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mercredi 21 septembre 2022

La Russie mobilise

M.Poutine mobilise ses réservistes, lisais-je. 

Je lis aussi que les marges de la Russie s'agitent. L'armée russe n'est plus là pour les calmer. Ou, autre explication vue : on doute désormais de sa puissance.

On parle aussi, de plus en plus, en la prenant au sérieux, d'une guerre nucléaire. 

Leçon de changement ? Si l'on veut espérer une amélioration, il faut passer par une dégradation, voire risquer le désastre ? Car, si l'on en juge par le passé, le seul moyen de faire bouger le gouvernement russe (contrairement à ce que semble penser notre gouvernement) est que son peuple s'émeuve de la mort de ses enfants... 

(PS. Après avoir écrit cet article, j'entends dire que les réservistes russes font tout pour éviter le rappel.)

vendredi 16 septembre 2022

Ukraine : la guerre sans fin ?

Depuis quelques temps, on entend que la Russie manque de composants pour son armement. 

Affaires étrangères de Christine Ockrent (le 3 septembre) disait aussi que l'Occident donne à l'Ukraine assez d'armes pour empêcher les Russes de prendre l'avantage, mais pas assez pour lui infliger une défaite. 

Volontairement ou involontairement, l'Occident cherche-t-il à ce que ce soit une guerre sans fin ? Que la Russie soit prise dans un piège systémique : que les peuples frontaliers qu'elle cherche à déstabiliser pour créer un rempart avec le monde, soient des sources permanentes d'instabilité la maintenant en état végétatif ?

jeudi 28 juillet 2022

Les paradoxes de l'aide

On dit de l'aide aux pays pauvres, que ce sont les pauvres des pays riches qui donnent aux riches des pays pauvres. 

Toujours est-il que je lisais que cette aide n'a pas l'effet escompté. L'Afrique adore M.Poutine, mais pas du tout l'UE, en dépit de toute l'aide qu'elle lui apporte. 

Comment s'expliquer ce paradoxe ? 

La Chine et la Russie sont des impérialistes sans complexes. Avec elles, tout est une question de rapport de forces. 

L'Occident, lui, aimerait tant être aimé. Il donne de l'argent pour cela. C'est un dû. Pourquoi lui en serait-on reconnaissant ? 

(Une hypothèse qui n'est pas si fantaisiste que cela : on dit que, quand l'Occident a apporté la médecine aux pays colonisés, leurs citoyens, qui n'avaient rien demandé, estimaient qu'ils devaient être payés pour faire plaisir aux médecins, et prendre leurs médicaments.)

jeudi 30 juin 2022

L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera


Milan Kundera, suite. Livre lu il y a 40 ans, et oublié. De même que le film qui en a été tiré. 

Légèreté, vraiment ? Pas autant que dans les deux autres livres que j'ai commentés. Avec l'âge, Milan Kundera prend du poids ? C'est plus sombre, plus savant, plus construit, moins spontané ? Désespéré ?

Il y est toujours question de sexualité débridée, les personnages font toujours la ronde, ils ne se comprennent toujours pas, leurs décisions sont toujours aussi peu rationnelles, ils sont toujours autant dirigés par l'influence inconsciente de traumatismes venus de leur passé. La vie est toujours aussi absurde, "insoutenablement légère". 

La Tchécoslovaquie est sous la botte soviétique. Pour autant, tant que l'on se tient à sa place, on n'a rien à craindre. Et, quoi qu'il arrive, on a un travail. D'ailleurs, paradoxalement, il reste un peu de lourdeur dans cette vie : un métier que l'on fait par vocation. On est mieux sans. Et la légèreté a du bon. 

Malheureusement ils sont bien peu qui peuvent la soutenir. Ce livre est à charge. Une attaque contre ce qui nie la légèreté de l'être : le kitch. La faute de l'URSS, c'est le "kitch". Le "réalisme soviétique" est la négation de la réalité. Car la réalité est la complexité du monde, qui se manifeste par sa "légèreté". Le kitch est la croyance simpliste, qui ne "désespère pas Billancourt", comme aurait dit Sartre. C'est aussi la faute des USA, qui opposent à un monde contre nature, un autre monde contre nature. Le kitch est, probablement, aussi, le mal de notre temps, avec ses certitudes risibles, son moralisme étouffant et sa "cancel culture". 

Et, effectivement, tout finit très mal : les personnages parviennent à se comprendre. 

lundi 27 juin 2022

La fin de l'Occident ?

M.Poutine a certainement compris qu'il pouvait détruire l'Occident. Et que son point faible était l'UE. Non seulement il y a bien peu en commun entre la Hongrie et la Pologne, d'un côté, et la France et l'Allemagne, de l'autre, mais ses nations, elles-mêmes, sont divisées. Et que dire de la Grande Bretagne, parasite de l'UE ?

Surtout, l'Occident a donné au reste du monde la corde pour se pendre. Non seulement, il lui a apporté sa technologie, mais encore, il l'a abreuvé de l'auto-détestation qu'il a pour lui même. Avec un grand paradoxe : les valeurs des intellectuels qui portent cette auto-détestation révulsent les non Occidentaux ! 

La faiblesse de l'Occident, c'est son principe : l'individualisme. Il produit le chacun pour soi. Et son arme d'auto-destruction massive, c'est l'inflation, car elle fait exploser la société entre "profiteurs" et "victimes". 

Au fond on a ici un exemple de la théorie de Hegel du changement comme dialectique. L'Occident a suivi ses principes jusqu'à l'absurde, la thèse a mené à l'anti thèse. Il doit maintenant se transformer, ou périr. 

Il est heureux que MM.Xi Jinping et Poutine n'aient pas plus attendu pour abattre leurs cartes. 

jeudi 23 juin 2022

Naissance de la Russie

Histoire d'amour pour le capitalisme américain. Le sort de la Russie s'est joué en quelques années. Glasnost. Des "Chicago boys" russes veulent que le communisme ne soit plus possible. Pour cela, il faut vendre, très vite, les biens de l'Etat. Chaque Russe reçoit des actions de la vente. Actions dont quelques-uns s'emparent. Les autres n'ont plus rien. Comme si ce n'était pas suffisant, la crise asiatique survient, le rouble s'effondre. Le gouvernement livre les grandes entreprises d'Etat en échange de l'aide financière des oligarques. Années de calvaires durant lesquelles les Russes sont des misérables, selon Hugo. Les enfants de 6 ans font la manche. C'est alors qu'arrive M.Poutine, qui, qu'on l'aime ou non, rétablit l'ordre et un semblant de prospérité générale. 

Voilà ce que disait un journaliste de la BBC ayant vécu ces événements (Archive on 4). 

Le plus curieux dans cette histoire est que le capitalisme de ces années, du "consensus de Washington", ne correspondait à rien de ce qui avait existé. C'était une utopie. Une crise de folie de quelques esprits abstraits surexcités. Il ne correspondait en aucune manière au capitalisme de la guerre froide, auquel rêvaient les Russes. C'est parce qu'ils ont voulu le capitalisme que les Russes l'ont rendu impossible !

Pas de capitalisme à visage humain sans URSS ?

(Consensus de Washington.)


mardi 14 juin 2022

Finlande

Quand les Russes ont voulu envahir la Finlande, au début de la guerre de 40, ce fut la Bérézina. Pourtant, la Finlande est un tout petit pays. Curieusement, l'armée russe a été défaite par le froid. 

Concordance des temps, de France Culture, se demandait si la Finlande ne pourrait pas servir de modèle à l'Ukraine. 

Au fond, le passé de l'armée russe n'a rien de glorieux. Ses grandes victoires ont été remportées contre Napoléon et Hitler. Mais, à chaque fois, elle était attaquée, et c'est son climat qui a fait merveille. 

lundi 23 mai 2022

Péril jaune ?

Le covid aurait-il bon dos ? Et si la fermeture de la Chine avait pour but de créer l'inflation en Occident, en cassant la "supply chain" mondiale ? Voilà ce que je lisais ce matin dans la lettre de Politico.eu. (Après un autre article qui soupçonne M.Poutine de vouloir déclencher une famine qui amènerait l'Europe a être submergée par l'immigration.)

Les régimes autoritaires se seraient-ils engagés dans un bras de fer avec les démocraties ? Entre infiltration de partis "populistes", et manipulation des élites (cf. billet sur HSBC), le coup était préparé depuis longtemps, probablement. 

Stratégie du "voleur chinois" ? Pas de confrontation directe, ce qui provoquerait une mobilisation générale, mais jouer sur la faiblesse de la démocratie : l'intérêt individuel ? 

(Ou théorie du complot, qui contaminerait les hautes sphères ? se demandait un ami.)

vendredi 20 mai 2022

Famine

On entend que la guerre ukrainienne devrait provoquer une grande famine. Elle prive des pays pauvres d'importations de première nécessité.

Apparemment, on pourrait faire des entorses aux sanctions s'appliquant à la Russie, et même l'encourager à exporter, et à libérer le blé ukrainien. (Ailleurs, j'ai lu que la Russie voudrait, justement, créer cette famine pour noyer l'Europe sous des vagues d'immigrés...)

On dit qu'il y a un gaspillage considérable de nourriture. Ne serait-ce pas le début d'une solution ? L'occasion, pour une fois, de se demander ce que signifie réellement la solidarité ? Et d'en profiter pour remédier aux dysfonctionnements de notre société ? 

(Et pourquoi l'aide aux pays pauvres conduit-elle à ce que "les pauvres de pays riches donnent de l'argent aux riches des pays pauvres" ?) 

dimanche 15 mai 2022

Vilain petit Hongrois ?

La Hongrie bloque les sanctions européennes. Elle veut acheter le pétrole des Russes.  

L'UE est conciliante. Elle comprend que le pouvoir d'achat Hongrois dépend du bon marché des approvisionnements russes. Et elle cherche à les remplacer. 

Y aurait-il d'autres moyens d'agir ? La Hongrie est aussi, apparemment, très dépendante de l'industrie allemande, qui y a trouvé un paradis fiscal. N'y aurait-il pas un moyen d'agir sur ses entreprises pour que, à leur tour, elles influencent le gouvernement hongrois ? 

En fait, dans cette histoire, tout le monde joue un double jeu. Méfions nous de nos amis. Je soupçonne, en particulier, que l'Angleterre fait un bruit qui ne correspond pas à l'ampleur des sacrifices qu'elle consent pour la cause ukrainienne. (Mais j'ai mauvais esprit.) 

C'est peut-être aussi le cas de la Russie, qui ne semble pas trop en vouloir à la Turquie de livrer des drones aux Ukrainiens... 

En fait, l'Amérique cherche à affaiblir le Russie pour lui ôter son pouvoir de nuisance, lit-on. Au moins nous avons l'espoir d'éviter les coups de folie des dernières guerres mondiales, qui voulaient éliminer "l'ennemi" ?

Guerre moderne ? Les lois du marché par d'autres moyens ? 

mardi 19 avril 2022

Dans la tête de Vladimir Poutine

La BBC poursuit son étude de Vladimir Poutine. 

Comme le dit ce blog, "j'ai toujours tort". J'avais entendu parler de ses tentatives de désinformation, d'anciens espions assassinés... Mais je ne savais pas toute l'histoire. Mme Clinton, à l'époque Obama, a probablement fait intervenir la CIA pour monter la société russe contre M.Poutine, qu'elle a qualifié de "nazi"... Il se vengerait, à la russe. Quant aux espions, ils avaient recommencé à espionner après s'être engagé à ne pas le faire. Dans ces milieux, la sanction de ce type d'agissement est la mort. 

M.Poutine répéterait qu'il ne faut jamais se montrer faible. Il se reproche peut-être de l'avoir été avec l'Occident. Il a essayé de s'en approcher. Mais il a été abusé. 

Il a peut-être aussi compris que l'Occident était le pire ennemi de l'Occident. Que ce que l'on appelle le "libéralisme" était son chant du cygne. Il dit que c'est un crime contre l'humanité (selon une autre émission de la BBC).

En tous cas, il semble se préparer une fin pitoyable. Il est possible qu'il soit malade. Son pays est faible. Il est conscient de ne pas avoir de successeur, et il est terriblement inquiet pour l'avenir de la Russie. 

Ce serait une triste histoire, s'il ne massacrait pas des êtres humains. 

dimanche 3 avril 2022

Qui est Monsieur Poutine ?

BBC4 consacre une série d'émissions à la vie de Vladimir Poutine. Ce que j'en retiens :

Une jeunesse pauvre, dans les rues d'une URSS, qui souffre encore d'une guerre terrible. Tout enfant, il veut entrer au KGB, et lui rend visite pour savoir ce qu'il faut faire pour cela. On lui répond : des études de droit. Il étudie le droit. Entre au KGB. Y fait une carrière terne. Il est agent de liaison. C'est un besogneux. Puis la Russie s'effondre. Après un moment où il envisage d'être taxi, il est collaborateur d'un de ses anciens professeurs de droit, un libéral brillant, qui devient maire de Moscou. Mais celui-ci disparait. Survient la grande crise. Poutine, toujours homme de liaison, organise l'approvisionnement de Moscou. Il fréquente tout le monde, y compris la Mafia, et s'enrichit. Il aurait pu être oligarque. C'est sa capacité d'organisation et sa fiabilité qui le font repérer par les faiseurs de roi, qui doivent remplacer Heltsine, en fin de vie éthylique. Il devient président. 

Il semble avoir pensé, initialement, que la Russie était du côté de l'Occident. La civilisation contre la barbarie : la menace islamique. La sienne était Tchétchène. Mais l'Occident lui a répondu "droits de l'homme". Lorsque les dits Tchétchènes ont pris des otages, il a tué les otages et les Tchétchènes. Ce qui est, en substance, ce que recommande les traités de négociation, mais pas les droits de l'homme. L'Occident l'a critiqué. Il s'est senti abusé. 

Quant les oligarques, qui s'étaient emparés des biens de l'Etat, ont cru pouvoir faire jouer la démocratie, comme le font les milliardaires occidentaux, il leur a fait entendre qu'il ne les ennuierait pas, s'ils ne s'occupaient pas de politique. Et même qu'ils pouvaient s'enrichir honteusement, en servant sa politique. Pour leur malheur, quelques-uns ne l'ont pas compris. Peut-être aussi pour le malheur de l'économie russe.

Le peuple russe le vénère, parce qu'il lui a rendu sa fierté. Au moment de la chute de l'URSS, le pays était tombé plus bas que terre. Les experts occidentaux venaient sans cesse lui faire la leçon. Sous la présidence Poutine, le pays s'est relevé. Avec la hausse des prix du pétrole, il a même connu un moment de prospérité. 

Apparemment, M.Poutine a envisagé de quitter le pouvoir, pour jouir de la vie, mais a jugé que sa mission n'était pas finie. 

Conclusion ? Il se voit en de Gaulle, et c'est probablement ce qui le définit le mieux. Il a une "certaine idée de la Russie". Comme celle de De Gaulle ou de Churchill, elle semble manquer de subtilité. Pouvait-il en être autrement ? Les hommes politiques qui ont pris la succession de De Gaulle et Churchill étaient peut-être mieux adaptés à leur époque que ces derniers, mais ils ne furent guère brillants. Or, la situation russe est bien plus compliquée que celle de la France et de l'Angleterre... Le changement, ça ne se fait pas en un claquement de doigts.

vendredi 25 mars 2022

Le déclin de l'empire russe

Pourquoi l'armée russe est-elle aussi inefficace ? Si j'ai bien compris, rien ne va plus. On nous parle de logistique défaillante, d'erreur de planification stratégique, ce qui sous-entend un état major peu compétent, des troupes mal entraînées et peu motivées, et d'un équipement qui souffre des attaques de drones turcs, drones qui seraient relativement "bon marché". 

Inquiétantes perspectives pour l'avenir de la Russie ? Déclin démographique et minorités remuantes, annexées pour raison de sécurité, économie souffreteuse et armée déficiente... Contraste frappant avec le dynamisme asiatique et, même, ottoman ? Alors ? La nature a horreur du vide ? 

jeudi 24 mars 2022

Habile Turquie ?

Turquie et guerre en Ukraine. Conférence du Comité France Turquie. 

D'où il ressort que la Turquie ménage la chèvre et le chou. Mais, aussi, ce qui confirme ce que je soupçonnais lorsque j'ai vu que l'ambassadeur de Turquie en France était un énarque : la Turquie a mené une habile politique de réconciliation avec tout le monde. 

On découvre aussi qu'elle a su créer une puissante armée, qui pourrait être utile à l'OTAN, et qu'elle a préparé la guerre en réduisant sa dépendance énergétique à la Russie. 

Essaie-t-elle de tirer les marrons du feu ? Après tout, ses drones expliquent en grande partie les contre performances russes. Plus compliqué. Les Turcs sont inquiets de retombées de la guerre, directe, ou indirecte : ils sont à la fois dépendants du tourisme russe et de la croissance européenne. Quoi qu'ils fassent ils pourraient être perdants. Une forme de neutralité est probablement judicieuse. 

Bref, le Turc est prudent. Ce qui, pour les Grecs anciens, était une vertu ultime. 

samedi 19 mars 2022

Economie et politique

Jusqu'ici il n'y avait pas de lien entre économie et politique disait, en substance, un invité de Christine Okrent (France Culture). Mais cela vient de changer avec l'invasion de l'Ukraine. 

Une remarque bien innocente. Cela arrangeait beaucoup de monde de faire des affaires avec les Russes et surtout les Chinois. Mais ces derniers ne cherchaient qu'à acheter à l'Ouest la corde pour le pendre. Les Chinois ont exposé ouvertement leurs plans. Si l'on entendait moins parler du projet des Russes, cela tenait à l'insignifiance de leur pays. L'intérêt rend sourd et bête. 

D'ailleurs, c'est peut-être aussi leur intérêt qui a abusé les Russes et les Chinois. Ils avaient intérêt à croire au déclin dont l'Occident donnait tant de signes. 

jeudi 24 février 2022

La Russie en perspective

La Russie fait trembler le monde. Mais qu'est-ce que la Russie ? Un nain économique. Un pays pauvre.

Serait-elle à l'image des "géantes rouges", étoiles en fin de vie qui connaissent une phase d'expansion, avant de se contracter en naine blanche, étoile à neutrons, ou trou noir ?

(Politico.eu, hier : "Russia has an economy roughly the size of Spain’s. It also has three times the population, which means ordinary Russians are poor, and they die early — life expectancy in Russia is staggeringly over a decade shorter than in Spain. Russia’s GDP per capita is now one of the lowest in Europe — below Turkey.")

mercredi 23 février 2022

Gladiateurs

Les gladiateurs romains ne se battaient pas à armes égales. Il semble qu'il en soit de même des nations. 

M.Poutine a ses tanks, ses hackers, ses mauvais coups, et son gaz, l'Europe a son économie.  

Mais une nation, c'est aussi une culture. La Russie est une dictature, l'Occident un individualisme, plus qu'une démocratie. Or, la force va aux équipes. Depuis les mésaventures de la Grèce ancienne, et celles de la France en 40, on sait que là est à la fois la force et la faiblesse de l'Occident. S'il a conscience d'un danger partagé, l'autonomie de ses acteurs lui donne l'avantage ; sinon, les appétits égoïstes le disloquent. La paix est son pire ennemi ?

lundi 14 février 2022

Ukraine : tous perdants ?

Le génial M.Poutine a trouvé une arme extraordinaire : le gaz, la vache à lait de son Etat ! Et il a réussi. Il freine efficacement la croissance de l'Europe. Demain une crise ? La guerre ukrainienne fait deux victimes : l'UE et la Russie. Le reste du monde va très bien. Merci. 

Or, M.Poutine dirige un empire comprenant des dizaines d'ethnies dont certaines, comme les Tchétchènes, ne restent pas en place. Or, que pèsent 140 millions de Russes, et encore pas tous slaves, face à un milliard et demi de Chinois ? Un temps les Russes ont dit qu'ils étaient "asiatiques". Je doute qu'ils soient vus ainsi par les vrais Asiatiques.

Quel est l'intérêt de la Russie à affaiblir l'Europe, son meilleur client. Surtout celui qui pourrait, si elle était aussi habile que les Chinois, lui apporter ce qui manque le plus à son peuple : la prospérité ? 

Paradoxe du changement, et des familles : alors que, dans son intérêt à long terme bien compris, on doit coopérer, pour des raisons, à court terme, incompréhensibles tellement elles sont minables, on s'affronte.

(Suscité par deux émissions de France Culture, l'une sur la crise gazière, l'autre sur le concept de frontière dans la culture russe.)

mardi 8 février 2022

Le Maître et Marguerite de Boulgakov


Chef d'oeuvre de Bougakov, dit-on. De quoi s'agit-il ? 

De deux histoires entremêlées. Le drame de Ponce Pilate est dans l'une, et les farces du diable à Moscou sont dans l'autre. Et c'est peut-être, dans les deux, l'histoire de Boulgakov. 

Car ce que fait le diable, agent des basses oeuvres de Dieu, c'est de venger Boulgakov de ceux qui ont rendu sa vie misérable, l'intelligentsia moscovite, et de lui apporter la paix. Le Maître, écrivain malheureux, c'est lui, et Marguerite, réincarnation de la reine Margot d'Alexandre Dumas, c'est sa dernière femme. 

Le plus surprenant, c'est l'Union soviétique, sous Staline, dans les années 30. Elle n'a rien à voir avec ce que l'on nous en a dit. Elle ressemble à la Vienne de la fin du 19ème siècle. Elle est prospère et cultivée. On y emploie du personnel de maison. Seulement, petit à petit, on remarque que l'on s'y appelle "citoyen", comme après la Révolution française. Puis qu'elle n'est que calomnie, envie et délation. Chacun n'a qu'un mot à la bouche : "appeler la milice". Milice qui est, d'ailleurs, fort honnête. 

Boulgakov a écrit sur Molière. A-t-il pensé être le Molière russe ? Corriger les moeurs par le rire ? Et qui est ce Ponce Pilate qui a de la sympathie pour Jésus, mais est contraint par son devoir, les usages et le peuple, de le condamner ? Staline ? Avec Boulgakov en Maître mais aussi en Jésus ? 

dimanche 6 février 2022

Les Chinois à Moscou

M.Poutine a-t-il envisagé les risques que lui fait courir sa politique belliqueuse ? Coût de troupes d'occupation, sanctions, et surtout amitié chinoise. 

Car l'ennemi de mon ennemi est-il mon ami ? La Russie est tout le contraire de la Chine : un territoire immense, une faible population, des ressources naturelles, une économie ridicule. 

La BBC disait que les Russes apprenaient le chinois. Sage décision ?