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lundi 6 juin 2022

Réformer l'Education nationale

L'Education nationale est une farce. Ce n'est pas poli de le dire, mais c'est ce que tout le monde pense. 

Comment la changer pour lui éviter de changer ? 

Elle nous sélectionne sur ce qu'elle juge être notre capacité à penser. Et donne le pouvoir à ce qu'elle croit l'élite. Le reste est rebut. Elle enseigne à "l'élite" ce qu'Edgar Morin a appelé une "pensée simplifiante". Quant au rebut, outre le fait d'avoir acquis un complexe d'infériorité, il se retrouve sur le marché du travail sans savoir rien faire. C'est d'ailleurs aussi le cas de l'élite. Carton plein. 

En fait, l'art de penser est celui du citoyen. C'est le propre de la démocratie, qui donne à son peuple la tâche de gérer le bien commun. Ce doit être un art de masse, et pas d'élite. Et c'est un art de la complexité. Paradoxalement, alors que le "sauvage" a une pensée complexe (sans quoi il ne survivrait pas), le "civilisé" tend à croire que tout est facile. La pensée complexe ne s'enseigne pas, en fait, c'est avant tout une prise de conscience. Comme le disaient les pragmatistes, il n'y a que "l'expérience" pour s'en rendre compte : confrontation de l'homme à la réalité, et pas à des formules de mathématiques. 

Ensuite, il faut apprendre un métier. Pour cela, il faut d'abord des connaissances pratiques. Fondamentales. Puis, entrer en "apprentissage", en suivant sa "vocation", ou au moins ses penchants. 

Et l'enseignant ? La 3ème République le sélectionnait à l'image de l'élite. Ce n'est plus le cas. Or, ce n'est pas utile. Les connaissances qu'il dispense sont simples. Il doit être, avant tout, un pédagogue, un bon artisan de l'enseignement, qui aime son métier. Et plus il a peiné pour apprendre, meilleur il le sera. 

dimanche 13 juin 2021

Jardinier augmenté

 Le hasard m'a donné un jardin. Nouveaux problèmes. En particulier comment tailler, et bien tailler ? Je me demande si les conseils que l'on me donne sont bons. En particulier, depuis que je ne taille plus un rosier jusque-là famélique, il est devenu magnifique. De même, il est dit de "rabattre les fuchsia". Mais ils se portent très bien sans être "rabattus". 

Je me demande si le bon jardinier n'est pas, simplement, un observateur de la nature. La technique, l'expérience accumulée des autres, ne vient qu'après. Je me demande aussi si toute notre société ne nous dit pas de faire le contraire. Elle croit aux normes. Et elle impose ses normes à la nature, mais aussi à nous. Avant même de voir la nature, nous sommes programmés pour être "le maître et le possesseur de la nature". 

Un temps, il était à la mode de parler "d'intelligence augmentée". Cela ne s'applique-t-il pas au jardinier ? 

mercredi 2 juin 2021

Raison et réalité

Le seul moyen de savoir si le projet d'un entrepreneur va réussir, c'est de le confronter avec le marché. Soit il vend, soit il ne vend pas. (Article.) 

Kurt Lewin disait que pour comprendre quelque-chose il fallait chercher à le changer. Aucun raisonnement n'est juste dans l'absolu. 

Il y a probablement là un problème que notre société a mal résolu, et qui explique beaucoup de nos embarras actuels. Nous nageons dans la théorie, dans les beaux discours. Et toute notre éducation nous fait croire à cette illusion. Pas étonnant que nous soyons surpris lorsque la nature se révolte.

dimanche 2 mai 2021

Comment apprend-on ?

L'éducation nationale a la folie de l'abstraction. Mais est-ce par l'abstraction que l'on apprend ? Même les concours portant sur des sujets les plus abstraits se préparent par "bachotage", c'est à dire en s'entraînant avec des exercices concrets, qui semblent plaire au futur examinateur. Contrairement à l'Intelligence Artificielle, l'homme a la capacité de tirer toute une théorie d'un ou deux cas particuliers. Mais l'envers ne fonctionne pas. 

J'ai certes connu des as de l'abstraction, mais, à chaque fois que leur abstraction rencontrait la réalité, j'ai constaté qu'elle leur faisait dire des absurdités. La théorie qu'ils utilisaient était bien applicable, seulement ils ne l'avaient pas comprise. Ils arrivaient à faire un bruit convaincant, qui leur avait valu d'excellentes notes, c'est tout. 

Et si, au lieu de gâcher des esprits, on regardait la réalité en face ? 

samedi 24 avril 2021

L'expérimentation entre dans la culture française ?

Je viens de voir passer un article sur « l’expérimentation ». Les collectivités locales pourraient déroger, un temps, à certaines lois nationales. L'idée n'est pas neuve mais, jusque-là, comme souvent en France, sa complexité de mise en oeuvre a tué les velléités d'initiative. 

Loi « girondine » à laquelle s'opposent les « Jacobins » : une même loi pour tous, disent-ils.

Une question qui me semble ne pas avoir été comprise par ces « Jacobins » est que l’expérience doit avoir pour objet de devenir la loi générale, si elle réussit. C'est comme cela que l'on met au point les vaccins.

lundi 13 mai 2019

Pragmatisme

La science nous tend des pièges. Elle nous fait croire qu'il y a des "lois de la nature".

En fait, c'est faux. La nature "tend" à se comporter selon ces lois. Mais il est possible que son comportement en diffère.

La science doit servir à guider l'action, pas à la déterminer. En quelque sorte, elle doit stimuler la créativité, en donnant des idées d'action. Sachant que d'autres sont peut-être possibles.

samedi 6 avril 2019

Qu'est-ce que le pragmatisme ?

Le pragmatisme est un des grands courants philosophiques mondiaux. Il est traditionnellement puissant aux USA. Il semble aussi proche de la pensée chinoise (ou d'une forme de pensée dominante).

La raison n'est qu'un outil, mais elle croit être la réalité, ou savoir ce qu'est la réalité. Le pragmatisme me semble être une tentative de contrôle de la raison par la raison, de même que l'on apprend à utiliser un outil. Par exemple, les lois de la physique ne disent pas ce que sont les lois de la nature (y en a-t-il ?) mais permettent de concevoir des outils qui nous sont utiles. Le pragmatisme, c'est la science comme autre nom d'une pensée qui pense correctement (ce que Descartes et Edgar Morin appellent "méthode").

Après une période où l'on a fait grand usage de l'utopie, marxisme, nouvelle économie, consensus de Washington, block chain ou autre intelligence artificielle, le retour sur terre pourrait s'appeler pragmatisme.

vendredi 9 mars 2018

Idéologie

L'idéologie est une autre raison d'échec du changement. (Suite du billet précédent.) L'idéologie ? Croire que l'on possède la vérité. La bonne façon d'aborder le changement, selon mon expérience, c'est de partir du principe que l'on a tort. Il y a de bonnes chances que quelque chose que l'on croit soit faux (c'est justement cela qui a changé). En cherchant des causes à la situation actuelle, on finit par comprendre comment la faire évoluer, naturellement, sans bouleverser les hommes. C'est le pragmatisme, au sens philosophique du terme.

Application. Le gouvernement se dit pragmatique. Est-il dénué d'idéologie ? Il semble plutôt qu'il ait une vision béate du progrès. Vision qui résulte d'une expérience de la vie de privilégiés. Le pragmatisme, c'est être prêt à appliquer une recette "qui marche", même si on n'a pas compris pourquoi. Le gouvernement applique des recettes dont on sait qu'elles ne marchent pas.

Doit-on lui opposer une résistance ? Il nous sort de l'immobilisme. Il porte bien son nom. Et, au moins, lorsque l'on s'agite, on a un espoir de trouver, par essai et erreur, une solution qui marche vraiment.

vendredi 19 janvier 2018

Changement

Montesquieu disait que les sociétés reposaient sur un principe ("esprit"). Je constate qu'il y a du vrai dans cette idée. Dans ma jeunesse, un principe de la société était la "science". Je crois que l'on entendait par là qu'il existait une "vérité" absolue. Aujourd'hui, on vit à l'heure du post modernisme : la conviction par l'argumentation. La vérité est relative, c'est celle que croit la société. Ou qu'on lui a fait croire. D'où la vogue de la théorie du complot, qui n'est pas sans fondements.

Il y a une troisième voie. C'est le pragmatisme, au sens du courant philosophique américain qui porte ce nom. Son principe est la démarche scientifique. C'est une enquête sur les faits, à base d'expériences. S'il y a une "vérité", c'est une modélisation. Elle sort, éventuellement, de cette enquête, parce qu'elle a fait la preuve de son efficacité. Autrement dit, le succès de l'enquête n'est pas obligatoire, il demande du talent, l'inspiration. Mais aussi, la vérité n'est ni absolue, ni relative. C'est un mouvement, une construction permanente. Quand le mouvement s'arrête, il n'y a plus de vérité, et plus rien.

J'ai interprété l'élection de M.Macron comme une tentative de virage vers le pragmatisme. Un changement de principe.

mardi 26 décembre 2017

L'ère du pragmatisme

Ce matin j'entendais parler de M.Macron et du Moyen-orient, et du Pape. Dans les deux cas, il en ressortait qu'ils étaient des pragmatiques (au sens du courant philosophique américain qui porte ce nom). Ils se gardaient bien des grandes déclarations, et des nobles principes, s'ils nuisent à la cause qu'ils servent. Ce sont des hommes d'action. (Ce qui peut surprendre pour un pape.) La parole étant un moyen et non une fin.

Et si l'on avait vécu un changement majeur ? Un de ceux tels que l'on en connaît seulement tous les demi siècles ? Celui du pragmatisme. Le temps des idéaux, des absolus et des discours d'intellectuels est fini ? Avènement d'une ère de l'action et de l'expérimentation ?

(Une introduction au pragmatisme. "Pragma" en grec signifie action. Il s'oppose à l'empirisme qui croit que le monde n'a pas de sens, et à l'idéalisme qui croit à l'absolu. Il pense que l'action de l'homme peut réaliser les visions de l'idéalisme dans un monde qui n'a pas de sens.)

mercredi 27 septembre 2017

Gouverner

Les mesures fiscales du gouvernement favoriseraient les salariés du privé au détriment des retraités. Et la réforme de l'ISF favoriserait les plus riches. Est-ce juste ? se demandaient les interviewés de la radio.

Ce qui me frappe est que le système d'avant semble maintenant idéal. Or, il a créé, de l'aveu général, beaucoup d'injustices, en particulier d'inégalités, et peut-être du terrorisme. A croire que c'est la recherche de la justice qui crée l'injustice.

Pragmatisme
Faut-il vouloir le mal pour faire le bien ? En tout cas, le grand changement serait de passer de l'idéologie au pragmatisme (au sens de la philosophie américaine du même nom). C'est à dire ?

Envisager les conséquences de ses décisions plutôt que d'en rester à des considérations abstraites. Notamment prendre en compte le court et le long terme. Certains peuvent perdre un peu aujourd'hui, pour gagner plus demain. Surtout, il y a la capacité de flottaison de chacun. Une hausse d'impôts est dramatique pour quelques-uns, moins pour d'autres... Finalement, il est impossible de faire bien du premier coup. Il faut prévoir un dispositif qui permette l'apprentissage.

(Par ailleurs, comme dans tout changement, il faut faire la part des choses dans la réaction de la population. Il est tactiquement habile de protester.)

mercredi 20 septembre 2017

Socialisme

Comment refonder le socialisme ? se demandait France Culture. On débattait du texte d'un penseur allemand (Axel Honneth).

Bizarrement, ce qui n'a pas été dit dans ce débat, c'est que quand le socialisme gouverne, cela ne donne rien d'enthousiasmant (je ne parle pas du communisme). Il produit même des effets inattendus. En particulier, il y a une sorte de paralysie du pouvoir (Munich) et une instabilité chronique. Plus étrangement, il coïncide avec des phases de corruption (Panama, etc.). Curieusement, le socialiste qui arrive au pouvoir tend à être un hypocrite : ses propos ne correspondent pas à son comportement, notamment vis-à-vis de l'argent. La SFIO, par exemple, était vue comme un (infect) parti de droite par beaucoup. La grande déréglementation actuelle, c'est Clinton, Blair et Schröder, elle est de gauche. Si elle a produit un Trump, c'est parce que le petit peuple constate que la gauche n'est pas bonne pour sa santé.

Un des invités de l'émission a exécuté sommairement le "pragmatisme" de M.Macron. Il avait peut-être raison. Mais le problème du socialisme est que c'est une idéologie inopérante. C'est peut-être cela son vrai problème : il cherche une formule mathématique pour la bonne marche de l'univers. Stresemann, qui a failli sauver la République de Weimar, et nous éviter Hitler, était un pragmatique. Dans les situations difficiles, il n'y a pas de bonne solution préécrite : il faut l'inventer, en se gardant au mieux des idées reçues. C'est cela le pragmatisme.

(Ce qui ne signifie pas que M.Macron est dans le vrai. Ce que lui reprochait l'invité était, justement, d'avoir une idée préconçue, d'être un faux pragmatique.)

samedi 13 mai 2017

John Dewey

John Dewey (1860, 1952) est présenté souvent comme Le philosophe américain de son temps. A la différence de nos normaliens, c'était un homme de pratique et de simplicité, qui parlait avec le langage de vous et de moi, des questions pratiques qui nous préoccupent. 

Sa philosophie s'appelle "le pragmatisme". Sa grande idée est que l'homme et la société font sans cesse face à des "problèmes". Ces problèmes viennent de l'interaction entre nous et notre environnement. Soit que ce dernier change, soit que nous changions. Il faut alors faire un travail pour retrouver une cohérence. Ce travail est la démarche scientifique, à proprement parler. La démarche scientifique fonctionne sans a priori, "elle ne sait pas". Elle avance par "expérience". Elle déduit des dites expériences des modèles, qu'elle teste. S'ils fonctionnent, elle les applique. 

Cette pensée s'oppose à celle qui veut qu'il y ait des "absolus". C'est à dire des vérités immanentes, indépendantes du contexte. 

L'absolutisme est la norme en France. Depuis des décennies nos gouvernements réforment à coup de grandes idées, de grands principes. Ils ne tiennent ni compte de l'évolution du monde, ni des caractéristiques du pays. M.Macron sera-t-il un pragmatique, qui ne sait pas, ou un absolutiste, qui sait ?

samedi 3 décembre 2016

Y a-t-il un absolu ?

Grande question. Y a-t-il des valeurs "absolues" ? Les religions le pensent. Platon aussi : il croyait aux "idées". Condorcet aussi : pour lui l'homme percevait la structure du monde par son cerveau. Il était de son temps : les philosophes cherchaient les "lois naturelles" auxquelles la société devrait se conformer. Ils ont fait chou blanc.

En fait, nier l'absolu est encore un absolu ! C'est ainsi que l'on peut à la fois reprocher à Marx d'être un relativiste, et un totalitaire ! Pour ma part, il me semble qu'il y a des choses plus ou moins absolues. Par exemple les règles sociales sont absolues à un instant donné (puisque si on ne les respecte pas, il n'y a plus de société) mais varient dans le temps. La raison aboutissant à des contradictions, il semble aussi qu'il existe quelque-chose d'autre, la "métaphysique". Mais, par définition, on ne peut pas dire ce que c'est. Drôle d'absolu ! De même, tout laisse à penser que l'avenir est imprévisible et que nous ne sommes pas déterminés. (Ce qui ne signifie pas pour autant que nous ayons un libre arbitre.) Ainsi dire que "nous n'avons jamais été aussi près de la mort" n'a rien d'évident. En fait, la notion d'absolu n'a pas de sens.

mardi 22 novembre 2016

Juppé la gaffe ?

M.Juppé s'est adressé au mauvais électorat. Est-ce la première foi qu'il fait se type d'erreur stratégique ? Je me souviens d'une dissolution malencontreuse de l'assemblée, qui s'est retournée contre son camp...

Je me demande s'il n'est pas victime d'une maladie de notre élite : la platonite. C'est croire qu'il existe des "idées" absolues que seul l'esprit supérieur peut distinguer. D'où une ligne stratégique simpliste, à laquelle il s'accroche sans jamais en démordre. Il n'y a pas d'autre solution. Quoi qu'en disent les événements. 

(Le contraire de la platonite, c'est le pragmatisme. Le pragmatisme, au sens du mouvement philosophique qui porte ce nom, veut améliorer les choses, sans idée préconçue de la façon de procéder.)

dimanche 16 octobre 2016

Pragmatisme de Trump

M.Blair n'a pas été loin d'avouer qu'il avait certes falsifié les preuves de la culpabilité de l'Irak, mais que son invasion avait été une cause juste. Faire "ce qui marche" est le pragmatisme, un courant philosophique important et sérieux. M.Trump et Mme Clinton sont pragmatiques. Ce qu'ils disent ne compte pas réellement. La fin, leur élection, est sa principale justification. Chacun a choisi un style particulier. Celui de Trump est inattendu, et efficace !

Une fois que l'on a compris que ce qu'il disait était du vent, il reste à savoir ce qu'il va faire une fois au pouvoir.

lundi 27 juin 2016

Evidence based management

J'ai découvert récemment "l'evidence based management". Ce n'est pourtant pas récent. Un principe est à son origine. Nous décidons en fonction de notre intuition. Or celle-ci est généralement fausse. Il faut adopter une démarche scientifique et rechercher ce qui "marche" et ce qui "ne marche pas". Nos décisions doivent être établies à partir de faits.
(...) you can begin to nurture an evidence-based approach immediately by doing a few simple things that reflect the proper mind-set. If you ask for evidence of efficacy every time a change is proposed, people will sit up and take notice. If you take the time to parse the logic behind that evidence, people will become more disciplined in their own thinking. If you treat the organization like an unfinished prototype and encourage trial programs, pilot studies, and experimentation—and reward learning from these activities, even when something new fails—your organization will begin to develop its own evidence base. And if you keep learning while acting on the best knowledge you have and expect your people to do the same—if you have what has been called “the attitude of wisdom”—then your company can profit from evidence-based management as you benefit from “enlightened trial and error” and the learning that occurs as a consequence. (Article de la Harvard Business Review.)
Quel est le bénéfice d'EBMnt ? Eviter de faire des erreurs connues.

(Cela me semble un retour au pragmatisme de James et Dewey.)

dimanche 10 avril 2016

Combattre la perversion

Comment notre société peut-elle arrêter de générer la perversion ? me suis-je demandé après la lecture précédente. 

Ce qu'écrit Marie-France Hirigoyen ressemble au phénomène décrit par le sociologue Robert Merton. Quand une société est trop exigeante en termes d'objectifs et de normes sociales, elle produit "l'innovation", un synonyme de perversion. 

Autrement dit, il faut sortir de l'idéologie, pour aller vers le pragmatisme. Il n'y a pas de bien et de mal, il y a des êtres humains complexes, qu'il s'agit de comprendre et d'aider à devenir eux-mêmes dans une société dont ils savent respecter les règles.


dimanche 14 février 2016

Faut-il penser avec méthode ?

Face à un problème, le réflexe du consultant est de penser "méthode". D'ailleurs, lorsqu'il est pris par surprise, il se reproche d'avoir suivi son instinct et de ne pas avoir abordé la question de façon méthodique. C'est ainsi que je répète que je devrais lire mes livres !

Le pragmatisme, lui, a un autre point de vue. Il perçoit la vie comme une "expérience". Deux conséquences : la surprise, et une nécessaire réceptivité. Il va probablement arriver de l'imprévu, et même de l'inconcevable. "J'ai toujours tort" est la devise de ce blog. La vie est une découverte, et peut-être même une invention permanente. Si j'en crois Bergson, il n'y a pas eu Création, il y a Création. 

La "méthode" est utile dans la mesure où elle empêche de sombrer dans la paralysie du chaos. Mais elle est dangereuse si elle ferme notre capacité à l'émerveillement ?

vendredi 1 janvier 2016

2016 : pragmatisme condition de liberté

Venez chez-moi, je vais vous libérer. Toutes les théories appliquées ces dernières années sont des théories de libération. Même le bureaucrate est un libérateur. Il a utilisé les théories libérales pour réduire sa masse salariale. Même le Front National est un mouvement de libération. Donc nous allons avoir encore plus de ce que nous avons eu. Exemple type d'homéostasie ou résistance au changement. 

La révolte, condition de l'homme libre
Albert Camus nous a expliqué ce qui n'allait pas dans ce que l'on nous propose. Toutes ces théories ont en commun la promesse d'un grand soir. En attendant, dormez bien et faites ce que l'on vous dit. Ces théories sont "nihilistes". Parce que, avant le grand soir, tout est permis, il n'y a plus de règles. La société est livrée au sac. Ces théories prétendent libérer l'homme de la société, alors que c'est la société qui est le moyen de liberté de l'homme. Bien sûr, le nihilisme ne fait pas que des malheureux. Il sert les oligarques. 

La condition de l'homme libre, c'est la révolte, dit Camus. Il ne se laisse pas faire, il ne croit pas aux fariboles, il agit. Et il n'agit pas en terroriste. Il répare son quotidien, il l'améliore. Il se tisse un réseau de gens de confiance. Et, par le bas, patiemment, concrètement, il réforme la société. C'est le pragmatisme.