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vendredi 8 avril 2022

Frexit ?

Parfum de Brexit ? Le mécontentement est décomplexé. Et comme à la veille du Brexit, le "non" a le vent en poupe et est quasiment à égalité avec le oui.

Mais, la situation est moins claire qu'en Angleterre où le choix à faire était simple. Le front du mécontentement est certainement bien plus large qu'on ne le dit. Il y a les "Gilets jaunes" et ceux qui trouvent que les "Gilets jaunes" sont des paresseux, le militant de gauche qui ne voit pas de différence entre le président et Mme Le Pen, le rural victime de décennies de "désertification" centralisée, etc. Au fond, si l'on se donne la peine de tendre l'oreille, on se rend compte que, par ci ou par là, les thèses de Mme Le Pen ne sont pas loin de faire l'unanimité. S'il y a un peu de suspens encore cela tient probablement à son image.

Mark McCormack, gourou des techniques de vente disait que "ce qui rend fou un client est de ne pas comprendre ce qui le rend fou". 

C'est probablement ce qui se passe actuellement. Quelque chose "rend fou" le Français, mais il ne sait pas quoi. Ce qu'il attend de son président, c'est qu'il le lui dise. Malheureusement, comme M.Cameron avant lui, M.Macron manque gravement d'humilité ?

samedi 1 juin 2019

Le cercle des hommes politiques disparus

On aurait retrouvé David Cameron. Il serait avec François Fillon. Tous les deux seraient des conseillers d'Afiniti, spécialisé en Intelligence Artificielle. Un autre conseiller serait un certain Lord Browne, ancien PDG de BP, qui en a démissionné suite à un scandale. (De mauvaises langues reprochent à sa gestion d'être à l'origine d'une série d'accidents violents.)

Le puissant est immortel ? L'ordinateur et l'artificiel ne sont pas encore parvenus à éliminer tous les hommes ?

dimanche 26 juillet 2015

Cameron imite Tsipras

Après le Grexit, le Brexit. Comme M.Tsipras, M.Cameron annonce un référendum pour bientôt. Lui aussi pense qu'il va obtenir des concessions de l'Europe, qui ne veut pas le voir partir. Et il a avancé la date du référendum de 2017 à 2016, pour augmenter l'anxiété de survie de l'Europe et ne pas être gêné par les élections allemandes et françaises. 

Une question qui est rarement posée est : quelles conséquences pourraient avoir ces concessions ? En particulier, pour le petit peuple européen.

Quelles sont ses chances de réussite ? Apparemment élevées. L'Allemagne est un fan de l'Angleterre, et la France pense que Mme Le Pen profiterait d'un Brexit

Il reste que M.Cameron serait un négociateur plus maladroit que ses prédécesseurs. En effet, il est peu à l'aise avec les autres Européens. Et que Mme Merkel, qui semble le seul dirigeant de l'UE ayant un comportement responsable, a une vision de l'intérêt collectif européen. Sainte Angela, priez pour nous ?

lundi 11 mai 2015

David Cameron et l'Europe

David Cameron aurait perdu la recette du charme qui a ensorcelé l'Europe et l'a transformée en maison témoin du libéralisme. Jean Quatremer reprend une thèse de The Economist

Est-ce sûr ? Il me semble plutôt que c'est un vrai politique. C'est à dire quelqu'un dont l'obsession est de rester en place. Et il sait qu'il ne gouverne pas que la City. Il est possible qu'il constate, au moins indirectement, que l'Angleterre, ou une grosse partie de sa population, a été victime de la libéralisation de l'Europe, amenée par ses prédécesseurs. Et qu'il en tire les conclusions qui s'imposent à lui. 

Alors, si Syriza fait le jeu de la rigueur allemande, l'Angleterre pourrait faire celui du FN ?

Cameron le magnifique ?

Le 7 au soir j'ai vu que Cameron avait gagné les élections anglaises. Inattendu ? En fait, ces élections ressemblaient étonnamment aux nôtres. On nous prédit le chaos, et, tout se passe comme d'habitude ! Je me demande si cela ne valide pas une de mes thèses : 1) le génie du véritable homme politique ; 2) la durabilité des ficelles qui mettent en mouvement l'opinion publique. 

La question qui se pose alors est de savoir s'il ne pourrait pas se croire insubmersible, et, par là, être véritablement à l'origine du chaos. Car The Economist a bien vu : l'Angleterre a préféré l'économie à l'Europe. Et si l'Angleterre sort de l'Europe, elle risque de voir partir l'Ecosse... Mais tout cela est trop simple. En tout cas, ce qui semble certain, c'est que l'homme politique est un fameux résistant au changement. 

dimanche 26 avril 2015

Immigration en Europe : mort par chaos ?

Enquête sur les boat people de l’Europe. Ils viennent des zones de conflit (Syrie), et de pauvreté (Mali). (Mais peut être pas d’extrême pauvreté, car il faut pas mal d’argent pour faire le voyage.) Leur nombre n’est pas en augmentation significative. S’ils meurent plus, c’est peut-être parce qu’en attaquant les bateaux des passeurs, l’Europe les force à prendre des embarcations de fortune. C’est aussi parce que l’Italie a mis un terme à son programme Mare Nostrum, qui repêchait les embarcations en difficulté. On lui reprochait d’encourager l’immigration. On pense maintenant que ce n’était pas le cas. Il permettait simplement d’éviter des morts. Alors pourquoi ne pas adopter le dispositif qui a permis la prise en charge mondiale des boat people vietnamiens ? Parce que l’Europe donne un tel spectacle de désorganisation lamentable que personne n’a envie de l’aider. (Quant aux Australiens, ils empêchent les boat people d'approcher de leurs côtes. Ils les auraient découragés.)

L’Europe, justement. Portrait en regard de MM.Schäuble et Varoufakis. Chacun ressemble à l’image que donne son pays. M.Schäuble est un invalide digne et droit. M.Varoufakis, un dilettante hypocrite, qui s’occupe fort peu de son ministère des finances, trop occupé à gagner de l’argent sur le circuit des célébrités et à mener la vie de la jet set. La Grèce est proche de la sortie. Les fonds spéculatifs ne croient plus à ses chances. L’impact de son départ, pour l’Europe, serait limité. Ce serait même une bonne opération pour les marchés financiers. Mais elle peut gagner du temps en payant ses salaires avec des reconnaissances de dette.  Quant à la France, son problème est la flexibilité de l’emploi, dit The Economist. Avec un euro inflexible, l’emploi doit s’adapter. Or, la France, contrairement à l’Allemagne, protège l’emploi en place. D’où chômage et précarité. MM.Hollande, Valls et Macron savent ce qu’il faut faire mais ils sont bloqués par la résistance du système (politique ?). Ils font donc du Schröder en sous marin. Ils facilitent les licenciements, notamment en réformant la justice. Et ils réduisent les charges patronales. De manière à ce qu’elle ne puisse pas être détectée, la manœuvre a été divisée en petits morceaux. Mais peut-elle être efficace dans ces conditions ? Et l’Angleterre, ne devrait-elle pas être notre modèle ? Voilà un pays qui a fait de la flexibilité de l’emploi sa loi fondatrice. Eh bien tout va mal, et M.Cameron, qu’interviewe The Economist, s’en fiche. L’Europe tape sur Gazprom. Message : M.Poutine est un tigre de papier. Les USA, depuis la guerre du Vietnam, ont maintenu la paix en Asie. La Chine en a profité pour se développer. Ce qui lui donne les moyens d’éliminer l’influence américaine… Quant au Japon, la protection américaine l’a infantilisé. Aux USA aussi M.Obama essaie de faire passer ses traités de libre échange en douce. Comme en France, son parti n’en veut pas, mais il a l’appui tacite de son opposition. Et il y a des tas de candidats à l’investiture républicaine. Pas que l’on compte être élu, mais parce qu’un coup de pub est toujours bon pour une carrière.

La Chine, Eldorado de la bagnole occidentale, c’est fini. Le marché se contracte. Maintenant surcapacité et guerre des prix. Cela va être fatal aux producteurs locaux. Mais ce n’est pas grave. Ce n’est pas le véhicule, mais le composant qui compte aujourd’hui. Les compagnies aériennes occidentales, c’est fini. Après le low cost, qui va attaquer le long courrier, les « connecteurs » mettent le dernier clou à leur cercueil. Emirates, Etihad, Qatar et Turkish Airlines emploient, comme l’Ouest, la technique de la subvention massive. Mais eux sont riches. Et leurs aéroports, contrairement à ceux de l’Ouest, sont à des emplacements stratégiques.

Il y a une grosse spéculation sur la dette d’entreprise. Cela devrait claquer l’année prochaine en Europe, et un peu plus tard en Amérique. (Attention, M.Drahi ?)

Les sciences du management n’ont plus que de vieux gourous. 

dimanche 16 novembre 2014

Le monde résisterait-il à la globalisation ?

Cette semaine The Economist se penche sur le Pacifique. Pourquoi n’a-t-il pas remplacé l’Atlantique dans les échanges mondiaux ? Peut-être, manque de valeurs communes. Européens et Américains sont d’accord sur l’essentiel. C’est la méfiance qui domine les relations entre la Chine, ses voisins et l’Amérique. A tel point qu’il est difficile de savoir s’ils cherchent la coopération ou s’ils se livrent une guerre larvée. Exemple. Chine et USA viennent de signer un accord concernant l’effet de serre. Mais la Chine ne s’est engagée à rien, et les Républicains comptent bien vider les engagements de M.Obama de leur contenu. Chine (en mer de Chine) et Russie (en Ukraine) se comportent de la même façon : actions indétectables par les démocraties occidentales. Quand on réalise que ces actions ont un sens, il est trop tard. Fait accompli.

Globalisation et résistance au changement
Le capitalisme a mauvaise presse. C’est la faute des banquiers. Mais aussi : « Pays riche après pays riche, de gouvernements de gauche ou de droite, la plus grande crainte des électeurs est que les revenus des classes moyennes stagnent et que l’emploi à vie est mort. Instinctivement les politiciens mettent la situation au compte des folies de leurs opposants. » Le problème : la globalisation, qui ne fait que s’accélérer, est à l’œuvre. Il ne sert à rien de la nier.
Mais est-elle aussi bien assurée que cela ? Nouvel élément dans la donne mondiale : l’effet du gaz de schiste sur la politique des USA. Auront-ils la motivation nécessaire à continuer à assurer leur rôle de gendarme du monde ? Sans cela quid du commerce mondial ?

Le tourisme social existe-t-il ? Les statistiques montrent qu'il y a deux types d’immigrés : ceux qui profitent du système social, sans y avoir contribué, et ceux qui travaillent et qui apportent plus qu’ils ne coûtent. D’autant qu’ils connaissent moins le chômage que les autochtones. (Peut-on dire qu’ils leur ont pris leur emploi ?)

Dans un vote qui ne compte pas, les Catalans choisissent l’indépendance. Avenir du pays ? Des partis protestataires semblent avoir le vent en poupe. Les politiques en place, corrompus, ne vont pas survivre aux prochaines élections. (Chaos ?) En Italie, M.Renzi semble manœuvrer pour transformer le régime de coalition italien en système à grands partis. Il permettrait les réformes aujourd'hui impossibles. En Europe, par son comportement excessif, M.Cameron s’est coupé de ses alliés traditionnels, l’Allemagne et les pays du nord. Danger : les forces du mal (à « l’accent français ») pourraient gagner l’Europe. Mais la situation n’est pas désespérée. Retour des djihadistes en Europe. Ils ne sont pas dangereux. Ils ont été détruits par leur expérience. Il faut les aider à se réinsérer. Le risque vient de ceux qui ne sont pas partis. L’économie africaine est abattue par Ebola. La maladie est circonscrite à quelques pays. Mais, pour nous (pour ceux qui font l'économie mondiale ?), l’Afrique est un bloc. 

Attention ! Nouvelle vague de fusions acquisitions. Cette fois-ci le danger ne vient pas de ce que les entreprises suivent une mode, mais de « valorisations (qui) atteignent petit à petit des niveaux qui donnent le vertige ».

La France, bon élève de la globalisation ? Elle possède 7 des 25 meilleurs jeunes économistes mondiaux, M.Tirole a reçu le prix Nobel, M.Picketty est une star. A l’étranger, Sodexho et Atos sont des leaders du marché de la gestion des ex services publics (prisons et services sociaux). Un marché sur lequel il y a beaucoup de coups à prendre. Le téléphone mobile permet aux pauvres des pays pauvres d’avoir accès aux services financiers.

De l'intérêt économique des bonnes actions
Aux USA, les châtiments corporels sont permis à la maison et à l’école (quasiment une exception mondiale). La science constaterait que « leur donner la fessée rend vos enfants idiots ».  

Pour une fois, ce compte-rendu se termine bien. Il y aurait une solution à la question des SDF. Leur donner un logement. Et, surprenant, c’est rentable. Car le SDF coûte très cher en soins d’urgence.

(PS. Je découvre qu'un journaliste de The Economist a la même interprétation que moi de ce que dit son journal.)

dimanche 7 septembre 2014

Libanisation de l’Ukraine ?

Ukraine. Les tanks russes passent à l’offensive et font reculer l’armée ukrainienne. Situation compliquée. Armée faible, de plus en plus constituée de seigneurs de guerre qui veulent jouer un rôle politique. L’Ouest use de la sanction. Mais les sanctions ne marchent pas si bien qu’on le dit. Y compris en Iran. Cependant, M.Poutine a un point faible. Son opinion n’aime pas que ses soldats se fassent tuer. Ce qui est le cas. L’idéal, pour lui, serait une Ukraine anarchique.

En Allemagne, un équivalent du Tea Party s'impose, à l'extrême droite. Après die Linke, à l'extrême gauche. Politique devenant chaotique, et Mme Merkel contrainte à la rigueur. En France, la tendance Rocard aurait pris le pouvoir avec M.Valls. Europe. La crise a renforcé le rôle des nations, au détriment de celui de l’UE. Angleterre. M.Cameron va bien mal. Subitement, les indépendantistes écossais gagnent des points ; l’aile droite de son parti se révolte ; et surtout, le niveau de vie de l’Anglais n’est pas brillant.

« A mesure que la guerre divise l’Iraq et la Syrie selon des lignes sectaires, toute action américaine contre l’Etat Islamique risque, sans le faire exprès, d’aider l’Iran et les Shiites, de ce fait renforçant le sentiment des Sunnites d’être des victimes, dont se nourrit l’Etat Islamique. » Israël est, lui aussi « en face d’un choix déplaisant ». S’allier ou non avec Assad. En attendant, il étend ses colonies.

Au Brésil, Marina Silva pourrait être le prochain président. Mais le système politique est chaotique. Pourra-t-elle gouverner ? Au Japon, M.Abe remanie son gouvernement. Acte désespéré ? Au Pakistan, l’armée joue toujours un rôle décisif, mais il n’est plus question qu’elle prenne le pouvoir. En Inde, M.Modi semble beaucoup plus populiste que réformateur.

Aux USA et en Angleterre, les stages sont généralement non payés. Cela favorise l’accès à l’emploi des gosses de riches. Les salaires des pays riches baissent. « Une reprise, saine et durable, dans les pays riches, demeurera illusoire aussi longtemps que durera la pression sur les salaires. »

L’Allemagne se ligue contre Google. L’industrie allemande a peur que l’économie numérique ne lui vole sa valeur. Matières premières. Les banques se séparent de leurs activités dans ce domaine. Les négociants spécialisés s’intègrent verticalement en récupérant, en particulier, les installations dont se débarrassent les producteurs, qui cherchent à améliorer leur rentabilité… 

dimanche 20 juillet 2014

Vieille Amérique

« Même si la croissance potentielle repart un peu, l’Amérique va de plus en plus ressembler aux économies vieillissantes, à faible croissance, qu’elle méprisait ». Le chômage est faible, mais l’Amérique ne croît pas. Le moteur de son développement est grippé.

La France est enlisée au Mali. M.Hollande a voulu faire comme M.Mitterrand. Mais il n’avait pas les mêmes atouts. En Ukraine, « La colère sur le terrain peut-être en train de créer ce que Alexender Golts (…) appelle « une longue guerre partisane » ». Elle aurait échappé au contrôle de la Russie. Justice italienne. Cauchemar de l’économie. Cause culturelle, peut-être : ce qui compte n’est pas l’efficacité mais l’élégance intellectuelle du jugement… La Suisse, une confédération, pourrait-elle donner des leçons à l’UE ? Elle semble avoir tiré le meilleur des cultures qui la composent. Mais, « l’union monétaire suisse est arrivée après des siècles d’unité politique ». Remaniement ministériel en Angleterre. M.Cameron a constitué un gouvernement en vue des prochaines élections. Il a de bonnes chances de gagner, vue la médiocrité d’Ed Milliband. Gouvernement faible, et qui n’améliore pas les chances de l’Angleterre de rester dans l’UE. Israël et les Palestiniens. Pas une guerre mais recherche du retour au statu quo ante. Le Hamas est dans l’intérêt d’Israël, qui craint qu’il ne soit remplacé par Al Qaeda. Les frappes visent essentiellement ses membres, et leur famille. Aux USA, le monde politique se solidifie en deux camps, qui ne veulent pas se parler. Démocratie paralysée.

Venezuela. A la suite d’une grève, M.Chavez a licencié une grande partie des employés de son industrie pétrolière. Ils avaient une compétence rare. Ils sont partis faire la fortune des pays voisins. Les BRICS (ou la Chine, surtout ?) ont décidé de remplacer le FMI. Ambition : aider les pays en développement à investir dans des infrastructures de transport. Au Japon, la côte de popularité de M. Abe choit. « M. Abe est perçu comme ayant fait passer en force, contre la volonté de la plupart de la population, un changement historique de la politique de sécurité japonaise ». Les capitaux, les oligarques et les mafieux de la Chine continentale sont en passe de museler la presse de Hong Kong. Chine continentale dans laquelle les victimes de la nouvelle révolution culturelle, anti corruption, sont de plus en plus nombreuses. Nouveau gouvernement égyptien. Paternaliste et paralysé par sa dépendance aux intérêts spéciaux nationaux.

Qu’est-ce qui tire l’industrie pharmaceutique ? La recherche des failles de la législation. L’industrie pétrolière, elle, parie que le pétrole restera cher et  que les gouvernements seront incapables de combattre le réchauffement climatique. Après des années douloureuses, les affaires de l’industrie de l’armement repartent. Mais le marché est fragmenté et difficile. L’industrie de l’armement doit devenir efficace. Apple et IBM s’allient. Les forces d’IBM vont se mettre à vendre les produits d’IBM à l’entreprise. Leurs concurrents sont pris par surprise. Qu’attendre de Big data ? Pas de rupture, une optimisation à la marge, mais sur de gros volumes.  

dimanche 6 juillet 2014

Le pays arabe : régime fort, Etat faible…

Qu’est-ce qui empêche les pays arabes de s’adapter au monde moderne ? Selon The Economist, de multiples facteurs, en particulier l’Islam. Mais surtout l’adoption d’idéologies rétrogrades (Salafisme). Ce qui aurait mis, dernièrement, le feu aux poudres serait le développement des inégalités. (Au moins en Syrie, cela aurait été dû à une libéralisation économique.) Caractéristique ? « Régimes forts, Etats faibles ». (Et Al Qaïda prend le relais des régimes faibles ?) En Irak, confronté au dit Al Qaïda, les troupes gouvernementales font preuve d’un peu de vigueur, les Russes envoient des avions de combat, et les Américains aimeraient que le gouvernement devienne plus démocratique avant d’intervenir en force.

En Ukraine, M.Poutine utiliserait ce qu’il perçoit comme une technique américaine : créer une succession de crises, par manipulation en sous-main. En France, M.Sarkozy est arrêté. « Il aime tellement la compétition », dit un dirigeant de l’UMP, « que quand il n’y en a pas, il l’invente ». L’Italie est submergée d’immigrés et pourrait utiliser sa présidence de l’UE pour en obtenir de l’aide. L’Allemagne a conservé un système éducatif à trois vitesses. Une tentative de réforme de celle qui prépare à l’université, ne passe pas. M.Cameron aime désormais M.Juncker. Et attend son salut de Mme Merkel. Aux USA, plus M.Obama cherche à contourner le parlement et le Sénat, qui lui sont hostiles, plus ceux-ci le bloquent. (Peut-être faudrait-il qu’il apprenne à aimer la démocratie ?) En Inde, M.Modi fait face à la réalité du pouvoir. Plus compliqué que prévu. Idem en Thaïlande. Les généraux et le populisme sont aux commandes de l’économie. Le Japon veut réformer sa constitution pour qu’elle devienne plus guerrière. Ses pacifistes s’insurgent. Mais sa jeunesse est lasse de la culpabilité qu’on lui fait porter depuis la guerre. La campagne anti corruption de M.Xi Jinping fait tomber des pontes du régime. Ce qui révèle sa volonté d’exercer seul le pouvoir, mais aussi à quel point « le cœur du système est pourri ». La population de Hongkong tente de repousser une OPA sur son île par la Chine continentale, et ses oligarques.

« Cela ressemble au problème de l’œuf et de la poule. Sans forte reprise, les entreprises ne veulent pas dépenser. Mais si elles ne dépensent pas, il n’y aura pas de forte reprise. » Dernière mode de management : holacratie. L’entreprise doit être faite d’équipes qui s’assemblent spontanément pour mener une mission. Sévère amende pour BNP. Les USA mettent le monopole du dollar au service de leurs intérêts. Les obligations vertes font un malheur, bien qu’on ne sache pas trop de quoi il s’agit. Le commerce équitable serait un attrape-nigaud. Il ne rapporte quasiment rien à ceux qu’il était supposé aider. L’Afrique construit son infrastructure, en particulier ses réseaux de fibre optique. Un métier d’aventuriers. L’économie israélienne est dominée par une vingtaine de familles. Elles s’enrichissent au détriment de la population. Mais il est difficile de desserrer leur étau.

Les Tibétains devraient leur capacité à vivre dans des conditions difficiles à un croisement entre homo sapiens et une variante humaine disparue depuis longtemps. La conquête du monde par l’homme aurait été essentiellement une question de chasse à l’eau. 

dimanche 29 juin 2014

Mr Juncker und Dr Merkel

M.Juncker est président de la commission européenne. Sa désignation a fait l'objet d'une bataille, dont il n'est pas facile de comprendre les enjeux réels. 

M.Cameron s'en est pris personnellement à M.Juncker. Il avait deux griefs. Tout d'abord, M.Juncker est un fédéraliste. Or, M.Cameron pense que l'UE est une bureaucratie inefficace. Il estime que les dernières élections européennes lui donnent raison. Le peuple a exprimé un jugement sur l'Europe. Ensuite, M.Juncker est le choix du parlement européen. Jusqu'ici, le président de la commission était désigné par les chefs d'Etats. Or, pour M.Cameron, seuls eux sont légitimement élus pour prendre ce type de décision. Le parlement européen, lui, ne l'est pas. A tout ceci, M.Cameron a ajouté le chantage. Si vous ne démantelez pas l'UE, alors les Eurosceptiques vont sortir l'Angleterre de l'UE. Et ça, ça ce serait un retour à l'âge des ténèbres. L'obscurantisme français n'aurait plus de contre-poids. 

A cela, il faut ajouter que l'opinion anglaise approuve ce tissu de sophismes. En particulier, une BBC qui n'est plus que l'ombre de sa rigueur journalistique passée.

Résultat. M.Cameron s'est retrouvé isolé, seul aux côtés d'une Hongrie qui sent quelque peu le soufre, contre le reste de l'UE. En particulier, il a été lâché par ses alliés usuels. Ils ont considéré ses gesticulations malséantes. 

Que va-t-il arriver maintenant ? Probablement rien. M.Cameron voulait sans doute se faire aimer de son opinion publique. Il lui a donné un beau spectacle. Il peut lui dire qu'il s'est bien battu. En fait, seule Mme Merkel compte. Non seulement parce qu'elle dirige le pays le plus fort, mais aussi parce que l'UE est une démocratie allemande. Donc, que pense Mme Merkel ? Les journaux anglais estiment qu'elle veut une Europe libérale, comme M.Cameron. L'impuissante France, qui attend tout des autres sans avoir le courage de ne rien faire, craint probablement que ce soit vrai. Or, je soupçonne que le principe de gouvernement de Mme Merkel est le consensus. Elle veut que l'Angleterre et la France, et les autres, trouvent leur place dans une Europe qui respecte les intérêts allemands. C'est cela le modèle allemand. Si j'ai raison, elle va donc essayer de faire ce qu'il faut pour conserver l'Angleterre dans l'UE. Elle pardonnera même à M.Cameron de s'être comporté comme un ministre français.

(Un compte-rendu de l'affaire. Quant à M.Renzi n'aurait-il pas tout compris à cette logique germanique ? Il demande un aménagement du pacte de stabilité qui permettrait une relance keynésienne, sans faire perdre la face aux intégristes de la rigueur.
PS. Un complément venu de Jean Quatremer : L'Union bascule dans la démocratie parlementaire.)

dimanche 8 juin 2014

Une nouvelle semaine de surplace mondial

Rien ne semble pouvoir sauver le pauvre Hollande. Collé à 18% d’opinions favorables. Dommage, il fait une bonne politique. L’Espagne change de roi. Le précédent n’avait pas su comprendre les évolutions de la société. Miracle allemand sans lendemain ? Déficit démographique, que le pays ne cherche pas à compenser par le gain de productivité. Investissements en baisse, éducation peu performante… La croisade anti Juncker de M.Cameron serait-elle allée trop loin ? L’omnipotente Mme Merkel partage ses vues sur l’avenir libéral de l’Europe, mais est agacée. Il est bien que l’Angleterre veuille faire triompher ses intérêts au détriment de l’intérêt général. Mais pas qu’elle le fasse au détriment des apparences d’entente cordiale. En réalité, pour Cameron, la menace n’est pas l’Europe, on l’aime trop, mais l’Angleterre. Il y fait monter un espoir qu’il est incapable de satisfaire. Dans leur lutte contre les Russes, les Polonais, déçus par la tiédeur européenne, se tournent vers les Américains. L’Europe est-elle antisémite ? A moins de vouloir fuir les taxes françaises, The Economist estime qu’Israël demeure moins sûr que l’UE. La Chine stimule une croissance qui faiblit. Le Brésil est parvenu à stopper la déforestation par la contrainte. La contrainte marche, finalement. Fin de règne de M.Obama. Il soigne sa place dans l’histoire. Il a relâché 5 Talibans de Guantanamo, contre un Américain, passé à l’ennemi de son plein gré. La seconde partie de l’affaire n’était pas prévue. La première si. Malin. Les Talibans étaient des prisonniers de guerre. Ils auraient été relâchés quoi qu’il arrive. En outre, l’Amérique va devoir négocier avec les Talibans. M.Obama s’intéresse maintenant au changement climatique. Il promulgue des lois néfastes à la production de charbon. Réaction hostile des Etats producteurs, et des hommes politiques, y compris de son camps (ils risquent de perdre de ce fait les prochaines élections). En fait, manœuvre pour forcer les Indiens et les Chinois à suivre son exemple. D’autant que le gaz de schiste, guère plus cher que le charbon et moins polluant, est en passe d’inonder le marché américain. La croissance chinoise faiblit. Le gouvernement procède à une relance.

Et si les services secrets américains avaient infiltré la communauté Internet ? Toujours est-il qu’il n’y a pas encore de marché pour la protection des données. Comment faire du business en France ? Mettez un énarque dans votre équipe. Ses copains du gouvernement n’ont rien à lui refuser. Voilà l’histoire de Clara Gaymard et de GE, dans l'affaire Alstom. La force d’Apple ? Son écosystème de produits. Il en renforce l’interopérabilité. Les producteurs d’énergie allemands relèvent la tête. Torpillés par des surinvestissements, l’arrêt du programme nucléaire national, les subventions aux énergies renouvelables, les tribunaux pourraient leur accorder de grosses compensations. Malheureusement, ils sont en panne de stratégie. Automobile, haut de gamme japonais. Dans les années 90, on disait qu’il allait balayer le monde. Or, il a été ridiculisé par les Allemands, et même par les Anglais (aux mains des Indiens). Les Japonais n’y croient plus. Seul Lexus en a encore un peu sous la pédale.

Où il est démontré que le marché a pris le relai du public en termes d’innovation. La nanoparticule contre la bactérie ? Mieux que les antibiotiques en perte d’efficacité ? Peut-être, pour certaines applications. Mais il demeure des dangers. Le micro satellite, bâti sur la technologie smartphone est en passe de transformer l’industrie spatiale, y compris du propulseur. On fabrique des microscopes en papier, pour les pauvres. La montre mécanique innove. Comme elle se vend très cher, elle a de l’argent à investir dans la recherche.

Football. Coupe du monde au Qatar. Le Qatar aurait acheté quelques pays africains ainsi que Platini et Sarkozy. (Voilà un type de manœuvre qui serait inconcevable en Angleterre, ou aux USA.)

samedi 14 décembre 2013

Apprenez les langues ?

M.Cameron incite les Anglais à étudier le chinois et pas le français. The Economist, article après article, montre une globalisation qui change. Les pays ne cèdent pas à l’autarcie, mais ils se replient sur eux-mêmes et instrumentalisent les échanges internationaux.

Tout ceci va probablement dans une même direction. Les pays forts ont avantage à garder une langue qui leur est propre. C’est une barrière à l’accès à leur savoir et à leur marché. Je suis frappé, par exemple, à quel point c’est le cas pour l’Allemagne. C’est un pays beaucoup moins polyglotte qu’on ne le croit. D’ailleurs toutes les entreprises qui ont de gros marchés allemands ont des dirigeants bilingues. Je le constate régulièrement.

Alors, apprenons les langues étrangères et défendons le français, en ayant des idées (billet précédent) ?

dimanche 8 décembre 2013

Gouvernements, investissez ?

Il n’y a pas de bulle spéculative. Juste une déprime post crise, comme en 30. Il faut relancer l’économie. Investir. En particulier, dans de grands travaux. Voilà ce que dit The Economist. (Je note qu’en 30, il y a eu la guerre, source d’une créativité technologique hors du commun. Où trouver l’équivalent ? Effet de serre ?) Il y a tout de même quelques dangers. BlackRock, le plus gros fonds d’investissement mondial, possède un système d’analyse de risques, utilisé par beaucoup. Risque que l’investissement mondial ne fasse, comme un seul homme, une erreur de jugement fatale ?

L’Ukraine est en ébullition. « Au lieu de moderniser le pays et de construire ses institutions, ses élites ont pillé ses ressources laissant le pays vulnérable aux influences extérieures ». (Et l’on en parle toujours aussi peu en France.) Le milieu des affaires allemand s’inquiète des fréquentations de Mme Merkel. Mais avec elle, on n’est sûr de rien. Les lois française contre la prostitution, révèlent les tendances « anti libérales » de notre gouvernement. Nouvelle mode (occidentale) ? Le votant ne changeant plus de camp, les politiques anglais veulent séduire les abstentionnistes. Retape à la Obama. Risque de populisme ? Idem aux USA : jamais les électeurs n’ont été aussi murés dans leurs certitudes. La France intervient en Afrique. Si le Mali est représentatif, elle y est pour longtemps. (Pour ses anciennes colonies, l’armée française avait-elle une fonction, qu’elles n’ont pas sur remplacer ? me suis-je demandé.) Quant à M.Cameron, perçu comme « détaché de la réalité », et ayant la réputation « de ne pas écouter », ce que renforce celle de son partie, qui est d’être « coupé des préoccupations ordinaires », il me fait un peu penser à MM.Obama et Hollande. L’Irlande est sous la coupe de seulement deux banques. Et elles sont contrôlées par l’Etat. Autrement dit leurs intérêts priment ceux du pays. « Les ramener à la santé pourrait peser lourdement sur le reste de l’économie irlandaise. » Les institutions de l’UE sont à la fois un « canard boiteux » et « vitales » pour l’avenir de la région. Aux USA, Detroit est en faillite. Il semble avoir été victime d’une crise de la pension de retraite. Il a promis plus qu’il ne pouvait tenir. Apparemment, les retraités vont devoir se serrer la ceinture. Le mal pourrait gagner l’Amérique. L’Amérique quitte l’Asie Centrale. Est-ce un bien ? « Le problème est que l’aide militaire américaine permet aux dictateurs de consolider leur pouvoir, d’où des régimes autoritaires dirigeant des Etats mal fichus, non des pays pouvant résister au danger afghan. » La Chine occuperait le vide avec ses intérêts économiques. L’Afrique de l’Ouest tente d’établir une union monétaire sur le modèle de l’euro et de la zone franc CFA (relié à l’euro par le biais de la France, qui garantit la convertibilité). Mais vues les caractéristiques quasi opposées des constituants du groupe, la mission semble impossible.

L’étude Pisa, une fois de plus. Comment avoir un système éducatif qui fonctionne ? « qualité de l’enseignement » et « détermination à faire réussir le jeune ». Elles manquent en Europe. Et de plus en plus en Finlande.

Le « digital » et l’entreprise. Le DSI, homme de processus fiables, mais lent, affronte le directeur du marketing adepte de toutes les modes. Le DSI ne doit pas refuser le changement. Il doit en prendre le contrôle. Pour le bien de l’entreprise.

Aura-t-il fallu 10 ans pour que les conseils d’administration trouvent leurs marques ? Ils deviennent de plus en plus interventionnistes (ce que je constate aussi). Le bon conseil d’administration ? Il doit être un faiseur de dirigeants. Il doit gérer, en quelque sorte, la fonction direction. En la conseillant. Mais aussi en en renouvelant le titulaire à bon escient.

Les cerveaux de l’homme et de la femme ne sont pas câblés de la même façon. Ce qui explique pourquoi « l’homme a de meilleures capacités motrices et spatiales que la femme et des schémas de pensée plus monomaniaques. La femme a une meilleure mémoire, est plus socialement efficace et meilleure à traiter plusieurs choses à la fois ». Ces capacités semblent acquises plutôt qu’innées. (Je note au passage que la femme semble mieux armée que l'homme pour maîtriser la complexité du monde moderne...)

lundi 23 septembre 2013

Co production du service public

L'Institut de l'Entreprise publie une "note" sur la co production du service public (un travail d'Elisabeth Lulin), "un partage des rôles entre l'usager et l'administration dans la production de service public". (NB le service militaire, et la collecte de la TVA par l'entreprise me semblent en être des exemples.) Cette note montre que les réseaux sociaux se prêtent particulièrement bien à une telle réinvention d'un service public "à bout de souffle".

Ce travail a l'intérêt énorme de soulever une question fondamentale. Le service public ne devrait-il pas être "réinventé" en demandant au citoyen d'y collaborer ? Accessoirement, cela ne serait-il pas un moyen de recréer une forme de lien social qui a disparu ces derniers temps ? De produire un peu d'une chaleur humaine dont nous avons tant besoin ? De nous sortir de notre égoïsme ?... Mais cette question en pose d'autres, qui mériteraient une autre étude :
  • La "co production" du service public c'est la Big Society de M.Cameron. Cela me semble avoir fait un flop. Pourquoi ? 
  • En France, il y a une classe de protégés (héritiers, fonctionnaires...) et une classe flexible qui prend tous les chocs (chômage, impôts, panne de l'ascenseur social...). Cette dernière va comprendre ce projet comme une injustice supplémentaire. L'équivalent des workhouses anglaises dans lesquelles on faisait travailler les pauvres (assimilés à des criminels). Comment répondre à cette crainte ?
  • Le livre dit que, de plus en plus, l'Etat nous demande un effort. Comme s'il s'agissait d'une tendance acceptée par le citoyen. Ce qui n'est pas le cas. Je crois qu'il estime, comme Stéphane Hessel, que la France n'a jamais été aussi riche. En conséquence de quoi elle devrait pouvoir se payer aujourd'hui ce dont elle avait les moyens hier. 
  • Un argument qui mériterait d'être creusé est que, justement, nous demandons aujourd'hui à l'Etat ce qu'il ne nous donnait pas hier. Or, ce faire est non seulement coûteux, mais surtout inefficace. Illustration : la santé dépendrait, selon une étude, à 15% des soins, et à 85% des conditions de vie. Ce qui laisse penser qu'une société un peu plus solidaire améliorerait notre santé tout en réduisant nettement nos dépenses médicales. D'autres sujets évoqués par cette note sont l'accompagnement des personnes âgées et le décrochage scolaire. 
Bref, et s'il fallait recentrer l'Etat sur ses "compétences clés" ? Et s'il fallait faire un "reengineering" du fonctionnement de la société ?

dimanche 8 septembre 2013

La Syrie révèle les divisions occidentales

La Syrie divise. Aux USA et en Angleterre, elle révèle que la politique n’est plus une affaire de partis mais d’individus. Le cas le plus intéressant est l’anglais. M. Cameron pensait avoir un accord avec M.Miliband, mais ce dernier l’a trahi en dernière minute. D’où refus du parlement d’une intervention en Syrie. En fait, les Anglais approuveraient dans leur majorité une frappe des USA contre la Syrie. Mais ils ne tiennent pas à être mêlés à l'affaire. (Quant à M. Miliband il donne un bien triste spectacle : premier ministre désastreux en perspective ?) Aux USA, il semble que M.Obama rassemble autour de son projet d'intervention un morceau de son parti, et des Républicains. Quant à la France, elle est dans une situation déplaisante, d’autant que sa population est plutôt opposée à une frappe en Syrie. Curieusement, de bonnes nouvelles pourraient venir d’Iran. Le nouveau président doit réparer les relations de son pays avec l’Occident, s’il veut remettre son économie en marche. Et il n’a aucun intérêt à une dégradation de la situation syrienne. Des contacts seraient pris avec l’administration américaine.

Reste du monde. Election à Moscou. M. Poutine a sorti un opposant de ses geôles. Il veut donner à la dite élection un air démocratique. « Après le mouvement révolutionnaire égyptien, un Etat autoritaire reprend les pouvoirs qu’il a brièvement laissés au peuple », apparemment sans que cela émeuve ce peuple. Changement en Chine. M.Xi élimine une puissante faction d’ancien régime.

Economie. Le marché de l’énergie européen devrait être intégré, et posséder une stratégie commune (par exemple en mettant ses panneaux solaires en Espagne plutôt qu’en Allemagne). Cela ferait de grosses économies (65md par an). Mais cela entraîne des changements difficiles. Une fois de plus, « beaucoup va dépendre de l’Allemagne ». Aux USA, le bus a le vent en poupe. Faute d’un réseau de transport en commun moderne. Les USA et l’UE subventionnent leurs agriculteurs. Ils le font pour des raisons différentes. « Les contribuables européens paient souvent pour bloquer le marché (…) Les subventions américaines donnent aux agriculteurs un avantage sur le marché des matières premières. » La téléphonie mobile se simplifie. Vodafone et Verizon se séparent ; Microsoft achète les terminaux mobiles de Nokia ; l’UE serait partie pour une consolidation de ses « marchés fragmentés ». Certains analystes prévoient une « nouvelle récession mondiale avec des vagues de déflation allant vers l’Ouest, venant d’Asie, la Chine devant dévaluer du fait d’une perte continue de compétitivité », mais la faiblesse émergente fait baisser les prix des matières premières. C'est bon pour l'Ouest. Incertitude donc. Mais les marchés sont optimistes. Les gouvernements suisse et américain se sont mis d’accord pour que les banques suisses transmettent des informations sur les comptes des fraudeurs américains qu’elles abritent (et paient des amendes). Apparemment, ces informations permettraient de savoir vers quels autres paradis part l'argent de la fraude lorsqu'il quitte la Suisse. Ces paradis pourraient à leur tour subir le traitement suisse. Le fraudeur ne serait, alors, plus en sécurité nulle part. Changement chez les avionneurs. Hier les nouvelles compagnies des pays du Golf demandaient des longs courriers. Aujourd'hui, le marché va vers des moyens courriers (moteurs moins puissants, moins de carburant). Les constructeurs modifient leurs appareils.

Science. Ronald Coase, un économiste, est mort. Il avait montré « pourquoi les entreprises existent ». Qu’il puisse exister des entreprises a extraordinairement surpris les autres économistes. La sélection naturelle permet aux oiseaux de Tchernobyl de s’adapter à la perte de la vue. 

lundi 20 mai 2013

Renaissance de l’impérialisme japonais ? Europe, au bord de la dislocation ?

Le Japon, paralysé et malade, devient brutalement le meilleur élève du libéralisme. Et ses réformes à la cosaque semblent réussir. Que lui est-il arrivé ? Qu’est-il arrivé à son premier ministre ? Son précédent mandat n’avait-il pas été pitoyable ? Sursaut d’orgueil. La Chine menace le Japon de disparition. Alors, le Japon veut en revenir à ce qui a fait sa gloire. Ce qui signifie tenter le tout pour le tout, pour se tirer de son marasme économique. Et éliminer de sa constitution l’influence occidentale. Inquiétant ?

Quant à l’Europe, elle passe un mauvais quart d’heure. L’Angleterre est sur la pente glissante de la sortie. David Cameron est de plus en plus fermement contraint par le jeu politique à tenir ses promesses de référendum. D’ailleurs, les liens commerciaux du pays avec l’Europe s’affaiblissent (mais représentent encore 50% de ses exportations). En Allemagne, la coalition qui pourrait sortir des élections est incertaine. Un nouveau parti vient d’émerger, à droite de Mme Merkel. Il demande la fin de l’euro (mais pas de l’UE). L’idée pourrait marquer l’opinion, et le dit parti empêcher les alliés naturels de Mme Merkel d’obtenir les minima pour être représentés. Et les pays européens vont-ils longtemps tolérer leur perte de souveraineté ? Ici, la BCE propose son « aide en échange d’une approbation de l’austérité et de réformes structurelles. » « Cela semble du chantage à certains électeurs de nations débitrices. » Là, le gouvernement d’Andalousie découvre qu’il ne peut pas aider des sans-logis, du fait de l’accord de renflouement des banques espagnoles. L’Europe est partout en récession. Elle est à l’image de son marché de l’immobilier : « les performances contrastées du marché de l’immobilier reflètent et renforcent la tendance générale vers une économie mondiale à trois vitesses. Les marchés sont généralement forts dans les économies émergentes, en rapide développement. Le redressement du marché immobilier américain va contribuer à soutenir la reprise engagée par ailleurs. Le mal affectant de nombreux marchés immobiliers européens est une raison supplémentaire pour laquelle l’Europe est à la traîne. » Aurait-elle été plombée par la BCE de M.Trichet ? Une comparaison avec Fed et Banque d'Angleterre, montre que la BCE a curieusement voulu combattre une inflation inexistante, par des taux élevés. Et a insisté pour « demander que les gouvernements réduisent leurs déficits en échange de son assistance ».

Rien ne va plus en Iran. Lors des prochaines élections, le clan du président va devoir faire face à deux gêneurs. M. Rafsanjani et un poulain de M.Amadinejad. L’Amérique latine se divise entre les bons, l’Union du Pacifique, libres-échangistes, et les mauvais, membres du Mercosur, socialistes. La piraterie se déplacerait, de la Somalie, tenue en respect par l’armada de l’économie mondiale, au delta du Niger. Aux USA, les Républicains cherchent de mauvaises querelles à M.Obama. Histoire, à nouveau, de le paralyser. L’international n’est pas porteur. L'interventionnisme de l'Etat, si.

Il y a tout de même de bonnes nouvelles. Les élections pakistanaises semblent éloigner le risque de chaos (en particulier terroriste). Le parti de la famille Bhutto serait en perdition.

Poussées par les politiques monétaristes des banques centrales, les actions s’envolent. L'entreprise Sony perd beaucoup d’argent. Elle est attaquée par un activiste américain. Il veut lui faire vendre ses studios. Mais ses difficultés viennent de la perte de sa créativité. Drame japonais. La commission européenne part en guerre contre les panneaux solaires et les équipementiers télécom chinois. (Je m'interroge: manœuvre de l’Allemagne et de la France ?) Une étonnante histoire de changement. Le conteneur aurait été une révolution ! Il aurait transformé l’économie mondiale, en facilitant le transport des biens : « plus gros bateaux (…) réduction massive du temps passé dans les ports (…) réduction par deux du voyage porte à porte (…) réduction du pouvoir de négociation des dockers, et du nombre de grèves (et) des pertes pour vol (…) De plus grands ports, moins nombreux (…) il a été possible d’échanger économiquement un plus grand nombre de biens (…) les chaînes d’approvisionnement ont pu devenir plus complexes et plus généralistes. » Et cela aurait permis le miracle des pays émergents : ils n’auraient eu qu’à utiliser ces nouvelles routes, pas à en construire de nouvelles.  

Revue de livres. L’humour juif serait récent, associé à la culture Yiddish, et politesse du désespoir. Ce n’est pas les tensions internationales qui disloqueront la Corée du nord, mais la différence de niveau de vie avec le sud. Alors, attention au chaos (au moins régional) qui va s’ensuivre. Peut-être faudrait-il hâter la dislocation, par la technique utilisée contre l’URSS ? Personne n'est intéressé. L’Egypte ancienne, société stable et hiérarchisée, n’avait pas besoin de monnaie. « La monnaie a été l’instrument qui a permis aux sociétés postérieures de se libérer de l’ordre social et de devenir individualistes. Avec l’argent est arrivée la spéculation et ses crises financières endémiques. » Solution ? Les Etats ne devraient plus assurer les flux financiers. Payer pour ses erreurs éliminerait spéculation et crise. 

dimanche 24 février 2013

L’Angleterre sombre ?

L’Angleterre a été le pionnier de la rigueur. A quoi elle a ajouté une vigoureuse dévaluation de sa monnaie. Pourtant, elle n’arrête pas de couler.

Où est le problème ? Thatcher and sons dit que le Thatchérisme a construit un « nanny state ». Très curieusement, en voulant réformer la fonction publique Thatcher, Major, Blair et Brown en ont fait une sorte de moteur de l’économie. Elle a pris des proportions à la française et a nourri toute une industrie (notamment des cabinets de conseil).

David Cameron, anti Thatcher ?, réduit l’Etat et essaie de redonner du pouvoir à la démocratie locale, asséchée par Thatcher and sons. Malheureusement, j'ai l'impression qu'il ne reste plus grand-chose sur lequel construire

vendredi 15 février 2013

Le Cameron pour les nuls

Négociation du budget européen, David Cameron ridiculise François Hollande. Je ne sais pas si l’enjeu était important, mais il me semble que c’est le procédé qui compte. Comment M.Cameron, qui veut partir de l’Europe et dirige un pays en virtuelle faillite, peut-il ainsi rouler la France dans la farine ? Grande leçon de négociation. Des siècles de pratique.

The Economist explique qu’il n’a rien à perdre, ce qui est la meilleure situation de négociation. D’ailleurs, il ne faut pas beaucoup pousser l’Allemagne pour qu’elle tape sur la France. Ce qui est une très vieille recette anglaise (entre les deux guerres, l’Angleterre jouait déjà l’Allemagne contre la France).

Il y a peut être encore plus fin. En lisant Thatcher and sons, j’ai découvert pourquoi la France avait accepté l’élargissement de l’Europe en 2004. En échange de la politique agricole commune ! Il suffit que l’Angleterre menace nos agriculteurs pour que le gouvernement français cède sans conditions.

La force de l’Angleterre, c’est diviser pour régner. Il lui suffit d’utiliser les haines internes à l’Europe et à la France pour obtenir ce qu’elle désire. 

mardi 29 janvier 2013

Angleterre, Europe, Jihadisme...

Quoi de neuf dans The Economist ?

En dehors des règlements de compte de Barack Obama, dont je parle ailleurs, on y voit David Cameron annoncer un referendum à son peuple sur l’appartenance de son pays à l’Europe. C’est pour 2017. Entre temps, il se fait fort d’obtenir des concessions des autres Européens. Apparemment, il aurait tort de se priver, l’Allemagne et la France n’auraient rien à lui refuser. L’Angleterre subit un curieux phénomène. On y travaille de plus en plus, mais on y produit de moins en moins. Parce que le système bancaire ne laisse pas faire les faillites, et n’a donc pas de cash pour les secteurs qui se développent ? Préoccupant ? Serait-ce pour cela que son gouvernement parle autant d’Europe, alors qu’elle ne préoccuperait pas outre mesure les indigènes ?

On parle aussi du jihadisme en Afrique. Il aurait « saisi des doléances légitimes nourries par la pauvreté, la discrimination, et la mauvaise gestion de gouvernements corrompus ». Qu’arriverait-il s’il parvenait à « contrôler les ressources d’un pays entier » ? Un message en direction des USA, qui ne veulent plus entendre parler d’autre part que chez eux ?

Partout, le monde semble partir à gauche. En Israël, d’abord. Mais peut-être aussi en Allemagne. Les prochaines élections pourraient poser plus de difficultés à la chancelière que prévu. Ce qui devrait lui rendre difficile la réforme de l’Europe. Toujours est-il que le système bancaire européen va subir un contrôle allemand. Ce ne serait pas une bonne idée. Les bulles sont locales, et demandent une gestion locale. Quant aux 50 ans franco-allemands ? Vieux couple.

Sinon ? The Economist pense (comme ce blog), que l’avenir d’Apple est derrière lui. Il est maintenant incapable de bouleverser de nouveaux marchés. Dans un univers devenu concurrentiel, il ne fait pas le poids face à Samsung. Il en serait de même du « leader global » que veut former l’Insead. Donner ce titre à une personne lui tournerait la tête. « Si le leadership a une sauce secrète, c’est peut-être l’humilité. Un patron humble comprend qu’il y a des choses qu’il ne connaît pas. Il n’écoute pas seulement les autres grands pontes de Davos, mais aussi le type de gens qui n’est pas invité, ses clients, par exemple. » Décidément le monde bascule à gauche… (Et The Economist rejoint curieusement ce qu’un de mes commentaires disait de polytechnique.)

On a trouvé le moyen de stocker de l’information dans l’ADN. Toute l’information du monde tiendrait dans un camion. Mais le procédé est coûteux, et ne permet pas une lecture / écriture rapide. Approprié pour le stockage à long terme.