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vendredi 19 juin 2009

Traité de Lisbonne en péril ?

Irish issue to dominate EU talks montre à quel point l’Europe tient à un fil :

Si je comprends bien, le premier ministre irlandais procède à ce qui me semble un petit chantage : alors que son pays est, de sa propre faute, dans une situation fort délicate, et que l’UE lui est probablement d’une grande utilité, il demande un aménagement du traité de Lisbonne. Il veut s’assurer qu’il pourra conserver sa neutralité militaire, le contrôle de son système d’imposition, et de ses lois sur l’avortement.

Ce qui révèle le fragile jeu de dominos qu’est l’Europe : les présidents polonais et tchèque, opposés à l’Europe, ne signeront le traité de Lisbonne que si l’Irlande l’accepte. Or, si l’on attend trop, Gordon Brown aura été remplacé par les conservateurs anglais qui veulent un référendum sur le dit traité, qui ne peut qu’être rejeté (la majorité des Anglais veut sortir de l’UE !).

À ce sujet la situation de Gordon Brown est paradoxale. Il est immensément impopulaire et n’a pu garder son poste que par la grâce d’un de ses pires ennemis. Parce qu’il est aussi faible, mais favorable à l’Europe, ses partenaires européens lui accordent ce qui lui permet de tenir encore un peu (Will EU watchdog bite UK?).

jeudi 12 février 2009

Communication présidentielle

La France a l’image d’un pays protectionniste. Mais l’est-elle plus que d’autres ?

Elle a une industrie automobile qui souffre. Ce qui n’est pas le cas d’autres pays. Elle la secourt, ce qui semble une pratique acceptée. En échange, ceux qui apportent les ressources nécessaires (les contribuables français) semblent justifiés de demander qu’elles ne soient pas utilisées contre leurs intérêts. Tout à fait inacceptable ?

La République tchèque, grande bénéficière des délocalisations, s’indigne. Au nom de quoi ? D’une économie de marché qui a commis de grandes fautes ? Ses règles ne sont-elles pas, au moins provisoirement, suspendues ? D’ailleurs pourquoi ne parle-t-on pas plus des dysfonctionnements de la présidence tchèque de l’UE ? (voir le blog : Coulisses de Bruxelles, UE.) Et pourquoi, si la France veut être protectionniste, n’est-elle pas plus discrète ? Pourquoi semble-t-elle avoir le chic de se faire des ennemis ? (La Chine est un autre exemple : La Chine ne nous aime pas.) Et particulièrement les citoyens du monde qui ne semblent pas les plus irréprochables ?

Justification de la thèse que The Economist avançait lors de la prise de présidence de l’UE par la France (French connection) : gesticulations de notre président en direction de son opinion publique ? Pense-t-il qu’il faut nous payer de paroles, quitte à ce que notre image en pâtisse ? 

Serait-ce un pis-aller, masquant le désarroi d'un dirigeant pris de court par une situation imprévue (Sarkozy en panne ?) ? Anxiété d’apprentissage ?