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mercredi 24 juin 2015

Mobilisation du capital humain = relance de la croissance ?

Francis Mer dit que la solution à la crise est le capital humain. On peut modéliser le cercle vicieux qu'il cherche à enrayer ainsi. Le contrat social d'après guerre : prospérité contre taylorisme. L'homme comme machine. Puis, après la chute de l'URSS, l'homme devient un coût. On le réduit ou l'élimine. Or, c'est l'homme qui crée. Donc, on a tué la poule aux oeufs d'or. Le capitalisme s'est tiré dans les pieds. Cependant ce raisonnement est qualitatif. 

Je soupçonne que la croissance est liée à une explosion créative. C'est ce qui s'est passé plusieurs fois. C'est aussi le modèle de développement de l'entreprise à succès. Cela demande des conditions particulières. Un capital de connaissances, et une forte stimulation, notamment. (Une guerre, par exemple ?) Or, le modèle de Francis Mer me semble proche de celui de l'Asie. Un modèle qui fonctionne par amélioration continue. Plutôt propre à la répartition qu'au changement ? 

Donc, mobilisation du capital humain moins propice à la croissance, on en a perdu la recette ?, qu'à l'édification d'une société où l'homme est considéré comme un homme ?


mardi 23 juin 2015

Francis Mer : le Capital sera humain ou ne sera pas

Dans une courte note, Francis Mer analyse les changements que notre monde a subis, et comment le sortir de ses difficultés présentes. C'est très bien écrit, très simple à comprendre, et quelque peu révolutionnaire. Voilà ce que je retiens :

Le Capitalisme fonctionne à vide
Le naufrage soviétique et le choix du capitalisme par les Chinois font croire aux Américains que leur idéologie a vaincu. La Chine, par le faible coût de sa main d’œuvre et la taille de son marché, permet au capitalisme occidental de rompre l’équilibre établi chez lui. Il transfère la valeur du producteur vers le propriétaire. D’abord, ce phénomène est masqué par l’endettement. Il en résulte la domination de l’économie par la finance. A son tour, elle transforme l’entreprise. Sa seule motivation devient la valeur de son action. Elle la fait grimper artificiellement en réduisant ses fonds propres, donc en se fragilisant. Les politiques n’interviennent pas. Ils craignent de désavantager les entreprises de leurs nations. Mais, lorsque le système craque, l’Etat doit sauver les coupables en se chargeant de leurs dettes. Les entreprises sont désormais en mode survie. Elles gèrent à court terme. Elles n’investissent plus. Ce ne sont plus des entreprises. Du coup, tout le monde épargne. Et cette épargne ne sert qu’à rembourser les dettes de l’Etat. Le système est désamorcé, il tourne à vide ! Et cela n’est pas prêt de s’arrêter. Car la globalisation pérennise cette situation : il y a pléthore de main d’œuvre bon marché, et le savoir-faire pour l’exploiter. Tout ceci met en péril le modèle culturel européen. D’autant qu’il est aux prises avec un déséquilibre jeunes / vieux explosif.

Comment réagir ? 
L’Europe a démontré qu’elle était la bonne dimension pour résoudre les problèmes nationaux. Son intégration doit repartir, en urgence. Or, il y a, effectivement, des valeurs européennes partagées. Et un modèle européen. Il faut aussi une remobilisation entrepreneuriale. Les dirigeants doivent prendre conscience de leurs responsabilités sociétales. Ils doivent redevenir des entrepreneurs. Et comprendre qu’il existe un levier de croissance puissant et totalement insoupçonné : le potentiel humain. De là partira un cercle vertueux. Pour tout le monde. Mais pour cela, il faut tuer la doxa de l’actionnaire roi. Il faut un nouveau droit des entreprises. Il doit donner le rôle qu’il mérite à l’employé. Il doit débarrasser le dirigeant de la menace de l’activiste. Le dirigeant doit désormais rendre autant des comptes au capital humain qu’au capital financier. Enfin, la logique du droit social ne doit plus être de protéger un salarié sans défense, mais de créer les conditions de son succès et de celui du collectif. La responsabilité du politique est de faire évoluer la gouvernance des entreprises dans cette direction. Par ailleurs, pour mobiliser le potentiel humain, l’organisation hiérarchique doit disparaître au profit d’une communauté apprenante en réseau. La révolution numérique peut catalyser cette transformation. Enfin, le monde étant dirigé par le chiffre, il faut une comptabilité de la connaissance et du capital humain. Ce n’est qu’ainsi que l’homme ne sera plus gaspillé. 
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« Quarto Stato » par Giuseppe Pellizza da Volpedo — Associazione Pellizza da Volpedo. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.