est une douce ironie que les titans de la gestion de fonds, qui se considèrent comme des champions robustes du système du libre échange, soient si dépendants des subventions des autorités monétaires. » Quant à Internet, il facilite les révolutions, mais pourrait bientôt être la meilleure arme pour les éviter, ou les réprimer.

Dans le monde de l’entreprise. Le marché monte à l’assaut de l’école. Dorénavant, on va apprendre par ordinateur. Certes ce n’est pas la première fois que l’on cherche à appliquer une innovation à l’école. Mais cette fois-ci, c’est sûr, c’est plus efficace que la méthode traditionnelle. Mais n’est-ce pas un moyen de licencier de l’enseignant ? D’accroître les inégalités ? En tout cas les lourdeurs administratives pourraient freiner ce changement, bénéfique selon The Economist. Alors, les entreprises cherchent à rendre les familles accro à leurs produits, afin qu’elles fassent pression sur l’Etat. (Au fait : quid de la socialisation dans l’apprentissage ?) Pour le reste, cela bouge presqu’autant que dans la société civile. Les télécoms européennes sont « dans le trou ». En particulier, les spécialistes du mobile. La faute apparemment à trop de concurrence, et trop de déréglementation ! Du coup, ils n’ont pas les moyens d’investir dans le 4G. Les Américains tournent autour des sociétés européennes, exangues. Le cloud donne l’avantage à IBM et Amazon (« Amazon pourrait rouleau compresser tout le monde »). Cela force Salesforce, Oracle et Microsoft à s’unir, pour tenter de sauver leur peau. 

lundi 3 juin 2013

Manifestations en Turquie et changement mondial ?

J'entends que l'on manifeste en Turquie. Si je comprends bien, on reproche au gouvernement son dirigisme. Mais aussi on en veut au bousculement du mode de vie traditionnel turc par l'économie et ses magasins.

Suède, Turquie, Printemps arabe... Y a-t-il un facteur commun ?

  • Les médias sociaux facilitent l'expression des mécontentements. Il semble même que le bon usage de ces réseaux s'échange entre nations, et s'enrichisse dans l'échange. 
  • Sources de mécontentements identiques ? Changement ? Contre-coup à l'occidentalisation du monde ? Les sociétés traditionnelles sont bousculées autant par la libéralisation de l'économie, et ses conséquences (crises, inégalités...), que par celle des mœurs. A quoi s'ajoute probablement le fait que le principal agent du changement a été un gouvernant dirigiste, qui n'est plus aujourd'hui en phase avec sa création ? 

jeudi 16 mai 2013

Impasse en Syrie ?

Le régime Assad a joué à diviser pour régner, et à terroriser. Mais, cette fois-ci « la population sunnite (a) simplement arrêté d’avoir peur ». Et le conflit est devenu confessionnel. Et les thèses sunnites rejoignant celles d’Al Qaïda. Nouvel épisode de l’affrontement entre les empires ottoman (turc) et safavide (iranien), mais aussi de la guerre froide, avec Américains et alliés d’un côté et Russes et alliés, de l’autre. « Bientôt (le conflit) sera allé bien trop loin pour que l’un ou l’autre camp puisse revendiquer la victoire. » Si je comprends bien.

Mais serait-ce bon pour la Syrie qu’il y ait un vainqueur ? L’Europe ne devrait-elle pas se préoccuper d’un chaos à ses portes ? Mais, après les désastres irakiens, afghans et libyens, quelle solution adopter ? A moins que la crise mondiale ne soit un des catalyseurs de l’affrontement ? Si elle se résolvait, les forces belligérantes seraient-elles affaiblies ? 

lundi 25 février 2013

Chaos au Moyen-Orient, paix en Europe, Chine en guerre, et reflux de l’individualisme ?

Politique. The Economist aimerait que M.Obama s’intéresse enfin à la Syrie. Somalie, en puissance, elle se transforme en chaos. Tout le monde se bat avec tout le monde, y compris entre opposants. Le terreau et fertile pour le Jihadisme. Demain, une guerre qui s’étend au Liban, à Israël, à l’Iraq, à la Jordanie… ?
Chypre subit une crise de la dette. Mais elle serait peut-être riche en pétrole. Cela pourrait lui permettre de payer ses dettes. Mais transporter le pétrole est compliqué et demande des investissements coûteux. Et si le plus simple était de passer par la Turquie ? Et s’il y avait là une raison de se réconcilier, pour les populations de l’Ile ? Quant à la Turquie, l’Europe semble d’un seul coup la trouver sympathique. Et si Kurdes et Turcs se réconciliaient pour devenir Européens ?
Quant à la Chine, son armée aurait organisé des bataillons de pirates informatiques qui alimentent son industrie avec le savoir-faire occidental. Politique d’intérêt national.

L’Europe veut taxer les transactions financières. The Economist n’est pas d’accord. Idem pour les bonus des banquiers : ils vont augmenter leurs salaires ! En revanche, l’Europe serait favorable aux intérêts du Whisky écossais. Elle le protège, abat les barrières douanières à l’étranger, et lui ouvre les marchés européens (La France est le plus gros consommateur mondial).

Vers une nouvelle vague de fusions / acquisitions ? « Beaucoup de patrons s’attendent maintenant à une faible croissance des pays développés. Ils pensent qu’ils ont tiré tout ce qui était possible des réductions de coûts. Une grosse acquisition est le meilleur moyen d’améliorer les affaires, pensent certains. » The Economist rappelle « les études biannuelles de KPMG n’ont jamais trouvé plus de 34% d’acquisitions rentables ».

Santé publique. Certains Etats américains légalisent la drogue. Cela permet de contrôler sa consommation. C’est l’occasion d’une expérimentation. (Une bonne idée pour réduire les déficits du pays ?) L’activité spatiale de la NASA ne sert plus à rien, sinon à engraisser quelques lobbies industriels. Et si on lui avait trouvé une activité honnête : surveiller et détruire les météorites qui nous menacent ?
Dans la rubrique, l’individualisme d’antan a du plomb dans l’aile, on essaie de modéliser la façon dont « les sociétés changent leur esprit collectif ». Pour cela, on veut utiliser le « big data » craché de toutes parts. On découvre aussi les bénéfices des virus et que « beaucoup de créatures (y compris les humains) ne sont pas auto-suffisantes mais dépendent de la symbiose ». En équipant les plantes de certains virus, on pourrait leur donner des propriétés utiles (par exemple résistance à la sécheresse). 

mardi 6 novembre 2012

The Economist vote Obama, pour le reste rien ne change

The Economist vote Obama. « M.Romney a un projet économique qui ne marche que si vous ne croyez pas à ce qu’il dit (…) Et, en dépit de tous ses défauts, M.Obama a tiré l’économie américaine du précipice, et a fait du bon travail en politique étrangère. »  L’ouragan Sandy aussi : il rappelle à l’Américain que, dans les moments difficiles, l’Etat est utile. De même que les drones. Ils donnent l’image d’un président martial, dont les robots liquident les terroristes apparents, sans demander d’autorisation à qui que ce soit.
En Europe, l’Etat est à nouveau interventionniste. Et l’Allemagne, pour une fois, suit l’exemple de la France. (Investisseur toujours aussi avisé : 150m de la BPI, supposée financer le Mittlestand français, vont renflouer l’armateur CMA CGM.)
Depuis que la Birmanie a basculé dans la démocratie, elle opprime ses minorités. Lien de cause à effet ? (Situation une nouvelle fois héritée du diviser pour régner de la Grande Bretagne coloniale ?)

Les compagnies pétrolières occidentales quittent l’Iraq, trop instable et mal équipé. Elles s’installent au Kurdistan, qui aimerait installer des pipelines en Turquie, qui serait heureuse d’ennuyer son ennemi iraquien, mais qui s’inquiète de sa minorité kurde. En Iraq, la Chine remplace l’Occident.

Le capital grossit, les salaires régressent. Partout dans le monde. Les entreprises réduisent leurs coûts, et n’investissent pas. Réflexes conditionnés ? Elles tendent aussi à grossir au-delà du raisonnable. Pourquoi ? Parce que ça flatte l’amour propre du dirigeant ; parce qu’il surestime les bénéfices d’une acquisition ; mais aussi parce qu’il est rentable d’être un monopole ; et que l’Etat accorde une garantie implicite aux grandes entreprises (comme l’a fait récemment l’Etat français avec la banque de PSA).

Science. Le lac de Genève est propice aux tsunamis (provoqués par des effondrements de sédiments) ; la nouvelle science de l’épigénétique laisse penser qu’une femme peut hériter des poumons en mauvais état d’une grand-mère fumeuse ; éternelle lutte de l’homme contre la nature, les poissons d’élevage sont victimes de nouvelles épidémies, que l’on cherche à éviter en repérant les génomes qui semblent y résister ; dans le même genre, on serait en passe d’inventer la médecine bactérienne, elle crée des bactéries artificielles qui soignent l’écosystème bactérien qu’est l’homme.  

dimanche 29 janvier 2012

Décolonisation et bain de sang

Petit à petit, j’en viens à penser que la décolonisation, loin d’avoir été une glorieuse guerre de libération, a été un bain de sang totalitaire.

Son « idéal type » paraît être la révolution culturelle chinoise. À savoir le désir de transformer un pays sur le modèle occidental, mais en gardant son âme. Bref, l’adoption de l’idée de « nation », telle que définie par l’Occident.

Tout ce qui s’opposait à la réalisation de cet idéal a été massacré. C’est probablement ainsi que s’explique l’histoire des Arméniens en Turquie.

Quant aux intellectuels français, qui ont vu dans ces régimes la matérialisation de leurs idéaux, ont-ils confondu aspirations au nationalisme et aux droits de l’homme ?

mardi 24 janvier 2012

Génocide arménien et esprit des lois

Un parlement ne peut décréter qu’il y a eu génocide en Turquie sans aller contre l’esprit des Lumières, dit L’Esprit des Lumières de Tzvetan Todorov.
Les députés français n’en étaient pas à leur coup d’essai. Quelques années plus tôt, ils avaient décidé que la Turquie était bien coupable du génocide Arménien (…) La puissance publique n’a pas le droit de décider où réside la vérité, disait Condorcet.
Les Lumières distinguent en effet le bien du vrai. Le rôle du politique est de dire le premier, celui de la science le second. Aucun ne peut contraindre l’autre.

Quand le parlement décrète qu’il y a eu génocide n’agit-il pas comme l’Église condamnant Galilée ? De simples êtres humains s’arrogent le droit de définir une fois pour toute ce qui est vrai, et de mettre un terme à la marche de la science ? Le sujet est beaucoup plus grave qu’il n’y paraît. C’est la liberté de l’homme qui est en jeu. Comment justifier, en effet, qu’un homme puisse être empêché de poursuivre le vrai ?  Si l'Etat décide du vrai, et condamne les contrevenants, c'est la dictature !

Certes. Mais les Lumières, comme l’explique T.Todorov, ont aussi dénoncé le scientisme : la science comme valeur absolue. Peut-on laisser une science folle faire n’importe quoi ? D’ailleurs, les Lumières n’étaient-elles pas un moralisme ? Ce qu’elles mettent au dessus de tout, y compris probablement de la science, c’est la « volonté générale », celle du peuple.

Qu’est-ce que cela donne dans notre cas ? Que pense la volonté générale du génocide arménien ? Probablement pas grand-chose.

Et si ce que révélait ce débat était une faille de notre 5ème République ? L’exécutif peut y faire ce qu’il veut, sans consulter grand monde. Et si la première victime en était M.Sarkozy ? Et si un président impulsif avait besoin de contre-pouvoirs pour le forcer à donner le meilleur de lui-même ?

vendredi 30 décembre 2011

France et Turquie

La France a-t-elle eu raison de se mettre les Turcs à dos, en pleine crise ?

The Economist estime que le gouvernement a pris ce risque pour acquérir les voix des Arméniens de France. (Pour ma part, je pensais qu’il faisait signe à l’électorat du FN.)

Il remarque aussi que Barack Obama a découragé les élus américains de légiférer sur la question, et que les Arméniens qui vivent encore en Turquie préféreraient ne pas faire les frais de nobles idéaux. (Watch your words)

samedi 3 décembre 2011

Libéralisme pour les gogos ?

L’historien de l’économie Paul Bairoch montre que le monde a très peu connu le libéralisme (libre échange).

Deux cas lui ont été favorables :
  • L’Angleterre du 19ème siècle. Une industrie fortement exportatrice, et sans concurrence, et qui, pour maintenir des salaires de misère, a besoin d’importer à coût minimum de quoi nourrir cette misère.
  • Les pays faibles (tiers monde, un temps, la Chine, la Turquie…) que les forts rançonnent.
L’Amérique a été, quasiment sans désemparer, la patrie du protectionnisme.

BAIROCH, Paul, Mythes et paradoxes de l’histoire économique, La Découverte, 1999.

lundi 24 octobre 2011

Élections en Tunisie

L’Islam aurait le vent en poupe en Tunisie et en Libye. Surprise ?

C’était le scenario qui me semblait le plus vraisemblable au début de l’année. Même si ce sont quelques intellectuels qui font la révolution, la démocratie donne le pouvoir à la majorité, dont les préoccupations sont terre à terre.

Va-t-on vers un modèle turc, iranien, autre (sachant qu’aucun des deux premiers n’est arabe) ?