lundi 9 octobre 2017

Développement personnel

Mon ennemi de classe, c'est le psychologue, lorsqu'il parle de changement. Car, pour lui, changer la société, c'est nous changer, nous individus. Si le changement qu'il désire ne se passe pas, c'est parce que nous pensons mal. Il a créé la mode du "développement personnel" : si vous êtes au chômage, c'est parce que vous êtes un invalide de la volonté. Vous êtes coupable.

Pour moi, si le changement ne se fait pas, c'est qu'il est mal conçu. Il ne donnera rien. Et il sera injuste, parce qu'il sacrifiera certains aux intérêts d'autres.

Victime relative

Notre société tend à penser que la victime n'est pas innocente et que le coupable a des circonstances atténuantes. Les travaux sur les pervers narcissiques montrent que cela peut conduire à des drames. Car, dans ces cas, il faut extraire immédiatement la victime des griffes du pervers. Or, on le fait rarement.

La morale de cette histoire est que notre société est hypocrite. En effet, prenons le cas du terrorisme. Ces mêmes personnes qui trouvent des circonstances atténuantes aux coupables n'en trouvent plus aux terroristes, qui, pourtant, en auraient sûrement. Il est probable que cela s'explique par le fait qu'un raisonnement se fait à l'envers. On part de ce qui est dans son intérêt, et on cherche des arguments qui le justifient. Les beaux principes ne sont là que pour piéger ceux qui les croient (comme disent les hommes politiques) ?

dimanche 8 octobre 2017

Méthode Petraeus

Voilà comment le général Petraeus a changé la doctrine militaire américaine. Du moins voilà l'histoire qu'un Américain m'a raconté, il y a 7 ou 8 ans.

Le général, donc, trouvait que la culture de l'armée américaine n'était plus adaptée aux nouvelles conditions de guerre. Probablement elle avait été forgée par la guerre froide, or, il était maintenant question de se battre contre des groupes terroristes. Voici comment il aurait procédé :
  1. Il a collecté les problèmes qui se posaient. 
  2. Il a cherché, problème par problème, si quelqu'un ne lui avait pas trouvé une solution.
  3. Il a regroupé le tout sous un titre (doctrine) qui lui a donné une cohérence
  4. Puis il a fait le tour des unités de l'armée pour leur dire : voilà les problèmes que vous avez, voici comment certains de vos collègues les ont traités. Et l'armée a changé d'approche de la guerre. 
Je ne sais pas si ma mémoire est fidèle. Mais, ce n'est pas grave, cette technique mériterait qu'on l'utilise plus souvent en France..

Vérité

La vérité existe-t-elle ? Peut-on affirmer, par exemple, que les Américains sont haineux, comme le fait Michael Moore ? Ou que telle ou telle personne est un "pervers narcissique" ?

Tout d'abord, vue notre capacité à changer, nous ne "sommes" pas. Au mieux, nous "fûmes". Ensuite, comment voulez vous démontrer ces affirmations ? Etre absolument sûr d'avoir raison ?
Ce que nous appelons la "vérité" n'est rien de plus qu'une modélisation qui n'a qu'un vague rapport avec ce qui nous entoure. On est incapable, par exemple, de définir précisément ce qu'est un arc en ciel, ou une marée. Plus on pense cerner le phénomène, plus il s'éloigne.

En fait, la vérité n'a pas de vérité, mais c'est un guide à l'action. C'est pourquoi il est intéressant de chercher à caractériser le comportements des Américains, des marées ou des arcs en ciel. A condition de se dire que ce n'est rien de plus qu'une modélisation. Et que ça peut changer. Et, parfois, même que cela doit changer.

samedi 7 octobre 2017

Voisins

Daech est chassé d'Irak, les communautés chrétiennes que Daech a chassées de chez elles, vont-elles y revenir ? Interrogation d'une émission de France Culture. Probablement non. Les chrétiens vivaient en bonne entente avec leurs voisins. Mais, maintenant, ceux-ci les haïssent. Cela m'a rappelé "La fin de l'homme rouge". La disparition de l'empire communiste a, elle aussi, provoqué des affrontements effroyables entre gens qui jusque-là demeuraient paisiblement côte à côte. Comme quoi les liens entre groupes humains tiennent peu. Il n'en faut pas beaucoup pour les casser, et transformer les gens en bêtes sanguinaires.

Alain dit, en 1913 : "la guerre est toujours à craindre et peut toujours être évitée. Toujours à craindre, par l'effervescence qui, si elle s'étend, réalisera la guerre, même pour de très faibles raisons. Toujours évitable, quelles que soient les raisons, si l'effervescence ne s'en mêle point." Grande est la culpabilité de ceux qui créent "l'effervescence" !

Argenteuil

Argenteuil est à deux pas de chez moi, et j'y ai vécu mon enfance. J'y suis revenu l'espace d'un examen médical. Et j'ai eu l'impression d'être dans un autre monde. D'un côté désoeuvrement et fast foods, de l'autre ordre et respect pour les femmes âgées.

Le féminisme nous a fait oublier que, dans les sociétés qu'il combat, la mère de famille a une place à part : c'est un surhomme.

vendredi 6 octobre 2017

Dr Mengele

Un écrivain a publié un livre sur le Dr Mengele. Il en était question chez France Culture dimanche dernier. Esprit du livre : Mengele est en Amérique du sud, et il est heureux ; n'est-il pas libre et riche ?

Je n'en suis pas sûr. Les nazis avaient un rêve de domination. Ils se croyaient des surhommes. Or, ils ont perdu. Ils ont été chassés de la patrie qu'ils plaçaient au dessus de tout. Et ce sont ceux qu'ils méprisaient qui ont dominé la planète. Surtout, eux qui rêvaient d'un destin glorieux, éventuellement d'une mort héroïque, ont pris a perpétuité le destin lâche des fuyards inquiets, de Juifs errants. La mort est-elle la pire des peines ?

Heidegger

Heidegger nous pose une curieuse question. Son oeuvre paraît la légitimation philosophique du nazisme. C'est en affrontant le néant que l'homme renaîtra. Heidegger lui-même a été plus que mouillé dans ce mouvement. Or, il fut, immédiatement après guerre, sans l'ombre d'un doute, un héros de l'intelligentsia française, Sartre en tête. Même Hannah Arendt, dont la vie a été un combat contre le nihilisme, lui a conservé son amour de jeune fille.

Ne pourrait-on pas tenir le même raisonnement au sujet de la finance internationale ? N'y a-t-il pas l'ombre d'un doute qu'elle crée des crises qui bouleversent des millions de vies ? Sans condamner a priori, n'y a-t-il pas matière à jugement ? Sans cela comment peut-on prétendre condamner qui que ce soit ? Ce qui remplit les prisons ou alimente les guillotines, ce ne sont pas les fautes, mais les classes sociales ?

jeudi 5 octobre 2017

Malade

J'ai beaucoup de "coachs" autour de moi. Depuis une quinzaine d'années, le coaching est à la mode. On s'y convertit en masse. En particulier les chômeurs surdiplômés.

Ce qui me frappe est qu'ils me prennent souvent pour un malade. Mais, même si je cherche ma voie (est-ce anormal ?), je suis raisonnablement bien dans ma peau. Surtout, je ne les trouve ni très utiles, ni très resplendissants de santé mentale. C'est un euphémisme.

Je pense qu'il n'y a qu'une sorte de malade : celui qui consulte. Laissons les autres tranquilles.

Mariage pour tous

"il y a toujours à craindre pour un ménage trop isolé et qui se nourrit d'amour seulement. (...) C'est l'institution qui sauve le sentiment." Alain, Propos sur le bonheur, 14 décembre 1912.
Autrement dit, ce sont les contraintes externes qui font la solidité du couple, pas l'attraction mutuelle.

Cette prévision semble avoir été validée par l'expérience. Depuis que l'on a imaginé que le mariage devait être d'amour, les ménages se sont mis à divorcer.

(Il y a de rares exceptions.)