jeudi 5 mai 2016

Les origines du mal français ? (mondial ?)

Dans les années 80, Michel Crozier a écrit "Le mal américain". La société américaine était en crise. Michel Crozier expliquait qu'elle venait de se heurter aux limites d'un monde qu'elle croyait infini. En écoutant les gens avec qui je travaille, je me suis demandé si ce n'était ce qui nous arrive en ce moment. 

Un consultant en management me disait qu'à de rares exceptions près (GAFA, en gros), les entreprises étaient prises entre des contraintes contradictoires. Il me disait aussi que les techniques de management qui n'ont pas évolué depuis le lean des années 80, sont à bout de souffle. 

Mais, c'est là que je me suis demandé s'il n'y avait pas un problème plus large, un homme de communication a fait exactement la même analyse en ce qui concerne l'individu. Aujourd'hui, une grosse partie de la société aurait du mal à s'en sortir. D'où la tentation de récupérer un peu d'argent grâce à la location de son appartement (Airbnb) et autre partage de voiture. 

Serions-nous dans une société qui étouffe ? Faut-il, comme le disait Michel Crozier, apprendre à vivre dans un monde clos ?

SNCF : retardé, retardé, annulé

Après plus de trente ans, je reviens dans la banlieue de mon enfance. Ce qui me frappe ? La SNCF. Jadis il allait de soi que les trains arrivent à l'heure. Ce n'est plus le cas. "Retardé" indique le panneau d'affichage. Et même, aujourd'hui : "retardé, retardé, annulé". C'est comme si ce que l'on appelait "le progrès" reculait à pas de géant.
Cause ? Un ami me disait que la SNCF était aux prises avec des contraintes contradictoires. Je me suis demandé si ce n'est pas, en premier, la politique TGV dispendieuse, qui l'a mise sur la paille. Décidément nos hommes politiques feraient bien de balayer devant leur porte avant de penser à nous réformer ?

mercredi 4 mai 2016

Bérésina du droit du travail

Spectacle pitoyable ? La réforme du droit du travail semble avoir explosé à la figure du gouvernement. On a soupçonné que c'était une manœuvre tactique. Elle me semble surtout montrer que l'avenir est imprévisible, même par le plus grand stratège. 

Deux choses me frappent :
  • On disait que les gouvernements de gauche savaient faire passer des réformes de droite, puisqu'ils maîtrisaient les mouvements contestataires. (cf. Blair.) Ce n'est plus le cas. 
  • On refuse cette loi, d'après ce que j'entends, non parce qu'elle n'est pas dans l'intérêt général, mais parce qu'elle n'est "pas de gauche". Ce qui semble sous-entendre, que le bon fonctionnement d'une démocratie est l'affrontement entre des idéologies opposées, plutôt que la recherche d'un bien commun.

Débat sur l'autorité

Il y a quelques temps, j'ai découvert la question de "l'autorité". Et que cette question était vieille, Hannah Arendt en parlait déjà dans les années 60. 

Elle est étrange. Elle vient de 68. Les jeunes ont alors trouvé totalitaire "l'autorité" de leurs ainés. Or, ces ainés ont laissé faire ce qu'ils voulaient aux dits jeunes. Et ces jeunes, maintenant vieux, sont à tous les postes de domination. Il semble bien que ce qui manquait le plus à De Gaulle et cie, c'était de l'autorité !

Qu'est-ce que l'autorité ? C'est guider l'individu pour qu'il réussisse dans le monde. Voilà pourquoi nous sommes malheureux, sans doute. Faute d'avoir eu des parents intelligemment autoritaires, nous sommes perdus. Le mauvais narcissisme, est le symptôme du mal.

mardi 3 mai 2016

Gauche antisémite ?

Lundi matin, j'entendais parler d'un scandale qui secouait la gauche anglaise. On en accusait une partie d'antisémitisme. Cela venait de ce qu'un de ses membres avait dit, si j'ai bien compris, qu'il suffirait de rattacher Israël aux USA pour mettre un terme aux conflits du Moyen Orient. 

Il est curieux qu'une telle affirmation suscite une telle réaction. En effet, cela fait longtemps que j'entends de telles blagues sur cette question ("Pourquoi Israël n'est-il pas le cinquante et unième état américain ? Parce qu'il n'aurait que deux sénateurs, alors qu'il en a cent"), sans que personne ne s'en émeuve. D'ailleurs la gauche me semblait avoir pris fait et cause pour les Palestiniens, minorité opprimée, contre les Israéliens.  Personne ne le lui a reproché.

Cela me semble illustrer ce que disent les spécialistes de la com anglo-saxons (ce que l'on pourrait appeler le "théorème de Goebels") : regarder ce qui colle au mur : lancer des rumeurs pour voir celles qui rencontrent un écho. 

(La rumeur étant irrationnelle, elle prend, comme ici, par surprise l'esprit rationnel. Il est étonnant que l'on n'ait pas essayé de modéliser la société comme un instrument de musique, avec ses fréquences propres, incompréhensibles par la raison.)

Réforme du sac plastic

Nouvelle législation sur le sac plastic. J'entendais dire, hier matin, que cela allait causer la perte de trois mille emplois, mais que les écologistes estimaient que quatre mille autres seraient créés. 

Je doute de cette seconde affirmation. Pour une raison économique. Le nouveau sac plastic coûtera plus cher que l'ancien. Or, ce coût ne pouvant pas être répercuté sur le consommateur (le sac est généralement gratuit), il sera absorbé par le commerçant. Ce qu'il ne peut accepter. Particulièrement en ces temps d'obsession de réduction de coût. 

Cela illustre aussi comment fonctionne le changement dans notre société :
  • Il ne vient à l'esprit de personne que si la collectivité doit y gagner elle peut compenser ceux qui ont à y perdre. 
  • Le reportage parlait des entrepreneurs qui avaient parié sur un changement de loi. Eux vont s'enrichir. L'entrepreneur obéit à un mécanisme différent de celui des autres hommes. Il vit du risque. Perdre est intégré dans son modèle de fonctionnement. C'est peut-être aussi pourquoi l'Américain rêve de faire fortune par un "coup". Lorsqu'il devient gestionnaire, l'entrepreneur n'est plus un entrepreneur.

lundi 2 mai 2016

La dépression mal de notre temps

Dimanche matin j'entendais Frédéric Lenoir dire que la dépression était le mal de notre temps (France Culture). Raison ? Injonction au bonheur. Autrement dit, à être un légume. Or, le légume n'est pas heureux.

En y réfléchissant, j'ai pensé que nous nous trompions. La nature de l'homme, ou de quoi que ce soit, ne peut pas être la stabilité, la béatitude. Camus pourrait avoir raison, lorsqu'il pense que l'homme est naturellement "révolté". Il lutte contre une condition qu'il ne comprend pas (= absurde). Cependant, il ne se révolte pas pour tout casser (nihilisme : projet de la gauche 68), mais pour réaliser une vision collective, qui permette à l'homme de s'épanouir. "Je me révolte donc nous sommes." Et c'est dans cette lutte qu'il trouve sa raison d'être : "il faut imaginer Sisyphe heureux". 

Une fois que l'on a une motivation, Martin Seligman et ses travaux sur l'optimisme et la dépression surviennent. Devenir optimiste c'est comprendre la nature de la réalité de façon à pouvoir trouver le moyen de réaliser ses désirs. 

Vie et mathématiques

Deux théories s'affrontent. Math = réalité et Math = illusion, création d'un esprit qui perd le contact avec la réalité et crée une fantasmagorie. Derrière cela il y a la question de la raison, mère des mathématiques, et du progrès, emploi de plus en plus systématique et évolué de la raison.

Je suis entre les deux. Il me semble que les mathématiques et la raison captent la structure de la "réalité". Structure changeante de manière imprévisible. Structure qui fait que nous pouvons parler de "phénomène". C'est un guide, mais pas plus, mais c'est beaucoup. 

(Exemple type : l'arc en ciel. Les théories scientifiques semblent décrire le phénomène. Pourtant, plus on cherche à être précis, moins il semble compréhensible.)

dimanche 1 mai 2016

Pourquoi Tchernobyl n'a-t-il pas tué le nucléaire ?

J'ai entendu des bribes d'émissions sur la catastrophe de Tchernobyl. Drame humain effroyable. Les victimes ont vécu un calvaire inimaginable. Elles sont devenues des déchets radioactifs. Apparemment, seuls leurs yeux restaient humains. Et il y a eu des tombereaux de victimes. 700 villages auraient été enterrés ! Est on vraiment au courant ? Pourquoi cela n'a-t-il pas eu plus d'effet sur notre appétence pour le  nucléaire ? 

Comparaison avec le Tsunami d'il y a quelques années, qui a déclenché une avalanche de dons. Le fait que le problème est complexe à résoudre, doit bloquer la compassion. Nous préférons le risque d'une mort horrible à la certitude d'une augmentation de notre note d'électricité ?

Génération Y : génération perdue ?

Une étude de la génération Y aux USA donne des résultats incohérents. La génération Y est pour tout et son contraire.
Millennial politics is simple, really. Young people support big government, unless it costs any more money. They're for smaller government, unless budget cuts scratch a program they've heard of. They'd like Washington to fix everything, just so long as it doesn't run anything.
Comment expliquer ce curieux résultat ? Société d'individus que plus rien ne guide, qui n'a plus de conviction que son intérêt du moment ?