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samedi 25 juillet 2020

"Small is beautiful" ou les vertus redécouvertes de la ruralité ?

Conférence du professeur Gérard-François Dumont. Il démonte le discours ambiant qui affirme l'exode rural et une tendance inéluctable vers l'urbain. Manipulation des chiffres, motivée par l''idéologie du "big is beautiful".

Dans la performance d'un territoire, il entre des facteurs subtils. Par exemple, Paris se dépeuplerait car, contrairement à ce que l'on pourrait penser, elle est "périphérique" : les centres de décision sont ailleurs. En revanche Zurich ou l'Ile sur la Sorgue, ont su, elles, se placer au centre du jeu. Il y a donc une question "d'atouts", mais surtout de "gouvernance". Ainsi Vitré aurait su bien mieux tirer son épingle du jeu que Rennes, avec pour conséquence un très faible taux de chômage (4% contre 10). Idem pour Espelette et son piment, qui doit à la volonté de quelques agriculteurs d'être un champion, dont la production, sur le point de disparaître il y a quelques décennies, a été multipliée par 100.

Jusqu'ici, on encourageait les élus à la passivité. Le mot clé était "économie résidentielle". Il s'agissait d'attirer des entreprises sur son territoire. Ce qui a eu des effets pervers. Au contraire, il faut "aller de l'avant". Partir de ses atouts uniques, et la force de la France est sa diversité, et en tirer une stratégie de "régénération". Parmi ces atouts, il y a le fait, nouveau paradoxe, qu'il y a beaucoup d'intérêts à ne pas installer son entreprise dans une métropole : distances, bonheur de vivre et prix de l'immobilier, entre autres.

mardi 20 décembre 2011

L'avantage compétitif de l'homme

Comme dans Matrix, les machines vont-elles nous remplacer ? Ce qui est un fantasme récurrent des films fantastiques transparaît de manière plus sérieuse dans une étude prospective commise par l'Institute for the Future, "Future Work Skills 2020". Les auteurs identifient les 10 compétences des travailleurs du futur à partir de 6 "drivers" de changement (mêlant des aspects démographiques, technologiques, organisationnels...).

Une question renversante : quel est l'avantage compétitif de l'homme ? Ça par exemple ! J'aurais eu tendance à remettre cette question à l'endroit mais les avancées dans la robotique ou encore dans l'informatique nous forcent à accepter cette formulation. Ce qui est rassurant, c'est que les auteurs trouvent à l'homme plusieurs avantages sur la machine :
  • capacité à faire preuve de sens / à saisir le sens, donc à générer des intuitions qui sont critiques pour la prise de décision
  • capacité à ressentir et évaluer des émotions et, par là, à créer des relations personnalisées
  • aptitude à vivre en groupe (héritage de milliers d'années de socialisation) et à collaborer dans des environnements variés
  • maîtrise des contextes culturels multiples grâce à l'identification de "points de connexion" (objectifs partagés, priorités, valeurs) qui transcendent les différences culturelles
  • capacité d'adaptation aux circonstances inattendues, aux situations
Ces différents avantages compétitifs me semblent intimement liés entre eux. Ils font écho aux notions d'intelligence émotionnelle, au "QI social", voire à l'ethnologie, à la sociologie et à la psychologie. Les machines sont limitées par l'obligation qu'elles ont de suivre des règles. L'homme, lui, peut saisir l'esprit des règles au-delà des aspects sémantiques ou autre logique flottante de l'intelligence artificielle.