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jeudi 4 août 2022

Défier la Chine

Pourquoi Mme Pelosi provoque-t-elle la Chine ? se demandait un ami. Pourquoi risquer une guerre mondiale ? 

A mon avis, exactement pour la même raison que les Chinois nous menacent d'une guerre mondiale. Pour leur faire entendre que l'on n'en a pas peur, et que Taiwan est un sujet que nous prenons au sérieux. 

Dans ce type de sujet, la Chine, comme tout le monde, adopte la stratégie du "voleur chinois". Quand le "voleur chinois" veut voler quelque-chose, il le déplace imperceptiblement jusqu'à ce que son propriétaire n'en ait plus conscience. 

Si l'on veut éviter une guerre, il faut que la Chine sache que l'attention des démocraties ne se relâche pas (ou plus). 

dimanche 21 mars 2021

Théorie du complot

On entend moins parler de "théorie du complot". Pourtant, la théorie du complot est éternelle. Il y en a énormément d'exemples dans l'histoire. Et, il suffit d'écouter ce que l'on dit autour de nous pour comprendre qu'il y a des personnes qui voient des complots partout. Comment l'expliquer ? Cela doit répondre à un besoin humain. 

Cette constatation a une conséquence inattendue : ceux qui s'en prennent à la théorie du complot cherchent la bagarre. Certes, il serait certainement mieux que l'on ne croit pas à cette théorie, mais il semble évident qu'en faire l'origine du Mal est idiot. C'est un fait social, pas une cause. "Parisien, fils de chien" disait-on au temps de mon père. C'est la même chose. Une insulte gratuite. 

Reste la question : pourquoi certaines personnes ont-elles eu le besoin de "chercher la bagarre" ? Théorie du complot ?

samedi 23 janvier 2021

Il est temps de cesser de traiter ses adversaires en ennemis

"Il est temps de cesser de traiter les adversaires en ennemis", dit JC.Mairal.

"pour sortir par le haut des problèmes de notre société, il n'y (a qu'une solution) : s'écouter, se comprendre, dialoguer, débattre par la controverse citoyenne entre idées différentes, coopérer et co-construire ensemble les solutions aux défis auxquels nous sommes confrontés. C'est la voie de la démocratie et du respect."

Un point de vue que je partage. 

lundi 28 septembre 2020

Pas de conflit chez les suricates

Chez les suricates, il ne peut pas y avoir de conflit. Le groupe suit le premier qui a une idée. Il n'y a pas de leader permanent. (Article.)

Ne serait-ce pas mieux s'il en était comme cela chez nous ? En fait, c'est le cas. Un anthropologue interviewé par ce blog a rencontré cette pratique chez les Pygmées. Le groupe de chasseurs suit celui qui paraît "inspiré". Près de nous, l'équipe de football suit le joueur qui a le ballon...

Et même. Les gens les plus déterminés ne finissent-ils pas par nous entraîner ?

jeudi 6 septembre 2018

Faut-il une classe moyenne ?

La notion de "classe moyenne" a quelque-chose d'étrange. Pourquoi serions nous "classés" ? N'y a-t-il pas, uniquement, des êtres humains ?

Marx n'a-t-il pas commis une erreur grave en bâtissant ses théories sur le principe du conflit ? Du conflit "entre classes" ? Donc du primat de la "classe" ? Car classe = différence = guerre. Pourquoi pas de la "race" ? N'aurait-il pas dû partir du primat de l'homme ?

(Ce que l'on reproche peut-être à la classe moyenne, c'est de ne pas vouloir être une classe ? Elle a pour aspiration d'englober tous les hommes. A cela s'oppose le principe, libéral ?, qu'il existe des supériorités définitives, des sous-hommes ? Au fond, il existe deux types d'hommes : ceux qui croient qu'il n'y en a qu'un, et ceux qui prennent les autres pour des imbéciles.)

dimanche 17 juin 2018

Changement Trump

La langue est la meilleure et la pire des choses, disait Esope. Il pourrait en être de même de M.Trump.

M.Trump met le monde en face de ses responsabilités. Si l'on croit au libre échange, il faut s'en donner les moyens. Si l'Europe veut être Europe, elle doit être solidaire et défendre ses intérêts. Si le monde veut la paix, il ne peut y avoir de nouveau Münich. Et ainsi de suite.

Mais, pour que M.Trump soit un agent du changement efficace, il faut que la menace qu'il présente soit réelle...

samedi 7 octobre 2017

Voisins

Daech est chassé d'Irak, les communautés chrétiennes que Daech a chassées de chez elles, vont-elles y revenir ? Interrogation d'une émission de France Culture. Probablement non. Les chrétiens vivaient en bonne entente avec leurs voisins. Mais, maintenant, ceux-ci les haïssent. Cela m'a rappelé "La fin de l'homme rouge". La disparition de l'empire communiste a, elle aussi, provoqué des affrontements effroyables entre gens qui jusque-là demeuraient paisiblement côte à côte. Comme quoi les liens entre groupes humains tiennent peu. Il n'en faut pas beaucoup pour les casser, et transformer les gens en bêtes sanguinaires.

Alain dit, en 1913 : "la guerre est toujours à craindre et peut toujours être évitée. Toujours à craindre, par l'effervescence qui, si elle s'étend, réalisera la guerre, même pour de très faibles raisons. Toujours évitable, quelles que soient les raisons, si l'effervescence ne s'en mêle point." Grande est la culpabilité de ceux qui créent "l'effervescence" !

vendredi 13 juin 2014

La rigueur crée le chômage

Un article dit, de nouveau, que la rigueur ne produit pas la croissance et l'emploi. Contrairement à ce qu'affirmait, hier encore, l'économiste. La rigueur, c'est le chômage. On le constate aujourd'hui : plus un pays s'est infligé de rigueur, plus il s'est enfoncé dans le chômage. Or, notre gouvernement s'engage dans cette voie...

Y a-t-il d'autres raisons à cette politique ? Une forme de justice ? Depuis des décennies nos gouvernements se comportent de manière irresponsable, nos partenaires veulent nous faire payer pour nos fautes ? Rationalité d'un comportement suicidaire ? Ou, encore, la France est à terre, malheur au vaincu ?

Jusqu'à ce qu'il y ait révolte, et que le monde réalise qu'il est allé trop loin ? (Comme lors de la confrontation Bercy / Défense.) La raison est l'opium du peuple, il n'y a que les rapports de force qui comptent ?

(Une référence utile ? SCHELLING, Thomas C, The strategy of conflict, Harvard University Press, 1981.)

dimanche 10 novembre 2013

Au secours, la démocratie revient

The Economist est inquiet. Que ce soit en Angleterre, à New York ou au Chili, partout la gauche remplace ou menace de remplacer de bons gestionnaires. C’est le retour de la démocratie, avec ses élus sous influence et ses syndicats. Et elle ne fera qu’empirer le mal qu’elle veut combattre. (La montée de la pauvreté.) Le monde idéal que décrit The Economist a des caractéristiques inattendues. Il a quelque chose de parasitaire. Par exemple, il dépend massivement de l’immigration. Immigration de gens qualifiés (car ils rapportent plus qu’ils ne coûtent), pas celle des pauvres. Aussi, il considère l’Europe comme le « marché » de l’Angleterre. Un marché qu’elle doit libéraliser, afin de l’ouvrir à son industrie du service, qui est à peu près tout ce qui lui reste. Mais surtout, ce monde ressemble à ce que The Economist dit de M.Bloomberg. Il est extraordinairement terne. Et si c’était là qu’était le véritable attrait de la démocratie ? Elle est peut-être chaotique. Peut-être est-elle menacée par la démagogie. Mais elle vit ?

Pour le reste, The Economist craint la déflation, particulièrement en Europe. Il appelle les banques centrales à créer de l’inflation. Elle érode les salaires sans douleur. Les pays émergents sont devenus « fragiles ». La spéculation peut les faire et les défaire. Les Etats combattent les Trusts (les fondations chez nous). Ils permettent de se protéger de l’impôt. Les cabinets d’audit ont oublié les leçons d’Enron. Ils achètent de nouveau des cabinets de conseil en stratégie.

La Chine se couvre de TGV. Moyen de créer de la cohésion sociale.

Guerres civiles. Depuis que les USA et l’URSS n’y ont plus intérêt, elles sont devenues plus rares, et plus courtes. Y mettre un terme n’en est pas moins compliqué.

Changement et Internet, nouvel épisode. La Chine est le champion de la vidéo sur Internet. Ça torpille la télévision. Malheureusement, comme d’habitude, ce n’est pas rentable. L’espionnage d’Internet par l’Amérique mécontente l’Allemagne. Sans qu’elle ne puisse rien faire. Ailleurs, les organisations qui s’occupent d’Internet cherchent des solutions techniques qui compliquent la vie des gens mal intentionnés.

Une étude des concurrents de l’élection présidentielle de 2012 aux USA. Obama y apparaît comme totalement méprisant de tout ce qui fait l’ordinaire de la politique. Et une conclusion, générale, sur le politicien : « les élections présidentielles dégoûtent les gens sans problèmes et attirent le particulièrement bizarre. Puis ils retirent à ces excentriques ce qui leur reste de respect de soi. » 

mardi 22 octobre 2013

François et Léonarda

Hier, j'entendais critiquer François Hollande pour son traitement de l'affaire Léonarda. Je me suis demandé si, au contraire, il n'avait pas bien joué. En effet que serait-il arrivé s'il avait fait autrement ? Je pensais qu'il laisserait pourrir l'événement. Mais ce n'était probablement pas possible. Et, s'il avait pris une autre décision, il serait tombé aux mains de tel ou tel camp, alors qu'il doit conserver l'équilibre. Et si, parfois, il était de bonne politique de se mettre tout le monde à dos ?

mercredi 16 octobre 2013

De l'illusion de l'égalité des sexes aux USA

Deux camions, face à face, roulent à pleine vitesse sur une route trop étroite pour eux deux. Que faire ? J'ai posé cette question à mes élèves. Accélérer, m'a dit une étudiante marocaine. Ce qui est effectivement une bonne solution. Dans un conflit, il faut se couper toute option. L'autre sait ce qu'il lui reste à faire. Partir dans le fossé.

Voilà ce qui se joue aux USA. Les Républicains veulent arrêter les projets de M.Obama. Et celui-ci leur répond qu'il n'a pas peur de la grande dépression. Voici une nation où être un homme a encore une signification.

samedi 31 août 2013

Faut-il intervenir en Syrie ?

Que l’Occident peut-il apporter à la Syrie ? Encore plus de chaos ? Et même un chaos qui devient régional ? Mais The Economist a peut-être raison…

Quelques idées sur le sujet :
  • M.Assad défie les USA. Ils ne peuvent pas ne pas agir sans perdre la face.
  • Surtout, il me semble que c’est le moment d’affirmer quelque chose qui mériterait d’être une valeur de l’Occident. A savoir qu’un conflit ne se règle pas par la force, et la mort d’êtres humains, mais par la discussion. J’avoue être assez mal à l’aise avec une doctrine des droits de l’homme militante. Elle me semble n’être rien d’autre qu’une forme d’impérialisme culturel. En revanche, comme dans les théories de Richard Dawkins, je crois qu’il peut être bon de proposer quelques nouvelles idées à la sélection naturelle des idées mondiales, et de se battre pour elles. Si elles apportent quelque-chose à l’humanité, elle les retiendra. Mais, pousser cette idée signifie quelque-chose d’important pour l’Occident. Il doit acquérir un savoir faire nouveau. Devenir un donneur d’aide mondial. Une force capable d’amener des différends entre groupes sociaux à une issue pacifique. Union européenne et pas guerre d’Irak, en bref.
  • Une frappe forte en Syrie peut montrer à M.Assad que l’Occident ne le laissera pas gagner. Bien entendu, cela peut le pousser à la folie. Ce qui conduirait à une explosion locale. Mais, de toute manière, si le conflit s’éternise, c’est ce qui arrivera.  

mardi 19 mars 2013

Le changement en France : Mein Kampf ?

Je suis interviewé. Voici ce que ça donne.

Cette interview marque un changement. J'ai décidé d'affirmer agressivement mon point de vue. Oui, l'efficacité économique est incompatible avec le changement - conflit ! Oui, l'intérêt de l'actionnaire est que l'entreprise soit bien dans sa peau ! Oui, la science, dans son unanimité, affirme cela !

Ce n'est pas le seul changement. D'ordinaire, lorsque je discute avec un journaliste, je parle beaucoup, et rien ne sort. cette fois-ci, j'ai eu droit à un article fleuve (ou presque). Et j'aurais bien aimé avoir dit ce que l'on y lit.

vendredi 3 février 2012

Globalisation, confiance et coût de transaction

« Seules les tribus rendues solidaires par un sentiment d’appartenance peuvent survivre dans le désert ». Remplacez désert par « économie globalisée » et cela décrit fort bien le monde moderne.
Partager une même culture est un facteur de confiance, qui abaisse le « coût de transaction ». Ce qui donne un avantage concurrentiel aux diasporas chinoises, indiennes, ou à l’Angleterre et ses colonies.  (The power of tribes)

La globalisation comme une agression permanente ? Seul moyen d’y résister, avoir / se faire des amis ?

mercredi 21 décembre 2011

Peut-on avoir confiance en un investisseur ?

Un investisseur, un peu abattu, se pose la question suivante : comment se fait-il que ses participations croient des gens comme moi, et pas des personnes comme lui, alors que nous disons la même chose ?

À mon avis, c’est une question de confiance. Ses participations ne pensent pas que ses intérêts sont les leurs.

Depuis 20 ans je rencontre régulièrement ce problème : je fais passer des décisions qu’un dirigeant poussait depuis longtemps, en vain. Pourquoi ? Je soupçonne une culture de « lutte des classes » en France. D’ailleurs dirigeants et gouvernants cultivent le secret, et le coup de Jarnac, ce qui encourage la méfiance.

Et il en est de même des investisseurs : la plupart d’entre eux n’hésitent pas une minute à licencier une équipe dirigeante dont le comportement ne leur convient pas… Et l’investi le leur rend bien : il espère récupérer leur argent tout en  continuant à en faire à sa tête…

Comment un couple peut-il être durable s’il se livre à un jeu de dupes ?

samedi 4 décembre 2010

Eric Cantona

Eric Cantona appuyé par la presse et les réseaux sociaux va-t-il créer une panique bancaire ? L’effondrement de l’économie mondiale ? Peu probable. Mais pas déraisonnable.

Les banquiers ont détourné des sommes colossales. Ils ont fait faillite. Pour les sauver les États se sont massivement endettés, à tel point qu’ils doivent maintenant être démontés. Adieu la société d’opulence de nos parents, bonjour Dickens. Mais le banquier continue à s’enrichir. Et en plus il paralyse l’économie ou menace l'euro, parce qu'il a peur. Or aucun parti politique ne proteste. Pas même aux extrêmes !

Théorie et pratique disent pareil : on ne peut négocier de manière crédible que si l’on est prêt au sacrifice ultime. Le kamikaze, lui, est crédible.

Compléments :
  • Application des idées ci-dessus, et aperçu théorique : Efficacité de la grève.
  • Le garde-fou des extrémismes ayant disparu, va-t-on vers une vague d’attentats suicides ?

mercredi 21 octobre 2009

Confiance facteur de performance économique

To trust or not to trust dit que notre propension à faire confiance est fixée par notre éducation. Il semblerait qu’il y ait une sorte d’optimum de confiance culturel : être au dessus ou au dessous (faire trop, ou trop peu confiance) est également nuisible. Mais ce qui m’intéresse plus dans cet article est ce qu’il explique de l’intérêt social de la confiance. Il cite Kenneth Arrow:

“virtually every commercial transaction has within itself an element of trust… it can be plausibly argued that much of the economic backwardness in the world can be explained by the lack of mutual confidence”.

Et poursuit:

The intellectual tradition stressing the importance of trust goes back to at least Banfield (1958) and Putnam (1993). In their influential books The Moral Basis of a Backward Society and Making Democracy Work, both authors show how civic attitudes and trust could account for differences in the economic and government performance between northern and southern Italy. Along these lines, sociologists, political scientists and, recently, economists, have argued – and showed – that having a higher level of trust can increase trade, promote financial development, and even foster economic growth (Knack and Keefer 1996, Algan and Cahuc 2008, Guiso, Sapienza and Zingales 2004, Fukuyama 1995, and Tabellini 2009). Hence, the more trust the better for a country’s economy.

Autrement dit, plus les membres d’une organisation (entreprise, pays…) se font confiance, plus elle est forte et prospère.

Or, les années qui viennent de s’écouler ont été des années de méfiance, les anciennes relations clients / fournisseurs, employeurs / employés ont été rompues. Quel a été le coût économique de cette transformation ? Peut-on reprendre l’expression d’Arrow et croire que loin d’être un progrès, ces derniers temps ont marqué un recul de l’économie ? De l’espèce humaine ?

Compléments :

mardi 7 juillet 2009

Conflits entre peuples : explication?

Plus deux populations sont génétiquement proches, plus elles ont de chances d’entrer en conflit, ou d’avoir des divergences diplomatiques.

La proximité créerait des sujets de dispute, ceci indépendamment de leur éloignement géographique. Le commerce et la démocratie adouciraient les mœurs… C’est du moins ce que dit Kinship and conflict.

vendredi 1 mai 2009

Éviter les conflits

Voici quelques idées utiles :

  • Construire une relation d’intérêt réciproque qui pâtirait d’un conflit. L’article donne l’exemple des liens construits par l’Union européenne.
  • Quelque chose qui ressemble à l’égalité pour Rousseau : ne pas permettre un déséquilibre de forces. Tous les primates deviendraient guerriers quand ils savent vaincre sans risques.
  • Ne pas laisser s’installer la rareté, due à une croissance de population incontrôlée (qui peut résulter de l’adoption de la médecine occidentale), à des sécheresses (que l’effet de serre rend de plus en plus fréquentes)…