Affichage des articles dont le libellé est Staline. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Staline. Afficher tous les articles

jeudi 10 février 2022

Staline, tsar comme les autres ?

On décrit Staline comme un ogre. Mais n'était-il pas, plutôt, un genre de tsar ? Solution de continuité ?

J'entendais, il y a déjà pas mal de temps, que le Goulag pourrait avoir remplacé le servage. Le pays ne pouvait pas vivre sans main d'oeuvre gratuite. En lisant Boulgakov (un billet précédent), j'y vois, aussi, une société qui collabore activement. D'ailleurs, comment un homme seul pourrait-il diriger tout un pays, sans collaboration enthousiaste ? Pas besoin d'être La Boétie ou Hannah Arendt pour se poser la question. Quant aux millions de morts, n'était-ce pas, tout simplement, un résultat normal de ce type de système ? La politique de Mao, elle-aussi, a tué en grand. Et les guerres napoléoniennes ont ravagé l'Europe, dans la joie et la bonne humeur. D'ailleurs, cela n'a jamais gêné personne que les guerres fassent des millions de morts, et de blessés.

Arrêtons d'attribuer les maux de l'humanité à des boucs émissaires, et considérons notre responsabilité collective ? 

mardi 8 février 2022

Le Maître et Marguerite de Boulgakov


Chef d'oeuvre de Bougakov, dit-on. De quoi s'agit-il ? 

De deux histoires entremêlées. Le drame de Ponce Pilate est dans l'une, et les farces du diable à Moscou sont dans l'autre. Et c'est peut-être, dans les deux, l'histoire de Boulgakov. 

Car ce que fait le diable, agent des basses oeuvres de Dieu, c'est de venger Boulgakov de ceux qui ont rendu sa vie misérable, l'intelligentsia moscovite, et de lui apporter la paix. Le Maître, écrivain malheureux, c'est lui, et Marguerite, réincarnation de la reine Margot d'Alexandre Dumas, c'est sa dernière femme. 

Le plus surprenant, c'est l'Union soviétique, sous Staline, dans les années 30. Elle n'a rien à voir avec ce que l'on nous en a dit. Elle ressemble à la Vienne de la fin du 19ème siècle. Elle est prospère et cultivée. On y emploie du personnel de maison. Seulement, petit à petit, on remarque que l'on s'y appelle "citoyen", comme après la Révolution française. Puis qu'elle n'est que calomnie, envie et délation. Chacun n'a qu'un mot à la bouche : "appeler la milice". Milice qui est, d'ailleurs, fort honnête. 

Boulgakov a écrit sur Molière. A-t-il pensé être le Molière russe ? Corriger les moeurs par le rire ? Et qui est ce Ponce Pilate qui a de la sympathie pour Jésus, mais est contraint par son devoir, les usages et le peuple, de le condamner ? Staline ? Avec Boulgakov en Maître mais aussi en Jésus ? 

vendredi 3 décembre 2010

Instabilité de la démocratie ?

Jusqu’à très peu j’estimais la démocratie comme un bien absolu. Petit à petit je me suis mis à douter.
  • La démocratie grecque d’Aristote est éminemment inégalitaire. Elle a besoin pour se nourrir d’une masse d’esclaves. Il en a été de même de l’Angleterre, fondement de la démocratie moderne.
  • Il me semble maintenant que notre amour de la démocratie est le résultat d’un lavage de cerveau, fait des élites anglo-saxonnes. (Il n’y a que les Français pour penser qu’ils ont inventé la démocratie !). La démocratie bénéficie massivement à celles-ci, intellectuels ou barons de l’économie. Si les leaders d’opinion anglo-saxons ont fait de tels bogeymen de Mao, Staline ou de Gaulle, n’est-ce pas parce qu’ils défendaient une vision non démocratique du monde, favorable au peuple (cf. les purges d’intellectuels des deux premiers) ?
  • Dès que les oppositions aux démocraties se sont effondrées, celles-ci ont été emportées, comme la démocratie romaine, dans une lutte fratricide pour se partager leurs richesses. D’où dislocation et dictature. La chute de l’URSS a eu un effet curieusement similaire sur l’Amérique (Le développement durable contre les pauvres). La démocratie future pourrait ne pas être aussi aimable que celle que nous avons connue...
Tocqueville disait que chaque régime avait un vice, par construction, et que le rôle du législateur était d’en prendre le contre-pied…