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dimanche 1 mai 2016

Pourquoi Tchernobyl n'a-t-il pas tué le nucléaire ?

J'ai entendu des bribes d'émissions sur la catastrophe de Tchernobyl. Drame humain effroyable. Les victimes ont vécu un calvaire inimaginable. Elles sont devenues des déchets radioactifs. Apparemment, seuls leurs yeux restaient humains. Et il y a eu des tombereaux de victimes. 700 villages auraient été enterrés ! Est on vraiment au courant ? Pourquoi cela n'a-t-il pas eu plus d'effet sur notre appétence pour le  nucléaire ? 

Comparaison avec le Tsunami d'il y a quelques années, qui a déclenché une avalanche de dons. Le fait que le problème est complexe à résoudre, doit bloquer la compassion. Nous préférons le risque d'une mort horrible à la certitude d'une augmentation de notre note d'électricité ?

vendredi 8 juin 2012

Le gouvernement souffrirait-il de Maginite ?

Nicolas Sarkozy parlait de « frontière » dans son discours électoral. Cette idée lui venait certainement des enquêtes d’opinion qui montrent, depuis très longtemps, que le Français a besoin de protection.

Mais, me suis-je demandé, ce thème est-il aussi récent que cela ? Il y a eu le nuage de Tchernobyl, qui s’est arrêté à notre frontière, et, avant, la Ligne Maginot.

À l’époque on parlait de « Maginite ». Le gouvernement d’alors disait « vous pouvez dormir tranquilles, nous sommes bien défendus » (un film de 1939).

Ce qui est inquiétant, aujourd’hui, c’est que la crise semble s’être arrêtée, elle aussi, aux portes du pays, si l’on écoute notre gouvernement.

Beaucoup disent que tout cela n’est qu’habileté politique. Espérons que c’est le cas. Sinon, ce serait probablement stupide : les Français ne sont pas innocents, et sont prêts à des mesures de rigueur. Ne rien faire dans ces conditions serait d’une lâcheté difficile à concevoir.

Compléments :
  • LABORIE, Pierre, L’opinion française sous Vichy, Seuil, 2001.

samedi 7 juin 2008

Institut Pasteur et innovation

Je parle à plusieurs reprises « d’Institut Pasteur » dans ce blog. Que veux-je dire ? C’est un thème d’un de mes prochains livres (en fait une partie qui a été retirée d’un précédent ouvrage). C’est un moyen de « gérer » l’innovation, le moteur du changement.

On ne peut parler d’innovation sans comprendre qu’elle est dangereuse, par nature.
  • Comme le montre l’exemple des supbrimes ci-dessous, une majorité « d’innovations » sont des attrape-nigauds. C’est la problématique de l’hypocrisie : devins romains, médecins de Molière, financiers américains qui font croire qu’ils n’ont plus d’actifs risqués, entrepreneurs de la Bulle Internet qui annonçaient la transformation du monde.
  • Même lorsqu’elle est une réelle avancée, l’innovation est redoutable :
  • L’innovation détruit le tissu social pour pouvoir le reconstruire à sa norme (c’est le phénomène de « destruction créatrice »). C’est ainsi que l’éclairage électrique a balayé l’industrie de l’éclairage au gaz, que la presse traditionnelle est secouée par la montée d’Internet, que Google menace Microsoft…
  • L'innovation demande une mise au point, qui n’est pas sans dangers. Un des premiers usages commerciaux de produits radioactifs fût une tentative de traitement de l’impuissance. La première centrale nucléaire civile (Windscale en Angleterre) a connu un accident majeur dont on a peu parlé, mais qui n’a dû qu’à un hasard de ne pas être aussi dévastateur que Tchernobyl. Nous ne savons toujours pas traiter les déchets nucléaires…
  • On perd des plumes à apprivoiser l’innovation la mieux au point. Robert Solow, prix Nobel d’économie, disait que les ordinateurs étaient partout sauf dans ses chiffres : ils ne contribuaient pas aux gains de productivité de l’entreprise. En d’autres termes, ils ne constituent pas un bon investissement. Ce qui ne signifie pas que l’ordinateur soit mauvais en soi, mais que l’entreprise ne sait pas l’utiliser correctement.

On ne peut pas parler d’innovation sans comprendre, aussi, que l’entreprise lui est congénitalement impropre:

  • Elle est là pour produire. C'est-à-dire pour faire toujours la même chose. Or, l’innovation est imprévisible, non maîtrisable… Introduisez une innovation mal dégrossie dans votre usine, désastre. Vous ne pouvez plus tenir vos engagements, vous perdez votre réputation, le marché ne veut plus de vous.

Comment combiner la nécessaire répétitivité des processus de l’entreprise et le caractère échevelé de l’innovation ? Question ardue.

Mon idée? Utiliser pour l’entreprise ce qui marche ailleurs, et le généraliser : fournir à l’innovation des espaces isolés, d’apprentissage. Ce sont les laboratoires ou « Instituts Pasteur ». Une fois l’innovation maîtrisée elle peut être transmise aux processus de l’entreprise.
Mission d'un Institut Pasteur ?

  1. Être en veille permanente vis-à-vis de ce qui est nouveau. La nouveauté n’est pas que technologique : la comptabilité, par exemple, est aussi source d’innovations, comme le montre l’histoire récente des USA. Probablement, il faut traiter tout ce qui vient des USA comme une innovation.
  2. Se demander si c’est une vraie ou une fausse innovation.
  3. Évaluer son impact (direct et indirect) sur le métier de l’entreprise, et la stratégie appropriée. Les techniques utiles à l’exercice sont celles de stratégie en environnement incertain. Elles seront examinées dans une prochaine note.
  4. En déduire comment faire évoluer les procédures de l’entreprise.