mercredi 4 décembre 2013

Histoire de France modélisée

Le livre du billet précédent se prête à la modélisation.

La France de 89 est construite sur une fiction : une société d’individus. Elle ignore que l’homme forme des groupes et que ce sont ces groupes qui permettent à une société d’exister.

Je me demande si à l’origine de tout ceci il n’y a pas la question de l’individualisme. L’individualiste exploite la structure sociale à son avantage (oligarque). Ce qui est inacceptable. Du coup, on ne veut plus de structures sociales (institutions). Mais sans structure sociale, pas de société… que faire ?

Inventer une utopie. Pendant que les Français croient à cette utopie (le progrès après-guerre, par exemple), ils ne pensent pas à leur intérêt personnel. Du même coup, on peut reconstituer les institutions. Car on peut alors les peupler de missionnaires de l’utopie (les énarques d’après guerre, les instituteurs et les polytechniciens, avant eux). Des gens qui ne sont pas individualistes pour deux sous. La société fonctionne donc.

France condamnée à des cycles ? Enthousiasme utopique, désillusion face à la réalité, dépression et poujadisme ? (Je soupçonne que les USA, autre société individualiste, sont aussi soumis à ce type de phénomènes.)

A moins que ces « révolutions culturelles » ne finissent pas modifier la culture du pays ? Le guérissent de son individualisme et lui injectent un peu de sens pratique. Une autre possibilité est une société de travailleurs indépendants et interdépendants. L’idée me vient de mon observation de la société, des travaux d’Elinor Ostrom et de ma réflexion sur la résilience. Dans une société le rôle de l’Etat est faible. Les hommes sont moins protégés et plus interdépendants qu’aujourd’hui. Ce qui rend difficile un individualisme - parasitisme du social. Une organisation sociale plus légère conduit aussi, peut-être, à une plus grande liberté et à une moindre productivité.