J'animais la conférence IA et Big Data de Saretec. La formule de la série de conférences "un autre regard" est de faire se rencontrer un scientifique et un artiste.
Le scientifique était Jean-François Marcotorchino. Il a fait un point, d'une érudition bluffante, sur l'état de l'art de l'IA et de Big Data, et a expliqué ce qui se faisait actuellement dans le monde des assurances, en évoquant la question de la réalité de la menace que pourrait faire planer Google sur les sociétés du secteur. Point clé : non seulement, il n'y a rien de neuf (il a sorti de sa besace un livre de 92, où l'on retrouvait toutes les techniques modernes), mais l'Intelligence Artificielle est en train de fusionner avec l'analyse de données (Mathématique). Ce qui est nouveau : c'est la puissance. D'où l'espoir, mesuré, que l'on ne soit pas en face d'une bulle spéculative, comme à l'époque de la folie de la "5ème génération".
Jeanne Bordeau, qui a emporté l'auditoire par sa passion, a analysé l'impact de ces nouvelles technologies sur le langage d'entreprise. J'en retire une triste image. Car le rôle du langage n'a pas changé depuis Aristote. Il est de convaincre. La technologie semble l'avoir fait oublier. Du coup, les entreprises ont un discours singulièrement peu efficace. Comment redresser la barre ? Je retiens que la technologie présente des avantages. Mais que, pour les capter, il faut commencer par concevoir tout un plan (une charte) qui définisse le langage collectif, et qui garantisse son efficacité. Non seulement cela demande du talent, et peut-être beaucoup de temps, mais surtout il faut que le dirigeant comprenne que ce doit être sa première préoccupation. Désespéré ?
Avant de me lancer dans IA et Big Data, un conseil ? Bien poser le problème, et définir où l'on veut aller...
En résumé, il me semble qu'on est en face d'un progrès au sens progression. C'est un progrès qui est plus une question de puissance que d'intelligence. On ne parle plus de grande découvertes. Et, de ce fait, il avance lentement. Un progrès bourrin. En revanche ce qui ne l'est pas c'est le marketing. Il a une puissance de lavage de cerveau qui est confondante.
mercredi 4 octobre 2017
Valorisation
L'économiste Robert Schiller explique que la valeur d'une entreprise correspond à ce qu'elle doit rapporter. Si la bourse lui donne une valeur supérieure, c'est de la spéculation. Je lui ai écrit en lui demandant si l'on ne pouvait pas appliquer une autre idée : celle d'une valeur sociale. Un consensus se fait comme quoi telle société vaut tant. ce qui expliquerait pourquoi des sur valorisations comme celle d'Amazon se maintiennent. Depuis j'ai découvert que j'avais redécouvert la théorie de Thomas Schelling, un prix Nobel d'économie. (Théorie de l'ancrage.)
Schiller ne m'a pas répondu, et a obtenu le prix Nobel. Depuis j'en suis arrivé à une autre idée. Si la valorisation d'un certain nombre d'entreprises n'a aucun rapport avec ce qu'elles rapportent, c'est parce qu'elles sont porteuses du combat du microcosme financier. Elles plaisent à celui-ci parce qu'il aime le monde qu'elles lui promettent. S'il les finance assez longtemps, elles élimineront leurs concurrents. Et la prédiction aura été auto réalisatrice.
Dans cette histoire Schiller et Schelling ont raison. Les financiers ancrent dans l'esprit du marché qu'Amazon vaut très cher. Et, finalement, Amazon rapportera beaucoup quand il n'aura plus de concurrents.
Schiller ne m'a pas répondu, et a obtenu le prix Nobel. Depuis j'en suis arrivé à une autre idée. Si la valorisation d'un certain nombre d'entreprises n'a aucun rapport avec ce qu'elles rapportent, c'est parce qu'elles sont porteuses du combat du microcosme financier. Elles plaisent à celui-ci parce qu'il aime le monde qu'elles lui promettent. S'il les finance assez longtemps, elles élimineront leurs concurrents. Et la prédiction aura été auto réalisatrice.
Dans cette histoire Schiller et Schelling ont raison. Les financiers ancrent dans l'esprit du marché qu'Amazon vaut très cher. Et, finalement, Amazon rapportera beaucoup quand il n'aura plus de concurrents.
Médecine
Ayant déménagé, je cherche un médecin référent. Personne ne veut de moi. "Le docteur untel ne prend plus de patients". Cela explique-t-il pourquoi on rencontre tant de médecins étrangers ? Par exemple dans les maisons de retraite ? Mais alors pourquoi les études de médecines sont-elles si sélectives, si l'on manque de médecins ? Pourquoi refuse-t-on à une population dominée par le chômage des emplois bien payés ? (Avec un effet pervers dont me parlait un médecin : 25% des diplômés ne pratiquent pas : ils étaient faits pour les études, pas pour la médecine.)
Le débat sur l'immigration, et peut-être le chômage, semble rater le vrai problème. C'est le combat entre "grand blanc", qui organise la pénurie, et "petit blanc" qui la subit. L'un et l'autre ont probablement la même nature. Comme l'aurait dit Tocqueville, cela nous ramène à la responsabilité du législateur, qui doit comprendre les caractéristiques d'une culture pour aller dans le sens de ses vertus plutôt que de ses vices. Malheureusement le législateur, lui aussi, a probablement était victime d'une sélection exagérée.
Le débat sur l'immigration, et peut-être le chômage, semble rater le vrai problème. C'est le combat entre "grand blanc", qui organise la pénurie, et "petit blanc" qui la subit. L'un et l'autre ont probablement la même nature. Comme l'aurait dit Tocqueville, cela nous ramène à la responsabilité du législateur, qui doit comprendre les caractéristiques d'une culture pour aller dans le sens de ses vertus plutôt que de ses vices. Malheureusement le législateur, lui aussi, a probablement était victime d'une sélection exagérée.
mardi 3 octobre 2017
Immigration
Les médecins et les infirmiers des pays européens pauvres (est et sud) ont émigré en masse vers les pays riches (nord et ouest). Impressionnant. D'un côté on peut perdre plus d'une personne par 1000 habitants, de l'autre (Angleterre et Belgique notamment) gagner près d'une personne par 1000 habitants. L'effet est moins marqué en France et en Allemagne : contrôle des entrées ? En tout cas, c'est une question d'argent.
D'où la pertinence de chercher à uniformiser le niveau de vie européen ?
D'où la pertinence de chercher à uniformiser le niveau de vie européen ?
Chanson
J'écoutais les célébrités de la chanson des années 50. Les Brel, Brassens, Barbara... Ce qui me frappe c'est une forme de génie. Chacun écrivait nombre de ses textes. Et ils ont un talent que l'on ne rencontre plus. Leur caractéristique : la simplicité du vocabulaire employé. C'était simple, mais juste. D'ailleurs, même les poèmes de Victor Hugo qu'ils utilisaient parfois ("le vent du nord me rendra fou") étaient eux aussi simples. En particulier si on les compare au langage compliqué de nos normaliens et autres docteurs en sciences humaines. Or, ce monde et ses poètes n'avaient pas le bac.
De quoi je déduis que l'école d'alors, ou l'influence sociale, enseignait la formulation précise de la pensée. Et que cela ne demande pas un grand vocabulaire.
De quoi je déduis que l'école d'alors, ou l'influence sociale, enseignait la formulation précise de la pensée. Et que cela ne demande pas un grand vocabulaire.
lundi 2 octobre 2017
Discours
Discours de M.Macron à la Sorbonne. Remarques en vrac :
- Qu'il "passe" bien à la télé ! C'est une bête de scène. Dans les moments importants, il s'adresse à son auditoire les yeux dans les yeux. Il ne lit pas son discours. Pas surprenant qu'il ait manifesté des dons pour le théâtre dans sa jeunesse. Autant je le trouve peu convaincant lorsqu'il parle de la France, autant, là, il a fait passé un souffle d'air frais. (Mais, vu le peu d'écho qu'il a eu, pour le moment, l'air frais doit passer au dessus de la tête des Français...)
- Même type de discours que son livre. C'est une analyse systémique et exhaustive de la question. C'est pourquoi il est si long. Rien n'y échappe. Il met ainsi ses opposants dans une situation difficile. Les tactiques politiciennes usuelles paraissent mesquines. La seule contre proposition possible est un autre modèle de société. Pour contrer Macron il faut un nouveau Marx. Même M.Mélenchon est encore un peu jeune pour cet exercice.
- Comme dans son livre, il met les pieds dans le plat. Oui, nous Français, nous avons nos défauts, nos obsessions, que tout le monde nous reproche. Mais c'est aussi vrai de vous, Allemands. Eh bien, on va s'en débarrasser. Et c'est ainsi que l'on va résoudre nos problèmes.
- Point remarquable (compte tenu des obsessions de ce blog), il parle des conséquences des changements qu'il propose. Le changement n'est plus une lutte du bien contre le mal, comme chez les politiciens usuels, mais une évolution pour laquelle on se donne les moyens (de "mise en oeuvre du changement") nécessaires pour qu'elle puisse profiter à tous.
- On comprend pourquoi il a délégué la France à son premier ministre. Il est évidemment plus heureux dans les hauteurs européennes et mondiales, qu'au niveau du sol français. Effectivement, il a un côté Napoléon. Il joue sur les forces en présence pour obtenir ce qu'il veut. C'est à dire une Europe puissance, débarrassée de ses incohérences. Dans ce combat, il a un avantage sur les nationalistes : il est libre, amusant et heureux alors qu'ils sont enlisés dans leurs médiocres intérêts égoïstes.
Catalogne
La Catalogne vote. 90% de 2m de votants veulent partir d'Espagne. Qu'est-ce que cela signifie ?
A l'époque ou je faisais des études de marché, on parlait du biais du sondage "auto administré" : ceux qui répondent sont particulièrement motivés par la question. (Ils ne sont donc pas représentatifs de la population globale.) Ici, 1,8m des 5m de votants potentiels ont choisi le départ, soit 38% de la population. Ce n'est probablement pas moins que la proportion des votants pour le Brexit en Angleterre. Cependant, il n'est pas certain qu'ils auraient eu la majorité si les élections s'étaient déroulées normalement.
Chaos ou remise en cause ? Peut-être est-ce ce que nous annonce la Catalogne ?
A l'époque ou je faisais des études de marché, on parlait du biais du sondage "auto administré" : ceux qui répondent sont particulièrement motivés par la question. (Ils ne sont donc pas représentatifs de la population globale.) Ici, 1,8m des 5m de votants potentiels ont choisi le départ, soit 38% de la population. Ce n'est probablement pas moins que la proportion des votants pour le Brexit en Angleterre. Cependant, il n'est pas certain qu'ils auraient eu la majorité si les élections s'étaient déroulées normalement.
Chaos ou remise en cause ? Peut-être est-ce ce que nous annonce la Catalogne ?
MM. Macron et Mélenchon
La radio a trouvé une variante de ma "ruse des systèmes" : MM. Macron et Mélenchon seraient-ils les deux faces d'une même pièce ? Les participants à une émission de France Info semblaient dire que chacun ferait le jeu de l'autre. (Ce sont aussi les seuls survivants : les Républicains, les Socialistes et le FN sont la proie du chaos et donc inaudibles, et j'oubliais les écologistes.) Tous les deux représentent des modèles de société incompatibles. Ce qui fait que l'on ne peut être que pour l'un ou pour l'autre. On en est revenu au temps où le Gaullisme était face au Communisme.
Avec une différence. C'étaient des mouvements de masse. Aujourd'hui, on s'adresse à l'individu.
Avec une différence. C'étaient des mouvements de masse. Aujourd'hui, on s'adresse à l'individu.
dimanche 1 octobre 2017
Catalogne
La Catalogne veut s'extraire de l'Espagne. Personne en Europe n'y semble très favorable. Et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ? D'ailleurs, la France, pourtant ultra colonialiste selon certains, n'a-t-elle pas appliqué ce principe en Nouvelle Calédonie ? D'ailleurs, les Etats-nations ne se disloquent-ils pas, depuis quelques temps, sans que cela nous émeuve ? (Yougoslavie...)
Le phénomène était acceptable quand il ne nous touchait pas ? Ce n'est plus le cas maintenant. Et si non seulement l'Ecosse, la Bretagne, la Corse ou le pays basque, mais des communautés ethniques localement majoritaires, demandaient leur indépendance ? Peut-être va-t-il falloir s'inquiéter de ses causes ?
Le phénomène était acceptable quand il ne nous touchait pas ? Ce n'est plus le cas maintenant. Et si non seulement l'Ecosse, la Bretagne, la Corse ou le pays basque, mais des communautés ethniques localement majoritaires, demandaient leur indépendance ? Peut-être va-t-il falloir s'inquiéter de ses causes ?
Autorité
68 a eu un effet bizarre. Ce fut un rejet total de l'autorité. Et pourtant, il a produit la création de figures d'absolue autorité. Des sortes de saints laïcs. Nelson Mandela en est un exemple. Il ne peut plus avoir aucun défaut. Des défauts, parfois, qu'il aurait peut être considérés comme des qualités. Après tout il était certainement fier des valeurs de sa culture d'origine, qui n'a rien à voir avec la nôtre. Il en est de même de Serge Gainsbourg et de toutes les femmes que l'on peut, de près ou loin, rattacher au combat du féminisme, dont beaucoup sont des reines ou des aristocrates.
68 n'a pas été le rejet de L'autorité, mais d'une autorité, pour en imposer une autre, celle du bon plaisir de tout ou partie de la jeunesse de l'époque.
68 n'a pas été le rejet de L'autorité, mais d'une autorité, pour en imposer une autre, celle du bon plaisir de tout ou partie de la jeunesse de l'époque.
Inscription à :
Articles (Atom)