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jeudi 22 décembre 2011

Parlez-vous vidéo ?

Suite et fin de ma série sur le rapport "Future Work Skills 2020". On le sait, le volume de données vidéo explose sur l'Internet, encore plus lorsqu'il est utilisé depuis un mobile (et même encore plus lorsqu'il est utilisé depuis un iPad).

L'étude affirme que le travailleur du futur devra être "fluent" en langage vidéo. Autrement dit, qu'il devra être capable de lire et appréhender la vidéo de la même manière qu'une présentation Powerpoint aujourd'hui.

Inversement, il devra aussi maîtriser la création et la présentation vidéo. Cela exige de lui la connaissance  des concepts et du langage vidéo : cadrage, profondeur de champ, etc. Mais aussi des techniques lui permettant de convaincre son "audience" et de vendre via ce langage.

Cela me donne la sensation d'une mutation comparable à celle qui a vu le passage du cinéma muet au parlant, avec son lot de laissés pour compte et de stars déchues. Et vous, vous sentez-vous prêts ?

Canaliser le déluge de données

Le rapport "Future Work Skills 2020" de l'Institute for the Future (cité dans un post précédent) relève un défi intéressant pour les travailleurs du futur que nous sommes tous : savoir gérer intelligemment les données à notre disposition sur les réseaux, dont le volume croît à une vitesse exponentielle.

Le phénomène du Big Data a déjà fait l'objet de nombreux commentaires, par exemple par McKinsey qui estime que les données deviennent un troisième facteur de production à côté du capital et du travail.

Le défi se situe également au niveau individuel. Nous étions déjà débordés par l'email ; nous le sommes encore d'avantage par Facebook et tout cela n'est qu'un début.

Quelles compétences et nouveaux comportements devons-nous développer pour ne pas se laisser noyer mais, au contraire, canaliser ce déluge et en tirer profit au moment de prendre des décisions ?

  1. Donner du sens / interpréter les données ("Computational Thinking") :
    • utiliser des outils de simulation pour assister la prise décision (cf. la mode des "business games" ou des "serious games")
    • développer nos compétences d'analyse statistique et de raisonnement quantitatif
  2. Prioriser et filtrer les données ("Cognitive Load Management") :
    • réduire le "bruit" et identifier les données les plus importantes en utilisant, par exemple, des "interfaces adaptables" qui simplifient les données en fonction de l'activité cérébrale détectée
    • utiliser les techniques de "filtrage social" : classer les flux de données, ajouter des tags et d'autres méta-données
L'étude rappelle tout de même qu'il faudra toujours tenir compte des limites technologiques :
    • tout modèle n'étant qu'une approximation de la réalité, la gestion des données devra toujours s'appuyer sur l'intuition et le sens des réalités (ouf !)
    • ne pas devenir prisonnier de systèmes automatisés pour les situations où les données font défaut
A priori, les littéraires et les créatifs ont donc encore un avenir...

mardi 20 décembre 2011

L'avantage compétitif de l'homme

Comme dans Matrix, les machines vont-elles nous remplacer ? Ce qui est un fantasme récurrent des films fantastiques transparaît de manière plus sérieuse dans une étude prospective commise par l'Institute for the Future, "Future Work Skills 2020". Les auteurs identifient les 10 compétences des travailleurs du futur à partir de 6 "drivers" de changement (mêlant des aspects démographiques, technologiques, organisationnels...).

Une question renversante : quel est l'avantage compétitif de l'homme ? Ça par exemple ! J'aurais eu tendance à remettre cette question à l'endroit mais les avancées dans la robotique ou encore dans l'informatique nous forcent à accepter cette formulation. Ce qui est rassurant, c'est que les auteurs trouvent à l'homme plusieurs avantages sur la machine :
  • capacité à faire preuve de sens / à saisir le sens, donc à générer des intuitions qui sont critiques pour la prise de décision
  • capacité à ressentir et évaluer des émotions et, par là, à créer des relations personnalisées
  • aptitude à vivre en groupe (héritage de milliers d'années de socialisation) et à collaborer dans des environnements variés
  • maîtrise des contextes culturels multiples grâce à l'identification de "points de connexion" (objectifs partagés, priorités, valeurs) qui transcendent les différences culturelles
  • capacité d'adaptation aux circonstances inattendues, aux situations
Ces différents avantages compétitifs me semblent intimement liés entre eux. Ils font écho aux notions d'intelligence émotionnelle, au "QI social", voire à l'ethnologie, à la sociologie et à la psychologie. Les machines sont limitées par l'obligation qu'elles ont de suivre des règles. L'homme, lui, peut saisir l'esprit des règles au-delà des aspects sémantiques ou autre logique flottante de l'intelligence artificielle.