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mercredi 25 décembre 2019

Donald Trump : mode d'emploi

Et s'il y avait une façon de parler à Donald Trump ? Voici ce que dit Jean-Claude Juncker :
Juncker said he had managed to convince Donald Trump in the EU’s favor — including on trade and tariff issues — after many G7 meetings and “after many arguments.” “He always appreciated that I confront him in a polite way,” and “he always accepted that I question his figures because his figures were always wrong.” (Politico)
 Une façon de s'adresser à nos mécontents, qui semblent parfois avoir un peu de Trump en eux ?

dimanche 29 juin 2014

Mr Juncker und Dr Merkel

M.Juncker est président de la commission européenne. Sa désignation a fait l'objet d'une bataille, dont il n'est pas facile de comprendre les enjeux réels. 

M.Cameron s'en est pris personnellement à M.Juncker. Il avait deux griefs. Tout d'abord, M.Juncker est un fédéraliste. Or, M.Cameron pense que l'UE est une bureaucratie inefficace. Il estime que les dernières élections européennes lui donnent raison. Le peuple a exprimé un jugement sur l'Europe. Ensuite, M.Juncker est le choix du parlement européen. Jusqu'ici, le président de la commission était désigné par les chefs d'Etats. Or, pour M.Cameron, seuls eux sont légitimement élus pour prendre ce type de décision. Le parlement européen, lui, ne l'est pas. A tout ceci, M.Cameron a ajouté le chantage. Si vous ne démantelez pas l'UE, alors les Eurosceptiques vont sortir l'Angleterre de l'UE. Et ça, ça ce serait un retour à l'âge des ténèbres. L'obscurantisme français n'aurait plus de contre-poids. 

A cela, il faut ajouter que l'opinion anglaise approuve ce tissu de sophismes. En particulier, une BBC qui n'est plus que l'ombre de sa rigueur journalistique passée.

Résultat. M.Cameron s'est retrouvé isolé, seul aux côtés d'une Hongrie qui sent quelque peu le soufre, contre le reste de l'UE. En particulier, il a été lâché par ses alliés usuels. Ils ont considéré ses gesticulations malséantes. 

Que va-t-il arriver maintenant ? Probablement rien. M.Cameron voulait sans doute se faire aimer de son opinion publique. Il lui a donné un beau spectacle. Il peut lui dire qu'il s'est bien battu. En fait, seule Mme Merkel compte. Non seulement parce qu'elle dirige le pays le plus fort, mais aussi parce que l'UE est une démocratie allemande. Donc, que pense Mme Merkel ? Les journaux anglais estiment qu'elle veut une Europe libérale, comme M.Cameron. L'impuissante France, qui attend tout des autres sans avoir le courage de ne rien faire, craint probablement que ce soit vrai. Or, je soupçonne que le principe de gouvernement de Mme Merkel est le consensus. Elle veut que l'Angleterre et la France, et les autres, trouvent leur place dans une Europe qui respecte les intérêts allemands. C'est cela le modèle allemand. Si j'ai raison, elle va donc essayer de faire ce qu'il faut pour conserver l'Angleterre dans l'UE. Elle pardonnera même à M.Cameron de s'être comporté comme un ministre français.

(Un compte-rendu de l'affaire. Quant à M.Renzi n'aurait-il pas tout compris à cette logique germanique ? Il demande un aménagement du pacte de stabilité qui permettrait une relance keynésienne, sans faire perdre la face aux intégristes de la rigueur.
PS. Un complément venu de Jean Quatremer : L'Union bascule dans la démocratie parlementaire.)

vendredi 23 octobre 2009

Bataille de l’Europe

Je me demande si les questions que soulève la recherche du président de l’Europe ne sont pas en train de définir ce qu’est l’Europe. Au Charybde Blair correspond le Scylla Juncker, ainsi défini :

to a certain sort of Euro-enthusiast in Brussels (…) there can be no better representative of the European Union than Mr Juncker, a member of each successive coalition government in his Grand Duchy (population 500,000) since 1982, a man who has attended EU council of ministers meetings uninterruptedly since 1984, and who is a past master of the dark EU arts of corridor deals, late night compromises and procedural ambushes. Mr Juncker is an unabashed federalist, a chain-smoking bon vivant and loathes the British with a passion (within the British government, the feeling is mutual). He speaks fluent French and German (as well as very good English), and has traditionally drawn his strength by positioning himself as an equidistant honest broker between France and Germany, those two mutually suspicious allies. He can be charming in person, and sincerely believes in Europe, but I am pretty confident the British think he could destroy the union if he ran it, and they will do all they can to torpedo him. (Tony Blair 's EU hopes go "pschiiiit": the French view.)

Il y a incompatibilité entre l’idée anglaise d’une fédération de nations et l’idée continentale d’un état fédéral (comme les USA). D’après John Stuart Mill (Representative government), qui avait regardé le sujet de près, l’idée anglaise n’a jamais marché. Pour qu’une fédération fonctionne, elle doit être arrimée au niveau du citoyen.

Il est douteux que l’Europe se sépare de l’Angleterre, par conséquent, il me semble probable que l’on va en arriver à une solution qui respecte chèvre et choux et ne tranche pas le débat. Combien de temps cela sera-t-il possible ? Lorsque l’on regarde tout ce qu’a refusé l’Angleterre, et l’exemple qu’elle donne, il semble qu’elle s’approche rapidement d’un point de rupture. D’autant plus qu’elle représente un modèle culturel qui est l’opposé de celui du continent : peut-on faire cohabiter des philosophies aussi différentes ?

Compléments :