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mercredi 18 août 2021

Industrie : les motifs du crime

Autour de moi, on s'interroge : mais qui est donc derrière la disparition de l'industrie en France ? On cite le président Giscard d'Estaing. Mais il me semble surprenant qu'il ait, seul, eut cette idée. Elle devait être dans l'air que respirait notre élite. 

Un article chinois nous donne peut-être une piste. Il a été écrit en 2015 et se demande si la Chine doit aller vers les services. Réponse : NON ! Et voilà pourquoi :

"While the need to maintain its industrial might is influenced by its own development story, there are untold number of lessons to be drawn from developed nations. The United States is one such example. Once the world's largest industrial producer, in the 1980s it started to out-source manufacturing. The service sector not only flourished but actually replaced manufacturing as the backbone of the economy, eventually accounting for as much as 70 percent of the economy. Without the support of a real economy, it was only a matter of time before the bubble burst, triggering the 2008 mortgage crisis that spiralled into the worst economic disaster since the Great Depression. The United States is now trying to claw back the lost advantages of its industrial sector. This time, however, by focusing on innovation it aims to create a stronger sector that is able to compete globally."

Michael Porter dit, par ailleurs, que le boom des services viendrait du démontage de la chaîne de la valeur de l'industrie. Les services liés au produit sont désormais vendus séparément. 

Voici l'hypothèse que je formule : les Américains ont compris qu'en séparant fabrication et services, il y avait beaucoup d'argent à gagner, la rentabilité du service étant meilleure que celle de la fabrication. Mauvais calcul ? Cherchaient-ils un bénéfice rapide (ce type de manoeuvre s'appelle "arbitrage" chez les financiers) ? En tout cas, il est possible que, la France, mouton de Panurge, ait suivi l'exemple américain. 

samedi 28 mai 2011

Industrie et pays émergents

Il y a longtemps je citais une étude qui montrait que les pays émergents avaient un avantage concurrentiel dans le domaine des services, alors qu’on les aurait attendus dans l’industrie.

L’argument ne tiendrait pas : le service demande surtout de hautes qualifications, ce qui n’est pas favorable aux pays émergents ; l’industrie, elle, exige des investissements (notamment d’infrastructure) et une réglementation du travail favorable, c’est ce qui la bloquerait en Inde, par exemple (mais pas en Chine). (The service elevator)

mercredi 7 juillet 2010

Le marché des services

Il y a beaucoup d’interrogations concernant le marché des services. Notamment parce que, contrairement à ce que l’on a cru longtemps, il porte sur les qualifications élevées (études, recherche et développement…). À quoi ressemblent les entreprises qui font ce commerce ?

En Angleterre, elles sont extrêmement concentrées « 0,039% des entreprises du Royaume uni expliquent près de 80% des importations de services du pays ». Elles emploient plus de personnel, et un personnel plus qualifié que les autres entreprises.

mardi 6 avril 2010

Velib

Je vois le Velib avec des yeux neufs :

Dans un monde où l’on veut réduire la pollution, la production… tout ce que l’on possède et utilise peu pourrait être loué. Les emplois de production seraient ainsi transformés en emplois de service (opérateurs des systèmes d’information qui gèrent le système, réparateurs, livreurs…).

Compléments :

jeudi 1 avril 2010

Service gratuit

Depuis longtemps je me demande pourquoi les services sont comptés dans le PIB. Beaucoup de « services payants », ne sont-ils pas des services que la société fournissait gratuitement jusque-là ? Maslow ne disait-il pas que l’amitié était la psychanalyse de l’homme bien portant ? Si l’on paie pour la psychanalyse va-t-on payer pour l’amitié ? Création de « valeur » illusoire ?

Je viens d’avoir l’idée suivante. Au fond ce que paie la société, c’est la spécialisation, la professionnalisation. C’est pour que des gens deviennent des amis spécialisés qu’il faut les payer pour qu’ils n’aient pas l’obligation de faire autre chose pour vivre (donc d’être des amis amateurs). L'innovation c'est cela : une spécialisation reconnue par la société. 

Ce qui semble aller dans la direction de l’idée d’Adam Smith selon laquelle la « la division du travail est limitée par l’étendue du marché » : pour maximiser la richesse du monde, il faut éliminer les barrières à l’échange, ainsi chacun pourra se concentrer sur son talent, et laisser le reste à d’autres, plus doués. C’est la justification de la globalisation.

Compléments :

dimanche 28 février 2010

Industrie, avenir de l’Occident ?

Un économiste met sens dessus dessous le dogme selon lequel les nations doivent cheminer de l’industrie aux services.

Par des arguments relativement simples il semble montrer que la productivité des pays émergents croit plus vite dans les services que dans l’industrie. Par conséquent, utilisant un des plus vieux principes de l’économie, il estime qu’ils ont un « avantage comparatif » dans les services. Ils devraient donc s’y concentrer (ou s’y diriger, pour les pays africains).

À l’inverse ceci signifierait que l’avantage comparatif des vieilles nations industrielles est l’industrie…