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lundi 2 août 2021

Aristote et Hegel juges de notre temps ?

Hegel aurait-il vu juste ? L'histoire récente de l'humanité semble être "dialectique" :

Après guerre, il y a eu l'ère technocratique. On savait ce qu'était le "bien", la société était organisée, de manière hiérarchique, pour le réaliser. Nous avions tous une marche à suivre. Pas question de s'en écarter. C'était le véhicule autonome avant la lettre. Ce modèle est arrivé en buttée, dans les années 70, 80. Puis, après un moment de flottement, avec l'effondrement de l'URSS, tout ce qui entravait le mouvement libertaire qui avait secoué le monde en 68 a disparu, et l'économie de marché a triomphé. Après la rigidité technocratique, le "nanny state", c'était, à proprement parler, l'anarchie, l'extrême inverse ! Plus de règles, des volontés s'entrechoquant feraient le meilleur des mondes, lisait-on. Le monde des brutes. Il y avait, tout de même, un point commun entre les deux opposés : l'hypothèse implicite d'un être décervelé. 

Le virus a sonné la fin du marché. Qu'est-ce qui va le remplacer ? Il semble qu'il faille en appeler à Aristote, pour répondre à cette question. Entre les "extrêmes", il y a le "juste milieu", l'endroit de la sagesse, dit Aristote.

Entre les extrêmes, technocratie et anarchie, il y a la société, ce que l'on appelle aussi la "liberté positive" : le juste nécessaires de culture collective qui stimule l'intelligence individuelle. 

Voilà, probablement, ce qui pourrait être le plan de route des nouvelles générations : trouver ce que tout ceci signifie, concrètement, et le mettre en oeuvre. Parviendrons-nous alors à la "fin de l'histoire", entrevue par Hegel ? L'homme sortira-t-il de son "aliénation", qui l'amène à se taper sur la gueule ? Aura-t-il la révélation de la "fraternité" ? 

Mais cela, c'est peut-être une autre histoire. 

lundi 18 novembre 2013

Laboratoire d’idées

Comment juger une nouvelle idée (par exemple une nouvelle loi) ? Difficile d’en prévoir les conséquences. Je me demande s’il ne faut pas en revenir à Aristote. Pour Aristote, la constitution d’une société est ce qui lui permet d’être stable. Par conséquent, à moins de désirer changer de constitution, toute nouvelle idée doit être constitutionnelle.

Et il est possible qu’il y ait un moyen simple pour juger de cette constitutionnalité. Trouver « l’idéologie », qui est derrière l’idée. Par exemple, j’en suis venu à penser que la très bizarre concentration des grandes écoles sur les hauts de hurlevent de Saclay n’était pas une punition (comme je l’ai cru). Mais un moyen de séparer les méritants (grandes écoles) des autres (universités). Et d’affecter les maigres ressources de l’Etat français à ces seuls méritants. Autrement dit faire un seul MIT avec toutes nos grandes écoles. C’est une idéologie qui est aussi ancienne que l’Angleterre.

Bien entendu, il n’y a rien de mal à installer en France le modèle anglais du 18ème siècle, mais autant le faire en connaissance de cause. En effet, comme le remarquait Aristote, une constitution ne peut pas être imposée, elle doit résonner avec ce qu’une population a de plus profond. 

mercredi 25 septembre 2013

Liberté et politique

J’ai un différend de fond avec Hannah Arendt, me semble-t-il. Elle adopte le modèle grec. La liberté c’est la politique faite sur l’agora par des égaux. Ces égaux se sont dégagés des contingences matérielles.
  • Pour ma part, la définition de la liberté par les Lumières me convient mieux. Etre libre, c’est être capable de penser par soi-même. C’est se dégager des lois sociales qui guident notre comportement sans faire appel à notre libre arbitre. (Si l’on suit ces lois, c’est en connaissance de cause.)
  • Quant à la politique, il me semble qu’elle se fait (devrait se faire) par débat entre gens libres. Pas besoin d’agora pour cela. Je soupçonne d’ailleurs que c’est l’idée de J.S. Mill.
  • Finalement, quel est l’objet de la politique, de ce débat vigoureux ? C’est de produire la constitution d’Aristote, c'est-à-dire un projet dans lequel toute une société se reconnaît, et qui va guider son action collective à venir. C’est une sorte d’œuvre d’art. Le fruit de la créativité d’une génération. 

dimanche 25 août 2013

Étonnez-vous !

"Le début de toute philosophie est (...) l'étonnement devant tout ce qui est en tant qu'il est" dit Aristote dans la Métaphysique, si j'en crois Hannah Arendt. Elle poursuit : "la capacité de s'étonner, voila ce qui sépare le petit nombre de la multitude."

Ce qui m'a frappé. Car le principe de ce blog est l'étonnement, le paradoxe. D'ailleurs, c'est aussi le principe de mon cours. Mais l'étonnement est-il réservé à un petit nombre ? à moins que celui du philosophe ne soit d'une qualité particulière ?


jeudi 27 décembre 2012

Dr Merkel and Mr Krugman

L’Atlantique a ses Charybde et Scylla. Mme Merkel et M.Krugman. L’une nous dit « Arbeit », l’autre, « Keynes ».
  • Pour Paul Krugman, il faut relancer l’économie, la croissance permettra de lever des impôts et de payer nos dettes. La rigueur, c’est l’inverse avec le chaos comme seule issue. Lumineux.
  • Mme Merkel répond que depuis des décennies, nous nous sortons des crises par toujours plus de dettes. Nous ne faisons que déplacer, et amplifier le problème. Nous vivons à crédit en détruisant notre patrimoine. Le succès de l’Allemagne vient, justement, de ce que ses entreprises ont su développer leur avantage concurrentiel. Il suffit, pour s’en convaincre, de comparer constructeurs allemands et français.
La bonne solution ? Entre les deux, dit Aristote. Nous devons nous remettre au boulot. L’ère de la cigale est finie. Mais on aura du mal à repartir, sans entraide. 

jeudi 4 octobre 2012

Des vertus de l’oisiveté

Je me demande si Aristote n’avait pas raison : pour s’occuper des affaires de la cité, il faut être oisif (Les politiques). Il me semble que cela demande de penser, et que l’on ne peut pas penser bien loin lorsque l’on travaille. On ne peut que se raccrocher à du prémâché. Voilà ce que je me dis, lorsque je rentre chez moi, vanné par 2h de métro, voire quelques heures d’avion, et une journée de tension humaine.

Que signifie penser, d’ailleurs ? D’abord être capable de se dégager des coutumes et de tout ce qui est précablé, comme l'expliquaient les Lumières (cf. Kant). Etre critique était leur mot d’ordre (voir aussi ici) d’ailleurs. Ensuite, il faut pouvoir se faire une opinion, personnelle, en entendant ce que l’esprit humain a dit du sujet, un peu comme lors d’un jugement. Mais, pour cela, il faut probablement avoir subi une formation spéciale, un entraînement, à l’image de celle de nos diplômés de philosophie. Et aussi continuer à s’informer, et à réfléchir, sa vie durant. Je retrouve probablement les idées d’Aristote.

Un oisif.
(wikipedia)
  

lundi 26 mars 2012

La Syrie, après l’Afghanistan et l’Iraq ?

Nous voyons le régime syrien appartenant à « l’axe du mal ». Mais que se passera-t-il s’il disparaît ? Bashar el Assad n’a personne auquel parler. Les révoltés ne sont pas organisés.

La façon dont les affaires du monde sont menées est un peu inquiétante. Le chaos semble s’installer partout : Iraq, Afghanistan, Pakistan, Moyen-Orient…

Et si l’Occident commettait l’erreur de croire que la démocratie faisait des miracles ? Mais où en est la démonstration ? La France est une monarchie en CDD, et l’Amérique est bloquée…

Un pays doit avoir une infrastructure qui lui permet un minimum de calme, qui rend la vie prévisible (d’où la côte de l’Islam au Moyen-Orient). C’est probablement ce qui est fondamental. Ensuite, cette structure doit être adaptée pour répondre aux aspirations de la population, notamment à la liberté d’expression.

En tant qu’intervenant extérieur, nous devrions donc veiller à ce que le chaos ne puisse s’installer, mais à ce que l’organisation du pays s’adapte aux évolutions sociétales.

En écrivant ces mots, je viens de comprendre que je répétais ceux d’Aristote… Décidément, la vie est un éternel recommencement…

Compléments :

lundi 16 janvier 2012

Choisir un président (2) : Kant et la République

Maintenant, au tour de Kant et de la République. Pour Kant, le régime politique idéal est celui de la République. C'est-à-dire un exécutif qui met en œuvre la volonté générale, représentée par le législatif. Les deux doivent évidemment être séparés. Ça commence mal pour la France.

On peut en déduire quelques critères de sélection curieux :
  • Un exécutif qui exécute sa propre volonté est une dictature. Par conséquent le candidat qui est porté par une idéologie et qui a la capacité de la mettre en oeuvre doit être écarté.
  • L’intérêt général sous-entend la recherche de ce qui unit la nation. Un candidat qui « divise pour régner », ou qui utilise la démagogie (voir ce qu’en pense Aristote) pour disloquer les principes fondateurs du pays, devrait donc être hors jeu.
  • Mais l’exécutif doit aussi avoir la capacité à exécuter. Un exécutif qui ne sait pas se décider est aussi un mauvais choix (on retrouve les idées du billet précédent). 

vendredi 7 octobre 2011

Constitution et Internet

L’organisation qui gère Internet semble une joyeuse anarchie. Elle est menacée de mise en ordre par des puissances dirigistes. Solution ? Qu’elle construise une constitution qui la protège. (A plaything of powerful nations)

Pas de démocratie sans constitution, comme le disait Aristote ? (Les politiques, Aristote)

mardi 13 septembre 2011

Empire du mal

L’Amérique a été bâtie sur le principe que la nature de l'homme est le mal.
  • Ses pères fondateurs avaient lu l’histoire dont ils avaient tiré cette conclusion (fréquente dans le monde anglo-saxon). Du coup, ils ont construit un système de contre-pouvoirs qui cherche à équilibrer le mal par le mal. En fait, ils étaient surtout inquiets du comportement des masses, qu’il fallait contenir. « Il était  généralement reconnu que le peuple était souverain, mais il était aussi plus ou moins concédé qu’il ne devenait pas gouverner. »
  • Complétant ce dispositif, ils comptaient sur l’effet apaisant d’une classe moyenne nombreuse (une idée d’Aristote), et sur un partage d’intérêts collectifs : nationalisme et colonialisme (expansion internationale).
  • Dans cette pensée se trouve aussi « l’idée radicale des sophistes, que les désirs naturels de puissance et d’enrichissement sont derrière toutes les actions sociales ». Bref, que derrière le bien se trouve le mal. Et c’est pour cela que la liberté d'exercer une forme de mal est vue par beaucoup d’Américains comme un droit :
Ce que St Augustin avait perçu comme un esclavage, voire une punition divine, l’asservissement sans fin de l’homme aux désirs de la chair, l’économiste néolibéral, le politicien néoconservateur et la plupart des habitants du Kansas, le prennent pour une liberté première.
(Hypothèse qui se retrouve dans les théories scientifiques dominantes :) le gène égoïste (...) le darwinisme social (...) le choix rationnel, des théories des économistes.
Voilà ce que dit Marshall Sahlins dans le livre cité par un billet précédent

Compléments :
  • C’est une théorie que développe aussi Michael Moore (Bowling for Columbine). L’Américain aurait naturellement peur de son prochain, ce qui expliquerait sa tendance à le massacrer.  

samedi 3 septembre 2011

Le Parisien comme guide

5 minutes d’avance à un rendez-vous. Deux couples de touristes ont le temps de me demander leur route.

J’ai un mode de repérage qui fait que je surcharge aussi peu que possible mon esprit d’informations inutiles. Je ne me perds pas, mais j’ai bien des difficultés à indiquer une route, y compris dans mon quartier. Il va falloir que tout ceci change, et que je me forme au renseignement. D’ailleurs, il me semble que tout Parisien devrait faire de même.

Pendant longtemps j’ai pensé le contraire. N’était-il pas honteux que le tourisme profite plus à certains (Bernard Arnault par exemple) qu’à d’autres (moi) ? Ces derniers ne mériteraient-ils pas d’être dédommagés des externalités négatives qu’ils subissent (métro surchargé, bousculades…) ?

Mais c’est agréable d'être utile. Et puis, se sentir entouré d’amis est bon pour la santé, comme le dit un billet précédent.

Compléments :
  • Finalement, on optimise mieux sa fonction d’utilité en donnant qu’en recevant ? À quoi ressemble une théorie économique basée sur le don ?
  • Aristote (Ethique à Nicomaque) fait de la générosité une des vertus morales. Mais il semblerait qu'il n'ait pas prévu mon cas : n'est généreux que celui qui donne un bien matériel (tout ce dont la valeur se mesure en monnaie)...

mercredi 10 août 2011

Des bénéfices de blogger

Quasiment tous les thèmes de ce blog sont des sujets auxquels je ne m’intéressais pas avant de le créer (je ne lisais pas la presse, n’écoutais pas les informations radiophoniques et n’ai pas la télévision).

D’une certaine façon il me force à faire l’exercice que devrait faire tout membre d’une démocratie, selon John Stuart Mill : s’interroger, publiquement, sur le sort de la nation (et du monde, probablement). Mais peut-on y arriver à ma manière : en accumulant des réactions à des articles et en espérant qu’une idée directrice s’en dégagera ?

Aristote (Les politiques) avait-il raison de dire qu’il n’y a pas de démocratie sans oisiveté ? Ma vie est-elle beaucoup trop occupée ? D’un autre côté que peut savoir l’oisif de la réalité de l’existence ? Alors, y a-t-il une solution médiane : est-il possible de développer une réflexion transversale, dans les interstices de l’occupation quotidienne ?

Compléments :
  • Curieusement, les bénéfices du milieu sont aussi une idée d’Aristote (Ethique à Nicomaque). 

dimanche 17 juillet 2011

Le Français invente les lois

À répétition cette semaine on m’a parlé de grossières violations de la loi par le Français. Police, Éducation nationale, patrons, administrateurs d’association… tout y a passé, en seulement quelques jours.

Mon père, qui était juriste, disait que « le Français invente la loi ».

Explication ? La législation sur l’amiante ouvre peut-être une voie à explorer :

Les entreprises ont longtemps ignoré les risques de l’amiante et les injonctions du législateur. Du coup celui-ci a durci la loi. Elle est devenue virtuellement inapplicable (l’entreprise est supposée coupable par défaut).

Le mieux est-il l’ennemi du bien ? Et s’il fallait que nous fassions des lois moins ambitieuses, mais dont nous-nous donnons les moyens de l’application ?

Compléments :
  • Il y a une histoire de ce genre dans l’Ancien régime et la révolution de Tocqueville. La réglementation par l’Ancien régime du droit d’expression était effroyable. On risquait sa tête pour un mot de travers. Mais elle n'était – presque - jamais appliquée. (Malheureusement ce « presque » fait de notre pays une nation de l’arbitraire, ce que n'avait pas vu Tocqueville, me semble-t-il.)
  • L’opinion d’Aristote.
  • D’ailleurs le Français ne respecte pas plus ce qu’il a appris à l’école. Probablement pour les mêmes raisons : l’école n’est pas très sérieuse. Mais il suit tout de même des règles. Les siennes. On peut les déduire de son comportement. C’est l’enseignement central du cours que je donne.

samedi 14 mai 2011

Valeurs de la résistance

Au plus noir de la guerre, les résistants ont voulu une France idéale. Choqués par le spectacle que donne le pays, ils ont exhumé leurs espoirs (L'appel d'anciens résistants aux jeunes générations).

Qu’il est rafraîchissant de voir revivre une époque où l’on voulait le bien de l’humanité. Que leurs rêves nous font paraître médiocres. Comment en sommes nous arrivés là ?

Auraient-ils bien fait de nous rappeler à l’ordre ? Serait-il temps de sortir notre action politique de l’intérêt égoïste myope, mesquin, haineux et destructeur de l'ordre social, et d'en revenir à un débat sur la constitution de notre société, ses principes directeurs ?

Compléments :
  • J'imagine ces résistants âgés, et je trouve très touchante leur phrase de conclusion : nous voulons dire avec affection.
  • Les politiques, Aristote

jeudi 12 mai 2011

Le bon sens populaire au pouvoir

Laurent Wauquiez semble convaincu que « dire tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas » est une excellente façon de diriger une nation.

N’a-t-il pas été major de l’ENA ? et de l’agrégation d’histoire, de surcroît ? Or, l’histoire n’a-t-elle pas montré que ce que pensait le peuple était toujours juste ? Comme ces Allemands qui savaient qu’il suffisait de se débarrasser des Juifs pour réaliser leur grande révolution ?

Compléments :
  • Quant à Aristote, il croyait qu’en jouant du bon sens populaire, on pouvait efficacement détruire les principes fondateurs d’une société, sans lesquels l’homme est animal. 

dimanche 24 avril 2011

Les dangers de la démocratie directe

The Economist examine l’anarchie californienne. L’État d’Hollywood et de la Silicon valley est en faillite ! Raison : démocratie directe, impossible de réformer.

De l’eau au moulin d’Aristote ? Pour que la démocratie fonctionne, il lui faut une « constitution », de solides principes directeurs, sans quoi elle sombre dans le chaos démagogique ?

Mais la démocratie directe fonctionne en Suisse. Autre tiroir d’Aristote : la constitution doit être adaptée à la culture nationale. Les Californiens ne sont pas des Suisses… (Ou ils ne le sont plus, le dysfonctionnement ne serait que récent.) The perils of extreme democracy

En tout cas, comme le dit l’article, c’est un avertissement pour ceux qui cherchent à renforcer la démocratie directe. 

vendredi 15 avril 2011

Sagesse des foules ?

En économie, du moins, les foules verraient justes quand elles sont faites d’individus isolés (la moyenne des avis est le bon). Dès qu’ils s’influencent, elles divaguent. The foolishness of crowds.

Pour Aristote, la foule est intelligente lorsqu’elle est encadrée par des principes bien pensés. La différence de point de vue s’explique probablement par le fait que l’économie croit que l’homme est essentiellement un électron libre alors qu’Aristote considérait qu’il était un être social. On retrouve le débat sur Gemeinschaft et Gesellschaft, qui a fait longtemps rage en Allemagne. 

mardi 12 avril 2011

Stress et âge

Le stress chronique a un impact direct sur la capacité des cellules à se diviser. Autrement dit plus on est stressé moins on vieillit.

On aurait découvert que la « gestion du stress » (un peu d’écoute amicale) permettrait d’éviter ce phénomène.

Nouvelle preuve de ce que la vie est un sport d’équipe ? (Ou que l’homme est un animal politique, comme disait Aristote ?)

samedi 26 février 2011

Aristote et la démocratie

L’idée fondamentale d’Aristote est celle de constitution. Il ne s’agit pas de lois en vrac mais d’un petit nombre de principes directeurs. Cette idée à une conséquence contre-intuitive: 

On pense généralement que la démocratie c’est la voix du peuple. Or, lorsque le peuple s’exprime contre les principes de la constitution, il détruit la démocratie (et ce qui faisait qu’il était autre chose qu’une masse bestiale). Exemples :
  • Le peuple anglais s’est récemment prononcé contre le jugement de la Cour européenne des droits de l’homme.
  • Bruno Palier, dans son ouvrage sur les systèmes de santé, montre que le nôtre, sans le dire, a sacrifié l’égalité à la liberté de choix.

Ceci ne signifie pas que la voix du peuple est illégitime, mais qu’elle doit s’exprimer par rapport aux principes fondateurs et non en fonction de l’indignation du moment. La voix du peuple doit modifier la constitution, rejeter l’égalité ou les droits de l’homme, en connaissance de cause.

Compléments :
  • PALIER, Bruno, La réforme des systèmes de santé, Que sais-je, 2010.

dimanche 20 février 2011

Philosophie modeste

Avec la disparition de la cité grecque « la philosophie perd sa mission de constitution pour devenir directeur des âmes ». Elle passe de Platon et Aristote à l’épicurisme et au stoïcisme. (JERPHAGNON, Lucien, Histoire de la pensée, tome 1, Tallandier, 1989.)

La philosophie s’adapte au périmètre sur lequel l’homme a un pouvoir ? Lui-même, en désespoir de cause ?